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Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

No 20
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Actualité

Robots secouristes
CJ 02/10/01

Le Pakbot, conçu par la société iRobot, avec l'aide de la DARPA © http://www.nytimes.com/2001/09/27/technology/circuits/27ROBO.htmlUne douzaine de robots envoyés dans les décombres du World Trade Center ont permis d'épargner bien des dangers aux pompiers et aux secouristes. Grâce à ces robots, dont certains ont été conçus et développés au sein du programme "Tactical Mobile Robots program" de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), plusieurs poches épargnées par l'effondrement, mais n'abritant hélas aucun survivant, ont pu être détectées.
Le Packbot ( photo de gauche) conçu par la société iRobot, est doté de nageoires qui lui permettent de se déplacer sur des terrains difficiles et de monter les escaliers. L'Urbot, développé par la Space and Naval Warfare Systems Command, fonctionne aussi bien Un sauveteur explore les décombres grâce aux images envoyées par le robot © http://www.nytimes.com/2001/09/27/technology/circuits/27ROBO.html mis "tête" en bas. Talon, réalisé par la société Foster-Miller, est doté de bras et de pinces et est capable de porter un poids allant jusqu'à 90 kg ; Solem, robot de reconnaissance est quant à lui pas plus grand qu'une boîte à chaussures

Les observations faites sur le terrain seront riches d'enseignement pour les concepteurs. Les pneumatiques d'un des robots ont par exemple été détruits dans les décombres encore brûlants : dans l'avenir, on rajoutera au système des capteurs de température.
L'ensemble des observations et des données recueillies seront enregistrées et analysées par le nouveau Center for Robot-Assisted Search and Rescue (Colorado) du National Institute for Urban Search and Rescue (organisation à but non lucratif, située à Santa Barbara en Californie).

Pour en savoir plus :
Foster-Miller : http://www.foster-miller.com/lemming.htm
iRobot : http://www.irobot.com/rd/research_pacbot.asp
Space and Naval Warfare Systems Command : http://enterprise.spawar.navy.mil/spawarpublicsite/
National Institute for Urban Search and Rescue : http://www.niusr.org/


Ray Kurzweil : vivre 120 ans?
JPB 01/10/01

Ray Kurzweil, l'inventeur entre autres de la machine de reconnaissance de formes (Reading machine), auteur de "The age of spitritual machines" et prophète inépuisable de la grande Transition, s'est fait récemment reprocher par une journaliste américaine d'annoncer que les hommes allaient vivre prochainement 120 ans entourés de machines pensantes, alors que la très grande majorité des humains aujourd'hui ont une espérance de vie de 40 ans.
Les circonstances actuelles imposent aux futurologues de l'Intelligence Artificielle conquérante (dont nous sommes sans doute) un dur rappel aux réalités. Il reste cependant très stimulant de parcourir les contenus souvent mis à jour du site Kurzweil AI. L'auteur n'élude d'ailleurs pas les conséquences à tirer de l'attentat du 11 septembre. Il plaide entre autres pour des technologies plus distribuées, et le renforcement de la sécurité. http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0327.html?m%3D2

Pour en savoir plus :
Biographie : http://www.kurzweiltech.com/raybio.html
Bibliographie : http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?m=10
The age of spiritual machines : http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/meme/memelist.html?m%3D15
KurzweilAI.net : http://www.kurzweilai.net/index.html?flash=1
Kurzweil Technologies : http://www.kurzweiltech.com/


Stanislas Dehaene, chercheur en neuropsychologie cognitive
JPB 29/09

Stanislas DehaeneDans le numéro spécial Mathématiques de La Recherche d'octobre 2001 (http://www.larecherche.fr/arch/01/10), Stanislas Dehaene, chercheur en neuropsychologie cognitive au service hospitalier Frédéric Joliot à Orsay, analyse le "sens du nombre" présent chez certains animaux comme chez le très jeune enfant, ainsi que sur le mode inconscient dans le cerveau adulte. Il s'agit d'une faculté qui n'est pas liée au langage. L'animal détermine son comportement en fonction du nombre perçu, mais sa perception est approximative. La représentation exacte de la quantité suppose en effet l'accès au symbole. La perception du nombre a été implantée dans le cerveau par l'évolution. Mais le nombre, pas plus que la couleur, n'est dans la nature. Il s'agit d'une organisation du monde extérieur rendue possible par le fait que le cerveau, par construction, perçoit les objets discrets.
Stanislas Dehaene rapporte plusieurs expériences montrant les incapacités à calculer résultant de déficiences cérébrales. Il estime que le domaine des recherches entre circuits cérébraux et mathématiques est en pleine expansion. Il en tire des conclusions relativement aux relations de ces dernières avec le réel qui peuvent l'opposer aux propositions de mathématiciens tels qu'Alain Connes, pour qui existerait un "réel mathématique archaïque" que le cerveau découvrirait, comme il le fait dans d'autres domaines de la science.
Pour Stanislas Dehaene, l'évolution a doté l'animal (parce que cela l'aide à survivre) de la capacité de se représenter les quantités de façon non décomposable, non analysable. Mais ces objets mentaux, chez l'homme, ont pris une "vie propre" avec l'implantation du langage symbolique.
Comme tout langage, ils ont permis des constructions sur le mode génératif. Cependant ces représentations culturelles restent définies et limitées par les caractéristiques architecturales du cerveau. Les méthodes de l'imagerie cérébrale et des neurosciences cognitives en plein essor mettent en évidence de plus en plus de mécanismes cérébraux intéressant l'activité mathématique. Par conséquent, ce serait une illusion de voir dans le modèle mathématique, comme dans tous modèles d'ailleurs, une expression fidèle de la réalité. Celle-ci conserve une distance irréductible.
La discussion est philosophique, mais fondamentale.

On peut supposer que la plupart des chercheurs en intelligence artificielle partageront les vues de Stanislas Dehaene.

Pour en savoir plus :
Page personnelle de Stanislas Dehaene sur le site de la Fondation Edge : http://www.edge.org/3rd_culture/bios/dehaene.html.
A l'occasion, on pourra visiter le site de la Fondation et du Reality Club : http://www.edge.org/about_edge.html
Prix "connaissance de l'homme" de la fondation américaine James S. McDonnell, attribué à Stanislas Dehaene en 1999 : http://www-dsv.cea.fr/docs/dsv/ceabio/20/prix20_fr.htm
Commentaire par Jacque Ninio de l'ouvrage de S. Dehaene, La bosse des maths, Odile Jacob, 1997 (Prix Jean Rostan).
Le livre analyse les capacités du cerveau à traiter les nombre de façon inconsciente. Mais l'auteur assure qu'il le fait de façon floue, les traitant comme des grandeurs analogiques. Il n'y aurait donc pas dans le cerveau de machine à calculer susceptible d'accéder aux nombres purs. Le commentaire présente quelques objections à la thèse de l'auteur : http://www.pourlascience.com/numeros/pls-238/livres.htm
Une expérience montrant que le cerveau peut reconnaître un nombre de façon inconsciente (communiqué du 8 octobre1998) : http://www.cnrs.fr/SDV/dehaene.html


Une intelligence non terrestre
JPB 29/09

Le langage des dauphins © http://www.bluevoice.org/dolphin/talk.htmlBlue Voice est une fondation consacrée à une meilleure connaissance des milieux marins, et plus particulièrement à l'étude et la protection des cétacés. Des expériences scientifiques ont été conduite depuis déjà 20 ans dans les Bahamas et ailleurs pour décrypter l'intelligence des dauphins. Des plongeurs dotés de micro-ordinateurs et appareils acoustiques ont enregistré les sons hyper-fréquence émis par ces animaux. Ils ont tenté d'y répondre et d'utiliser ces rudiments de dialogue pour divers échanges avec eux, notamment des imitations réciproques de gestes et postures.
Bien que menées avec peu de moyens, ces études ont l'avantage d'être faites en milieu naturel. Les chercheurs sont de plus en plus convaincus de l'existence d'une intelligence avancée chez les dauphins, difficile à détecter par la nôtre, puisque cette intelligence n'est ni humaine (évidemment) ni terrestre. Ceci mériterait bien d'autres études, respectueuses de ces espèces partout menacées. Pendant ce temps, les intérêts sordides des pêcheries industrielles, libéralisme oblige, continuent à massacrer les cétacés par milliers.

Pour en savoir plus :
Le langage des dauphins : http://www.bluevoice.org/dolphin/talk.html
Blue Voice : http://www.bluevoice.org/
American Ocean Campaign : http://americanoceans.org/


Les sociétés humaines comparées à des organismes vivants
JPB 29/09

Jean Louis Gassée, PDG de Be Inc. à Menlo Park en Californie (jlg@be.com) et chroniqueur à Libération, développe à propos du terrorisme et des différences de culture entre sociétés une considération de type organiciste, se terminant par le paragraphe suivant (http://www.liberation.fr/chroniques/gassee.html) :
"Et si la culture, le système américain étaient vus comme un virus qui se répand, abâtardit, disent les uns, menace, déstabilise, disent les autres. Si c’est une forme de vie, elle absorbe et constamment fait sienne les influences extérieures, européennes, asiatiques, africaines, moyen-orientales, hindoues, hispaniques. C’est un composant de sa force, de sa séduction, cette capacité à intégrer les cultures comme les ethnies. Si c’était vrai, le virus qui se répand tout en se modifiant constamment devrait nous éviter un jour la pandémie du terrorisme, éviter les régimes tyranniques d’un côté comme de l’autre, tout en se manifestant en mutations différentes autour de la planète. Est-ce l’horreur de la globalisation ou tout simplement des échanges de matériel génétiques entre cultures, comme par le passé?".

En dehors du fond du propos, qui est ce qu'il est, nous pouvons constater que la métaphore biologique est employée sans hésiter dans cet article par un homme de formation scientifique. Une métaphore robotique aurait pu aussi être utilisée. Mais un "vrai"scientifique objecterait sans doute que les sociétés ne sont ni des virus, ni des organismes biologiques, ni des robots, et que ces comparaisons sont au mieux inutiles, au pire dangereuses. Il aurait tort, car de tels rapprochements suscitent inévitablement des hypothèses, d'essence interdisciplinaire, qui pourront ensuite être testées par un travail lui-même interdisciplinaire (sociologues et biologistes ou roboticiens), de la même façon que serait testée une hypothèse interne à une discipline donnée. C'est à ces rapprochements, souvent hasardeux, parfois féconds, que nous nous essayons parfois dans cette revue.


Le projet Sahabot
JPB 29/09

Le robot sahabot2 © http://www.ifi.unizh.ch/groups/ailab/projects/sahabot/L'Institut d'informatique de l'Université de Zurich (IFI) présente le robot Sahabot2, qui imite la capacité de la fourmi saharienne Cataglyphis à s'orienter grâce à la lumière polarisée par l'atmosphère. Les yeux de la fourmi captent les orientations de cette lumière, qui sont ensuite traitées au niveau de son système nerveux. Sahabot 2 est doté de capteurs identique, afin de mémoriser et retrouver ses déplacements dans un monde en trois dimensions, c'est-à-dire sans projection sur un plan horizontal. S'agit-il de réinventer le GPS?

Pour en savoir plus :
Fiche descriptive du projet : http://www.ifi.unizh.ch/groups/ailab/projects/sahabot/
L'IFI : http://www.ifi.unizh.ch/
Homepage of the International Workshop on Self-Organization and Evolution of Social Behaviour September 8-13, 2002 : http://www.ifi.unizh.ch/events/monteverita2002/
Article de Ca m'intéresse : http://www.caminteresse.fr/contenu_editorial/pages/magazine/a_la_une_2/dossier_a_la_une_2.php


Wolverine, robot démineur
JPB 29/09

Le robot de police Wolwerin © http://www.sandia.gov/media/NewsRel/NR2001/bombbot.htmLes laboratoires fédéraux américains Sandia (logiciels) présentent en coopération avec la firme Remotec Inc (plateforme) un robot démineur et anti-terroriste baptisé Wolverine. L'engin est présenté comme réalisant en autonomie les opérations relatives au "Comment faire", laissant à son pilote les décisions relatives au "Quoi faire".
Le stress pesant sur les opérateurs dans des situations d'urgence sera ainsi en partie pris en charge par le robot. Voici un engin qui devrait avoir un bel avenir, hélas.

Pour en savoir plus:
Article détaillé : http://www.sandia.gov/media/NewsRel/NR2001/bombbot.htm
Sandia National Laboratories (Sandia is a multiprogram laboratory operated by Sandia Corporation, a Lockheed Martin Company, for the United States Department of Energy) : http://www.sandia.gov/
Remotec est une filiale de Northrop Grumman : http://www.remotec-andros.com/


Symposium "La vérité dans les sciences" au Collège de France.
JPB 29/09

Le Collège de France organise les 16 et 17 octobre un symposium consacré au thème de la vérité dans les sciences. Sont prévues notamment des exposés de J. Bouveresse, J. Tits, J.P. Changeux, P. Descola, P. Bourdieu, E. Zahar, J.L. Puget. Entrée libre.
http://www.college-de-france.fr/college/seminaires/colloques.html


Un pas vers la téléportation
CJ 27/09

Brian Juslgaard, en train de surveiller l'expérience © http://www.dfi.aau.dk/amo/qoptics/qa.htmDes chercheurs danois de l’université d’Aarhus ont réussi à relier par enchevêtrement quantique deux nuages de césium distants l'un de l'autre, créant un "lien télépathique" entre eux et leurs particules éloignées.
Rapportés dans Nature, ces travaux sont de premières importance car jusqu'ici l'enchevêtrement n'avait pu être observé que pour quelques atomes, au niveau microscopique, et l'on pensait qu'il ne pouvait en être autrement. Mais avec de nouvelles méthodes, les scientifiques ont démontré expérimentalement qu'il est possible de générer cet enchevêtrement quantique pour deux objets macroscopiques séparés, chacun consistant en un gaz de césium contenant près de 1012 atomes : "L'expérience montre qu'il est possible de créer des enchevêtrements avec des objets macroscopiques, simplement Schéma de l'expérience montrant le faisceau laser pénétrant les deux cellules contenant le césium pour créer l'enchevêtrement. Les niveaux d'énergies obtenus dans le cesium sont visibles à droite © http://www.dfi.aau.dk/amo/qoptics/qa.htmen utilisant un faisceau laser -ce qui signifie qu'on peut le faire même si les objets sont séparés par une distance conséquente", explique Eugene Polzik, chef de l'équipe. "Nous avons aussi montré que cet état peut persister pendant un temps certain, même à température ambiante". Les atomes ont ainsi été "persuadés" d’interagir, de telle sorte que les événements affectant les uns affectaient les autres, peu importe la distance les séparant .
Les scientifiques caressent  maintenant l’espoir qu’intensifier cet enchevêtrement (qui pour l'instant a pu être maintenu pendant 0,5 millisecondes, ce qui est énorme) pourrait ouvrir la porte à des systèmes de communications quantiques ultra-rapides, incluant  par exemple la téléportation d'objets matériels en transférant instantanément leurs propriétés d’un endroit à un autre.

Pour en savoir plus :
Nature n° 413 du 27 septembre 2001, pages 400 à 403, "Experimental long-lived entanglement of two macroscopic objects", par Brian Julsgaard, Alexander Kozhekin & Eugene S. Polzik : http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature/journal/v413/n6854/abs/413400a0_fs.html (abstract)
 Laboratoire d'optique quantique de l'université d'Aarhus : http://www.dfi.aau.dk/amo/qoptics/qoptics.htm
sur l'article : http://www.dfi.aau.dk/amo/qoptics/qa.htm
Contact :
Eugène Polzik : polzik@ifa.au.dk


Alain Connes reçoit le prix Crafoord
CJ 26/09

Alain ConnesLe Prix Crafoord 2001 a été remis le 26 septembre 2001 au mathématicien Alain Connes  par le Roi de Suède, au cours d'une cérémonie à l'Académie Royale des Sciences. Ce prix, annoncé le 24 janvier dernier, vient récompenser ce professeur à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES) et au Collège de France pour ses " importants travaux dans le domaine de la théorie des algèbres d'opérateurs et pour avoir été l'un des fondateurs de la géométrie non-commutative."
Considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs mathématiciens au monde, Alain Connes a ouvert de nouvelles voies dans la théorie des algèbres d'opérateurs (obtenant pour cela la Médaille Fields en 1983 -équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques). Il est aussi l'un des fondateurs de la géométrie non-commutative, domaine entièrement nouveau dans lequel il a apporté une contribution décisive.
Ses travaux ont notamment également donné naissance à de nouvelles méthodes en physique théorique pour traiter la théorie de renormalisation et le modèle standard de la théorie quantique des particules élémentaires.

Pour en savoir plus :
Sur Alain Connes : http://www.ihes.fr/~connes/
Sur le prix Crafoord : http://www.kva.se/eng/pg/prizes/crafoord/index.asp
Robo Sapiens, paru en français chez les Editions Autrement

CJ 26/09

Robo Sapiens - Une espèce en voie d'apparitionRobo Sapiens - Une espèce en voie d'apparition  : sous ce titre est parue ce 26 septembre chez les Editions Autrement la traduction française du livre "Robo Sapiens - Evolution of a new species" de Peter Menzel & Faith D'aluisio, livre déjà chroniqué dans nos colonnes lors de sa parution en 2000 (cf. http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2001/mai/p_menzel.html).
Même si nous avions signalé à l'époque que ce livre ne mentionnait aucune réalisation française ou européenne (si ce n'est quelques laboratoires allemands), nous ne pouvons que conseiller sa lecture.
Signalons que la version française s'enrichit d'une excellente introduction écrite par Agnès Guillot et Jean-Arcady Meyer, de l'animatlab.

 

Le robot Gene-Gin de Pangene
JPB 25/09

La firme américaine Pangene annonce le “Gene Gin”, un système robotisé capable d’isoler et de cloner automatiquement des gènes. Il s'agit d'industrialiser les procédés de clonage en vue de développer la pharmacogénomique. Pour ce faire, l’entreprise combine son expertise en robotique, séparation magnétique et isolation de gènes, et propose une plate-forme utilisant un procédé enzymatique pour isoler des clones appropriés dans des mélanges complexes d’ADN. Le résultat permettrait d'obtenir des produits de bonne qualité, sans les accidents atteignant généralement les fragments d'ADN avec d'autres procédés. (Source L'Usine Nouvelle)

Pour en savoir plus :
Pangene : http://www.pangene.com/


L'enfant sauvage
JPB 25/09

LoupFrance-Culture a présenté le 25 septembre une excellente émission consacrée à ce phénomène toujours mystérieux que sont les enfants sauvages. Les cas qui font le plus réfléchir sont ceux des enfants élevés par des loups ou des ours. L'expérience a montré qu'ils conservent un certain temps des capacités sensorielles très développées, caractéristiques de l'espèce animale. Ceci en dit long sur la plasticité du cerveau et des organes des sens chez l'homme. Les enfants élevés par des loups réagissent également longtemps aux hurlements très particuliers de ces animaux. Nous avons appris à cette occasion que le "chant du loup" sert exclusivement à assurer la cohésion sociale, sans porter de message circonstancié. On se prend à rêver à ce que pourrait donner des générations successives d'humains vivant exclusivement avec des loups. Deviendraient-ils encore plus proches d'eux, comme les cellules souches équipotentes qui s'adaptent à leur milieu d'accueil?

Pour en savoir plus :
"L'enfant sauvage". Avec Lucienne Strivay, anthropologue, auteur d'une thèse, "L'homme descend du songe, approches anthropologiques de l'enfant sauvage" (Université de Liège-2000) ; Jean-Pierre Klein, psychiatre, auteur d'une "Histoire contemporaine de la psychiatrie de l'enfant" (PUF, Que sais-je) ; Philippe Grimbert, psychanalyste ; Michel Poizat, auteur de "Variation sur la voix" (Ed. Anthropos-1998), "Vox populi, vox dei" (Ed. Métaillé-2001) ; Michel Defourny, maître de conférence à l'université de Liège, spécialiste de littérature de jeunesse ; Boris Cyrulnik, ethologue, auteur de "Un merveilleux malheur", et de "Les Vilains petits canards" (Ed. Odile Jacob).

Sur les loups, les sites abondent. On pourra consulter l'étonnant Loup-Garou (à ne pas montrer aux jeunes enfants) : http://perso.wanadoo.fr/scream38/loupgarou.htm


Olivier Faugeras, chercheur à  l'INRIA, lauréat World Tech Awards 2001
CJ 22/09/01

Olivier FaugerasOlivier Faugeras, directeur de recherche à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), membre de l'Institut et professeur au MIT, est le gagnant des Word Tech Awards 2001 (section "logiciels"), prix international venant récompenser ses travaux sur la perception visuelle menés au sein du laboratoire RobotVis de l'INRIA (http://www-sop.inria.fr/robotvis/robotvis-fra.html).
"Nous  sommes les seuls au sein de notre laboratoire à traiter à la fois de la vision artificielle et de la vision biologique. Les chercheurs qui travaillent dans le domaine de la vision artificielle ne s'inspirent pas de la vision chez l'homme ou l'animal. Je pense que c'est une erreur. Cette activité  qui démarre est très prometteuse" explique le chercheur.

La recette ici consiste à collecter tout d'abord des informations sur la façon dont le cerveau humain perçoit et analyse les signaux visuels (via usage de la résonance magnétique nucléaire ou d'électroencéphalogrammes). Pour cela, un sujet regardant différentes images doit répondre à toutes sortes de questions tandis que l'on prend des clichés de l'activité de son cerveau. Ces informations et les connaissances qu'on en tire sont ensuite réinjectées dans des réseaux neuronaux et forment la base de modèles informatiques, eux-même formant la base des logiciels réalisés par ce laboratoire.
Ces recherches ouvrent la voie à de nombreuses applications industrielles qui vont de l'étalonnage des caméras au suivi de séquences d'images, en passant par la reconstruction de modèles 3D pour des visages, ou la synthèse d'expression faciale. Signalons tout particulièrement le secteur des effets spéciaux et trucages, qui recouvre  tous les aspects de la 3D sur le web pour le grand public, notamment les vues tridimensionnelles interactives utilisées pour les visites virtuelles ou les ventes aux enchères électroniques.
Des sociétés telles que RealViz ou Noesys utilisent déjà les logiciels réalisés par le laboratoire RobotVis.

A plus long terme, Olivier Faugeras souhaite porter ses efforts sur le développement de prothèses pour aveugles et mal voyants, ainsi que sur l'amélioration de l'imagerie artificielle.

Pour en savoir plus :
World Tech Awards 2001 : http://www.wtn.net/AwardsSite2/welcome.wtn 
Page personnelle Olivier Faugeras : http://www-sop.inria.fr/robotvis/personnel/faugeras/faugeras-eng.html
RealViz : http://www.realviz.com/
Noesys : http://www.rockware.com/catalog/pages/noesys.html

Contact : faugeras@sophia.inria.fr


Vidocq, film tourné en numérique
JPB 20/09/01

La partie gauche de l'image est réelle - la partie droite est virtuelle © http://www.vidocq-lefilm.comVidocq, le film de Pitof, a été tourné entièrement avec caméra numérique, et reconstruction en images virtuelles du Paris de 1830. Il est intéressant de voir un film français utiliser ces techniques qui semblaient jusqu'ici réservées aux réalisateurs américains et japonais. Les amateurs de jeux vidéo seront plus à leur aise dans l'univers ainsi créé que les spectateurs habituels. Mais les possibilités d'ouverture sur des mondes totalement imaginaires sont infiniment plus riches, et devraient représenter un enjeu pour les auteurs souhaitant sortir des sentiers battus du cinéma intimiste.

Pour en savoir plus :
Vidocq - Le film. Le site donne quelques aperçus en images virtuelles des résultats de la technique utilisée : http://www.vidocq-lefilm.com


Un système contre les détournements d'avion ?
CJ 20/09/01

Logo Fasnet Radio AGFastnet Radio AG, entreprise allemande qui a mis au point un système de surveillance et de communication par satellite relayé à l'aide d'un petit appareil, envisage d'en équiper les avions pour empêcher la possibilité d'un éventuel détournement.
Cette technique, qui aujourd'hui permet de déterminer la position, la vitesse et la direction des automobiles - et qui a aussi déjà fait ses preuves dans la navigation maritime - n'avait encore été testée sur des avions.
Pas plus gros que deux paquets de cigarettes, le dispostif peut recevoir des ordres a distance, de sorte qu'un avion déviant de sa route pourrait alors être piloté par un commandement central.

Pour en savoir plus :
Fasnet Radio Ag : http://www.bootswelt.de/Rubrik1/FastnetStart.htm


Téléchirurgie transatlantique
JPB 19/09/01

Opération Lindbergh, première mondiale de téléchirurgieUne opération de téléchirurgie transatlantique a été réalisée début septembre entre New York et Strasbourg. Une patiente de 68 ans y a été opérée par un chirurgien français opérant à New York, le professeur Jacques Marescaux assisté d'une équipe de l'IRCAD (Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif). La robotique et une liaison à très haut débit fournie par France Télécom ont permis d'opérer en toute sécurité. Le robot nommé Zeus était fourni par la société Californienne Computer Motion, partenaire à l'opération, baptisée Lindbergh. Les délais de transmission étaient de 130 millisecondes, pour l'aller et retour de 15.000 kilomètres et les temps de codage-décodage. La chirurgie a duré 54 minutes.

Opération Lindbergh, première mondiale de téléchirurgie - Le robot ZeusIl s'agit certainement d'une prouesse technique, surtout en ce qui concerne la qualité de la transmission. Mais si l'on considère les investissements nécessaires pour décentraliser le geste opératoire, les retombées pratiques semblent encore assez lointaines. L'intérêt principal de la téléchirurgie est d'apporter le chirurgien virtuel près d'un patient situé dans un lieu difficile d'accès (par exemple un pays sous-développé) ou non transportable. Il faut donc, dans l'exemple évoqué, apporter à ce patient le robot et la ligne, ainsi que les équipes opératoires d'assistance. Compte tenu du coût et des délais, il peut s'avérer plus facile d'apporter le chirurgien lui-même (sauf si le geste chirurgical requiert une expertise extrêmement rare, comme c'est le cas dans certaines opérations cardiaques ou neurocérébrales). Disons, en d'autres termes, que la téléchirurgie ainsi envisagée demandera un certain nombre d'équipements d'accueil, et ne sera facilement organisable que dans les pays riches, par exemple au sein de réseaux locaux très large bande hospitaliers..

Pour en savoir plus :
France Télécom - Vidéo de l'intervention : http://www.francetelecom.com/lindbergh
World electronic book of surgery : http://www.websurg.com  
Computer Motion Home page :  http://www.computermotion.com/
Electronic industry trade show : http://www.eits.com


Le robot HOAP bientôt commercialisé
CJ 18/09/01

Le robot HOAPLa société nippone Fujitsu mettra en vente avant la fin de l’année le robot humanoïde miniature HOAP-1 (Humanoïd for Open Architecture Platform), destiné avant-tout aux chercheurs.
Haute de 48 cm pour un poids de 6 kg, dotée notamment de 20 degrés de libertés, cette plate-forme robotique a été présentée le 18 septembre à Tokyo lors du Congrès de la Société Robotique du Japon. Connectée sous port USB, fonctionnant sous Linux en temps réel, elle permettra à son possesseur de développer et tester toutes applications et programmes adaptés à ses besoins (par exemple contrôle du mouvement, développement d'algorithmes pour la marche bipède, recherches sur la communication homme/machine...).
Grande inconnue : le prix, qui devrait être assez élevé...

Pour en savoir plus :
Communiqué de presse : http://pr.fujitsu.com/en/news/2001/09/10.html
Site de Fujitsu : http://pr.fujitsu.com/en/
Contact :
Fujitsu Laboratories Limited : yasukawa.yusuke@jp.fujitsu.co


Projet de budget civil de Recherche et de Développement technologique (BCRD) pour 2002
CJ 18/09/01

Roger Gérard Schwartzenberg, ministre de la Recherche, a présenté le 18 septembre à la presse le projet de Budget Civil de Recherche et de Développement technologique pour 2002.
Ce budget s'élève à 57,234 milliards de francs pour les dépenses ordinaires et les crédits de paiements  (DO +CP), soit une progression de 2,2%* par rapport à 2001. Les autorisations de programme (AP), qui concernent les moyens de fonctionnement et d'investissement attribués à la recherche, s'élèvent quant-à-elles à 25,158 milliards de francs, soit une progression de 3% par rapport aux AP 2001 : une double progression qui, selon le ministre, "permet de donner un nouvel essor à la recherche publique et de traduire concrètement les orientations du ministère: conduire une politique de l'emploi scientifique ; attirer les jeunes vers la recherche ; renforcer les moyens de fonctionnement et d'investissement de la recherche publique ; développer les champs disciplinaires prioritaires; soutenir la recherche industrielle et l'innovation".

Le projet de BCRD 2002 prévoit notamment la création de 500 emplois, dont 463 dans les Etablissements publics à caractères scientifiques et technologiques (EPST) soit : 100 emplois de chercheurs et 363 emplois d'ingénieurs et techniciens et administratifs (ITA) pour renforcer l'accompagnement de la recherche. Principaux bénéficiaires : le CNRS (140), l'INRIA (110), l'INRA (100), l'INSERM (80), l'IRD (20) et l'INRETS (7).
L'effort portera aussi sur le montant des allocations de recherche, qui n'avait pas été revalorisé depuis plusieurs années. Au 1er janvier 2002, ce montant sera augmenté de 5,5 %, passant de 7400 F brut par mois à 7807 F brut mensuel.
 
Les AP des EPST progressent de 6,3 % en 2002, celles des AP de la recherche universitaire de 19,3%.

Les moyens attribués aux champs disciplinaires jugés prioritaires par le ministre sont renforcés :
- Les sciences du vivant constituent le premier objectif du BCRD avec 14,6 milliards de francs soit environ un quart des moyens. Leurs crédits progressent de 3,4 % en 2002 avec pour priorité la génomique et la post-génomique et la lutte contre les maladies transmissibles,
- Les recherches attachées au volet Environnement, énergie et développement durable disposent de près de 9,478 milliards de francs en 2002 et représentent désormais le deuxième poste de dépenses du BCRD, soit 16%. Elles augmentent de 3,3% par rapport à 2001,
-  Les moyens attribués aux recherches sur les STIC atteignent 5,4 milliards de francs, en progression de 7,1% par rapport à 2001(soit +360 millions de francs).

Les crédits consacrés aux programmes aéronautiques civils progressent de 10,1% pour atteindre 1,75 milliards de francs en 2002.
Ils comportent le soutien au développement par Airbus de l'avion de grande capacité A 380, la poursuite du soutien aux autres programmes Airbus ainsi qu'à l'effort de recherche amont et aux études de sécurité.

Le volet espace, pour sa part, bénéficie de 9,371 milliards de francs en 2002, soit environ 15,8% du BCRD.

* Augmentation qui, finalement, ne fait que couvrir l'inflation. Le budget 2001 était lui-même en augmentation de 2,2% par rapport à celui de l'année 2000.

Pour en savoir plus :
Conférence de presse du ministre : http://www.recherche.gouv.fr/discours/2001/dbcrd.htm
Dossier de présentation du BCRD (format pdf) : http://www.recherche.gouv.fr/discours/2001/bcrd.pdf


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