logo admiroutes Les automates intelligents
robotique, vie artificielle, réalité virtuelle


information, réflexion, discussion
logo automate © Anne Bedel
Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

N° 10
Retour au sommaire
 
Actualité: l'information à ne pas manquer

Le Cyborg manifesto
JPB 16/04/01

© http://cyborgmanifesto.org/L'association Adbusters http://adbusters.org nous recommande de prendre parti pour ou contrele Cyborg Manifesto http://cyborgmanifesto.org/.
Celui-ci mérite la lecture. On nous y explique que les machines sont en train de prendre le pouvoir, sous la forme de cyborgs. Sommes-nous conscients de la chose, effrayés ou résolument favorables ?

Il s'avère en fait que le manifeste est un canular (spoof), destiné à nous faire réfléchir, et nous amener à y voir plus clair. A mon avis, cela n'a rien d'un canular, mais ressemble plutôt à un véritable test. Moi, je me rangerais plutôt dans les défenseurs des cyborgs, on l'aura je l'espère deviné...


L'association Prospective 2100
JPB 16/04/01

Logo de l'Association 2100.orgOn pourra parcourir le site de l'Association Prospective 2100, présidée par Thierry Gaudin, auteur d'ouvrages sur le sujet (on notera que le président du Comité scientifique n'est autre qu'Hubert Curien, ancien ministre de la recherche).

Différents thèmes sont présentés, avec des manifestations, des forums et de la documentation. Un regret: robotique, vie artificielle, intelligence artificielle semblent oubliées, en tant que telles tout au moins. Les promoteurs y voient-ils de simples outils ?

En savoir plus :
http://2100.org


Les HLM japonaises pour poissons 
JPB 14/04/01

L'émission Thalassa de France 3 en date du 13 avril a présenté les réalisations japonaises en matière de construction de récifs artificiels destinés à favoriser la réinstallation de nombreuses espèces d'algues et de poissons, puis à relancer une pêche sélective. Ceci nous a paru constituer un progrès majeur, dont les professionnels de la pêche et de l'aquaculture à coup de farines animales feraient bien de s'inspirer, en Europe et dans le reste du monde. Il s'agit d'un véritable système automate, s'auto-entretenant et s'auto-développant sans apports extérieurs. Cet automate est par ailleurs bien intégré dans une organisation sociale et économique impliquant les pêcheries locales, destinée à assurer son entretien au mieux des intérêts de tous.

Les Japonais montrent ainsi qu'ils ont, comme le disait le reporter, trente ans d'avance sur le reste du monde. On peut penser que ceci est le résultat d'une culture systémique bien implantée chez eux. De tels systèmes pourraient n'en doutons pas être mis en place partout, aussi bien en matière de conservation des ressources halieutiques que dans d'autres domaines où la pression de l'espèce humaine détruit progressivement l'environnement. Encore faudrait-il que la routine aveugle laisse place à l'imagination.

NB: Thalassa n'a pas à ce jour laissé d'URL sur laquelle s'informer de l'initiative citée.


Le Datagrid du CERN
JPB 12/04/01

Dans la perspective de la mise en service vers 2005 du Large Hadron Collider, le CERN (Centre Européen de Recherches Nucléaires) a lancé La Grille de Calcul, ou Datagrid. Il s'agit de connecter par des réseaux à hauts débits (notamment le Gigabit European Academic Network) trois couches de processeurs répartis : les ordinateurs des centres de recherches nationaux, ceux des universités et laboratoires et, finalement, ceux d'entreprises ou particuliers acceptant de participer à l'entreprise. Ainsi les ressources inutilisées de milliers d'ordinateurs pourraient être employées à mémoriser et déchiffrer les milliards d'événements quotidiens qu'enregistrera le LHC.

La démarche n'est pas nouvelle. Elle repose sur l'idée simple que la puissance considérable des ordinateurs connectés au web pourrait être utilisée, lorsqu'elle n'est pas directement sollicitée par les propriétaires de ces ordinateurs, à des tâches d'intérêt général, notamment en matière de calcul scientifique ou d'archivage. C'était aussi, dans une toute autre optique, l'idée de Napster.

En ce qui concerne le calcul scientifique, plusieurs programmes existent déjà ou sont à l'étude. Citons, par exemple, les domaines suivants :
- décryptage d'éventuels signaux extraterrestres : projet SETI@home http://www.seti-inst.edu/,
- analyse de molécules susceptibles d'agir contre le cancer : projet de l'université d'Oxford (http://www.ud.com),
- conception de robots par calcul évolutionnaire (http://www.admiroutes.asso/fr/larevue/2000/1/labo/golem.htm)
- génomique,
- sciences de la Terre.

Il est évident que tant que les promoteurs de ces solutions ne proposeront pas des méthodes évoluées de gestion des réseaux, notamment en matière d'allocation des ressources, de protection d'accès, de prise en compte mutualisée de certains coûts, les candidats au raccordement seront méfiants. C'est toute une nouvelle architecture de type cérébral qui devra se mettre en place. D'où l'intérêt que trouveront les roboticiens dans ces projets : imaginer une intelligence collective associant la puissance des machines et celles des cerveaux. Nous en reparlerons.

Pour en savoir plus sur le DataGrid du CERN :
 Un dossier complet: http://www.eu-datagrid.org/


 Premiers porcelets transgéniques obtenus par clonage
CJ - 11/04/2001
Logo PPL Therapeutic Dans un communiqué de presse daté du 11 avril 2001, la société britannique PPL Therapeutics (à l'origine de la brebis clonée Dolly) annonce le clonage des premiers porcelets transgéniques.
Objectif de cette première mondiale : ouvrir la voie à la création d'organes destinés à être greffés sur l'homme. Une création à la chaîne qui supprimerait les mois d'attente de coeurs, foies, reins... couramment observés aujourd'hui.
Si des cochons ont déjà été clonés l'année dernière, la nouveauté réside ici dans le fait que les cinq porcelets reproduits sont tous porteurs d'un marqueur génétique étranger qui a été introduit artificiellement dans leur ADN. PPL Therapeutics espère ainsi créer des animaux doté d'un patrimoine génétique "humanisé" dont les organes ne provoqueraient plus chez l'homme les réactions de rejets interdisant aujourd'hui leur utilisation
Si on n'en est pas encore là, PPL Therapeutics estime que cette première "démontre  la faisabilité d'un tel projet aux potentialités considérables" (...) Les cochons sont l'espèce préférée pour les xénotransplantations"*.
Espèces préférées, peut-être, mais ceci n'est pas sans soulever de nouvelles inquiétudes : et si ces greffons humanisés étaient porteurs de virus, inoffensifs chez les porcins mais pas chez l'homme?**. Décidément, les Anglais sont toujours à la pointe... 
En tous cas, et selon PPL Therapeutics, les essais cliniques de greffe d'organes de porc transgénique sur l'homme pourraient démarrer d'ici 4 à 5 ans. Un marché juteux qui pourrait se chiffrer à quelque 5 milliards de dollars, uniquement pour les organes entiers. Ceci expliquant certainement cela...

Xénogreffes de porcs, une panacée ? Signalons que d'autres méthodes sont aussi aujourd'hui envisagées. L'espoir de maîtriser la culture de cellules souches humaines en laboratoire offre par exemple une solution de choix, pouvant mener à terme à la production d'organes exempts de tout problème...

* Greffe d'organes d'une espèce à une autre. Soulignons que des valves de coeur  de porc sont déjà utilisées chez l'homme depuis près de 30 ans et que près de 24 tissus conjonctifs (peau, os) d'origine porcine ou bovine sont couramment employés en médecine humaine.
** Une équipe américaine a récemment démontré qu'il était possible d'infecter des cellules humaines cultivées en laboratoire avec des rétrovirus naturellement présents chez les porcs.

En savoir plus :
Le site de PPL Therapeutics : http://www.ppl-therapeutics.com
Le communiqué de presse : http://www.ppl-therapeutics.com/html/cfml/index_fullstory.cfm?StoryID=37


Du papier comme périphérique d'entrée de données pour Internet
CJ 9/04/01

© http://www.anoto.comAnoto, start-up suédoise innovante fondée en 1999, a inventé un papier très spécial : écrivez dessus avec un stylo, cochez la case correspondante "envoyer un mail" et le texte que vous venez d'écrire apparaîtra immédiatement sur l'écran de l'ordinateur de votre correspondant.  
Le secret de ce papier magique ? Des motifs de 36 points imprimés sur la feuille dans des carrés de 2 mm de côté sont reconnus et transmis à votre périphérique lorsque le stylo écrit sur la feuille.
A quoi peut bien servir un tel système ? En effet, pour envoyer un mail, il suffit de taper le message sur son ordinateur...
Mais ce serait oublier que ce papier numérique communicant ouvre la voie à toutes sortes d'applications, qui n'ont pour limite que notre imagination : notez par exemple un nom, une adresse mail sur ce papier et la mise à jour correspondante s'effectuera immédiatement dans la messagerie de votre PC, de votre Palm pilot ou de votre téléphone. Cochez dans un journal fait de ce papier le texte de la critique du dernier livre à la mode, écrivez votre adresse à l'endroit indiqué et vous recevrez directement le livre chez vous contre remboursement... Prenez un plan de Paris imprimé sur ce papier numérique, cochez votre point de départ et votre point d'arrivée et vous verrez s'afficher sur l'écran du tableau de bord de votre voiture le meilleur itinéraire à suivre, tenant compte des embouteillages du moment... 
A vous d'imaginer toutes sortes d'autres possibilités.

Pour en savoir plus :
http://www.anoto.com


MI-Tech : une machine intelligente, nouveau sésame du programmeur ?
CJ  06/04/2001

MI-Tech (Machine Intelligence Technology) : voici l'idée révolutionnaire qu'aurait imaginé l'ingénieur informaticien Bob Brennan © Synapse-solutionsBob Brennan. Selon ce scientifique, de la compagnie anglaise Synapse-solutions basée à Cambridge, cette innovation permettrait à tout un chacun de devenir programmeur, en offrant la possibilité de traduire directement en code informatique du langage naturel.
Entrez simplement (pour l'instant en anglais), avec vos mots de tous les jours, ce que vous voulez que l'ordinateur exécute, et celui-ci écrira directement le logiciel idoine.
(Lire la suite dans notre article "Du côté des labos")

 

Pour en savoir plus :
http://synapse-solutions.co.uk/mitech.htm
Contact
info@synapse-solutions.co.uk


Le langage crée le lien social
JPB 05/04/01

Couverture du mensuel La Recherche d'avril 2001Sous ce titre, qui semble annoncer une évidence, La Recherche (avril 2001) publie un dossier montrant comment les développements du langage, y compris aux stades primitifs sous forme de langages des signes, semblent corrélés avec le développement et la taille des groupes.  http://www.larecherche.fr/data/341/03410261.html .

- Pour Robin Dunbar, il existe une corrélation entre l'importance des gros néocortex des primates et la taille moyenne des groupes sociaux qu'ils constituent. Pour vivre dans un groupe, l'individu doit mémoriser et traiter une quantité donnée d'informations : le nombre de relations possibles croît comme le carré de la taille du groupe. Chez les singes, l'épouillage contribue à créer et maintenir le lien social. Mais le temps disponible pour cette activité limite l'effectif possible du groupe. L'apparition du langage a par contre permis un "épouillage à distance", et une meilleure maîtrise de la complexité sociale. Le bavardage a ainsi permis d'élargir la taille moyenne du groupe. Celle-ci est passée de 50 chez les singes les plus sociaux, à environ 150 chez l'homme. Au-delà, même de nos jours, il paraît difficile aux hommes, même très bavards, de se grouper de façon utile.

- Pour Jean-Louis Dessalles, chercheur à l'ENST, des simulations par algorithmes génétiques montrent que la communication (à commencer par celle de la surprise - montrer à l'autre un fait ou un objet surprenant) a présenté un avantage compétitif majeur. Des agents logiciels en compétition évolutive ont la possibilité de donner des informations utiles aux autres. Dans l'hypothèse de la coopération symétrique de Kroporkine et Trivers, il est avantageux de donner les informations dont on dispose si les autres font de même. Il est donc nécessaire de tester la fiabilité de l'interlocuteur et de détecter les tricheurs, si l'on veut que la coopération se maintienne. Le langage permet, non pas comme on pourrait le penser d'organiser un marché ouvert d'échange des informations, mais de choisir des alliés avec qui nouer des accords stables de coopération, en s'affichant soi-même comme un partenaire fiable. C'est l'hypothèse du "langage afficheur", qui paraît bien correspondre à un rôle encore actuel et très important dudit langage.

- Pour Michael Corballis enfin, le langage n'est pas apparu subitement. De nombreux éléments neurologiques et anatomiques ont collaboré. L'universalité des langues de signes, et le rôle encore actuel du geste, laisse penser que celui-ci a précédé la parole. Les mêmes aires cérébrales sont activées chez les sourds pratiquant le langage des signes et chez les sujets parlants. Cette thèse s'oppose à celle selon laquelle les gestes ne sont qu'un accompagnement du langage.

Dans le même numéro, Franz de Waals http://www.larecherche.fr/data/341/03411031.html reprend et explore le thème selon lequel, chez les chimpanzés, la coopération est un facteur essentiel de la survie, et non pas la concurrence compétitive. La coopération s'exprime par divers types de langages de gestes. On retrouve le même facteur coopératif dans d'autres sociétés, notamment évidemment chez l'homme. Au-delà, Franz de Walls défend l'idée du co-développement nature (ou gènes)/culture, toujours à l'oeuvre dans nos sociétés humaines. Il refuse donc tout autant le tout-génétique des sociobiologistes ou psychologues évolutionnistes, que le tout-culturel. Les mécanismes s'imbriquent.

Il est évident que les travaux sur les interfaces langagiers entre automates et humains, ou entre automates eux-mêmes, doivent tenir compte de ces études. Cela dit, à propos de la coopération, il ne faut pas oublier que si les individus isolés sont, dans la nature, pratiquement obligés de coopérer avec un certain nombre de leurs semblables, les groupes ainsi constitués s'affrontent en général violemment. C'est un peu une illusion de l'après seconde guerre mondiale (L'homo Unescoensis, pour parler comme Kennan Malik) d'espérer que l'humanité toute entière puisse vivre en paix avec elle-même.

Pour en savoir plus :
R. I. M. Dunbar : Grooming, Gossip and the Evolution of Language http://www.wopr.com/books/groom.htm
Sur les algorithmes génétiques, voir notre article http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2001/9/algoevol.htm
Sur Jean-Louis Desalles: page personnelle, bibiographie http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.cogni/99100103.html . Voir aussi ci-dessous.
Michael Corballis : The Lopsided Ape Evolution of the Generative Mind Oxford Univ.press. 1991   http://www.oup-usa.org/isbn/0195083520.html
Franz de Wall : Bonobo, The Forgotten Ape: Franz De Waal & Frans Lanting, University of California Press, 1997 http://www.tiac.net/users/cri/bonobo.html
Kenan Malik: Man, beast and zombie Weidenfeld and Nicholson 2000 http://www.cix.co.uk/~acampbell/bookreviews/r/malik.html


De la lumière émise par une diode silicium, pour un nouveau type d'ordinateurs
CJ 05/04/01  

Electroluminescence en fonction de la température © http://www.ee.surrey.ac.uk/Research/SCRIBA/figures.pdfUne équipe de l'University of Surrey travaillant sur les applications des rayons ionisés, vient de développer une technique forçant le silicium à émettre de la lumière. Ceci implique, à terme, la possibilité d'utiliser la lumière plutôt que l'électricité pour transporter les signaux dans les puces électroniques à une vitesse de 300 000 km/seconde.
Ce type de silicium a été réalisé en construisant des murs autour de la partie du matériaux qui conduit la chaleur. Le mur est une couche supplémentaire d'atomes de silicium qui, au lieu de rayonner de la chaleur, émettent de la lumière.
Ces puces plus rapides sont aussi plus petites parce que les rayons lumineux peuvent se déplacer dans des conduits de taille plus réduite que les connexions habituellement utilisées. Par ailleurs, la production de ce type de silicium ne nécessiterait pas de nouvelles technologies de fabrication : la conversion des fabricants pourrait ainsi s'effectuer à faible coût. En outre, l'efficacité du dispositif est ici maximale à température ambiante, ce qui rend son utilisation idéale dans les ordinateurs personnels.
Selon Kevin Hommewood, l'un des concepteurs "un tel dispositif est susceptible d'apporter une solution à la limitation matérielle de la complexité des contacts et des fils électriques, qui pourrait bientôt marquer un point d'arrêt dans le processus de miniaturisation des puces".
Il permettrait notamment de continuer à accélerer les connexions Internet en accroissant la rapidité des équipements de routage.

Pour en savoir plus :
Surrey Centre for Research in Ion Beam Applications (SCRIBA) http://www.ee.surrey.ac.uk/Research/SCRIBA/
An efficient room-temperature silicon-based light-emitting diode, par Wai Lek NG, M. A. Lourenço, R. M. Gwilliam, S. Ledain, G. Shao & K. P. Homewood, paru dans Nature n° 410, du 8 mars 2001, pages 192 à 194.
Contacts :
K.Homewood@surrey.ac.uk
M.Lourenco@surrey.ac.uk
R.Gwilliam@surrey.ac.uk


Installation du Conseil scientifique de l'action concertée incitative Neurosciences intégratives et computationnelles
CJ 04/04/01

Le ministre français de la recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a installé le 4 avril 2001 le Conseil scientifique de l'Action Concertée Incitative (ACI) "Neurosciences intégratives et computationnelles". Dotée d'un budget de 10 MF en 2001, cette ACI vise à impulser des recherches dans les trois domaines suivants :

L'ACI, qui doit lancer des appels à propositions prochainement, est présidée par Jean Bullier, directeur de recherche au CNRS. Alain Berthoz, professeur au Collège de France, directeur du Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action, en est le directeur scientifique.

*Systèmes de communication récemment mis en évidence, liant les astrocytes au moyens de vagues de calcium, et dont le rôle reste encore largement à comprendre.

En savoir plus :
Discours du ministre : http://www.recherche.gouv.fr/discours/2001/dneuros.htm


Jean-Louis Dessalles : aux origines du langage
JPB 04/04/01

Jean-Louis DessalesJean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur à l'Ecole Nationale Supérieure des télécommunications, dans le Département Informatique & Réseaux, Groupe I3 : Information, Interaction, Intelligence (voir sur les activités du Groupe http://www.infres.enst.fr/~milc/iii/i3.html).
Ses recherches couvrent un vaste domaine d'intérêts :
- Modélisation du langage. Modélisation des mécanismes conversationnels : "Nous fonctionnons selon deux modes conversationnels: le mode informationnel (shannonnien) et le mode argumentatif".
- Construction du sens des énoncés: "Le sens est construit sous deux formes: une scène et une segmentation thématique".
- Emergence de la communication. Simulation des conditions d'apparition de la communication de type humain: "La modélisation de l'évolution d'un système multi-agents par algorithme génétique permet de cerner les conditions dans lesquelles le fait de fournir des informations utiles aux autres agents est une stratégie profitable".

Jean-Louis Dessalles a écrit deux livres, sur lesquels nous reviendrons :
- L'ordinateur génétique, Hermès, Paris, 1996, qui constitue un véritable traité des algorithmes génétiques (AG) à la date de parution http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.evol/96061301.html ;
- Aux origines du langage - une histoire naturelle de la parole, Hermès, Paris, 2000 http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.evol/99111703.html.

Voir aussi :
Dessalles, J-L. & Ghadakpour : L'activité scientifique en tant que comportement naturel ancré sur le conflit cognitif , L. (1999).
In (ed.), Conflits des interprétations et interprétation des conflits - Actes des huitièmes journées de Rochebrune. Paris : ENST 99-S-001, 87-98.

L'activité scientifique en tant que comportement naturel ancré sur le conflit cognitif : ce texte est très intéressant en termes d'épistémologie:
Abstract :
"Nous proposons l'idée selon laquelle on peut décrire la génération des arguments dans les conversations quotidiennes et la formulation d'hypothèses dans l'activité scientifique selon les mêmes processus formels. Autrement dit, nous suggérons le fait que la progression des sciences ressemble, formellement, à une argumentation. Dans la recherche scientifique comme dans la conversation, il s'agit, dans une démarche collective, de mettre en évidence, puis de résoudre, ce que nous appelons un conflit cognitif. Nous donnons une liste restreinte de principes dont l'application récursive laisse émerger l'argumentation, qu'elle soit scientifique ou quotidienne. La mise en évidence de ce parallèle à pour conséquence une naturalisation de l'activité scientifique".
http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.cogni/99100103.html


Retour au sommaire