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No 4
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Bric-à-brac

Les intelligences multiples
JPB 07/01/01

Il n'est pas inutile ici d'évoquer l'interview de Howard Gardner, "L'intelligence au pluriel" présenté par La Recherche de décembre 2000. Howard Gardner est professeur de psychologie de la connaissance à la Graduate School of Education de Harvard. Dans cet article, il présente l'hypothèse que les êtres humains sont susceptibles de développer plusieurs formes d'intelligences correspondant à des aptitudes distinctes et à l'implication de différentes régions du cerveau. Inutile d'énumérer ces formes, sur le contenu et les frontières desquelles il est d'ailleurs possible d'argumenter indéfiniment: intelligence linguistique, logico-mathématique, musicale, spatiale, intercorporelle, etc. Ces capacités seraient à la fois d'origine génétique et provoquées par l'environnement, notamment l'éducation. On retrouvera les mêmes différences, atténuées, chez les animaux, espèces animales ou même individus au sein de ces espèces. Sur Howard Gardner, voir http://www.pz.harvard.edu/PIs/HG.htm ainsi que le projet éducatif Sumit http://pzweb.harvard.edu/SUMIT/Default.htm.

En matière d'éducation, peut-être faut-il se garder de considérer a priori qu'un individu donné n'a pas d'emblée l'intelligence de tel domaine. Il n'est pas du tout impossible, si cela n'a pas été fait spontanément dans les premiers mois de la vie, qu'un entraînement bien fait permette des récupérations même tardives. Mais toute la difficulté sera de trouver, non seulement les processus d'acquisition, mais les motivations affectives poussant l'individu à se surpasser. Donnez moi une belle fiancée me demandant d'étudier les mathématiques (comme le rapporte Rousseau, je crois) et je deviendrai peut-être prodige, tant en amour qu'en mathématiques (l'inverse est également jouable).

Pour ce qui concerne la robotique, il faudrait conclure, si l'on en croit Gardner, que les concepteurs des programmes informatiques développés par l'intelligence artificielle, instructive ou auto-adaptative, devraient peut-être choisir un domaine d'intelligence où ils pourront exceller, plutôt que viser à des intelligences généralistes. Mais peut-être serait-ce une conclusion réductrice, de laquelle il faudrait au contraire se garder. Notamment quand les robots, eux-aussi, deviendront sensibles aux affects.


Adaptation et parasitose. Une hypothèse sidérante d'Antoine Danchin
JPB 07/01/01

Antoine Danchin, directeur du HKU Pasteur Centre à Hong Kong, évolutionniste bien connu, gratifie les lecteurs de La Recherche d'une chronique mensuelle où la compétence le dispute à l'humour.
Celle du n° de janvier 2001 propose une hypothèse proprement sidérante. Le parasite agent de la toxoplasmose, toxoplasma gondii, qui affecterait les systèmes nerveux de 90% des Français, induirait des conséquences véritablement inattendues dans le comportement des espèces envahies. Comme le toxoplasme a besoin pour se développer d'une chaîne d'hôtes réciproquement prédateurs, ce parasite pousserait le premier hôte de la chaîne (exemple donné le rat) à se faire manger par le second hôte (exemple donné le chat). Le rat infecté, sous l'influence du parasite, garderait toute ses facultés intellectuelles, sauf celles le poussant habituellement à se méfier du chat. Il irait au contraire se promener sous les moustaches de ce dernier, avec la conséquence que l'on devine.
Antoine Danchin se demande (est-il vraiment sérieux?) si un même mécanisme ne pousse pas l'homme infecté à consommer du mouton pas assez cuit, voir, en transposant la situation à l'ESB, sous l'influence d'un autre éventuel parasite, à se gaver de tête de veau (fou)?


Simulation de bancs de poissons et vols d'oiseaux

(c) IfremerDès le début de l'intelligence artificielle, des informaticiens ont cherché à simuler le déplacements de populations animales voyageant en troupes serrées: poissons, oiseaux, herbivores. L'objectif était de comprendre comment un banc pouvait changer de direction d'un seul coup, comme un organisme holiste, chaque individu gardant approximativement ses distances vis-à-vis des autres. Dans la nature, cette technique semble diminuer la marge du risque encouru par chaque individu face à un prédateur. Pout l'IA, la simulation a permis de développer différents programmes adaptatifs réutilisables dans de nombreuses autres circonstances.

Un des papes des "Boids" (birds objects) et des "flocks" est l'américain Craig Reynolds. On se reportera avec intérêt sur son site et les nombreuses références fournies http://www.red3d.com/cwr/boids/  
Voir aussi:
- sur Craig Reynolds http://www.red3d.com/cwr/index.html
- sur la dynamique des bancs (flocking and schooling) considérés comme des systèmes complexes http://www.susqu.edu/facstaff/b/brakke/complexity/hagey/flock.htm


Le Top Ten de Technology Review
JPB 06/01/01 Thanks to Roger.Amgot

Technology Review, le magazine du MIT, propose un choix des 10 technologies ayant, selon lui, le plus d'avenir dans le domaine des technologies de l'information. http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_toc.html

Extrayons de ces 10 technologies celles qui nous intéressent plus directement
Notre conseil, lire les articles en entier, ainsi que leurs références. Chaque article dispose d'un forum en ligne auquel il est possible de participer. Pourquoi pas vous? Tenez-nous au courant.

- Interface cerveau-machine http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_nicolelis.html
- Transistors flexibles et organiques http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_kagan.html
- Data mining (consultation croisée de bases de données) http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_fayyad.html
- Biométriques (identification des individus) http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_atick.html
- Traitement automatique du langage naturel http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_jensen.html
- Conception de robots http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_pollack.html Voir aussi les autres laboratoires cités:
Sarcos (Salt Lake City, Utah) Robots for industry, medicine, Hollywood
iRobot (Somerville, Mass.) Household communications robot
Humanoid Interaction Lab (Tsukuba, Japan) Interactions between humanoid robots and humans
MIT Artificial Intelligence Lab (Cambridge, Mass.) Machine learning, robot legs, faces
Robotics Institute (Carnegie Mellon) Mobile robots and face recognition

- Microfluides. Puces génétiques http://www.techreview.com/articles/jan01/TR10_quake.html

Les autres 10 sont: la gestion des droits numériques, l'optoélectronique, les aides à la gestion des codes de programmes.

Bref, un numéro tout à fait excitant!


Hans Moravec: Robot : Mere Machine to Transcendent Mind, Oxford University Press, 1999.
JPB 05/01/01

Couverture du livre : Hans Moravec est un chercheur du célèbre Robotics Institute, Carnegie Mellon University   Pittsburgh, PA 15213-3890 USA
hpm@cmu.edu
http://www.frc.ri.cmu.edu/users/hpm

Il a publié différents ouvrages. On en trouvera la liste dans sa home page http://www.frc.ri.cmu.edu/~hpm/
Un peu comme Hugo de Garis, il prévoit l'apparition de robots pleinement intelligents avant 2050, notamment dans son livre phare Robot : Mere Machine to Transcendent Mind. Ces robots intelligents seront précédés de robots utilitaires avant 2010.

Son éditeur Robotbooks.com présente un interview long et documenté de Moravec, dont nous conseillons la lecture (en anglais) avant éventuellement de se procurer ses livres: http://www.robotbooks.com/Moravec.htm
Hans moravec - image d'archive
Hans Moravec - Image d'archive
L'auteur fonde ses prévisions sur la comparaison des temps mis par l'évolution biologique pour conduire à l'émergence de l'intelligence, et ceux du progrès technique dans les technologies de l'information. Il ne croit pas que l'intelligence naturelle repose sur un "quelque chose" qui ne serait pas accessible à la machine. Il ne considère pas le succès des robots intelligents comme marquant l'échec de la race humaine, mais plutôt comme lui donnant des prolongements vigoureux, bien que totalement révolutionnaires. Ce seront les enfants de notre esprit "mind children", comme le sont d'ailleurs dès maintenant de nombreuses technologies émergentes. Il ne croit pas à une guerre entre humains et robots super-intelligents, ceux-ci coopérant au contraire avec les humains. Il n'y aurait de guerre que si l'humanité la déclenchait elle-même, en refusant les robots. De toute façon, cette évolution, engagée il y a 10.000 ans, est impossible à arrêter. Mieux vaut au contraire tout faire pour l'accélérer, même si nous donnons l'impression d'accepter d'être en quelques sorte les enfants de l'esprit des robots ("mind children" of robots").

Moravec conclue l'interview en indiquant qu'il met tous ses efforts à réaliser pour les 5 prochaines années les projets concernant les robots utilitaires "mass-market utility robots" http://www.frc.ri.cmu.edu/~hpm/project.archive/robot.papers/1998/busplan.overview.html (texte à étudier attentivement).
Le chercheur lit également avec intérêt en ce moment les ouvrages de science fiction de Greg Egan, où il retrouve ses propres thèmes sous une forme futuriste (résumé traduit: JPB).


Coup d'oeil sur le CerCo: centre de recherche Cerveau et Cognition
JPB 05/01/01

Le CerCo http://www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/present.htm mentionné à l'occasion de l'article de Jean Bullier "Illusion et réalité" (voir ci-dessous "Est-il possible de mentir au cerveau" mérite d'être évoqué ici. Selon la page d'accueil de son site le Centre de Recherche Cerveau et Cognition est une Unité Mixte de Recherche (UMR5549) associant le CNRS-département des Sciences de la Vie, l'Université Paul Sabatier de Toulouse (UT3) et l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Créé au 1er Janvier 1993, il a été officiellement inauguré le 28 Janvier 1994.

Le CerCo est un centre de recherches pluridisciplinaires sur les neurosciences cognitives, dans lequel sont combinées des approches neurobiologiques, psychobiologiques et théoriques faisant appel à plusieurs méthodologies complémentaires. Les travaux de recherche du Cerco s'articulent autour de trois axes :
- les sciences de la vision
- les relations perceptivo-motrices
- l'étude des systèmes intelligents et la modélisation.

La thématique générale du Centre de Recherche Cerveau & Cognition s'articule autour de trois programmes :
Structure et fonction du cortex visuel 
http://www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/cort_vis.htm
Perception tridimensionnelle de l'espace
http://www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/esp_tri.htm
Identification et catégorisation visuelles
http://www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/id_cat_vis.htm

La question que nous nous posons, à laquelle il ne nous est pas possible de répondre sans consulter directement le Centre (ce que nous allons faire prochainement) est de savoir si ces recherches ont -ou auront -des retombées en matière d'automatisme.


Le génie du calcul mental dévoilé
JPB 03/01/01
source Le Monde du 29/12/00, p.1.

Nature -Neuroscience http://www.nature.com/neuro/ rapporte le compte-rendu d'une expérience très prometteuse réalisée par deux équipes, l'une belge et l'autre française, en matière d'exploration fonctionnelle du cerveau par la TEP (tomographie par émission de positons). L'observation en direct des aires cérébrales d'un prodige du calcul mental* se livrant à son activité favorite a montré que ce dernier, contrairement à des sujets témoins, faisait appel à la fois à sa mémoire de calcul à court terme se trouvant dans son hémisphère gauche, mais aussi à des aires de l'hémisphère droit où se trouvaient vraisemblablement des données mémorisées par lui à long terme. C'est en utilisant ainsi des aires supplémentaires de son cerveau (au niveau temporal et préfrontal) impliquées dans la mémoire à long terme que le calculateur prodige dispose de grandes quantités d'informations facilement accessibles : un moyen que l'on pourrait comparer à l'extension de la capacité de la mémoire vive (RAM) d'un ordinateur...
Rien n'explique par contre comment ce sujet peut ainsi mettre en connexion des zones de mémoire ne communiquant pas chez les autres humains, du moins dans de telles circonstances et de façon instantanée.

Notre commentaire: Inutile de dire que nous avons là un bon exemple des possibilités de la TEP et autres méthodes d'observation non invasive du cerveau, qui pourront être de plus en plus souvent  proposées à des hommes (et des animaux) réalisant des activités cérébrales bien identifiées. Non seulement la neurologie y gagnera, mais aussi la robotique appliquée à la cognitique. En contrepartie, des processus de même nature pourront dans certains cas être expérimentés dans des cerveaux artificiels.

Janvier 2001 Brian Butterworth. What makes a prodigy http://www.nature.com/cgi-taf/dynapage.taf?file=/neuro/journal/v4/n1/index.html (accès payant)

*Pour fixer les idées, Rudiger Gamm (c'est son nom) est par exemple capable de calculer mentalement en deux secondes combien font 539 ou de diviser deux nombres premiers, par exemple 31 par 61 et de préciser le résultat avec soixante décimale après la virgule!


Est-il permis de mentir au cerveau?

Chacun connaît les illusions d'optique qui permettent d'imposer de fausses perceptions à des observateurs, grâce à des images induisant le cerveau en erreur. Les aires visuelles ou cognitrives de celui-ci, habituées par l'évolution à traiter les perceptions d'une certaine façon, continuent à le faire hors de propos, face à des objets conçus intentionnellement pour égarer notre vaillante unité centrale. Des perceptions fantômes peuvent également, plus difficilement, être induites dans les autres domaines sensoriels, le toucher ou l'ouïe notamment. La revue Pour La Science du mois de décembre 2000 en donne un nouvel exemple très spectaculaire, ainsi qu'un confrère belge que nous saluons à cette occasion, Cybersciences.

Notre commentaire: Il est possible de s'interroger sur l'avenir de tels procédés. Leur utilisation systématique et de plus en plus ingénieuse permettra sans doute des effets intéressants dans le domaine de la réalité virtuelle (art, publicité, par exemple) - sans parler des éclairages nombreux pouvant être apportés par ces expériences relativement aux capacités cognitives des organes des sens et du cerveau, chez l'homme et chez l'animal. A l'inverse, pourra-t-on envisager d'apprendre au cerveau à se détromper, c'est-à-dire à modifier des circuits ou processus acquis suite à des siècles d'évolution adaptative?

Ne verra-t-on pas en contre-partie de petits malins manipuler, plus encore qu'ils ne le font déjà, les supports d'informations fournis aux sens, et du même coup le jugement des hommes victimes de ces procédés. Comme dans tous les domaines de la neurologie et de la cognitique évolutive, il conviendra de veiller à respecter un minimum d'éthique dans l'application de telles découvertes.

Pour la Science décembre 2000 Illusion et réalité, par Jean Bullier http://www2.pourlascience.com/numeros/pls-278/art.htm
Cybersciences décembre 2000 Le cerveau grand maître des illusions, par Marie Pier Elie http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/1999/03/cerveau.htm
NB: Cybersciences est la version en ligne de Québec Sciences, revue mensuelle elle-même partiellement en ligne

               


Artificial Life, fournisseur américain d'agents intelligents pour l'e-business et de robots pour Internet, lance pour janvier des services web utilisant la technologie "BotMe"
CJ 29/12 - source : Artificial Life (http://www.artificiallife.com)

(c) Artificial LifeLe fournisseur américain d'agents intelligents pour l'e-business et de "robots" pour Internet, vise aujourd'hui le marché européen des Web services. Il vient en effet d'annoncer pour janvier le lancement en Allemagne d'un nouveau service financier orienté Web et d'un service Web basé sur  l'utilisation de ses robots, permettant d'accéder à la technologie BotMe. Celle-ci permettra aux utilisateurs d'employer les robots Internet d'Artificial Life dans une nouvelle interface Web personnalisé et sur des terminaux mobiles.

Rappelons que cette entreprise, créée en 1994, fournit notamment des robots Internet "conversationnels" pour les services clients des sites marchands


Le leader mondial de la technologie de reconnaissance vocale Lernout &Hauspie sur la mauvaise voie ?
CJ : 27/12/00
logo : Lernout&HaupieLernout & Hauspie (http://www.lhsl.com), numéro un mondial des technologies de reconnaissance vocale basée en Belgique serait aujourd'hui en difficulté en raison d'un maquillage de comptes... Selon un audit réalisé à la suite de la découverte d'un trou de 100 millions de dollars dans sa filiale coréenne, l'entreprise aurait pris l'habitude de gonfler ses chiffres d'affaires depuis plus de deux ans afin de d'agir sur les cours des actions à des fins de profits. Côtée à plus de 70 dollars il y a encore quelque mois, l'action surnageait à guère plus d'un dollar cet automne (sur le Nasdaq), l'action a été purement et simplement retirée du Nasdaq et de l'Easdaq. L'entreprise serait désormais sous la menace d'une revente de ses actifs.

Notre commentaire : Lernout & Hauspie est une entreprise leader réellement dotée d'une recherche d'avant-garde et de produits innovants... Quelle mouche l'a piquée?
Rappelons que depuis sa création en 1987, cette entreprise développe une technologie capable de traduire en temps réel la parole humaine en information informatisée. Ceci permet par exemple le pilotage d'applications sur des ordinateurs, à la voix : dictée de texte, ouverture et fermeture de pages web, commande de fonctions dans une automobile, gestion logistique d'une entreprise, achat en bourse à partir du téléphone... L'entreprise s'est aussi distinguée dans la transformation automatique de texte en parole (synthétisée), technologie utilisée par exemple par la présentatrice virtuelle d'informations "Ananova" (voir la chronique du 19 avril 2000 : Première apparition d'une présentatrice virtuelle d'informations sur Internet).


Un record d'immersion pour le robot téléguidé français VICTOR-6000 de l'Ifremer
CJ : 26/12/00

Mise à l'eau du robot, à partir de l'Atalante © Ifremer, Michel Gouillou

Mise à l'eau du robot,
à partir de l'Atalante
© Ifremer, Michel Gouillou

L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), déjà connu pour les exploits de ses submersibles habités (Nautile et Cyana), vient d'annoncer le 26 décembre un nouveau record avec le robot téléguidé VICTOR-6000.
Ce ROV (Remotely Operated Vehicle) a en effet parcouru plus de11 kilomètres en une seule plongée le 9 et 10 décembre derniers, par plus de 5000 mètres de profondeur lors d'une mission d'observation des sédiments marins à l'embouchure du Congo.
Cette immersion de 28 heures, réalisée dans le cadre du programme Zaïango, a permis le prélèvement de divers échantillons à l’aide des pinces et des bras du robot. Ces prélèvements sont en cours d’analyse à bord de L’Atalante, navire de la mission.

Saisie des données avec le système de traitement Adélie © Ifremer, Michel Gouillou
Saisie des données
avec le système
de traitement Adélie
© Ifremer, Michel Gouillou
Tentative de récupération d'un tronc d'arbre fossile par 4500 m de fond © Ifremer, Michel Gouillou
Tentative de récupération
d'un tronc d'arbre fossile
par 4500 m de fond
© Ifremer, Michel Gouillou
Engin entièrement robotisé mis au point par l’Ifremer, le VICTOR-6000 est piloté depuis le navire au moyen d'un câble à fibre optique de 8,5 km de long. Ce câble fournit l’énergie nécessaire et retransmet en temps réel les images et les données récoltées sur le fond.

Un des objectifs scientifiques du projet Zaïango (mission qui doit durer 45 jours et qui constitue la première campagne opérationnelle de ce nouveau robot sous-marin télé-opéré) est d’explorer une immense vallée sous-marine de plus de 1000 km de long qui s’étend d’est en ouest depuis l’embouchure du fleuve jusqu’aux grands fonds océaniques à plus de 5000 m de profondeur d’eau : la vallée sous-marine du Congo.
C’est par cette vallée que transite, vers la plaine abyssale, l’essentiel du matériel transporté par le fleuve, deuxième mondial derrière l’Amazone, en termes de débit moyen et de superficie de son bassin versant.

Rinçage du Victor après sa remontée © Ifremer, Michel Gouillou
Rinçage du Victor après sa remontée
© Ifremer, Michel Gouillou

Pour en savoir plus  http://www.ifremer.fr/


 Bientôt le sens de l'odorat chez les robots?
JPB 23/12/00

Selon Fréquences Télécom  n°145 de novembre 2000, France-Télécom Recherche et Développement vient de mettre au point un diffuseur d'odeur sur Internet (en coopération avec la société allemande Ruetz Technologies à Munich http://www.ruetz.de/ et l'ISIPCA http://www.isipca.fr/, Institut supérieur international du parfum de la cosmétique et de l'aromatique alimentaire ). Un diffuseur local contenant un boîtier à odeurs placé près du PC de l'utilisateur permettra à celui-ci de recevoir les parfums associés aux contenus multimédias consultés. Une chaîne TV odorante parfumée serait en projet. Plus de 200 odeurs sont envisagées.

Espérons qu'il ne s'agira que d'odeurs agréables... Mais à côté de ce qui apparaîtra à certain comme un gadget inutile, il y aurait là une percée très importante pour la vie artificielle. Comme chacun sait, un chien réel ne réagit pas vis-à-vis d'un chien-robot comme il le ferait à l'égard d'un congénère, pour la raison simple que ledit robot n'émet aucune odeur canine et n'est pas davantage capable de recevoir et traiter de telles odeurs. Certes, les odeurs corporelles animales sont infiniment complexes, difficiles à synthétiser, diffuser et interpréter. Mais comme il s'agit d'un langage essentiel dans la communication au sein des espèces vivantes, animales et végétales, il serait très intéressant de mieux étudier ces langages, doter des robots de la capacité de les utiliser, voire permettre à ces robots d'inventer eux-mêmes, par adaptation, de nouvelles façons de communiquer. Nous n'en sommes pas là, mais les perspectives scientifiques et philosophiques de telles recherches seraient immenses. N'oublions pas d'ailleurs que l'homme étant aussi un animal, doté de capacités émettrices et réceptrices certes atténuées, en matière d'odorat, mais bien réelles, il y aurait aussi là une voie d'interaction homme-machine à explorer (sinon homme-femme et vice-versa).

Pour en savoir plus http://www.francetelecomna.com/nr/nr_prre/nr_prre_09-27-00_smells.htm
Scent of a (virtual woman) http://www2.itworld.com/cma/ett_content_article/0,2849,1_2743,00.html
Lire aussi la chronique de Christophe Jacquemin du 19 mai 2000: le web au parfum ? (http://www.admiroutes.asso.fr/ACTION/THEME/science/actu/2000/mai.htm#parfum)


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