Ce document concerne un sujet, le vote automatisé,
qui est de plus en plus d'actualité en Europe. Il nous a été
remis pour édition par M. Emile
Beyens, ancien secrétaire général du gouvernement
, membre du comité de rédaction de la revue Administration,
que nous remercions.
On pourra, pour d'autres informations sur l'administration belge, consulter
le serveur
http://belgium.fgov.be
Le 07/06/01 Jean-Paul Baquiast
Le vote Automatisé en Belgique
I) GENESE DE L'INTRODUCTION DU VOTE
AUTOMATISE ET DU DEPOUILLEMENT
DES VOTES PAR LECTURE OPTIQUE EN BELGIQUE.
La Belgique, état
fédéralisé et membre de l'Union européenne, est
un pays où l'on vote souvent ; en moyenne tous les deux
ans.
C'est l'une des
raisons pour lesquelles, au cours des dix dernières années,
de nouvelles technologies de vote et de dépouillement des votes,
permettant de moderniser et de simplifier les opérations
électorales, ont été progressivement
introduites.
Ces technologies
furent expérimentées dans le cadre des scrutins organisés
de 1991 à 2000 :
-
première
expérience de vote
automatisé
dans deux cantons ruraux: lors des élections provinciales et communales
de novembre 1991.Douze mille
électeurs furent concernés.
-
première
extension du vote
automatisé
: lors des élections pour le Parlement européen de
juin 1994 puis lors des élections provinciales et communales
en octobre de la même année. Un million quatre cent mille
électeurs furent concernés.
-
Aucune
nouvelle extension n'a eu lieu lors des élections législatives
et régionales de mai 1995, en raison du délai trop court entre
les deux échéances.
-
deuxième
extension du vote
automatisé
et introduction du dépouillement des votes par lecture optique : lors
des quatre élections simultanées
-
aucune
extension n'eut lieu lors des élections dernières élections
provinciales et communales d'octobre 2000, compte tenu de la brièveté
du délai entre les échéances de 1999 et de
2000.
C'est en fait dès
1989 que l'administration fut chargée par le Ministre de l'Intérieur
et de la modernisation des services publics de rechercher les possibilités
de substituer au système traditionnel avec bulletins un (des)
système(s) faisant appel à des technologies modernes de nature
à accroître la fiabilité et la rapidité du
dépouillement. La principale contrainte imposée dans le cadre
de cette recherche était que le(s) système(s) proposé(s)
devai(en)t s'intégrer sans modification importante dans le système
électoral belge, être utilisable(s) pour tous les types
d'élections organisées en Belgique et respecter les lois
linguistiques.
Les considérations
motivant cette recherche tenaient moins à un souci de réduire
les charges financières inhérentes aux élections qu'à
une volonté de simplification et de modernisation des opérations
elles-mêmes et partant d'apporter une solution au problème lié
à la difficulté de trouver suffisamment d'électeurs
de bonne volonté pour constituer les bureaux de
dépouillement.
La première expérience de vote automatisé, eu lieu lors des élections législatives et provinciales de novembre 1991 dans deux cantons ruraux. Deux systèmes distincts furent expérimentés avec succès tant sur le plan technique, qu'au niveau de la réaction de l'électorat. Dans l'un des cantons, c'est un panneau électronique tactile reprenant l'équivalent du bulletin de vote qui fut installé dans chaque isoloir, l'électeur exprimant son vote à l'aide d'un bouton poussoir figurant sut le panneau. Dans l'autre canton, on utilisa un système composé d'une urne électronique et de plusieurs machines à voter installées dans chaque isoloir, l'électeur exprimant son vote à l'aide d'un crayon optique après avoir introduit une carte magnétique - correspondant au bulletin de vote- dans la machine à voter.
C'est ce dernier
système qui fut retenu en raison, d'une part des possibilités
qu'il offre quant au nombre de listes et de candidats qui peuvent être
affichées sur un seul écran et d'autre part, des garanties
et sécurités qu'il comporte au niveau de l'enregistrement des
votes.
2) L'extension
du vote automatisé en
1994.
La loi du 11 avril
1994 organise le vote automatisé .
Un système
de vote automatisé y est décrit comme se composant dune
urne électronique, de machines à voter et de systèmes
électroniques de totalisation.
Avant denvisager toute généralisation du système, il fut néanmoins décidé dorganiser un deuxième test dans de grandes circonscriptions à caractère urbain parmi lesquelles la capitale, où se poseraient non seulement des problèmes techniques ordinaires mais aussi et surtout des problèmes dorganisation. Ce test a lieu en 1994 et 1995 dans ces circonscriptions ainsi que dans les deux cantons pilotes désignés dès 1991.
A lissue
dun appel doffres, le marché fut attribué à
deux constructeurs de sorte que deux systèmes automatisés de
vote sont actuellement en usage en Belgique, produits lun par la firme
BULL et lautre par le consortium PHILIPS-STESUD. Il nest toutefois
pas exclu que dautres firmes obtiennent à lavenir
lagrément de nouveaux systèmes pour autant quils
satisfassent aux conditions générales dagrément
fixées par arrêté royal et quils subissent avec
succès les tests préalables en matière de
sécurité et de fiabilité.
Environ 1.400.000
électeurs, soit 20 % de lélectorat, participèrent
aux élections automatisées en 1994 et 1995, respectivement
le 12 juin 1994 pour lélection du Parlement européen,
le 9 octobre 1994 pour les élections provinciales et communales ainsi
que le 21 mai 1995 pour les élections des Chambres législatives
fédérales et des Conseils.
Le département,
en collaboration avec les firmes agréées, a pu ainsi prendre
les dispositions pour améliorer la convivialité du système
en y apportant au fur et à mesure des corrections.
Suite au rapport
dévaluation établi par ladministration le 13
décembre 1996, le Conseil des Ministres du 18 juillet 1997 a pris
un certain nombre de décisions importantes concernant le vote
automatisé.
Outre le maintien
du principe du système de vote automatisé appliqué en
1994 et 1995, une extension dudit système fut autorisée, sur
la base dune inscription volontaire des communes au niveau d'un canton,
de sorte que 40% environ de lélectorat exprime son vote par
ordinateur.
Par ailleurs,
l'introduction d'un logiciel unique de vote automatisé utilisable
sur tout type de matériel agréé fut décidée
de même que celle d'un logiciel unique de totalisation des votes, de
répartition des sièges et de désignation des
élus.
Enfin, l'organisation
dune expérience de dépouillement des votes par lecture
optique dans deux cantons ruraux fut programmée pour les élections
du Parlement européen, des Chambres législatives
fédérales, et des Conseils de région et de communauté
du 13 juin 1999 ainsi que pour les élections communales et provinciales
du 8 octobre 2000.
3)
Lextension en 1999 et les élections simultanées du
13 juin 1999.
Linscription
volontaire des communes, suite à la décision du gouvernement
d'autoriser une nouvelle extension limitée du vote automatisé
a connu un grand succès. Une des conditions étant laccord
unanime des communes composant le canton électoral, certaines demandes
ont même dû être refusées.
Les cantons
électoraux autorisés à utiliser un système de
vote automatisé à partir du 1er janvier 1999 ont
été désignés par arrêté
royal. Ainsi, 3.250.000
électeurs environ, soit 43 % de lélectorat, ont
participé le 13 juin 1999 au vote
automatisé.
Près de 4.000
bureaux de vote automatisés( soit 25.000 machines à voter)
ont ainsi fonctionné le 13 juin 1999, de manière très
satisfaisante, malgré la survenance dun certain nombre
dincidents techniques (environ 800) dont la moitié découlait
principalement derreurs de manipulation.
Le système
du dépouillement des votes par lecture optique fut quant à
lui utilisé pour la première fois lors des élections
du 13 juin 1999 dans deux petits cantons électoraux à
caractère rural.. Si aucun incident technique proprement dit ne fut
constaté au cours des opérations, la fiabilité des
résultats obtenus en ayant recours à cette technologie, fut
mise en cause, en raison notamment du nombre élevé de votes
blancs recensés, pour l'élection de la Chambre des
représentants, dans l'un des cantons pilotes. Cette dernière
ordonna, dans le cadre des opérations de validation de
lélection, un recomptage manuel des votes émis pour cette
élection.
Parallèlement, afin dévaluer de manière approfondie le fonctionnement de ce système, ladministration a procédé, dès après les élections, à des tests intensifs de lecture des bulletins de votes des cantons concernés, et à un recomptage manuel intégral de ces bulletins afin de pouvoir comparer les résultats obtenus suite au dépouillement par lecture optique et ceux obtenus suite au comptage manuel.
4)
Les élections
provinciales et communales du 8 octobre
2000.
D'une manière
générale, on peut affirmer que lors des élections communales
et provinciales du 8 octobre 2000 tant les systèmes automatisés
de vote que les systèmes de dépouillement des votes par lecture
optique ont fonctionné de manière très
satisfaisante.
Il faut signaler à ce sujet que la réception des adaptations apportées par les fournisseurs en vue de résoudre les problèmes constatés le 13 juin 1999 a fait lobjet dune attention particulière et que d'une manière générale, il a été demandé aux fournisseurs de respecter les normes de qualité pour toutes les prestations et tous les développements effectués dans le cadre des élections.
Par ailleurs la
formation des présidents de bureaux de vote a été
intensifiée et une documentation de lecture simple relative au
fonctionnement des bureaux de vote automatisé à été
mise à leur disposition.
II) LE MATERIEL
ELECTORAL.
Le matériel
fourni doit être sûr et répondre aux normes de qualité
ISO 9000.
1° Description du système
de vote automatisé.
Un système de vote automatisé comprend, par bureau électoral, une urne électronique et plusieurs machines à voter équipées chacune dun écran de visualisation, dun lecteur-enregistreur de cartes magnétiques et dun crayon optique.
Tous les appareils
installés dans le bureau de vote sont autonomes les uns par rapport
aux autres.
Chaque bureau principal de canton ou chaque bureau
principal communal dispose dun ou de plusieurs systèmes
électroniques pour la totalisation des votes exprimés dans
les bureaux de vote qui dépendent de ce bureau
principal.
Les systèmes
automatisés de vote et les systèmes électroniques de
totalisation peuvent uniquement être utilisés lorsquils
sont conformes aux modèles agréés suivant les conditions
générales dagrément fixées par
arrêté royal qui garantissent en tout cas la fiabilité
et la sécurité des systèmes, ainsi que le secret du
vote.
a)
La machine à
voter.
La machine à voter est composée dun écran de visualisation, dun crayon optique et dun lecteur de cartes magnétiques. Dans un bureau de vote, il y a en moyenne 5 à 6 machines à voter. La loi a fixé le nombre minimum de machines par bureau de vote à 3 et le maximum à 8.
Le lecteur-enregistreur
de cartes magnétiques et le crayon optique doivent être conformes
aux normes internationales en vigueur. Le crayon optique doit permettre à
lélecteur dexprimer son vote sans confusion possible quel
que soit le nombre de candidats.
La machine à
voter doit être équipée dun dispositif lumineux
ou sonore permettant au président du bureau de vote de détecter
tout fonctionnement défectueux de la machine et toute manipulation
anormale sur celle-ci.
Le lecteur-enregistreur
de la machine à voter ne peut accepter que des cartes magnétiques
validées par le bureau de vote où la machine à voter
est installée. En outre,
une carte magnétique ne peut être utilisée que pour
lélection pour laquelle elle a été validée.
Une fois quelle a été utilisée pour un vote, elle
ne peut être réutilisée pour la même
élection.
Le processeur
électronique de la machine à voter est mis en fonctionnement
par une disquette, contenant le logiciel de vote, fournie par le Ministère
de lIntérieur.
Au moment du vote, seuls les éléments nécessaires à lexpression de ce vote doivent être apparents pour lélecteur ou utilisables par lui sur la machine à voter.
b)
Lurne
électronique
Lurne
électronique est activée par une disquette fournie par le
Ministère de lIntérieur et exclusivement réservée
à lélection et au bureau de vote quelle concerne,
et via lintroduction dun mot de passe propre à chaque
bureau de vote, remis sous enveloppe scellée au président du
bureau et ouverte en présence du bureau
constitué.
L enregistrement
dans lurne à partir de la disquette du logiciel de vote et
lécriture des votes sur la disquette impliquent préalablement
lutilisation dun code confidentiel fourni au président
du bureau de vote par le président du bureau
principal. Lutilisation
dune copie de la disquette (back-up) pour activer lurne nest
permise que si la disquette originale sest révélée
défectueuse.
Lurne électronique est équipée dun clavier et dun écran de visualisation devant permettre les opérations telles que la mise en fonctionnement de lurne avec introduction non apparente à lécran du code confidentiel, l'ouverture du bureau de vote, le suivi des opérations de validation (avant le vote) et denregistrement (après le vote) des cartes magnétiques, la clôture du bureau de vote et la reprise des opérations de vote après une interruption.
c) Le système
de totalisation
Le système électronique de totalisation, installé au niveau du bureau principal de canton ou au niveau du bureau principal communal, est équipé dun processeur, dune unité de stockage, dun lecteur-enregistreur de disquettes et dune imprimante.
Le lecteur-enregistreur
de disquettes assure, dune part, lenregistrement des résultats
des différents bureaux de vote, mais il doit dautre part permettre
denregistrer sur disquette les résultats globaux obtenus au
niveau du bureau principal.
La mise en
fonctionnement du système électronique de totalisation requiert
préalablement lutilisation dun code fourni par le
Ministère de lIntérieur.
Le système
électronique de totalisation des votes ne peut accepter pour
lenregistrement des résultats que des disquettes relatives à
lélection concernée et provenant des bureaux de vote
relevant du bureau principal que le système dessert. Il refuse en
outre lenregistrement dune disquette dun bureau de vote
dont les résultats ont déjà été
enregistrés.
La clôture
des opérations de totalisation ne peut intervenir quaprès
lenregistrement des résultats de tous les
bureaux.
2°) Comment vote-t-on
?
Lélecteur,
en entrant dans le bureau de vote, remet sa carte didentité
et sa lettre de convocation au président du bureau de vote et reçoit
une carte magnétique initialisée de façon à
nêtre utilisée que pour cette élection et dans
ce bureau de vote uniquement.
Muni de cette carte magnétique, lélecteur se rend à lisoloir, où se trouve une machine à voter, et introduit cette carte dans la machine à voter. Si plusieurs élections ont lieu simultanément, le Ministre de lIntérieur fixe lordre dans lequel les votes doivent être exprimés. En cas délections simultanées avec utilisation de différentes listes des électeurs, il faut procéder à une validation par "type d' électeurs.
Lécran de visualisation indique à
lélecteur la procédure à
suivre. Il est dabord
invité à choisir la liste qui emporte sa
préférence. Lécran affiche le numéro dordre
et le sigle de toutes les listes de candidats pour lélection
concernée. Au moyen du crayon optique, lélecteur indique
la liste de son choix. Il peut
également indiquer par un vote blanc quil ne désire apporter
son vote à aucune des listes
présentées.
Quand lélecteur aura choisi une liste, lécran de visualisation affiche, pour cette liste, les nom et prénom des candidats.
Lélecteur
exprime son vote en plaçant le crayon optique dans la case placée
en tête de liste ou dans la ou les cases en regard dun ou de
plusieurs candidats.
Après avoir
exprimé son vote, lélecteur est invité à
le confirmer. Tant que le vote
nest pas confirmé, lélecteur peut annuler son vote
et recommencer lopération. En outre, l'électeur peut
après, avoir voté, visualiser les votes enregistrés
sur sa carte magnétique en réintroduisant cette dernière
dans la machine à voter.
Lorsque
lélecteur a voté pour lensemble des élections,
il introduit sa carte dans l'urne électronique après
vérification par le président du bureau qu'elle ne contient
pas de marque ou signe susceptibles d'identifier
l'électeur.
Si
lélecteur rend sa carte sans avoir exprimé son vote,
ceci sera considéré comme un vote blanc.
Lélecteur
qui éprouve des difficultés à exprimer son vote peut
se faire assister par le président ou par un autre membre du
bureau.
A lissue du
scrutin, le président du bureau de vote rend lurne inopérante
pour les votes ultérieurs.
Les informations
enregistrées sur le support original de mémoire sont reproduites
sur un autre support de mémoire, tenant lieu de
copie. En principe, les urnes
scellées restent dans la commune.
Elles ne sont déplacées quen cas de recomptage
des votes.
3°) La
totalisation.
Immédiatement après réception des supports de mémoire provenant du bureau de vote, le président du bureau principal (de canton ou communal selon le cas) procède à lenregistrement du support original reprenant les résultats.
Chaque disquette identifie le bureau de vote de sorte que les résultats ne sont lus qu'une seule fois. Le bureau principal peut vérifier à chaque instant quels bureaux de vote sont déjà enregistrés.
En cas de problèmes au niveau de la totalisation, les procédures à suivre sont prévues par la loi.
4° La procédure
dacquisition.
Le canton
électoral est le niveau le plus bas pour lusage dun
système de vote automatisé.
En dautres termes, le vote automatisé nest
autorisé que lorsque toutes les communes dun même canton
ont opté pour ce système et pour le même
constructeur.
Les coûts
d'investissements liés à l'acquisition du matériel sont
à charge des communes, l'Etat intervenant à raison de 20% dans
le montant de ces derniers sous forme de subventions. Les instances
régionales et provinciales peuvent également décider
certaines interventions financières au bénéfice des
communes.
Les communes qui le souhaitent peuvent utiliser le matériel à d'autres fins entre les échéances électorales, par exemple en mettant les ordinateurs à la disposition des écoles, des bibliothèques, etc. , à condition toutefois de le remettre en état de fonctionnement avant l'élection.
III) LA
PREPARATION.
Le Ministère
de lIntérieur prend en charge l'élaboration du logiciel.
Cette opération nécessite une préparation très
structurée se déroulant en différentes phases dont
l'exécution est prise en charge par l'administration ou effectuée
sous le contrôle de cette dernière.
Cette phase comprend ladaptation du logiciel de base au type d'élection concerné, l'introduction des paramètres des bureaux de vote et des bureaux de canton ainsi que l'encodage des listes en présence et des noms des candidats par le Ministère de l'Intérieur, l'approbation des écrans par les présidents compétents, la confection centralisée au département des supports de mémoire nécessaires aux bureaux de vote et de canton et enfin la remise de ces supports aux présidents des bureaux principaux de canton par les fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur spécialement désignés à cette fin.
Linstallation
du matériel proprement dit est effectuée par les administrations
communales, comme lors des élections traditionnelles. Dans les six
à sept semaines précédant la date des élections
ainsi quà la veille de celles-ci, les communes doivent
vérifier toutes les machines à laide de disquettes de
test fournies par le constructeur.
Les défectuosités constatées doivent être
signalées à ce dernier qui doit y remédier à
temps.
Les frais de
réparation ou de remplacement du matériel défectueux
la veille ou le jour même des élections sont à la charge
de lEtat, pour autant que les tests de contrôle aient été
effectués correctement par les communes.
A la veille du scrutin,
les fonctionnaires du Ministère de lIntérieur
contrôlent linstallation du matériel dans les bureaux
de vote.
Lorganisation
des opérations dans les bureaux de vote
Une bonne organisation du bureau de vote est essentielle pour un bon déroulement des opérations électorales. Cela vaut bien sûr tant pour le vote traditionnel que pour le vote automatisé.
Le choix des locaux
pour linstallation dun bureau de vote
automatisé et de leur
implantation géographique déterminent en partie le bon
déroulement des élections.
Il est important de pouvoir disposer de locaux assez spacieux, facilement
accessibles et pourvus dune bonne installation
électrique.
Lheure de fermeture des bureaux de vote automatisé est
généralement fixée à
IV)
LA FORMATION.
Cette formation est essentielle pour le bon déroulement des opérations électorales.
Par commune, un certain nombre de responsables sont formés par le Ministère de lIntérieur. Ils se chargent non seulement de la formation de leurs collègues au sein de leur propre commune, mais aussi et surtout de celle des présidents et des secrétaires des bureaux de vote et des bureaux principaux (de canton)
La nomination d'un
secrétaire adjoint et dun assesseur complémentaire disposant
de connaissances en informatique permet d'aider les présidents des
bureaux de vote à utiliser le système.
V) L'INFORMATION DE
L'ELECTEUR.
Bien que le vote
automatisé se rapproche très fort du vote traditionnel, il
semble cependant tout à fait indiqué de mettre sur pied lors
de chaque élection, une campagne dinformation afin dinformer
lélecteur quant au système utilisé et à
la procédure à suivre.
Cette information
était avant tout assurée jusquà présent
de différentes manières par les administrations
communales. Des articles concernant lintroduction du vote automatisé
paraissent régulièrement dans la brochure dinformation
locale. Des administrations
communales organisent à divers endroits des sessions de
démonstration (dans les maisons communales, des foires, des salles
dexposition, des soirées dinformation,
) à
lintention des électeurs.
Des articles
publiés dans des journaux locaux expliquent la procédure de
vote.
Des stations de télévision locale fournissent des explications (les émissions télévisées semblent surtout avoir un impact durant les trois derniers jours avant le scrutin). Des brochures ont été distribuées aux électeurs. Des affiches explicatives ont été apposées dans les salles dattente et dans les bureaux de vote. Certaines communes installent même des machines de démonstration dans les bâtiments où il y a une forte concentration de bureaux de vote. Le recours à des machines de démonstration le jour même du scrutin semble être la solution la plus efficace mais il nécessite des moyens financiers considérables.
En vue des
élections simultanées du 13 juin 1999, le Ministère
de lIntérieur a mené lui-même une campagne
dinformation concernant les élections en général
et le vote automatisé en particulier, et a appuyé les
administrations communales lors de leur propre campagne.
A cet effet, une
brochure explicative a été distribuée, des articles
ont été publiés dans des revues et une vidéo-cassette
présentant le vote automatisé a été enregistrée
et distribuée aux communes.
Cette documentation
peut également être consultée sur
Internet. En outre, toute cette
information a été réunie en une collection de brochures
offertes aux administrations communales, qui ont pu sen servir lors
de leur campagne locale.
VI)
ETAT DE LA QUESTION.- AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES SYSTEMES DE VOTE
AUTOMATISE-TRANSPARENCE DE CES SYSTEMES.
Malgré certaines critiques émises par d'aucuns, qui allèguent le manque de transparence et de fiabilité du système et font état de l'absence de certitude de l'électeur sur l'enregistrement correct et conforme du vote qu'il a émis, le principe du vote automatisé paraît en général bien admis par les communes et citoyens qui lont expérimenté à plusieurs reprises.
Cette technologie
a en effet rencontré les objectifs visés lors de son introduction
et a apporté des améliorations indéniables en matière
dorganisation des élections.
1°) La suppression du dépouillement et la rapidité de la diffusion des résultats vers le public et les candidats.
Ainsi, pour les élections du 13 juin 1999, on aurait du faire appel à 30.000 personnes supplémentaires si on avait voté de manière traditionnelle dans les cantons automatisés.
La suppression du
dépouillement a comme corollaire, une diffusion beaucoup plus rapide
des résultats, ce qui répond aux besoins d'une société
moderne où les nouvelles technologies de l'information permettent
de diffuser de manière instantanée linformation dès
quelle est connue.
Cette rapidité a été accrue lors des élections du 13 juin 1999 par le transfert des disquettes de résultats à l'administration centrale, plus encore lors des élections du 8 octobre 2000 par l'expérience de transmission des résultats via télécommunication.
2°) La
procédure de vote proprement dite, tout en sinspirant très
fidèlement de la procédure traditionnelle (lélecteur
reçoit une carte magnétique, remplaçant le bulletin
papier, il utilise un crayon optique, il dépose sa carte dans une
urne après émission du vote), est plus simple et plus ergonomique
que cette
dernière.
Avec le vote automatisé, lélecteur est guidé pas
à pas et il ne peut émettre
involontairement un vote nul
(panachage).
3°) Comme l'avait
souligné le Collège d'experts indépendants
désignés par les assemblées, en conclusion de son rapport
du 1er juillet 1999:
« La procédure suivie pour lorganisation des
opérations de vote automatisé sinspire fortement de celle
utilisée pour le vote traditionnel. La fonction de contrôle
des présidents, assesseurs et témoins demeure dans cette
procédure, une garantie indispensable du déroulement correct
des élections. Il devient plus difficile de commettre dans les bureaux
de vote ou de dépouillement des fraudes ou des erreurs susceptibles
davoir un impact important sur les résultats. »
4°)
Le coût d'investissement nest pas supérieur à
celui du vote traditionnel lorsquon envisage une période de
10 ans (période prévue pour lamortissement du
matériel). Il est denviron 35 FB par électeur et par
élection.
* * *
*
*
*
Suppression du dépouillement, rapidité
de diffusion des résultats, simplification et modernisation de la
procédure de vote, contrôle des opérations par les instances
judiciaires et implication des assemblées législatives via
dune part le contrôle exercé par le collège des
experts dont elles désignent les membres, et dautre part par
leur intervention lors de la validation des élections, tels sont les
principaux avantages et garanties présentés par le système
de vote automatisé.
Le vote automatisé, après avoir été testé à petite échelle lors des élections législatives fédérales de 1991, a été étendu en 1994 puis en 1999 et utilisé à nouveau de manière très satisfaisante par 3.250.000 électeurs en 2000. Lextension sest faite de manière progressive et en 1999 sur base volontaire, ce qui a permis de dégager et de mettre en uvre les mesures de nature à améliorer lorganisation des bureaux de vote et la convivialité du système. Les procédures de contrôle ont également été renforcées.
Globalement on peut affirmer que le système répond aux objectifs initiaux.
Les décisions
prises en vue de renforcer la transparence du système (possibilité
de relecture du vote émis, publicité des codes sources
épurés des sécurités, extension de la mission
de contrôle des experts, conception par le Ministère de
lIntérieur, dun cadre de procédures garantissant
une qualité optimale) sont autant de mesures de nature à renforcer
la confiance des électeurs dans ce système.
Comme elle la
fait après chacun des scrutins où il a été fait
usage de ce système, ladministration établit actuellement
un rapport dévaluation sur le déroulement des
opérations du 8 octobre 2ooo.
L'administration a également
été chargée de dégager les scénarios possibles
pour l'avenir en matière d'automatisation du vote et du
dépouillement. Il appartiendra à l'autorité politique
de décider l'orientation qui devra être suivie ( poursuite et
extension éventuelle du système de vote automatisé et
du système de dépouillement des votes par lecture
optique).
Rédigé
le 10 mars 2001 par Christiane ROUMA, conseiller général à
la Direction générale de la Législation et des Institutions
nationales.
Direction
générale de la Législation et des Institutions
nationales
Direction de la
Population et des Elections.
Registre
national.
Boulevard Pachéco,
19 boîte 20
1010
BRUXELLES.
Tél:
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