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No 14
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Actualité

Banqueroute de Starlab?
JPB-CJ 14/06/01

On constate depuis peu sur la page personnelle de Hugo de Garis, que celui-ci annonce la banqueroute de Starlab, le Think Tank belge qui finance ses recherches sur le cerveau artificiel. Cette banqueroute serait due à la défaillance d'un financeur privé. Hugo de Garis se présente  en conséquence comme demandeur d'emploi. http://foobar.starlab.net/~degaris/

Pour le moment, cette information demande confirmation. Il s'agit peut-être d'un "hoax" par piratage de la page de Hugo de Garis. Le site de Starlab http://www.starlab.org/ est muet sur le sujet. Quoiqu'il en soit, le roman de Garis vit un nouvel épisode rocambolesque. S'il participe au Colloque du Sénat comme prévu, il pourra peut être nous éclairer (http://www.automatesintelligents.com/manif/2001/mai/manifestations4.html)

Sur Starlab, voir notre article http://www.automatesintelligents.com/visites/2001/mai/starlab.html


Vision IQT : "apprendre aux ordinateurs à voir"
JPB 11/06/01

La société Vision IQ/Poséidon Technologies annonce une levée de fonds de 17 millions d'Euros (110 millions de Francs) pour son projet Vision IQT: "apprendre aux ordinateurs à voir". Ci-dessous un extrait de son communiqué :

"Forte de partenariats étroits avec les milieux de la recherche universitaire, Vision IQ/Poséidon Technologies dispose de l'état de l'art mondial dans le domaine de la vision par ordinateur. Les technologies développées par la société ont déjà fait leurs preuves : elles sont au cour du Système Poséidon, premier système au monde de Surveillance Assistée par Ordinateur (SAOT) pour la prévention des noyades en piscine publique, et première application commerciale de la Société. Commercialisé en Europe et en Amérique du Nord, ce produit répond aux besoins de plus de 200 000 grandes piscines professionnelles à travers le monde et adresse un marché estimé à plus de 10 milliards de dollars. Le 28 novembre 2000, le Système Poséidon sauvait de la noyade un jeune nageur de 18 ans à la piscine d'Ancenis (Loire Atlantique). Il confirmait ainsi aux yeux des professionnels son absolue nécessité et son statut de nouveau standard de sécurité."

"Fondée en janvier 1995 par Jérôme Ménière, son PDG actuel, Vision IQ /Poséidon Technologies est une société française spécialisée dans la vision par ordinateur et dans le développement de produits vidéo-intelligents. La société compte aujourd'hui une quarantaine de collaborateurs et est déjà présente en France, aux Etats Unis, au Canada, en Grande Bretagne et aux Pays-Bas. Vision IQ / Poséidon Technologies dispose de l'état de l'art mondial de la Recherche dans le domaine de la vision par ordinateur. Au-delà de son équipe interne de chercheurs de très haut niveau, la société s'est en effet appuyée dès son origine sur des partenariats étroits avec les milieux de la Recherche Universitaire et les meilleurs laboratoires de Mathématiques Appliquées tels que l'Inria, le Cérémade, le CNRS, l'Ecole Normale Supérieure, etc. La société a réalisé des avancées majeures dans ce domaine, notamment pour l'Analyse de Scène et de la Surveillance Assistée par Ordinateur (SAOTM)."

Pour en savoir plus
http://www.Vision-IQ.com
http://www.poseidon-tech.com
VSD édition-journal n° 1241 du 7 au 13 juin consacre un article à la Cybersurveillance: "Vous n'échapperez plus à Big Brother. En 1992, lors des émeutes de Los Angeles, un inconnu frappe à mort un chauffeur. Il sera arrêté grâce à l'analyse des images vidéo par une minuscule société de Passadena, Cognitech. Depuis cette affaire, on est entré dans l'air de la cybertraque. Toutes les semaines, la société high-tech californienne décrypte des vidéos envoyées par le FBI ou les polices locales." Vision-IQ y est citée, au titre des moyens d'assistance à accidentés.


Le plus petit laser de la planète
CJ 08/06/01

Nanofils d'oxyde de zinc © http://www.cchem.berkeley.edu/~pdygrp/imagegallery.htmlL'équipe de Peidong Yang (Université Berkeley de Californie) vient de fabriquer le plus petit laser du monde. Ces travaux, rapportés  ce 8 juin dans le journal Science, montrent que ce nanolaser, fabriqué sur un mini-fil mille fois plus petit qu'un cheveu humain, émet des rayons ultraviolets allant du bleu pâle au violet foncé.
Recette de fabrication : immergez de l'oxyde de cristal de zinc pur en minces couches de cristauxFilaments d'oxyde de zinc pur de 20 à 150 nanomètres de diamètre© http://www.cchem.berkeley.edu/~pdygrp/imagegallery.html (d'une épaisseur de quelques molécules) dans de la vapeur. Exposez ensuite à ce gaz d'oxyde de zinc chauffé un morceau de saphir, dont vous aurez recouvert l'intérieur d'une couche d'or. Des filaments d'oxyde de zinc pur de 20 à 150 nanomètres de diamètre (de 20 à 50 millionième de mètre) se formeront sur l'or, le saphir ayant servi de catalyseur de croissance.
Selon le professeur Yang, ce laser pourrait fonctionner avec du courant électrique normal pour être ensuite utilisé dans les circuits électroniques.
Ce type de laser pourrait, à terme, être utilisé pour augmenter la capacité des disques durs.

Pour en savoir plus :
Science du 8 juin 2001, vol 292, n°5523 2001, pages1897-1899 : "Room-Temperature Ultraviolet Nanowire Nanolasers", par Michael H. Huang, Samuel Mao, Henning Feick, Haoquan Yan, Yiying Wu, Hannes Kind, Eicke Weber, Richard Russo & Peidong Yang :
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/292/5523/1897 (abstract)
Yang Lab : http://www.cchem.berkeley.edu/~pdygrp/main.html
Peidong Yang  (Home Page) : http://www.cchem.berkeley.edu/~chemgrad/faculty/yang.html
Contact :
pyang@cchem.berkeley.edu


Loft Story
07/06/01

Que les lecteurs sourcilleux nous pardonnent, mais nous devons revenir sur le sujet pour signaler un des rares discours censés entendu sur cette émission depuis de nombreuses semaines. Il s'agit d'un courrier publié par Télérama 2682 du 6 juin 2001, page 5, émanant d'un psychiatre, Serge Tisseron, dont malheureusement l'adresse électronique n'est pas fournie. Si ce monsieur nous lit, qu'il se fasse connaître. En voici quelques extraits :
"En centrant son dossier Loft Story sur son caractère pervers, Télérama a manqué l'occasion de faire le point sur plusieurs phénomènes de société majeurs, dont cette émission est un extraordinaire révélateur : passage d'une intimité confondue avec l'image à une identité intériorisée qui permet d'abandonner son image télévisé aux autres et de préserver son intimité - passage d'une société qui oppose le "permis" au "défendu" à une société dont la règle devient "essayons toujours, on verra après"... - passage d'une société où chacun doit accomplir les gestes de sa classe d'âge à une société où est revendiqué le droit de naviguer d'une société à l'autre... Cette émission est la mise en scène, certes terriblement racoleuse, de bouleversements qui en soi ne sont ni dangereux ni inquiétants. A ne voir que le côté pervers de Loft Story, on se condamne à ne pas comprendre pourquoi tant de gens la regardent, et on risque de couper artificiellement la France en deux".


Voir aussi dans ce numéro notre billet : Le printemps des mutants


Continent Sciences : Franck Cézilly
07/06/01

Excellente intervention de Franck Cézilly dans Continent Sciences de France Culture le jeudi 7 juin 2001. Ce scientifique est directeur du Laboratoire d’écologie comportementale et dynamique des populations/EA 2423 de l'Université de Bourgogne. France Culture présente de cette façon le thème de l'émission:
"L'animal en société. L'immense majorité des espèces d'oiseaux sont monogames. Pourquoi? Pourtant certaines espèces connaissent le divorce. Pourquoi? Les fourmis sont organisées en immenses sociétés où beaucoup d'individus sont stériles, sans descendance directe, ce sont les ouvrières. Pourquoi? Les lycaons pratiquent l'infanticide. Pourquoi ? Les éléphants de mer, à l'inverse de beaucoup d'espèces, dominent de grands harems de femelles. Pourquoi ? Une discipline scientifique s'essaye à répondre à ces questions. Son nom à mauvaise presse. Il s'agit de la sociobiologie. Son application aux sociétés humaines a suscité des controverses puissantes. Elle cherche à comprendre quelle est la part du déterminisme génétique dans les comportements animaux. Ce rendez-vous de Continent sciences est consacré à définir les méthodes, les buts de cette discipline qui trouve son horizon théorique dans la théorie de l'Evolution."

Franck Cézilly y a expliqué notamment comment, après avoir refusé le darwinisme, certains scientifiques continuent - sans bien savoir ce dont il s'agit - à refuser la sociobiologie. Celle-ci, rappelons-le, consiste à tenter d'expliquer les comportements animaux (et certains comportements humains) par l'influence des déterminismes génétiques acquis au cours de l'évolution. Il est certain que les erreurs du tout-génétique, sans parler des extrapolations quasi fascisantes qui en ont été faites, ont contribué à déconsidérer la sociobiologie. Rappelons qu'un des pères, avec Hamilton, de la sociobiologie, E.O.Wilson, s'était fait renverser sur la tête un seau d'eau sale lors d'un exposé dans une université américaine. Mais Franck Cézilly est bien placé pour savoir qu'en conjuguant avec discernement l'influence des gènes et celles de l'environnement, on peut commencer à comprendre l'origine de bien des comportements animaux et humains qui resteraient mystérieux sans cela.

Laboratoire d'Ecologie comportementale et dynamique des populations, Université de Bourgogne http://www.u-bourgogne.fr/Recherche/90808.html
Le DEA Biologie du comportement de Paris Nord http://www-leec.univ-paris13.fr/menu/enseignement/dea.html


Vous avez dit neuro-psychanalyse ?
JPB 06/06/01

La publication sur notre site de l'introduction de la thèse de Frédéric Paulus, "Individuation, énaction" nous donne l'occasion d'évoquer la question de la neuro-psychanalyse. L'analyse neurologique et neuro-physiologique du fonctionnement du cerveau, chez la personne éveillée comme chez le dormeur, avec les moyens de plus en plus puissants, notamment, de l'imagerie cérébrale, doit-elle se substituer progressivement à l'analyse freudienne ? Les tenants de cette dernière tiennent à marquer leur différence: la neuro-psychanalyse examine des mécanismes communs à de nombreuses catégories de personnes, découlant en particulier des déterminations génétiques et épigénétiques de l'organisation mentale chez l'homme. La psychanalyse au contraire traite de cas individuels s'exprimant à la lumière de la relation personnelle qu'est la cure psychanalytique.

Que l'on défende le rôle spécifique de la relation analysé-analysant et de ses possibles contributions à la connaissance des mécanismes de l'inconscient, voire à la cure de certains troubles, se justifie. Il n'empêche que la théorie freudienne était et demeure une description cognitive des opérations psychiques, reposant sur des modèles du psychisme, notamment avec les concepts de conscient, inconscient, préconscient. De même, des processus comme ceux de l'association libre sont censés explorer les contenus de ces entités. Or il était inévitable que les développements récents, extrêmement rapides et fructueux, de la modélisation du cerveau et des processus cognitifs par les neuro-sciences observationnelles et les technologies informatiques conduisent à proposer des révisions de cet ancien appareil conceptuel. Cela ne veut pas dire, encore une fois, qu'il faille tout rejeter du freudisme traditionnel (malgré ses excès) mais tout vouloir garder en s'enfermant dans une sphère d'incommunicabilité volontaire serait a contrario inadmissible.

La première chose à faire en tous cas est de s'informer sur ce que sont les tendances actuelles de la neuropsychanalyse, et confronter celles-ci avec les fondements, bien mieux connus en général, de la théorie et de la pratique psychanalytique.

Pour clore sur un clin d'oeil : à quand la neuro-psychanalyse des consciences artificielles ?

Pour en savoir plus
La revue Psychoanalysis, qui fait autorité en la matière : http://www.neuro-psa.com/
La 2e conférence internationale de NPA (avril 2001). On remarquera la présence d'Antonio Damasio : http://www.neuro-psa.com/international_cong.htm
News in psychoanalysis. Publications et adresses : http://users.rcn.com/brill/news.html
NB : le sujet ne semble pas intéresser les chercheurs français, si du moins l'on s'en tient à une rapide consultation du web.


Jacques Testart et le diagnostic génétique pré-implantatoire
JPB 04/06/01

Jacques Testart © Label FranceDans un article du Monde du 5 juin 2001, p.12, Jacques Testart, directeur de l'unité 355 de l'Inserm, "père" du premier bébé-éprouvette, évoque le risque de voir le diagnostic génétique pré-imlantatoire (DPI) conduire progressivement à l'eugénisme. Rappelons que le DPI s'adresse aux embryons avant leur transfert dans l'utérus. Jacques Testart s'inquiète d'un article publié par le généticien américain Jacques Cohen, praticien du tri des embryons. Celui-ci se flatte dans les 10 ans qui viennent de pouvoir détecter par des biopuces les anomalies chromosomiques et diverses maladies graves monogéniques et polygéniques, ainsi ultérieurement que les prédispositions pour les maladies cardiovasculaires, les maladies infectieuses, les cancers, etc.

"En quelques phrases, nous dit Jacques Testart, est dévoilée la mystique génétique, qui attribue tout pouvoir au génome (jusqu'à contrôler l'intelligence)…et le but ultime du DPI qui pourrait être de "normaliser "l'espèce"."

On connaît les opinions tranchées de l'auteur sur la question. Comme l'indique le titre choisi : "Les apprentis-sorciers sortent de l'éprouvette", on aura compris que Jacques Testart n'encourage ni la généralisation du DPI, ni plus généralement le recours à l'analyse génique de l'embryon. C'est son droit le plus strict. Mais son argumentation nous paraît manquer de la bonne foi à attendre d'un scientifique. Il évoque d'abord des objections pratiques que tout généticien admettra volontiers, tant du moins que la technique est encore débutante, mais qui devraient disparaître en partie au cours des années. Cependant le fond de son sentiment est qu'il refuse l'ambition de "normaliser" l'espèce humaine, terme d'ailleurs caricatural que les confrères américains qu'il dénonce n'emploient pas.

Or, sur ce second point lui-même, il joue de l'ambiguïté. Qu'il soit indécent de gaspiller des centaines d'embryons pour que des personnes en ayant les moyens financiers choisissent la couleur des cheveux de leur descendant, soit. Mais que l'on se refuse à détecter et éliminer, si du moins les méthodes de diagnostic sont suffisantes, et si la démarche reste conforme à l'éthique médicale, les embryons susceptibles de prédispositions aux diverses maladies graves évoquées, ressemblerait beaucoup à l'attitude de certaines sectes qui refusent les soins médicaux.

En fait la vraie limite de fond, selon nous, qu'il conviendrait d'apporter aux sélections génétiques prénatales tiendrait à la nécessité de préserver la logique de l'évolution darwinienne. Celle-ci suppose le maintien d'un minimum de flou concernant l'organisation du génome, sauf à faire disparaître le hasard indispensable au maintien de la diversité. Sinon, ce serait sans doute la mort de l'espèce à échéance plus ou moins rapide.

Même si le point de vue que nous avançons ici mérite discussion, il nous semble à l'inverse que la condamnation brutale que formule Jacques Testart à l'égard de ce qui le heurte moralement n'a rien de démocratique, d'autant plus que les médecins auxquels il s'en prend ne semblent pas des affairistes éhontés. Un tel sujet mérite un large débat, excluant les anathèmes réciproques.

Pour en savoir plus
sur Jacques Testart
- un article de Label France : http://www.france.diplomatie.fr/label_france/FRANCE/SCIENCES/TESTAR/tes.html
- une interview parue dans l'Humanité : http://perso.wanadoo.fr/g.r./Ogmtestart.htm
sur Jacques Cohen, mis en cause par l'article de Jacques Testart
- voir le site du "Institute for Reproductive Medicine and Science of Saint Barnabas Medical Center" auquel appartient le Dr Jacques Cohen : http://www.sbivf.com/
sur Jacques Cohen et ses collègues de l'Institut de St Barnabas : http://www.sbivf.com/directors.htm
Photo de Jacques Testart, source Label France


  Un rapport du Home Office favorable aux jeux électroniques
JPB 04/06/01

Logo du Home OfficeLe Home Office britannique (équivalent de notre ministère de l'intérieur), vient de présenter un rapport étudiant l'influence des jeux électroniques sur les enfants. Contrairement à une opinion répandue, les experts consultés estiment que ces jeux sont loin d'être nuisibles, au contraire. Ils enrichiraient les connaissances et développeraient des facultés utiles, y compris dans la vraie vie - sous réserve néanmoins d'éviter les appels directs à la violence, au racisme et autres perversions.
Ce qui est dommageable, note le rapport, ce ne sont pas les jeux électroniques, mais les mono-activités pratiquées à haute dose, qu'il s'agisse de la télévision ou ...de la lecture.

 Site du Home Office (NB: le rapport n'est pas encore mentionné sur le site) : http://www.homeoffice.gov.uk/


  Mèmes sexuels ravageurs ?
JPB 04/06/01

Radio du sein gauche de Lolo Ferrari http://www.crackseek.com/enter_frames.htmLes Documents du dimanche (France 2, 23h le 3 juin) sous le titre "Lolo Ferrari, une silicone tragédie" ont rappelé l'histoire de cette star  française réputée pour ses attraits siliconés, retrouvée morte il y a quelques mois.
Cette vie désastreuse devrait, tout autant et plus que Loft Story, susciter les commentaires sociologiques et politiques. Elle peut aussi nous intéresser ici dans la mesure où elle illustre le rôle ravageur de certains mèmes, en l'espèce des images sexuelles stéréotypées, quand leur diffusion est soutenue par des réseaux d'intérêts décidés à exploiter jusqu'au bout, y compris par Internet, des filons réputés payants.
Mais Lolo Ferrari peut aussi nous poser une autre question, à une époque où le débat sur les mutants commence à s'installer. Lolo Ferrari était-elle une mutante, décidée à transformer son corps jusqu'à mettre sa vie en péril, pour aller au bout d'elle-même, comme certains artistes du body-art semblent  parfois décidés à le faire ? N'était-elle au contraire que la victime de ces stéréotypes sexuels particulièrement archaïques auxquels nous faisions allusion, et d'affairistes décidés à en tirer profit d'une façon vieille comme le monde, relevant presque du droit pénal ?
Dans les deux cas, les personnes sensées ne pourraient que s'attrister de ses choix. Mais dans le premier, elle pourrait être considérée comme exploratrice d'une voie nouvelle, ce qui ne serait pas le cas dans le second.

 Sorry, nous ne publierons pas l'adresse des sites exploitant ce filon lamentable.


  La grotte Chauvet, l'art des origines
JPB 02/06/01

Peinture rupestre - grotte ChauvetCeux qui s'intéressent aux origines de l'art, ou si l'on préfère, du langage par l'image, pourront consulter l'ouvrage remarquable consacré à la grotte Chauvet et à ses peintures rupestres, sous la direction du préhistorien Jean Clottes : "La grotte Chauvet, l'art des origines", éditions Le Seuil, 2001.
223 photos en couleurs donnent une idée précise du contenu de la grotte. Elles peuvent également inspirer des graphistes s'intéressant à la question dans le cadre de projets de réalité virtuelle. Rappelons que les peintures sont datées (non sans quelques controverses) de -30.000 années environ, ce qui fait remonter à l'aurignacien une forme d'expression jusqu'alors considérée comme apparue 15.000 plus tard, au magdalénien. On pourra méditer également sur une empreinte de pied étonnamment moderne (ce qui, à la réflexion, n'a rien de surprenant!). Rappelons par ailleurs que Jean Clottes a présenté l'hypothèse, discutée, dite du shaman de la préhistoire.

En savoir plus :
Sur Jean Clottes et la grotte Chauvet : Jean Clottes Biographie (1996) : http://www.civilization.ca/cmc/cmcfra/pr06bfra.html
Emission : http://www.rtbf.be/matieregrise/emissions/mg24/textes/ailleurs.html
Articles et livres sur la préhistoire : http://www.cg62.fr/Webmdp/weblio/p04/p04d.htm


Sites robotiques (adresses collectées par Virtual Carbon http://virtual.carbon.free.fr/robotik2.htm)
JPB/CJ 02/06/01

Nous visiterons ces divers sites dans nos prochains numéros

-Android world : http://www.androidworld.com/
-Virtualtech :  http://www.discovery.com/area/technology/virtualtech/issue1/cover-x.html
-Robots in Portland : http://www.teleport.com/~samc/robots/
-Roobotics : http://www.thetech.org/hyper/robotics/
-The shadox robot company : http://www.shadow.org.uk/index.shtml
-JPL Robotics (Nasa) : http://robotics.jpl.nasa.gov/
-Walking machines magazine : http://www.fzi.de/divisions/ipt/WMC/preface/preface.html
-The robonaut : http://vesuvius.jsc.nasa.gov/er_er/html/robonaut/robonaut.html

Par ailleurs,  "Presse on line, Le guide des meilleurs Journaux du net", publie une page référençant 24 publications consacrées aux sciences et techniques. Notons , parmi celles-ci, la présence d'Automates intelligents :
http://www.presse-on-line.com/rubrique.php3?categorie=29


La robotique évolutionniste, article de Jean-Arcady Meyer et Agnès Guyot
JPB 01/06/01

ELVIS, robot qui commande ses mouvements et sa vision binoculaire grâce à des algorithmes évolutionnaires © Pour la ScienceLa revue Pour la Science publie dans son numéro de juin un article très pédagogique et documenté de deux "papes" de la robotique au sein de l'Animatlab du Laboratoire d'informatique de Paris 6 (LIP6), Jean-Arcady Meyer et Agnès Guyot (cf : http://www2.pourlascience.com/numeros/pls-284/art-5.htm).
Ces quelques mots de résumé ne sont pas destiné à vous éviter d'acquérir la Revue, mais au contraire à vous renvoyer vers le texte original.

L'article rappelle d'abord les principes actuellement admis régissant l'évolution darwinienne dans le monde du vivant, et les applications de ces principes à la sélection artificielle destinée à produire des robots adaptés du mieux que possible à un environnement donné. Il prend l'exemple des petits robots  mobiles Khepera conçus à l'IFT de Lausanne, utilisés comme de véritables rats de laboratoires pour obtenir des générations successives de systèmes de commande de plus en plus performants (génotypes) se développant par la méthode des algorithmes évolutionnistes dans les réseaux de neurones artificiels de ces robots.

Les auteurs illustrent ensuite les possibilités des algorithmes évolutionnistes en prenant l'exemple de robots plus complexes, par exemple les robots à 6 pattes, qui apprennent seuls à marcher, d'abord sur 2 pattes, puis comme un insecte, mais ensuite, selon les auteurs, mieux qu'un insecte, par bonds (!). Ils mentionnent également des comportements complexes, de type proie et prédateur, où des robots aux intérêts différents se perfectionnent simultanément par interaction. Le cas des populations de robots co-évoluant en groupe (équipe de robots footballeurs, par exemple) est également évoqué - ce qu'aucune programmation classique ne permettrait d'obtenir, sauf à y consacrer des années. Comme les phénotypes se complexifient simultanément par utilisation de capteurs et effecteurs de plus en plus performants, ainsi que par l'utilisation au niveau de la mémoire des FPGA (Field Programmable Gate Array) , les possibilités d'ensemble des robots ne cessent de s'améliorer.

L'article se termine cependant par une mise en garde, en citant l'exemple des difficultés rencontrées par le développement du chat Robokoneko, poursuivi d'abord à Kyoto chez ATR, puis au Starlab de Bruxelles (voir notre article). Le système de commande comportant 32.768 modules, il serait encore impossible de déterminer les critères d'évolution d'un module donné, en fonction de celles des milliers d'autres évoluant indépendamment de lui. Le Chat Robokoneko (rebaptisé aujourd'hui Robokitty -NDLR) ne se comporterait donc pas du tout comme un vrai chat, à ce jour.

Nous en saurons sans doute davantage  sur ce sujet lors de la journée "Robotique" (http://www.automatesintelligents.com/manif/2001/mai/manifestations4.html), organisée par le Sénat le 27 juin, à laquelle devrait participer Hugo de Garis, dont nous vous donnerons un compte-rendu.

Image: le robot humanoïde Elvis, des universités de Göteborg et de Londres (Photo Pour la Science)


Michel Henry se distingue sur France-Culture
JPB 01/06/01

Les Vendredis de la philosophie de France-Culture ont donné la parole, le 1er juin, au philosophe français Michel Henry. Des extraits de son ouvrage sur La barbarie ont été abondamment cités. En résumant rapidement les propos de Michel Henry, le développement des sciences et des techniques est en train d'induire de nouvelles barbaries, qui feront progressivement disparaître toutes les traces de l'antique sagesse.

La France a vraiment la spécialité de ces prophètes de malheur. Même s'il n'est pas conseillé d'attendre toute sagesse moderne de la science, il semble aussi vain qu'illusoire de s'élever contre elle au nom de cultures anciennes qui étaient d'ailleurs tout aussi barbares et égarées que les nôtres. Que l'historien rappelle le passé, très bien. Mais que le philosophe jette l'anathème sur les développements du présent, au lieu de se borner à essayer de leur insuffler un supplément d'âme (s'il le peut!) nous paraît relever de l'inconséquence. Entre la perdition par Internet et la barbarie scientifique, quel recours nous restera-t-il ?

En savoir plus :
Deux articles sur Michel Henry, extraits de l'excellente revue Pythagora  : http://www.philagora.net/henrykan.htm et http://www.philagora.net/henrypan.htm
Sur Internet, voir le mulot d'honneur de juin 2001, décerné par Admiroutes : http://www.admiroutes.asso.fr/action/bb/mulot.htm


Mort de Francisco Varéla
JPB 01/06/01

Fransisco ValeraLe biologiste et informaticien Francisco Varéla est mort le 28 mai à Paris. Né au Chili en 1946, détenteur d'un Ph.D à Harvard, directeur de recherches au CNRS, chargé d'enseignements dans de nombreuses institutions, il avait depuis les années soixante participé à tous les travaux et débats autour des systèmes auto-organisateurs et auto-référents. Avec Humberto Maturana et Heinz von Forster, notamment, il avait contribué à changer radicalement le regard porté sur les systèmes vivants. La liste de ses ouvrages et publications est considérable (cf. page personnelle, référencée ci-dessous). Il a été un des principaux inspirateurs de la somme méthodologique consacrée aux systèmes par Edgar Morin (La Méthode 1 à 4, Seuil). Ces dernières années, il s'était consacré à des travaux sur la biologie de la conscience, en étudiant le fonctionnement des neurones et groupes de neurones à travers notamment la magnéto-encéphalographie. C'était un esprit universel, aussi à l'aise dans les approches mathématiques et informatiques, que biologiques et physiologiques. Sa vaste culture lui permettait également de participer à tous les travaux philosophiques et sociologiques s'intéressant à l'esprit, à la vie et à leurs manifestations. On ne peut que regretter son décès à l'époque précisément où semblent véritablement décoller les travaux relatifs à la conscience artificielle en relation avec la neurobiologie. Il aurait continué à leur apporter beaucoup.

Francisco Varéla a notamment publié :
- Principles of Biological Autonomy
- Ethical Know-How : Action, Wisdom, and Cognition.
- Avec with Humberto D. Maturana : Autopoieses and Cognition : The Realization of the Living ; The Tree of Knowledge
- Avec Evan Thompson and Eleanor Rosch : The Embodied Mind.

Pour en savoir plus:
Page personnelle, très complète, donnant la liste des ouvrages et publications de l'auteur : http://www.ccr.jussieu.fr/varela/publications/index.html
Voir aussi notre actualité de décembre 2000 mentionnant un article de Francisco Varela avec Hervé Kempf du mensuel la recherche


Une classification phylogénétique du vivant
JPB 01/06/01

Couverture du livre : "Classification phulogénétique du vivant" © BelinSous ce titre, Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader ont publié chez Belin un volumineux ouvrage faisant le point des progrès accomplis depuis trente ans par la taxinomie, grâce aux nouvelles méthodes d'analyse comparée. Selon l'éditeur : "La classification moderne, dite phylogénétique, ne met plus l'homme au centre de la Nature. Les groupes d'organismes ne sont plus définis par rapport à lui, mais pour eux-mêmes. Elle est désormais fondée sur un arbre évolutif qui tente de retracer l'histoire de la vie. Ce livre est une incursion dans l'arbre de la vie. Il n'est ni un précis d'anatomie comparée, ni un précis de zoologie ou de botanique, mais il en est le complémentaire. Chaque branche de l'arbre est un groupe comprenant un ancêtre hypothétique et tous ses descendants. On trouvera pour chaque groupe les arguments de la classification, c'est-à-dire les innovations évolutives que l'ancêtre unique a léguées à ses descendants actuels. Bien d'autres renseignements sont fournis (nombre d'espèces, plus ancien fossile connu du groupe, etc.)".
Le livre fait évidemment le point sur la notion d'espèce, en montrant son caractère de plus en plus relatif au fur et à mesure de l'affinement des méthodes comparatives.

Tout ceux qui s'intéressent à l'évolution, qu'elle soit biologique ou artificielle, liront avec intérêt cet ouvrage, par ailleurs très richement illustré :
http://www.editions-belin.com/csl/Master.asp


Journal of Consciousness Studies
JPB 01/06/01

Signalons à ceux qui l'ignoreraient l'existence du Journal of Consciousness Studies (How does the mind relate to the brain? Can computers ever be conscious? What do we mean by subjectivity and the self ?).

Il s'agit d'une revue scientifique sous forme papier, avec de larges extraits ou abstracts en ligne. Elle paraît depuis 1994 à un rythme environ trimestriel. On y trouve pratiquement tous les noms des chercheurs s'étant intéressés à ce sujet de plus en plus en vogue. Francisco Varéla y collaborait régulièrement. Il s'agit donc d'une mine quasi inépuisable d'informations et de références.
Exclusivement en anglais : http://www.imprint.co.uk/jcs.html


L'équipe Ville-d'Avray remporte la Coupe de France de robotique 2001, ainsi que la Coupe Eurobot
CJ 01/06/01

Coupe de France de robotique 2001 : aire d'évolution des robots © ANSTJL'équipe de l'IUT de Ville-d'Avray a non seulement remporté cette année la Coupe de France de Robotique 2001, qui s'est déroulée du 23 au 26 mai à la Ferté-Bernard, mais aussi Eurobot 2001, le 27 mai, compétition ayant réuni les équipes de 11 pays* (dont les trois meilleures françaises** issues de la Coupe de France).
Organisée par l'Association nationale  Sciences Techniques Jeunesse (ANSTJ), la Coupe de France de robotique confirme un peu plus chaque année son succès avec près de 3000 étudiants participants, 180 équipes inscrites et 133 robot finalement homologués, et quelque 80 000 visiteurs pour l'ensemble de la manifestation.

* Citons notamment la présence de la République Tchèque ou de la Yougoslavie, mais aussi du Canada et des Etats-Unis. Classement : 1) IUT Ville-d'Avray (France), 2) Université d'Eindhoven (Hollande) 3) CPLN, Neufchâtel (Suisse), 4) Yverdon-les-Bains (Suisse).
** Classement : 1) IUT Ville-d'Avray, 2) M&M'S, club de robotique parisien, 3) Club de robotique de l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC).

Pour en savoir plus :
Chaque robot devait placer un maximum de drapeaux sur des cylindres représentant une étile et six planètes © ANSTJSite de l'ANSTJ : http://anstj.mime.univ-paris8.fr/%7Erobot/index.html
Règlement du concours : http://anstj.mime.univ-paris8.fr/%7Erobot/concours/2001/reglement.html
Site de l'équipe Ville d'Avray : http://vazza.free.fr/

A signaler :
Emission spéciale E=M6 de 26 minutes sur le sujet, diffusée le 17 juin à 20h05 sur M6.


Sélection naturelle et résistance au Sida
CJ 31/05/01
Selon une communication parue dans le Nature du 31 mai, certaines mutations génétiques qui augmentent la résistance au sida devraient, via la sélection naturelle, devenir plus courantes dans la population. Les chercheurs du département de biologie intégrative de l'université de Californie (Berkeley) expliquent en effet que les personnes qui ont des gènes les rendant moins sensibles à cette maladie ont une vie plus longue, donnant ainsi plus de temps pour faire des enfants à qui transmettre cette résistance. Ces scientifiques remarquent qu'une mutation sur le gène CCR5, si elle est présente chez les personnes infectées, retarde de deux à quatre ans l'apparition du Sida. Cependant ce gène peut aussi présenter une autre mutation qui, au contraire, avance de deux à quatre ans la venue de la maladie.
En Afrique, selon les chercheurs, près de 40% des gens présentent la première mutation et environ 20% d'individus la seconde : ainsi, toujours selon ces scientifiques, la première mutation devrait gagner du terrain et la seconde en perdre. Selon leurs calculs, les personnes touchées par la "mutation bénéfique" auront, en moyenne, un enfant de plus que les autres et cette mutation devrait toucher 53 % de la population dans une centaine d'années, la "mauvaise" en touchant alors 10%.

Maigre consolation... Espérons que les scientifiques auront trouvé, bien avant cela, le vaccin guérissant définitivement cette maladie.

Pour en savoir plus :
"Natural selection and resistance to HIV ", par Paul Schliekelman, Chad Garner & Montgomery Slatkin, Nature n°411 du 31 mai 2001, pages 545-546 (http://www.nature.com/nature/journal/v411/n6837/full/411545a0_fs.html)
Department of Integrative Biology (université de Californie - Berkeley) : http://ib.berkeley.edu/
Contact :
pdschlie@socrates.berkeley.edu


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