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Revue n° 4
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Art. Imaginaire

Pourquoi cette nouvelle rubrique?

Aujourd'hui, les frontières sont de moins en moins marquées entre les expérimentations ou les produits intéressant les relations reliant les automates et les hommes, qu'il s'agisse des travaux de laboratoire proprement dits, ou des créations de l'art, du jeu et plus généralement de la littérature d'imagination, notamment celle qui a toujours inspiré les scientifiques; littérature fantastique ou science-fiction, bandes dessinées imaginaires. Ces différentes activités se recoupent sur plusieurs points:

* la vie sexuelle et affective, qui compte encore beaucoup, Dieu merci, pour la plupart des hommes, fussent-ils scientifiques, ne sera pas exclue de la démarche globalisante esquissée ici. Elle constituera au contraire un infini terrain d'expérimentation et de création continue.

Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin 21/12/00


Vers l'art vivant (Towards Alive Art) http://link.springer.de/link/service/series/0558/bibs/1834/18340171.htm

Les auteurs, du laboratoire Artificialia http://www.artificialia.com/ font une longue mais très intéressante présentation des possibilités offertes aux artistes dans un monde où les créations artistiques virtuelles évolueraient comme des êtres vivants, en fonction des réactions du public et de la compétition avec d'autres oeuvres.


La naissance de l'art   Hors-série de La Recherche  http://www.larecherche.fr/web+/hs4_som.html

La plupart des articles de cet intéressant numéro de La Recherche intéresseront, outre les anthropologues et historiens de l'art, les cogniticiens, neurologistes et chercheurs en intelligence artificielle. Voici quelques unes des questions abordées:

- à partir de quelle capacité crânienne, avec quelle configuration des pôles temporaux et quand , le cerveau d'un hominien était-il devenu susceptible de produire une activité symbolique? Francesco d'Errico propose 1.000cm3 (homo erectus) et la date de 500.000 ans avant JC.

- un comportement véritablement moderne en terme de création symbolique semble être apparu subitement vers -50.000 ans. S'est-il agi d'une mutation génétique fortuite? A partir de cette date, l'anatomie n'a plus évolué, mais les modifications comportementales ont explosé. L'art symbolique et le langage articulé phonémique (y compris la musique) semblent avoir émergé en parallèle (Richard G. Klein).

- pourquoi ne pas relier sur un réseau Internet dédié toutes les informations encore dispersées intéressant la compréhension des origines de l'art, comme le font les biologistes concernant le génome humain. La dispersion actuelle des données et des interprétations concernant l'art du paléolithique handicape la recherche. (Luc Allemand)

- pourquoi ne dispose-t-on pas encore d'une vision suffisamment évolutive de l'origine du symbolisme, à partir, en priorité, d'études sur la cognition des primates? (G.Clark) Quelles sont les structures neuronales responsables de la construction des métaphores, lesquelles précèderaient les capacités langagières et symboliques. Pourquoi les chercheurs en neurosciences s'intéressent-ils si peu aux cartes cérébrales responsables des capacités artistiques, musique et dessin? (Merlin Donald)

- l'outil est-il assimilable à un objet d'art (biface symétrique, par exemple)? Pascale Binant et Eric Boëda

- quel mystérieux message cherchent encore à nous transmettre les mains préhistoriques en négatif ou positif sur les parois des grottes ornées? Est-il exact que nous ne pourrons plus jamais le comprendre? (Pedro Lima)

- la musique des hommes et celle des oiseaux se partagent nombre de traits structurels. Pourquoi ? Comment fonctionne le "cerveau artiste" de l'homme moderne? (François Bernard Mâche.

- l'australopithèque gracile était-il musicien? Il disposait de pôles temporaux aussi développés que les nôtres. Musique et langage auraient co-évolué depuis 3 millions d'années. Le langage maternel moderne (motherese) émotif et musical est-il une survivance actuelle des langages précurseurs? (Dean Flak)

- peut-on imaginer que les homo habilis et erectus aient pu créer des outils d'os et de pierre sans disposer du langage (éventuellement d'un proto-langage dépourvu de syntaxe, qui se serait transformé à la date clé de -50.000, avec l'explosion de la syntaxe. (Julien Camicin)

- si musique et langage ont la même origine, la syntaxe étant au langage ce que l'harmonie est à la musique, ne peut-on, avec les techniques de l'imagerie cérébrale, localiser les aires responsables du traitement du signal sonore (Mireille Besson, Staphane Robert)

- Peut-on fabriquer des mélodies "intéressantes" (succession de notes plaisant à notre sensibilité) sans faire appel au cerveau humain. La nature peut-elle produire d'elle-m^me des mélodies intéressantes? (François Pachet)

- L'ontogenèse de l'art (développement chez l'individu) peut-il éclairer la phylogenèse de l'art (développement au sein de l'espèce)? L'enfant dispose d'une souplesse de la pensée qui le rend capable de création artistique aux premiers âges, qu'il perd ensuite en général. Cette flexibilité cognitive a-t-elle joué un rôle dans l'explosion artistique du paléolithique supérieur. Ne persiste-t-elle pas chez l'artiste d'aujourd'hui? (volonté d'explorer des pistes nouvelles, donner un sens à la complexité et à l'ambiguïté du monde).(Todd Lubart, Anne-Yvonne Jacquet, Chantal Pacteau)


France Culture du 27/11/00 21h Décibels. La musique est elle vraiment un langage universel ?

Avec François-Bernard Mâche, compositeur, musicologue qui a animé durant deux ans un séminaire sur les universaux à l'EHESS  (Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales http://www.ehess.fr/; Claude Hagège linguiste ; Jean Molino anthropologue de la musique ; Simra Arom, ethnomusicologue ; Michel Imberty, spécialiste en psychologie et en musique ; Michel Dauvois, paléontologue ; Jean-Pierre Changeux, neurobiologiste. Emission présentée avec beaucoup d'intelligence par Jeanne-Martine Vacher.

Source: France Culture: (...) il fallait bien un jour se poser la question de l'universalité de la musique. Est-elle une langue unique qui pourrait être comprise dans chaque partie du globe? si oui, peut-on affirmer que l'ostinato, la strophe etc. sont des universaux ? C'est aussi tenter une analyse comparée des pratiques musicales des animaux : les chants des baleines, des oiseaux, sont-ils de la musique? C'est encore savoir si la musique est un langage au même titre que le langage articulé. C'est enfin comprendre d'où viennent ces universaux de la musique. De la circulation des musiques d'un pays à l'autre ? Mais alors, comment expliquer que l'on retrouve chez les Peuls Bororo du Niger des schémas musicaux des Païwans de Taïwan alors qu'ils n'ont jamais communiqué entre eux ? Pourquoi trouve t-on le même type de répétitions dans des sociétés africaines, dans le baroque européen ou la techno ? Doit-on imaginer des causes neurophysiologique ?

La question abordée par cette émission concerne tous ceux qui s'intéressent à la théorie computationnelle de l'esprit, et à la possibilité éventuelle de transposer dans des artefacts des comportements ou processus aussi profondément implantés dans la vie animale et humaine que le langage et la musique. Le choix des experts consultés  était bon. A côté de musicologues, incontournables sur un tel sujet, on a retrouvé un linguiste, un anthropologue, un paléontologue et un neurobiologiste. Un des musicologues, F.B. Mâche, avait l'avantage d'avoir particulièrement étudié le chant des oiseaux, qui semble (pour des raisons mal connues) très proche des formes primitives de chants chez l'homme. Qu'est-ce qui est spécifiquement humain? Le langage, selon Claude Hagège (et encore?). Mais certainement pas la musique, où existe, au moins à certains niveaux,  par exemple sur le plan des formes, une continuité entre le monde animal et l'homme. Le sujet a été très rapidement traité, comme de rigueur dans une émission radio. Il mériterait d'être repris en détail - y compris avec l'apport de chercheurs en vie et intelligence artificielle.

Pour en savoir plus:

Nous présenterons ultérieurement les travaux de Claude Hagège et Jean-Pierre Changeux

Sur les travaux de François-Bernard Mâche à propos des chants d'oiseaux, voir Groupe de représentation musicale IRCAM . Mémoire: Intégration des représentations temps/fréquence et des représentations musicales symboliques par Peter Hanappe 1994-95  http://www.ircam.fr/equipes/repmus/Rapports/PeterHanappe95/MEMOIRE1.html
Michel Dauvois: Sons et musique au paléolithique, article Pour la Science http://www.pourlascience.com/numeros/pls-253/art-3.htm
Michel Imberty Centre de Recherche en Psychologie, Sociologie et Didactique de la Musique http://www.u-paris10.fr/recherche/labo/man/labo_ea2323_man.htm
Jean Molino Colloque Musique / épistémologie Observation, analyse, modèles : peut-on parler d’art avec les outils de la science ? http://www.ircam.fr/departements/pedagogie/conferences/epistemologie/molino.html
Sur  l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales http://www.ehess.fr/  voir Michel Imbert responsable du DEA. Sciences cognitives
"Sous l'étiquette de "sciences cognitives" sont réunies dans ce D.E.A. diverses disciplines qui abordent l'étude de l'intelligence humaine, allant de sa structure formelle et mathématique à son substratum biologique, en passant par sa modélisation informatique et ses expressions linguistiques, psychologiques ou anthropologiques.
Les différents domaines de recherche en sciences cognitives, en particulier la perception, le langage, le raisonnement et l'action feront l'objet d'une approche interdisciplinaire, combinant neurosciences computationnelles, psychologie cognitive, linguistique, intelligence artificielle, logique et mathématiques, enfin anthropologie et philosophie.
Co-responsables : Daniel ANDLER, Michel DE GLAS


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