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No 12
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Actualité

Un dossier sur les robots de compagnie au Japon
CJ 13/05/01

Logo du quotidien LibérationSignalons l'excellent dossier "Vivre au XXIème siècle - Technologie", paru dans Libération du samedi 12 et dimanche 13 mai 2001.
Quatre grandes pages y sont consacrées au robots de compagnie japonais, ponctuées d'interviews de Jean-Arcady Meyer (LIP6), de Philippe Coiffet (Laboratoire de Robotique de Paris) et d'Alain Giraud (INRIA).
Petite déception : si à ma connaissance, l'essentiel des articles-papier de ce jour sont accessibles sur le site web de ce quotidien  (http://www.liberation.fr/quotidien/index_sam.html, lien qui d'ailleurs ne voudra plus rien dire samedi prochain), ce fameux dossier est le seul à ne pas avoir été mis en ligne. Dommage...

NB: notre site figure parmi les deux sites web français conseillés dans ce dossier (l'autre étant http://www.robotik.org, site qui permet de tout savoir sur les compétitions de robots).


Trophées européens de l'esprit d'entreprise
(Brève rédigée à partir d'un communiqué de JEE)
JPB 10/05/01

Logo de l'association JEEAssociation à but non-lucratif, JEE est un important acteur européen actif dans les activités liées aux start-ups, soutenu moralement et financièrement par plusieurs partenaires publics et privés (sous le patronage de Nicole Fontaine, Président du Parlement européen et de Jos Chabert, Président du Comité des Régions).

Chaque année, JEE organise les "Trophées européens de l'esprit d'entreprise" dans les régions et pays participants (dont la France). La remise de ces Trophées, placés  cette année sous le Haut Patronage de Monsieur Christian Poncelet, se déroulera le mardi 18 septembre à 18 heures au Sénat..

En France, les Présidents des 4 Comités Nationaux de sélection sont :
Catégorie 1 - Encouragement : Monsieur Pierre Laffitte, Sénateur,
Catégorie 2 - Amorçage: Monsieur Philippe Adnot, Sénateur,
Catégorie 3 - Start-up: Monsieur René Trégouët, Sénateur,
Catégorie 4 - Expansion & Innovation - Monsieur Michel Franck, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris.

JEE a plus de dix années d'expérience dans l'identification et la promotion des créateurs d'entreprises avec ce concours. Cette année, un nouvel axe stratégique "European Fund for Start-ups (EFS)" est développé, destiné à prendre des participations dans les 100 meilleures entreprises européennes, à partir de janvier 2002.

Les candidatures doivent être envoyées avant le 31 mai 2001.

Pour en savoir plus :
Site de JEE http://www.jee.org/ sur lequel ont trouvera, en téléchargement, le formulaire de participation http://www.jee.org/appform.html


Le rapport Revol s'inquiète de la politique spatiale française
JPB 10/05/01

Le sénateur Revol président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques, a présenté récemment un rapport sur "la politique spatiale française, bilan et perspectives". Ce rapport rappelle les enjeux d'une politique spatiale nationale, et le fait que l'industrie de ce secteur ne se développera pas sans une "aide déterminée de la puissance publique". Il replace la politique française dans la perspective de la vive concurrence avec l'industrie américaine, notamment dans le domaine des lanceurs et des satellites, "secteur-clef de l'économie et de la société". Il préconise une démarche européenne plus déterminée, dans le domaine civil comme celui de la défense. Il encourage enfin au développement d'accords avec Moscou.

Ce n'est pas la première fois que l'OPECST s'inquiète des lenteurs et timidités des politiques européennes en matière spatiale. Mais la classe politique dans son ensemble semble totalement indifférente au sujet, comme le grand public. Les annonces récentes de Daniel Goldin, administrateur en chef de la NASA, selon qui l'homme (américain) sera sur Mars en 2020, auraient du faire bondir nos gouvernements. Or qui de nos décideurs y a fait écho?
Inutile de rappeler que les programmes spatiaux représenteront une part, difficile à évaluer, mais essentielle, des investissements en robotique et systèmes d'intelligence artificielle dans les prochaines décennies.

Pour en savoir plus :
Rapport Henri Revol : http://www.senat.fr/rap/r00-293/r00-293.html


A propos du supersonique européen des années 2010-2050
JPB 10/05/01

Dans le même esprit (voir la chronique ci-dessus "Le rapport Revol s'inquiète de la politique spatiale française"), il serait très dangereux voire suicidaire pour l'aéronautique européenne de laisser Boeing développer seul  le supersonique des  prochaines décennies. On sait que le constructeur américain semble renoncer à concurrencer l'Airbus A.380.
Il viserait dès maintenant le marché d'un avion dit sonique, volant en supersonique au-dessus des océans, et en subsonique au dessus des terres. Cet avion réduirait de 2 heures la traversée de l'Atlantique, pour un prix au siège qui pourrait n'être pas très différent de celui d'un gros porteur.
Si les technologies développées permettent de diminuer sensiblement les coûts et la pollution des moteurs, la concurrence pour Airbus sera redoutable.

André Turcat a plusieurs fois rappelé à ce sujet, notamment au ministre de l'Equipement, qu'il fallait sans attendre relancer les vols Concorde, dès lors que les principaux risques d'exploitation liés à cet avion auraient été prévenus par les mesures adéquates. Concorde demeure un outil indispensable dans le créneau du transport aérien. Il conservera plusieurs années encore son marché. C'est aussi une école de formation des équipages navigants et personnels au sol irremplaçable. C'est enfin le symbole le plus éclatant de la volonté aérospatiale européenne précieuse. Jamais l'Airbus gros porteur ne pourra jouer ce rôle. Il faut dès maintenant lui prévoir un successeur. Le gouvernement semble l'avoir compris, qui a lancé un 2e appel à propositions supersonique. Mais les sommes impliquées sont loin de ce qu'elles devraient être.
On rappellera pour ceux qui l'ignoreraient l'importance (il est vrai mal connue, et pour cause...) des dépenses civiles et militaires du gouvernement américain allant abonder les budgets de l'industrie dans le  secteur aéro-spatial.


Forum du Sénat sur le recrutement et la gestion des universitaires et des chercheurs
CJ 09/05/01

Vue du SénatQuelque 200 messages ont été reçus depuis le 30 avril 2001 sur le forum concernant le recrutement et de la gestion des universitaires et des chercheurs, ouvert depuis cette date sur le site internet du Sénat.


Ce forum, initiative du comité d'évaluation des politiques publiques (groupe d'études rattaché à la commission des Finances du Sénat), pose notamment les questions suivantes :

Selon une première synthèse des contributions, signalée notamment par l'Agence Education Emploi Formation (AEF : http://www.l-aef.com/), les messages reçus mettent en évidence "l'existence d'un sentiment de malaise diffus au sein de ces professions intellectuelles". Cependant, "les enseignants-chercheurs et les chercheurs, bien que faisant état fréquemment de découragement et de démotivation, apparaissent passionnés par leur métier. Pour l'essentiel, ils expriment une déception certaine quant à leurs conditions de travail, à leurs perspectives professionnelles et à la faible considération que leur portent les pouvoirs publics mais aussi les citoyens en général."

Les contributions montrent par ailleurs que les modalités de recrutement sont souvent critiquées, voire dénoncées par les enseignants-chercheurs et les chercheurs. Un grand nombre de messages insiste "sur le manque de neutralité et d'objectivité des commissions de spécialistes qui privilégieraient de façon quasi-systématique les candidats issus de leur université. (...) D'une manière générale, le recrutement apparaît semé d'embûches. Les inégalités sont accentuées par le poids de quelques "mandarins", des grands laboratoires par rapport aux petits, ou de la prédominance de Paris face à la province".

Le blocage des carrières est  aussi un des éléments qui revient souvent dans les différentes contributions. "La faiblesse des promotions entraîne une démotivation certaine. Les carrières comme les rémunérations sont plus attractives pour les ingénieurs du secteur privé, ce qui ne va pas sans conséquences potentiellement dangereuses pour la recherche publique: baisse de la qualité des recrutements, obligation d'effectuer de nombreuses heures complémentaires, captation des meilleurs éléments par les entreprises privées, notamment."
La mobilité géographique, quant-à-elle est reconnue en majorité comme quasi-inexistante ou peu valorisée, voire pénalisante en termes de déroulement de carrière. Un consensus très large apparaît sur la nécessité d'alléger les obligations de service des enseignants-chercheurs, en particulier l'obligation d'effectuer 192 heures équivalents TD d'enseignement par an. Cette obligation d'enseignement est présentée "comme préjudiciable à la conduite de recherches de haut niveau, pour les maîtres de conférences en particulier."

Les enseignements de ce forum seront publiés dans le rapport d’information qui devrait paraître dans le courant du mois d’octobre 2001, dont Yves Fréville, sénateur d'Ille-et-Vilaine est le rapporteur. Un rapport d'étape doit être rendu public fin juin 2001, date de fermeture du forum.

Pour en savoir plus :
http://www.senat.fr/consult/universitaires.html
Contact
y.freville@senat.fr


La conscience quantique de Stuart Hammeroff
JPB 09/05/01

Stuart Hameroff © http://www.consciouness.arizona.edu/hameroffOn sait que le mathématicien anglais Roger Penrose avait proposé l'hypothèse selon laquelle la prise de conscience résultait de la "réduction du paquet d'ondes" d'états quantiques superposées dans les molécules de tubuline présentes dans les neurones. La préconscience se caractérise, dans cette hypothèse, par la superposition d'états quantiques, et le passage à la conscience ou libre-arbitre par l'émergence de l'un de ces états aux dépends des autres. Ceci en fait ne modifie pas sensiblement le problème du déterminisme, ou plutôt ne justifie pas l'existence d'un esprit indépendant du corps, comme le neurobiologiste anglais John Eccles avait cru pouvoir l'affirmer. Si la réduction du paquet d'ondes se produit, c'est à la suite d'un événement causal antérieur, et non par l'intervention d'un pur esprit.

Même indépendamment de cette réserve, l'hypothèse du cerveau quantique a rencontré de nombreuses objections, tenant notamment à la fragilité des états quantiques supposés, et au temps de réponse infimes qu'ils imposeraient aux neurones, dont les cycles de décharge sont beaucoup plus lents. Par ailleurs et surtout, aucune preuve expérimentale sérieuse n'a pu encore être apportée à l'existence d'un tel phénomène. Ceci n'empêche pas un médecin de l'université d'Arizona, Stuart Hameroff, de continuer à militer avec une étonnante vigueur pour l'hypothèse de Penrose, qu'il a considérablement étendue. Ledit Hameroff trouve ce faisant un écho, sinon un appui auprès de chercheurs travaillant au Starlab, notamment le physicien Jack Tuszynski. Un adversaire de Hameroff est un autre physicien et cosmologiste, Max Tegmark, de l'université de Pennsylvanie.

Le bon sens conseille de ne pas renvoyer tous ces chercheurs dos-à-dos. Il est très intéressant d'étudier arguments et contre-arguments. Vraisemblablement, quelque chose d'actuellement non compris en sortira sans doute un jour. Nous sommes à la limite de la décidabilité, et les conceptions aujourd'hui dominantes peuvent très bien s'effondrer brutalement. Ceci ne veut pas dire pour autant qu'il faille accepter toutes les rêveries New Age, cachant sous de soi-disant références quantiques une nostalgie pour de vieux mysticismes.

Le site de Start Hameroff mérite donc un examen approfondi de la part de tous ceux s'intéressant à ces débats sur la conscience. Il est remarquablement fait, très didactique (en défense évidemment de la thèse de l'auteur). Nous avons là, une fois de plus, l'exemple de la façon dont beaucoup de scientifiques utilisent dorénavant Internet pour communiquer, non seulement avec leurs pairs, mais avec le grand public. Je bornerai à cela mes commentaires qui , pour être pertinents, nécessiteraient beaucoup plus de temps et d'études.

Pour en savoir plus :
Stuart Hameroff
-
Quantum consciousness : http://www.consciousness.arizona.edu/hameroff/
Max Stegmark
-
Home page. Voir l'article Quantum decoherence : http://www.hep.upenn.edu/~max/main.html
Sir Roger Penrose
- Débat très complet sur les thèses de Penrose, par Penrose : Beyond the Doubting of a Shadow A Reply to Commentaries on Shadows of the Mind http://psyche.csse.monash.edu.au/v2/psyche-2-23-penrose.html
- The Emperor's New Mind, by Roger Penrose, Oxford University Press, 1990. Commentaire d'un supporter convaincu  http://www.friesian.com/penrose.htm
- Voir aussi notre note dans la critique du livre de James Ward : http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2001/mar/m_ward.html
 Sir John Carew Eccles
- On mind and brain. Article : http://www.theosophy-nw.org/theosnw/science/prat-bra.htm
- Biographie :   http://www.nobel.se/medicine/laureates/1963/eccles-bio.html


L'ancêtre des drones
JPB 08/05/01

Le Radioplane RP-5A target drone © http://www.wmof.com/rp5a.htm On ne peut pas être roboticien sans s'intéresser aux drones. En fait, chacun s'y intéresse, dès qu'il a conservé de l'enfance le goût des modèles réduits. On trouvera sur le site http://www.wmof.com/rp5a.htm les spécifications d'un ancêtre des drones, un monomoteur inventé par l'acteur américain Reginald Denny en 1935. L'appareil, développé sous le nom de RP5A target drone, fut utilisé comme cible pour l'artillerie anti-aérienne. Il se déplaçait à la vitesse de 85 mph  (soit autour de 140 km/h) et pesait 50 kilos, avec une autonomie d'une heure. 14.800 unités furent produites, de 1941 à 1945. Nous reparlerons des drones ultérieurement.


Modèles connexionnistes
JPB 08/05/01

Pour ceux qui s'intéressent aux réseaux neuronaux, signalons un site américain  crée par Simon Dennis et Devin McAuley. Il s'agit d'un guide adapté au web, conçu pour présenter les concepts principaux du domaine. Des expériences simples sont offertes, avec une grande variété d'architectures standards, et la possibilité de développer soi-même ses propres modèles. Une compétence pointue en connexionnisme n'est pas nécessaire, mais il faut télécharger un plug-in gratuit.
Connexionist models of cognition http://ai.about.com/compute/ai/gi/dynamic/offsite.htm?site=http://www.connectionist.net/
(source About-AI)


Les MEMs (Micro-Electro-Mechanical-Systems)
JPB 08/05/01

Micro-moteur rotatif © http://www.me.berkeley.edu/cpl/Les MEMs sont des générateurs miniature ou des micro-fusées gravés à partir du silicium. Par exemple, la DARPA américaine finance un micro-moteur rotatif utilisant de l'hydrocarbure liquide et produisant de l'énergie en continu de quelques milliwatts. Carlos Fernandez-Pello, professeur de mécanique à l'université de Calfornie à Berkeley est en charge de ce projet (http://www.me.berkeley.edu/cpl/). Dans la même université sont testées des micro-fusées à carburant solide, de 9 mm de haut sur 2 mm de large. Une telle fusée vise à propulser une charge utile de 1mg pendant plusieurs secondes, jusqu'à  une altitude de 50 m. Les applications prévues sont militaires et météorologiques. Le ratio poussée/poids de tels engins est d'environ 10.000, contre 70 pour la navette spatiale.

L'utilisation de la technologie de la microélectronique dans le domaine de la mécanique a révolutionné la recherche sur les micro-capteurs et les micro-effecteurs. Pour soutenir cette recherche, la Maison Blanche a récemment lancé la National Nanotechnology Initiative (NNI) dont le budget pour 2000 était de 270 millions de dollars, en atteignant 495 millions en 2001.
(source About-AI)

Pour en savoir plus
Page d'accueil de Carlos Fernandez-Pello : http://www.me.berkeley.edu/mcl/carlos/research.html
Voir la page MEMs de About http://nanotech.about.com/science/nanotech/cs/mems/index.htm


Le Monde Interactif, nouvelle Mecque de la robotique
JPB 08/05/01

Il faut saluer la part de plus en plus grande prise par la robotique dans les pages de notre estimé confrère, Le Monde Interactif, supplément multimédia du Monde. Ceci traduit bien l'importance croissante de cette discipline, et l'attrait qu'elle offre aux yeux d'un public toujours plus important. Le site web du journal présente en recueil, sous forme de dossier, l'ensemble des articles publiés depuis quelques mois. Ce dossier est à consulter absolument. Souhaitons que l'ensemble de cette documentation reste longtemps disponible, en liens fixes.

Articles dans le numéro du 9 mai 2001: http://interactif.lemonde.fr/article/0,5611,2862--180270-0,FF.html et http://interactif.lemonde.fr/article/0,5611,2862--180271-0,FF.html
Le dossier "Les robots" : http://interactif.lemonde.fr/dossier/0,5611,2862-4015--0,FF.html


Actualité de René Girard ?
JPB 08/05/01

René GirardRené Girard a été un anthropologue et philosophe très écouté, tant en France qu'aux Etats-Unis. Une grande partie de son oeuvre est une défense et illustration du message évangélique, où il voit, à juste titre, une originalité, puisque le Nouveau testament a été le premier et est demeuré le seul document de ce type à prôner de tendre l'autre joue à l'offenseur, plutôt que déclencher la guerre sainte. Mais ce n'est pas pour cela qu'il a intéressé les scientifiques. C'est par ses études sur le mimétisme, présenté comme le véritable moteur de toute évolution, aussi bien dans les sociétés animales qu'humaines. Avec le développement de la biologie évolutionnaire, ces thèses ont perdu beaucoup de leur audience. Un facteur unique comme le mimétisme, dont les bases épigénétiques  restent confuses, ne peut servir à tout expliquer. On peut penser utile cependant de relire René Girard. Beaucoup de ses observations et propositions méritent encore d'être connues, même si elles doivent parfois être redocumentées. On trouvera sur le web, sous la signature de Philippe Cottet, une analyse rapide de son oeuvre. Visitez à cette occasion l'ensemble du site de Philippe Cottet, l'Alphabestiaire, curieux et intéressant.

Pour en savoir plus :
L'oeuvre de René Girard par Philippe Cottet : http://www.cottet.org/girard/gintro.htm
L'alphabestiaire de Philippe Cottet  : http://www.cottet.org/
Site consacré à René Girard : http://home.nordnet.fr/~jpkornobis/


Rupert Sheldrake... le retour ?
JPB : 06/05/01

Rupert Sheldrake Rupert Sheldrake se situe à la limite de la science avec sa thèse sur les résonances morphiques et la mémoire des formes. Biologiste ayant accumulé une énorme quantité d'informations, il en avait déduit que l'évolution faisait appel à des phénomènes mal étudiés, différents de ceux généralement admis comme commandant l'organisation des atomes et des molécules,  la fabrication du phénotype à partir du génotype, et l'évolution darwinienne des génotypes. Pourquoi les molécules adoptent-elles des topologies bien définies? Pourquoi un lapin devient-il un lapin, et non autre chose? Pourquoi les sociétés retrouvent-elles des lois identiques d'organisation?  La nature aurait selon lui une mémoire, que les présupposés réductionnistes empêchent de détecter. Il estime que la nature n'est pas une machine dont l'on pourrait analyser les comportements basiques afin de comprendre l'organisation du tout. Chaque système, des cristaux aux animaux et aux sociétés, est mis en forme en fonction de "champ morphiques" spécifiques à chacun, qui contiennent les éléments d'une mémoire collective elle-même spécifique. Les organismes ne partageraient ainsi pas seulement le matériel génétique de leur espèce, mais un "champ morphique "spécifique à cette même espèce.

Sheldrake a présenté ses thèses, ainsi plus récemment que d'autres relatives à la transmission de pensée entre espèces vivantes, et aux liens possibles entre la science et l'esprit, dans plusieurs livres. Le plus connu est The Presence of the Past: Morphic Resonance & the Habits of Nature (version française La mémoire de l'univers, Editions du rocher, 1988). Il semblait que l'impossibilité de prouver réellement de telles propositions ait déconsidéré Sheldrake, dans le courant dominant du darwinisme moderne. Comment par exemple expliquer l'évolution et l'apparition de nouvelles formes, si chaque structure existante dispose d'une mémoire morphogénétique qui, a priori, devrait s'opposer à toute évolution? Comment ces milliards de formes se conjuguent-t-elles  en se superposant quand on s'élève dans le niveau d'organisation, de la molécule à l'animal et à l'espèce. Par ailleurs, ces derniers temps, Sheldrake s'est rapproché de philosophes spiritualistes tels Mathew Fox, pour justifier les grandes croyances mystiques, y compris celles relatives à l'existence des anges (!) , à la lumière de ses analyses supposées scientifiques. Tout ceci semble se perdre dans une atmosphère New Age, qui devrait déconsidérer définitivement Rupert Sheldrake aux yeux des scientifiques. D'où l'étonnement que l'on peut ressentir en apprenant qu'il a prononcé récemment une série de conférences devant le Starlab, Think Tank belge à la recherche d'idées et hypothèses nouvelles pouvant avoir des applications scientifiques et industrielles. Le Starlab estime sans doute qu'il vaut mieux essayer de comprendre ce qui paraît étrange, que le rejeter d'emblée. Nous ne pouvons que l'approuver. C'est par une ouverture raisonnée que progressent les connaissances.

Pour en savoir plus :
Consulter la page de R. Sheldrake, très complète: Sheldrake on line http://sheldrake.org/
Curieux et intéressant: Sept expériences qui peuvent changer le monde, proposées par R. Sheldrake http://www.transaction.net/science/seven/


Spyros Artavanis-Tsakonas au Collège de France
JPB : 05/05/01

Spyros Artavanis TsakonasBiologiste et généticien, Spyros Artavanis-Tsakonas est, entre autres responsabilités, en charge du programme de biologie du développement et cancer de l'hôpital général du Massachussets. Il vient d'être élu au Collège de France dans la chaire de biologie et génétique du développement qui vient d'être créée. Le 26 avril 2001, dans sa leçon inaugurale, très applaudie, il a présenté la biologie informatique qu'il considère comme une nouvelle discipline appelée à rivaliser avec la biologie moléculaire et la génétique. Il explique que l'unité d'expérimentation n'est plus le gène isolé, mais le génome tout entier. Or la production des "informations génomiques" est encore hors de portée des laboratoires. Ceux-ci restent de petite taille, et travaillent sur des domaines relativement étroits, les mouches de Morgan, les vers de Brenner, l'embryologie de Spemann, la biologie moléculaire du Medical Research Council de Cambridge, par exemple. Approches, cultures et découvertes sont plus ou moins différentes.

Au contraire, les approches globales, à l'échelle du génome, apparaissent stupéfiantes de possibilités. Un rapprochement entre les hypothèses évolutionnaires et la génétique moléculaire s'impose. Les questions sur le comment et le pourquoi des mécanismes peuvent être dorénavant conjuguées. Les comparaisons entre espèces étroitement apparentées deviennent fertiles, par exemple entre le chimpanzé et l'homme. Une nouvelle image de la complexité en découle. Celle-ci résulte moins de l'accroissement du nombre des protéines que de la combinaison accrue d'éléments du même répertoire génique. La cellule comme "intégron", selon le mot de François Jacob, utilise au cours de son développement le même mécanisme pour des objectifs différents (intégration du signal cellulaire). La "synergie" est source de complexité en permettant la recombinaison des éléments du cadre génique, sans que change celui-ci.

L'approche nouvelle permet de jeter un regard unificateur sur l'ensemble du monde vivant. Autant que la composante génétique des maladies, par exemple, elle permet d'étudier l'action des facteurs environnementaux. Les gènes n'agissent jamais seuls dans la cellule, ils s'auto-influencent, selon des modes d'intégration d'ailleurs encore mal élucidé. Les conséquences de l'action d'un gène sur les autres au niveau de la physiologie cellulaire peuvent alors être corrigées au niveau de l'organisme en manipulant non pas le gène, mais l'activité d'autres points du réseau cellulaire. Les génomes étant proches d'une espèce à l'autre, de la mouche à l'homme par exemple (60% de gènes pathologiques communs) l'étude des fonctions géniques de la mouche facilitera considérablement la transposition à l'homme (systèmes modèles, ou modèles de la maladie permettant d'identifier les rapports entre gènes et maladies et d'envisager des remèdes). La biologie du développement étudiant l'action coordonnée de hiérarchies de gènes spécifiques devrait devenir la base commune de toutes les autres études biologiques. Mais elle reposera sur la mise au point de nouvelles méthodes de calcul et d'analyse chimique. La compréhension des mécanismes de la morphogenèse et même de la pensée sont au bout du chemin. Tout cela exige un constant dialogue entre chercheurs et public, pour que ces développements nécessairement "réductionnistes" et "matérialistes" fassent apparaître de nouveaux systèmes de valeurs scientifiques acceptables par la société.

Pour en savoir plus
Sur Spyros Artavanis-Tsakonas : http://www.mgh.harvard.edu/depts/cancercenter/SAT/artavanis.html (1998)
Publications :  http://cellbio.med.harvard.edu/faculty/artavanis/references.html (I997)
Sur la bio-informatique, sous l'angle des moyens informatiques nécessaires au séquençage génétique, on lira le dossier du Monde Interactif du 25 avril 2001 :  http://interactif.lemonde.fr/squelette/int_edition_papier/0,5616,,00.html


Les difficultés de la bionique
JPB 05/05/01

© http://www.nature.com/nature/links/010329/010329-1.htmlNous avions signalé (Rubrique actualité du n° 11, "Biomimétisme-bionique" http://www.automatesintelligents.com/actu/010503_actu.html#actu) les difficultés rencontrées lorsque l'on veut reproduire les technologies du vivant, mises au point par des millions d'années d'évolution, et ceci même lorsque les ingénieurs disposent de toutes les ressources de la technique moderne.
Sciences et Avenir de mai 2001 en fournit un exemple à propos du fil de l'araignée, dont la synthèse et la production donnent encore du fil à retordre - si l'on peut dire - aux chercheurs. Le scientifique David Knight, de l'Université d'Oxford, prévoit encore 10 ans de travaux.
Cela ne doit pas signifier que la bionique soit une activité non profitable. Mais sans doute faudra-t-il y mettre plus de moyens.

Sur le sujet, voir :
Nature http://www.nature.com/nature/links/010329/010329-1.html
Un mini-article sur Fritz Vollrath  http://www.pbs.org/safarchive/3_ask/archive/bio/95_vollrath_bio.html


Le temps et la gravitation quantique
JPB 04/05/01

Hors-série de la Recherche : Le TempsOn trouvera dans le Hors-série de La Recherche, n° 5 d'avril 2001, une série d'articles consacrés aux divers aspects du temps, physique, géologique, biologique, psychologique, etc. De telles questions intéressent, à un titre ou un autre, les travaux sur l'intelligence et la vie artificielles. Nous avons particulièrement retenu l'article de Marc Lachièze-Rey, directeur de recherches au CNRS: "Le temps cosmique existe-t-il?".
Résumons l'article :
Selon la relativité générale d'Einstein, il n'y a pas de temps cosmique, mais un espace-temps ne définissant pas un temps a priori, donc ne permettant pas, par exemple, d'estimer l'âge de l'univers. La relativité ne permet de parler que de temps relatifs, d'ailleurs suffisants pour situer la plupart des phénomènes physiques, si les observateurs sont suffisamment proches pour que leurs temps propres soient comparables.
Il n'en est plus de même lorsqu'un observateur se déplace par rapport à l'autre à des vitesses relativistes (voyageur de Langevin). Il est possible cependant d'adopter un temps cosmique en synchronisant les temps propres des observateurs si l'on se situe dans un modèle cosmologique homogène et isotrope comme celui du Big Bang. D'où la possibilité à nouveau d'estimer l'âge de l'univers ou de dater les phénomènes s'y produisant.
Dans cette définition du temps cosmique, l'irréversibilité est tenue pour impossible. Plus exactement, c'est la réversibilité de la description des phénomènes qui apparaît comme impossible. Nous ne pouvons en effet décrire le futur des phénomènes macroscopiques que de façon statistique, donc avec une précision insuffisante pour rendre compte d'une éventuelle réversibilité. Il faudrait pouvoir décrire l'univers entier.

Cependant, aux limites, notamment à l'origine du Big Bang, antérieurement au temps de Planck (10-43s), les conditions changent. Une nouvelle physique s'impose, tenant compte de la gravitation et des effets quantiques. Mais la physique quantique, compte tenu du principe d'indétermination, ne peut décrire des phénomènes isolés. Il lui faut décrire l'univers entier, à nouveau, et pour cela disposer d'une cosmologie quantique. Dès qu'au sein de celle-ci, on voudra remonter aux origines de l'univers, et donc à l'origine du temps, s'imposera l'établissement d'une théorie de gravité quantique, qui serait aussi une théorie de l'espace et du temps. Dans une telle théorie, l'espace-temps, phénomène dynamique, ne pourrait être déterminé. L'Univers y serait un état quantique, décrit par une fonction d'onde que l'on pourra, nous dit l'auteur, "dans certaines circonstances, associer à la superposition quantique de plusieurs espace-temps de plusieurs univers classiques à la géométrie bien définie".

Certains physiciens, pour construire cette cosmologie quantique, s'efforcent actuellement de partir de la cosmologie actuelle en la "quantifiant" .
Une fonction d'onde de l'univers serait définie, dans un "superespace" baptisé S.
Le temps comme l'espace y disparaîtraient comme conditions limites, mais il serait possible d'y calculer un temps opérationnel analogue à celui de la physique. En cosmologie quantique, il n'y a pas d'observateur extérieur susceptible de réduire le paquet d'ondes correspondant à l'univers quantique.
La théorie dite de la décohérence s'efforce de montrer que ce serait l'univers entier, ou une partie de lui, qui réduirait le paquet d'ondes, pour faire apparaître le cas échéant un espace-temps classique comme le nôtre. Pour fonder cette nouvelle physique, il faudra de nouvelles études ambitieuses. (NDLR ainsi, peut-on penser, que de nouveaux outils mathématiques et de calcul...).

Pour en savoir plus
Site web de La Recherche : http://www.larecherche.fr/special/web/hs5som.html
M. Lachièze-Rey, Initiation à la cosmologie, Dunod ,1999



Les dauphins sont capables de se reconnaître dans un miroir
CJ 03/05/01

Deux chercheuses américaines, Diana Reiss et Lori Morino, viennent de montrer que les dauphins savaient se reconnaître dans un miroir, faculté pour l'instant uniquement attribuée aux humains et aux grands singes.
Publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), les travaux rapportent que les deux scientifiques ont maquillé deux dauphins du New York Aquarium avec un crayon "encreur"  à l'eau (sans danger pour les animaux), faisant des marques sur leur tête et sur leur ventre. Un maquillage qui a poussé ces mammifères marins à nager plus vite vers des miroirs placés dans le bassin, afin de s'examiner sans tarder.

Pour en savoir plus :
PNAS  du 1er mai 2001 : "Mirror self-recognition in the bottlenose dolphin : A case of cognitive convergence", par Diana Reiss and Lori Marino
(abstract : http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/101086398v1)



Automates et anthropologie
JPB - 03/05/2001

Couverture du CNRS Info d'avril 2001Le bulletin du CNRS,"CNRS-INFO", d'avril 2001 publie sous le titre "Le monde de l'aviation comme société digitale" un article signalant le programme de recherche Aéronautique et société, mené par l'Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie IRIS/CNRS/Université Paris 9
format PDF http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n392/pdf/n392a07.pdf
sur le même sujet, voir Victor Scardigli, Un anthropologue chez les automates, de l'avion informatisé à la société de l'information, PUF, février 2001.

 
Source Jean Grisel Service communication de l'université Paris 7 - Denis Diderot mmtx@sigu7.jussieu.fr que nous remercions.


Une nouvelle revue : Micros et Robots
CJ- 03/05/2001

Couverture de la Revue Micros et robots - N°1 - mai 2001Saluons ici l'initiative du Journal Electronique Pratique faisant renaître la revue "Micros et Robots", aventure déjà tentée il y a une vingtaine d'années mais qui n'avait pu tenir parce que les techniques de l'époque n'étaient pas capables de répondre au champ d'expérience de la robotique. Cette nouvelle revue entièrement consacrée à la robotique va passionner tous les roboticiens en herbe. Le n°1, disponible en kiosque depuis le 26 avril dernier au prix de 30 F, outre de nombreux conseils, offre notamment 25 pages "Constructions" qui vous permettront de réaliser un capteur, un robot chercheur de balise infrarouge ou encore un robot pouvant  reproduire fidèlement un itinéraire préalablement acquis lors d'une phase d'apprentissage initiale. Notons aussi la présentation des caractéristiques techniques de Pekee (plate-forme robotique  et bientôt robot ludique, dont nous avons parlé dans nos colonnes) réalisé par la société française Wany.
Idée excellente : avec cette revue, et dans la mesure des stocks disponibles, vous pouvez recevoir à partir de la première quinzaine de mai (contre 25F de participation de frais d'emballage et d'envoi) un coffret de 2 CD-ROM qui comprend tous les PCB et programmes des montages présentés, accompagnés de vidéos montrant différents robots en action.
L'éditorial, de Frédéric Giamarchi(1) rappelle qu"aujourd'hui, avec la plus grande fiabilité et la considérable chute du prix des composants électroniques, la mise en oeuvre d'un robot avec un assortiment de capteurs et d'actionneurs est à la portée de tous".
Souhaitons donc longue vie à Micros et Robots qui, nous en sommes sûrs, va susciter de nombreuses vocations.

Editorial du n°1 : http://www.eprat.com/MROBOTS/MR1/editoMR1.htm
Sommaire : http://www.eprat.com/MROBOTS/MR1/MR1.htm

(1) Voir notre interview, ainsi que la fiche de lecture concernant son ouvrage "Petits robots mobiles - Etude et construction", Editions techniques et scientifiques françaises, Dunod, Paris 2000 Remonter d'où l'on vient


Nouvel exploit des algorithmes génétiques
JPB 01/04/01

On sait que les amis de Jean-Marie Messier abrègent son nom en J6M: Jean-Marie Messier, moi-même maître du monde. Un concours a été lancé pour ajouter des M, tout en formant une phrase intelligible. Un des concurrents a annoncé J17M: Jean-Marie Messier, moi même maniaque maître du monde modérément motivé matériellement, marginalement manipulateur mais méritant méfiance minimale...etc.... Or cela n'est rien, car un nouveau concurrent vient d'annoncer J119M. Il dit avoir utilisé des algorithmes génétiques. La série de 119 n'a pas été publiée à ce jour.


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