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Du côté des labos
par Christophe Jacquemin
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Johnny Ray, ou la parole silencieuse

Depuis 1997, l'américain Johnny Ray est complètement paralysé, suite à une crise d'apoplexie. Il voit et entend mais ne peut plus bouger ni parler. Au Veteran's Hospital d'Atlanta, il participe depuis mars 1998 à une expérience menée par une équipe dirigée par Philip Kennedy -professeur de neurologie à l'université Emory d'Atlanta- et Melody Moore -professeur d'informatique à l'université de l'Etat de Géorgie (Georgia Tech College of Computing), responsable informatique du projet.
Ayant subit une opération chirurgicale, Johnny Ray possède des implants (électrodes reliées à un fil métalliquequi traverse sa boîte crânienne) dans son cortex, qui permettent de capter et d'acheminer les signaux électromagnétiques déclenchés par l'activité de ses neurones. Ces signaux sont acheminés vers un amplificateur et un émetteur radio miniaturisés, situés sous le cuir chevelu, puis diffusés sous forme d'ondes radio vers l'extérieur, à travers la peau. Ce système fonctionne grâce à une puce électronique et un inducteur de courant, également implantés. Les signaux sont captés à l'extérieur par une antenne reliée à un récepteur en modulation de fréquences, puis transmis vers un processeur numérique chargés de les convertir en données compréhensibles par un ordinateur (PC ordinaire), comme s'il s'agissait d'instructions provenant d'une souris. Cet homme peut ainsi déplacer le curseur sur l'écran par la pensée (pour l'arrêter il suffit de relâcher sa concentration -de penser à autre chose-). Il peut dès lors activer des logiciels (en l'occurrence, un logiciel lui permettant d'écrire, en choisissant les lettres sur l'écran), voire même envoyer des mails (johny.ray@mindspring.com).

Selon Melody Moore (Le Monde du 6 décembre 1999), ce système est sans limite : "avec de l'entraînement, un patient implanté pourrait se servir d'un ordinateur aussi bien qu'une personne valide, et peut-être mieux : plus une interface est directe, plus elle est efficace ".
Au bout de quelques semaines d'entraînement, le patient à fait savoir que pour envoyer ses signaux, il n'avait plus à penser à une action physique (incluant le bras ou la main) pour bouger le curseur mais tout simplement à penser au fait de le bouger : les capacités d'adaptation de notre cerveau sont certainement sans limite.
Les scientifiques ont par ailleurs observé que Johnny Ray émettait toute une gamme de signaux, d'amplitude et de fréquence différentes. Dès lors, un ordinateur programmé pour faire la distinction entre ces signaux et pour les interpréter comme autant d'instructions différentes pourrait permettre au patient d'envoyer simultanément plusieurs instructions à la fois. En multipliant les groupes d'électrodes dans le cerveaux, et avec de l'entraînement, il lui serait ainsi possible d'émettre des centaines de signaux à la fois*, voire de contrôler plusieurs ordinateurs en même temps.
*pour l'instant, le patient n'en émet "que" 50 par secondes et l'ordinateur ne fait aucune distinction entre eux

Janvier 2000


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