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Démocratie: utopie ou possibilité?par Georges Metanomski - zgmet@wanadoo.fr |
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3 pages |
http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/democratie/demodir.htm | 28-2-99 |
Depuis 30 ans j'étudie le problème de la Démocratie
Directe.
Le résumé des résultats de ces travaux est disponible
à:
http://perso.wanadoo.fr/zgmet/dirdema.htm
J'aimerais les présenter et, si possible, les faire discuter sur
Admiroutes.
Mon texte peut facilement engendrer des malentendus.
Pour les éviter j'aimerais attirer votre attention sur les points
suivants:
-Mon but consiste uniquement à définir un cadre logistique,
donc informatique, capable de supporter le Forum et le Débat
démocratique.
-Je n'affirme rien d'absolu sur la Démocratie même. Toutes mes
affirmations sont destinées à créer un cadre initial,
des structures permettant un début de Débat. Le Forum en marche
se chargera de les mettre en question et, éventuellement, de les modifier.
-Les détails tels que le systême expert et les principes
d'importance et de cohérence n'ont aucun caractère essentiel.
Ce sont des exemples, intéressants j'espère, montrant comment
un Forum particulier a decidé de se structurer.
Cordialement Georges Metanomski
DEMOCRATIE: UTOPIE OU POSSIBILITE?
A.DEMOCRATIE DIRECTE OU DEMOCRATIE TOUT COURT?
B.DEMOCRATIE REPRESENTATIVE OU OLIGARCHIE PARTICRATIQUE? C.PARTICRATIE ET EXCLUSION. D.PARTICRATIE ET PROCEDURES PSEUDO-DEMOCRATIQUES. E.STRUCTURES DEMOCRATIQUES.
EB.FORUM LEGISLATIF INFORMATIQUE.
EC.CERCLES VICIEUX APPARENTS.
EE.EXECUTIF DEMOCRATIQUE.
F.TRANSITION.
G.EXEMPLE D'UN ESSAI D'APPRENTISSAGE.
GB.STRUCTURATION DU FORUM.
GBC.PRINCIPES DU FORUM.
GC.CONFLIT ISRAELO-ARABE.
Si vous voulez participer a ce Forum experimental, ou si vous voulez me contacter pour une autre raison, envoyez un message a: zgmet@wanadoo.fr EMAILA.DEMOCRATIE DIRECTE OU DEMOCRATIE TOUT COURT?
Un régime politique est déterminé essentiellement par son domaine de souveraineté: -DICTATURE implique la concentration des pouvoirs entre les mains d'un individu. -OLIGARCHIE les réserve à une caste restreinte et privilégiée. -DEMOCRATIE repose sur la souveraineté du Peuple. Démocratie dénote donc le régime politique basé sur la souveraineté du Peuple. Il est évident que l'exercice direct de ce pouvoir universel pose des problèmes logistiques insolubles dans le contexte de communica- tion traditionel. Afin de les surmonter, on a conçu le régime appelé "Démocratie Représentative", ou le Peuple est censé exercer le pouvoir par délégation. Or, nous le verrons plus bas, ce régime usurpe le titre de Démocratie, étant en réalité une Oligarchie "Particratique", une "Particratie" qui, au lieu de représenter le Peuple, le frustre de sa souveraineté au profit d'une caste de politiciens organisée en partis. En consequence, Démocratie Directe reste la seule véritable forme de Démocratie. Dans la suite de cet exposé, le terme "Démocratie" denotera strictement la Démocratie Directe et le qualificatif tautologique "Di- recte" ne sera utilisé que pour éviter d'éventuels malentendus. Il semblerait donc, qu'à cause des restrictions logistiques nous sommes irrémédiablement enlisés dans la Particratie et que la Démocratie n'est qu'un rêve utopique et irréalisable. Or, le progrès de l'Informatique a considérablement allégé ces restrictions et va bientôt les enlever en- tièrement. Une discussion embrassant des millions de participants est déjà possible du point de vue purement technique. Démocratie sort alors du domaine d'Utopie et devient une possibilité, du moins sur le plan technique. Néanmoins, même sur ce plan elle soulève des problèmes complexes et difficiles. Sur le plan psychologique, social et politique elle en pose d'autres de gravité égale, sinon supérieure. Quels sont ces problèmes? Quelles solutions paraissent possibles? Quelles seraient leurs avantages et leur prix? Avant d'examiner ces questions, passons en revue les caractéristiques essentielles de notre régime actuel, de la prétendue Démocratie Représentative.B.DEMOCRATIE REPRESENTATIVE OU OLIGARCHIE PARTICRATIQUE?
Dans la Démocratie Représentative le Peuple n'a droit qu'aux scrutins statiques, dirigés et unidirectionnels, qui lui laissent le choix entre quelques partis et leurs programmes établis à son insu. Quel que soit le résultat du scrutin, le pouvoir ira à un ou plusieurs partis. Le do- maine de souveraineté est ainsi strictement restreint a l'ensemble des partis. Le Peuple en est exclu et son rôle se reduit à celui d'arbitre dans la course au pouvoir disputée entre les partis. En conséquence, notre ainsi dite Démocratie Représentative n'est pas une Démocratie du tout. Elle est, en réalité une "Particratie", une Oligarchie centralisant le pouvoir entre les mains d'une caste de politiciens professionels. Comme il se doit dans le monde d'économie libérale, cette caste est structurée en entreprises concurrentes appe- lées partis. Comme toute entreprise elles font des affaires et génèrent des bénéfices pour leur dirigeants. Les Allemands font preuve d'une fran- chise surprenante en appelant leur chef de parti "Geschaeftsfuehrer", titre officiel de gérant de SARL allemande. Les partis ne se distinguent d'autres entreprises que par leur domaine d'activité: certaines tra- vaillent dans l'acier, d'autres dans la chimie ou dans le cinéma et d'autres encore dans la politique. De temps en temps un accident perce la fragile facade démagogique, laissant apparaître la vraie nature du régime. Alors on crie à la corruption et sacrifie un bouc émissaire, en oubliant que l'essence des affaires consiste à produire des profits et qu'un politicien est avant tout un homme d'affaires. Certes, ce n'est pas très propre, mais notre Oligarchie Particratique a un argument de taille en sa faveur: on n'a encore rien vu de mieux. Une Oligarchie est certainement meilleure qu'une Dictature et il est préfé- rable d'être géré par des hommes d'affaires rusés et réalistes, que par des enfants de choeur, par des idéalistes fanatiques, ou par des sadiques tyrans. La course au pouvoir assure une sélection naturelle qui met à la barre les individus le plus malins et débrouillards. Et, comme il faut amadouer l'arbitre, ils ne peuvent pas complètement negliger les inté- rêts du Peuple. Avec un peu de cynisme on pourrait donc se contenter de la Particratie comme du moindre mal, si ce n'etait son impuissance en face des crises. En effet, elle ne fonctionne efficacement que pendant les périodes de stabilité. Mais qu'entendons nous precisément par "crise" et par "stabi- lité"? Tout régime est établi sur la base d'un ensemble de principes, de dogmes et de croyances constituant un modèle social. Pour que le régime fonctionne efficacement, son modèle de base doit être conforme à la réalité sociale. Et, comme la realite progresse, le régime doit suivre son progrès en apportant des réformes correspondantes à son modèle de base. Tant que les réformes restent superficielles, la Particratie arrive à les effectuer progressivement et sans heurts et le système évolue d'une façon stable. Même les réformes profondes, entraînant un remaniement fondamental du modèle peuvent être accomplies évolutivement, sans compromettre la stabilité, à condition d'être populaires, de repo- ser sur un consensus des citoyens. Il en va tout autrement dans les situations que nous appellerons crises, qui réclament des réformes à la fois profondes et impopulaires. Effectu- er, ou même proposer de telles réformes équivaudrait pour un parti au suicide. En effet, guerres et cataclysmes à part, un consensus supportant des mesures impopulaires ne peut émerger que d'une discussion permanente permettant à tous les participants de confronter activement leurs opi- nions et de se convaincre progressivement. Or, une telle discussion n'est possible qu'en Démocratie. Particratie, avec ses procédures unidi- rectionnelles, avec ses programmes de parti préfabriqués et rigides, avec son attitude condescendante envers le citoyen, en est incapable. Un parti s'aventurant dans les réformes trop profondes et impopulaires s'aliènerait l'électorat et pourrait provoquer un affrontement de forces. Comme nous l'avons dit plus haut, la Particratie est impuissante en face des crises. Seule la Démocratie est capable de tenir tête aux crises sans risque de révolution, car si le Peuple s'élève contre les priva- tions imposées de l'extérieur, il les acceptera si c'est lui-méme qui, en tant que maître de son destin, détermine leur nécessité. Or, nous affrontons actuellement trois crises sur les plans de l'Exclu- sion, de la Démographie et de l'Ecologie, qui pointent vers autant de cataclysmes et en face desquelles notre Particratie se montre chaque jour plus depassée et impuissante. Nous discuterons une de ces crises, l'Exclusion, dans le Chapitre sui- vant. En attendant, jetons un coup d'oeil sur la Particratie du point de vue cybernétique. Comme tout système de contrôle, elle dispose des fonctions autorégulatrices semblables à celles des servomécanismes tech- niques. Imaginons, par exemple, un pilote automatique capable d'un côté d'assurer la tenue du cours en en corrigeant des petits écarts et, de l'autre côté, de détecter un danger et d'effectuer une rapide déviation permettant de l'éviter. Tant que la sécurité de l'avion reste le cri- tère principal d'autoréglage, tout va bien. Mais supposons qu'on la subordonne au confort des passagers de la première classe. Les petits écarts seront toujours corrigés, ce qui améliorera tout aussi bien la stabilité du vol que le confort, surtout à l'avant de l'avion. La brusque déviation, par contre, sera évitée, car elle derangerait la distri- bution de champagne en première classe. Elle pourra ainsi savourer son sublime confort, tout en allant avec l'avion entier à sa perte. En met- tant en avant un critère local, son propre confort, la première classe se détruit elle-même. Elle trouverait le bien-être plus sûr en cherchant le bonheur global. Pour éviter les catastrophes, pour naviguer en sécurité en face des cri- ses, la société, comme l'avion, doit former un tout et subordonner les intérêts particuliers à celui de l'ensemble. Une fois conscient et in- formé, le passager acceptera les petits inconvénients pour arriver en sécurité au bon port. De même, l'individu pourra accepter des sacrifices et en agissant pour le bien global trouver son bonheur en tant qu'un élément d'une collectivité heureuse. Pensée qui remonte à Montesquieu et qui, tout en paraissant utopique, reste toujours chère à des gens partageant son goût. Espérons qu'avec la Démocratie elle sortira de l'Utopie et deviendra une possibilité.C.PARTICRATIE ET EXCLUSION.
Sans parler de ses implications humaines et éthiques, le problème d'Exclusion représente un grave danger. En effet, ce fut l'Exclusion qui, confrontée à l'impuissance de la Particratie de la République de Weimar avait declenché la révolution national-socialiste et amené Hitler au pouvoir. Or, notre situation présente des analogies avec celle de la République de Weimar. Et notre Particratie fournit chaque jour de nou- velles preuves de son incapacité de définir et, à plus forte raison, de résoudre le problème. On ne saurait, d'ailleurs, lui en tenir rigueur. Elle se réclame du modèle social d'économie libérale qui postule que le progrès technolo- gique crée plus de postes de travail qu'il n'en supprime. Il mise sur la croissance permanente assurant le plein emploi et considère le chômage comme un phénomène marginal et réversible, comme une réserve salutaire équilibrant l'offre et la demande sur le marché de travail. Exclusion, qui n'est ni salutaire, ni marginale, ni réversible, ne peut aucunement se concilier avec ce modèle. Elle apparaît dans cette perspective comme une maladie honteuse et incurable, comme un scandale. L'Exclusion dépasse donc le modèle social de notre Particratie et réclame des réformes si profondes et impopulaires, que personne n'a encore osé à les formuler. Il est vrai qu'on reconnaît aux plus hauts niveaux l'existence d'une crise et la necéssité de remanier le système du pouvoir. Mais on limite ce remaniement à la restructuration inté- rieure de l'établissement particratique. On crée de nouveaux partis, fractions et coalitions qui tournent à vide, répètent les vieux slogans dans de nouveaux déguisements et n'arrivent toujours pas à expliquer le problème d'Exclusion, sans parler d'en concevoir des solutions. Soit dit en passant que l'Exclusion ne s'accorde pas mieux avec le modèle marxiste. Les Exclus ne sont pas des Prolétaires. On compte parmi eux des commercants, des cadres, des artisans, des membres des profes- sions libérales. Exclusion n'est pas un phénomène de classe. Même si elle débute par le Travail, elle se généralise et s'étend sur la societé entière. Une nouvelle frontière vient diviser la population en deux catégories, Inclus et Exclus. Elle passe à travers toutes les classes et détermine un nouveau conflit, reléguant les anciens dans la désuetude. Les moins favorisés des Inclus ont leurs porte-parole, des structures établies, tels les Syndicats, destinées à les protéger. Les Exclus n'ont rien de semblable. Meme les Syndicats qui prennent officiellement leur parti, en réalité luttent contre eux; ils défendent leur propres membres, qui travaillent encore, contre les Exclus, dont l'inclusion éventuelle entraînerait l'inflation du Travail. Bannis de l'établissement, livrés à eux mêmes, les Exclus n'ont aucun moyen légitime de se faire entendre. Puisqu'ils ne travaillent pas, ils ne peuvent pas se mettre en grève, paralyser un service public, ou prendre la population en otage tout en restant dans la légalité. Il ne leur reste qu'un seul moyen: l'affrontement. Et l'administration parti- cratique dépassée par le problème, n'a qu'un seul argument à leur opposer: les forces d'ordre. On ne saurait exagérer la gravité de cet affrontement et les dangers qu'il implique. Comme nous l'avons mentionné plus haut, c'est lui, qui, dans le cadre de la République de Weimar, avait amené Hitler au pouvoir. Et notre situation ressemble de plus en plus à celle de Weimar. Certes, ni le nombre des Exclus, ni leur désespoir n'ont encore atteint le seuil critique, mais ils n'en sont pas loin. Des mouvements extrémistes similaires a la SA et déguisées en partis légaux gagnent chaque jour en importance. Et notre Particratie se montre chaque jour plus déconcer- tée. Et pourtant elle ne manque ni de ruse, ni d'intelligence. Ni même de bonne volonté, car ayant appris la leçon de Weimar elle ne saurait souhaiter sa répétition. Elle est rendue impuissante par la nature du problème qui réclame des réformes trop profondes et impopulaires pour qu'elle ose les envisager. Et, de par sa constitution, elle ouvre la voie aux extrémistes: il suffit à une nouvelle SA d'arriver une fois au pouvoir pour s'ériger en Dictature tout en restant dans la légalite. Seule la Démocratie autorise l'espoir d'organiser le pouvoir sur la base d'un modèle incorporant l'Exclusion, permettant de la comprendre, de la contrôler et d'éviter ainsi l'affrontement fatal. On nous objectera, peut-être, que la Démocratie ne pourra s'établir que sur les ruines du régime actuel, qu'au lieu d'éviter l'affrontement, elle le remplacera par un autre. On pourra même nous souffler de ré- pondre qu'une révolution démocratique serait toujour préférable à une fasciste. Nous n'en ferons rien. En effet, la transition entre la Parti- cratie et la Démocratie peut se faire progressivement et pendant cette transition les deux régimes peuvent coexister sans heurts, sur le mode complémentaire.D.PARTICRATIE ET PROCEDURES PSEUDO-DEMOCRATIQUES.
Il arrive souvent que l'on identifie la Démocratie Directe avec des procédures, des Consultations universelles tels que plébiscites et réfé- rendums. Or, cette identification est, le moins que l'on puisse en dire, impropre. En effet: 1.Un régime est déterminé par ses Structures du Pouvoir et non pas par des procédures, par surcroît, sporadiques et exceptionnelles. Une Oligarchie, voire une Dictature peut organiser un référendum sans que cela change quoi qu ce soit en sa nature. On peut facilement imaginer Staline ordonnant un référendum sur l'attribution des prix aux films patriotiques, ou sur le choix d'une ville destinée à héberger les championats de foot. Presque toutes les Particraties recourent de temps en temps aux plébiscites et référendums afin de dégager la res- ponsabilité du pouvoir d'une décision risquant d'indisposer l'electo- rat. Aussi démocratique qu'elle puisse paraître, une procédure ne saurait affecter la nature du régime qui reste entièrement determiné par ses structures. 2.Les Consultations universelles pratiquées par les Particraties n'ont même pas d'apparences démocratiques. Elles sont aussi statiques, diri- gées et unidirectionnelles que les scrutins. Elles mettent le citoyen en face d'une liste de réponses préfabriquées et fixes, dont il doit choisir une, même si aucune ne répresente sa vraie opinion. Tous les plébiscites du monde ne sauraient changer Particratie en Démo- cratie. Il faudrait pour cela modifier les structures du pouvoir.E.STRUCTURES DEMOCRATIQUES.
EA.GENERALITES. Nous avons vu que, toute representation se revelant oligarchique, toute Démocratie est nécessairement directe. Est-ce que cela veut dire qu'elle n'admet aucune structure, qu'elle exige un référendum pour la moindre décision? Rien n'est plus faux. Le référendum permanent n'est qu'un réflexe irré- fléchi au mot "directe", un épouvantail reduisant la Démocratie Directe a l'Utopie, un cliché permettant à la Particratie de camoufler sa natu- re oligarchique sous un ou deux plébiscites. Tout d'abord, personne de raisonnable ne saurait réclamer la participa- tion universelle à la routine de l'Exécutif. Une catastrophe naturelle ne réclame pas un référendum, mais un ministre, ou un préfet disposant de l'autorité suffisante pour ordonner et organiser sur le champ l'ac- tion adéquate. Démocratie ne conteste pas la fonction de l'Exécutif, ni son autorité. Elle ne met en cause que certaines de ses règles intérieu- res ainsi que ses relations avec le Législatif. Nous les discuterons dans le Chapitre EC. Mais commencons par passer en revue la structure fonda- mentale de la Démocratie, le Législatif.EB.FORUM LEGISLATIF INFORMATIQUE.
Nous voyons Démocratie comme un système cybernétique, capable de se fixer des objectifs, de les comparer avec les résultats de ses actions et, en fonction de ces comparaisons d'ajuster le tir et de modifier ses propres structures et règles. Bref, un système capable d'apprendre et de s'autodéterminer. En conséquent, Démocratie définira et modifiera ces détails elle-même, en fonctionnant et les décrire ici equivaudrait à nous contredire nous-mêmes. Néanmoins, pour fonctionner elle a besoin d'un cadre fondamental que nous appellerons le Forum Informatique. Ce Forum comporte la Plate-Forme et le Débat, respectivement une Base d'Information et un ensemble des Procédures permettant de façonner cette Base. Le Débat doit être Interactif, comportant deux directions: -ascendante, exprimant l'initiative populaire, donnant à chaque partici- pant la possibilité de proposer un problème, de présenter des arguments en faveur d'une solution, d'affermir, ou de contester des arguments des confrères, bref, de suggérer et d'argumenter. -descendante, exprimant le choix d'une solution, semblable, mais pas necéssairement identique aux suffrages particratiques. On peut dire sans exagération, que la Démocratie commence avec l'Initia- tive Populaire dans le cadre du Débat Interactif, ce qui postule à son tour l'Aptitude du Peuple à mener le Débat. Comme la Révolution Française s'appuyait sur l'imprimerie et sur la Bourgeoisie lettrée, le passage à la Démocratie s'opérera à partir de l'Informatique et de l'Aptitude du Peuple a maîtriser ses procédures.EC.CERCLES VICIEUX APPARENTS.
Afin de ne pas sombrer dans le chaos, le Débat Interactif exige une structuration rigoureuse du Forum. Or, en Démocratie cette structuration ne peut résulter que du Débat. Donc, pas de Débat sans structuration et pas de structuration sans Débat: La Démocratie paraît debuter par un cercle vicieux. Un autre cercle vicieux paraît s'installer entre le Débat et l'Aptitude du Peuple à le mener. En effet, le Débat s'autodéterminant en marche, l'Aptitude ne s'acquiert qu'en pratiquant le Débat. Donc, pas de Débat sans l'Aptitude et pas d'Aptitude sans Débat. ED.APPRENTISSAGE. La facon habituelle d'éviter le cercle vicieux fait appel à un procédé iteratif, partant d'une situation initiale, définie arbitrairement et continuant par une série d'approximations successives. Dans notre cas, la situation initiale peut etre définie par des essais d'apprentissage. Leur but serait de déterminer la structure initiale du Forum assez réa- liste pour autoriser le début du Débat et assez flexible pour se laisser modifier et façonner par le Débat en marche. Outre la structuration ini- tiale, les essais devront déterminer les principes d'éducation destinés à promouvoir l'Aptitude du Peuple à regir le Forum. Un essai de ce genre est resumé à titre d'exemple dans le Chapitre G.EE.EXECUTIF DEMOCRATIQUE.
Les Structures de l'Executif seront déterminées a posteriori par le Forum en marche, donc il est impossible de les décrire a priori. Toute- fois, certaines de ces caracteristiques semblent probables. Ainsi, l'Exécutif démocratique sera vraisemblablement dépolitisé. Il comportera une hiérarchie des spécialistes, comme celle de gestion d'une entreprise économique. Les juristes devenant ministres des Travaux Pub- lics qui ne comprennent rien au domaine qu'ils gérent et qui se laissent rouler par des fonctionnaires incrustés à vie dans leur ministère, pas- seront dans la désuètude. Pour éviter la sclérose des structures du Gouvernement, on pourrait adopter le principe semblable à celui de l'Armée Israelienne: le Commandant en Chef reste trois ans, après lesquels il prend sa retraite et ne fait plus jamais de service actif. Ainsi Israël évite les Sauveurs-De-La-Patrie-A-Vie du genre Petain.F.TRANSITION.
Comme nous l'avons dit plus haut, la transition entre la Particratie et la Démocratie peut se faire progressivement et pendant cette transition les deux régimes peuvent coexister sans heurts, sur le mode complémen- taire. Cette transition progressive est d'ailleurs une condition néces- saire de réalisation de la Démocratie. Toute épreuve de force, toute révolution ne peut que remplacer la Particratie par une Dictature, ou, dans le meilleur cas, par une Oligarchie plus autoritaire. Un Forum Informatique commencera comme outil d'Instruction et d'Apprenti- ssage. En grandissant, il peut devenir l'indicateur d'opinion publique et une source des initiatives populaires. Dans le pas successif il peut servir la Particratie comme une plate-forme toute prête pour des réfé- rendums, permettant d'éviter la responsabilité des décisions épineuses. Enfin, en se confirmant en pratique, le Forum pourra prendre progres- sivement le pouvoir. En attendant, ce qui peut et doit être fait des aujourd'hui, ce sont des essais d'Apprentissage.G.EXEMPLE D'UN ESSAI D'APPRENTISSAGE.
Nous proposons de continuer cet essai en organisant dans le cadre de ce site un Forum et un Débat experimental. Si vous voulez participer à ce Forum, ou si vous voulez me contacter pour une autre raison, envoyez un message à:
zgmet@wanadoo.fr EMAIL GA.INTRODUCTION. Au début des années 1970 nous avons effectué à l'Universite de Haifa une étude sur la Démocratie Directe, comportant un essai pratique de Forum Informatique. Le Débat était mené par une centaine d'étudiants des seme- stres avancés des différentes disciplines sociales et humaines, tous ayant une solide formation informatique. Le sujet principal du Débat étant le Conflit Israélo-Arabe, l'ensemble des Participants était divisé en parties egales entre des Arabes et des Juifs. Deux problèmes ont été traités: 1.Structuration du Forum. 2.Conflit Israélo-Arabe.GB.STRUCTURATION DU FORUM.
GBA.SYSTEME EXPERT. Le Forum a été dessiné comme un Système Expert. Un Système Expert est caracterisé principalement par l'emplacement de ses Règles logiques. Tandis que dans les Systèmes traditionnels les Règles sont incorporées dans les programmes, dans un Système Expert elles sont mémorisees d'une façon autonome dans la Base d'Information. Cette structure confère au Système, entre autres, des qualités suivantes: 1.Intelligeance Artificielle. A l'instar du cerveau humain, le Système peut inférer des conclusions de l'ensemble des Règles. Il s'accommode aux changements des Règles sans avoir besoin d'être modifié et est ca- pable d'interpréter ces changements, c'est à dire d'apprendre. 2.Généralité. Tout problème de décision, donc aussi le Forum, peut être représenté à l'aide d'un Système Expert. Dans une telle organisation les scrutins concernent l'ensemble des Règles et leur Prémisses. 3.Cohérence. Le Système supporte automatiquement le Principe de Cohe- rence (voir GBCB). 4.Interface naturelle. Les Participants n'interactent qu'avec les Règ- les, qui ont la forme des propositions logiques rédigées dans le langage courant. GBB.LOGIQUE VAGUE. Contrairement à la Logique Exacte qui fournit des certitudes, la Logique Vague ne fournit que des probabilités. En prenant la proposition c = a+b et les prémisses a=3, b=4, la Logique Exacte nous dit avec certitude que c=7. Malheureusement, de telles certitudes sont rares dans le domai- ne social. Le plus acharné partisan de la semaine de 35 heures ne sau- rait affirmer avec certitude qu'elle diminuera le chômage de 12.5%, sous peine de se rendre ridicule. Il affirmera plutôt avec prudence, qu'ac- compagnée d'autres Règles formant tout un Modèle, elle a des chances de diminuer le chômage, sans preciser de combien. Il déterminera ainsi un Modèle, consistant d'une structure des Règles, qui, en utilisant la Logique Vague aboutira a une certaine probabilité de succès. L'adversai- re de 35 heures formulera un autre Modèle autour de la Règle disant que l'augmentation du coût de la main d'oeuvre diminuera la competitivité des entreprises, donc le chiffre d'affaires, donc l'emploi. Il affirmera que la semaine de 35 heures, au lieu de le diminuer, augmentera le chô- mage, tout en restant, comme son adversaire, dans le vague. En tant que programmes des Partis adverses, ces deux Modèles resteront figés et in- conciliables. Seul le Débat Interactif saurait les concilier en détermi- nant un nouveau Modèle intermédiare, représentant un compromis optimi- sant l'intérêt global. Le Forum de notre essai était basé sur la Logique Vague autorisant des Modèles vagues représentant la réalite sociale d'une façon approchée.GBC.PRINCIPES DU FORUM.
GBCA.PRINCIPE D'IMPORTANCE. On associe d'habitude la Démocratie avec le Principe de "Règne de la Majorité". Au début du Débat notre Forum s'est declaré hostile à ce Principe, qu'il a appelé "Oppression par Majorité", et lui a substitué le "Principe d'Importance" tentant d'approcher l'idéal de "Un pour Tous, Tous pour Un". Selon le Principe d'Importance un vote doit exprimer, en plus du choix, l'importance attachée à ce choix par le participant. La décision est alors prise au maximum des préférences pesées par l'importance. En pra- tique on a alloué à chaque participant le même nombre de points. Lors d'un scrutin, il attribuait à l'option de son choix une quantité de points indiquant l'importance qu'il attachait à ce choix. Prenons par example une maison dont neuf appartements sont occupés par des jeunes bien portants, ayant le penchant pour la musique jouée fortissimo et un par un malade que le bruit fait atrocement souffrir. "L'Oppression par Majorité" autoriserait la musique forte par neuf voix contre un. Par contre, le "Principe d'Importance" donnerait le gain de cause au malade, qui mettrait tous ses points dans la balance, tandis que les autres, pour qui la question serait marginale, garderaient leur points pour les problèmes plus importants. Evidemment, une fois ses points usés pour le problème de bruit, le ma- lade devrait se soumettre aux autres décisions sans discuter, mais la encore notre Forum trouvait la confirmation de l'idéal de "Un pour Tous, Tous pour Un" GBCB.PRINCIPE DE COHERENCE. Selon ce Principe le choix d'une option entraîne automatiquement toutes ses implications et conséquences. Sa réalisation était possible grâce au Système Expert employée (voir GBA). En exprimant sa préférence pour une option (par exemple pour une guer- re), le participant est informé par le Système sur toutes les implica- tions et conséquences de son choix (mort et souffrance des populations, y compris femmes et enfants, etc.). Le Système n'impose aucun principe moral, ou autre, sauf celui de Cohérence: si on est pour la guerre, on est aussi pour la mort et la mutilation des enfants. Le Principe de Cohérence n'implique aucun jugement, mais il oblige chaque participant à se juger soi même en lui présentant la confrontation de ses réactions emotionelles (enthousiasme pour une guerre "juste", etc) avec leurs implications rationnelles. C'était surtout grâce au Principe de Cohérence que notre Forum a pu arriver à un compromis pour le Conflit Israélo-Arabe. A force de passer constamment leurs émotions par le filtre de la raison, les participants des deux partis, belliqueux et arrogants au départ, sont devenus prog- ressivement humbles et conciliants. GBCC.PRINCIPE DE SIMPLICITE. Selon ce Principe les Règles doivent être formulées le plus simplement possible, en évitant toute tournure démagogique ou rhétorique. Pour le satisfaire, la procédure d'acceptation des Règles comportait un scrutin sur la forme précédant celui sur le contenu.GC.CONFLIT ISRAELO-ARABE.
Il ne s'agit pas ici de discuter les détails, ni la valeur morale et politique du compromis auquel notre Forum était arrivé. C'est le fait même d'être arrivé à un compromis qui mérite notre attention. Etant donné la situation initiale, ou les positions de deux groupes étaient apparemment inconciliables et leurs attitudes frôlaient le fanatisme, toute forme de discussion directe ne pouvait qu'aggraver le conflit en favorisant l'agressivite, voire la violence. Le fait que les parti- cipants des deux partis, belliqueux et arrogants au départ, sont devenus progressivement humbles et conciliants constitue a nos yeux une preuve irréfutable des mérits du Forum et du Débat Informatique.