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Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

No 5
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Bric-à-brac

Une perspective de première importance: les réseaux d'automates industriels
JP.Baquiast 17/01/00

Le 15 janvier 2000 a été annoncée la fusion entre les deux "géants" français de la basse tension et des automatismes industriels, Schneider Electric et Legrand. Cette fusion aboutit à créer le numéro un mondial du secteur. Bien que la Bourse, toujours à courte vue, ait modérément salué l'opération, nous ne pouvons que nous en réjouir, non seulement en termes de compétitivité économique et industrielle en général, mais parce que la fusion ouvre la voie, espérons-le, au développement de nombreuses technologies très avancées, non seulement dans les équipements électriques, les réseaux basse tension, l'usage de ces derniers à la distribution de l'Internet, mais surtout la mise en réseau des automates industriels.

Ce dernier point concerne une évolution peu connue du grand public, mais d'importance majeure, notamment dans les domaines qui nous occupent ici. Cela s'appelle transparent factory ou distributed factory: des systèmes industriels ouverts, utilisant Internet, et reliant entre eux des machines et robots industriels. Ces réseaux s'appliqueront d'abord à la surveillance et à la maintenance des grandes infrastructures de transport (gaz, électricité, transports terrestres). Mais au-delà de cela, le concept va permettre le développement de machines autonomes, communiquant par intranet, se répartissant les tâches et les disponibilités. Ce sera l'amorce de robots et de gestion intelligents au plan mondial. Il est évident que de tels développements induiront des perfectionnements en chaîne, tant dans les domaines de la mécanique que des logiciels - ainsi, évidemment, qu'en ce qui concerne les usages. Tous les grands manufacturiers sont potentiellement intéressés. La concurrence sera rude.

D'autres applications sont en perspectives. La plus innovante concerne la technologie des courants porteurs (utilisation du réseau basse tension pour transporter voie et données). Toutes les applications et produits domotiques sont plus ou moins liées à ce progrès décisif, jusqu'ici interdit à EDF par les autorités de régulation.

De nombreux partenariats entre le nouveau groupe et des industriels français et étrangers existent déjà ou sont en projet, pour exploiter ces divers créneaux. Citons notamment Thomson Multimédia et France-Télécom .


International forum on globalization (IFG) et technologies
JP.Baquiast 17/01/01

L'IFG (voir La gazette  d'Admiroutes N° 27 http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/00-2709/index.htm) organise les 24 et 25 février 2001 à New York un "teach-in" sur les technologies et la mondialisation. L'IFG soutient en général des thèses auxquelles adhèrent tous ceux qui veulent éviter qu'une recherche de croissance guidée par le profit immédiat ne détruise les équilibres écologiques et n'aggravent les difficultés des pays pauvres. Néanmoins la façon dont est présenté le thème des technologies paraît quelque peu inquiétante: "Our society places all its bets on technology as the panacea for our ills. But it may be time to reconsider. Far from Paradise-on-Earth, we are rolling toward ecological collapse: rapid climate change and rising seas; ozone holes; loss of species and habitat; accelerated cancer rates; terminal forms of air, water, and soil pollution, as well as unprecedented levels of social, political, and personal alienation and despair. All are rooted in the excesses of technology. Now a terrifying (?) new generation of technologies — from biotechnology to eugenics to robotics to nanotechnology —are raising the stakes and bringing unprecedented new threats to the planet. Meanwhile the new telecommunications technologies that we had hoped would bring democracy and empowerment may be producing the opposite: rampant commercialization, global corporate concentration and mergers, and centralization rather than decentralization."
En gros ce texte nous dit que la technologie, loin d'être la panacée à tous nos maux, mène à un effondrement écologique et politico-social. Mais cela ne sera rien au regard des nouvelles et terrifiantes générations de technologies: biotech, eugénisme, robotique, nanotechnologies. D'ores et déjà les réseaux de télécommunications renforcent la concentration économique et politique.

Cet amalgame, qui met dans le même sac l'eugénisme, la robotique et les nanotechnologies (?) peut conduire aux conclusions les plus rétrogrades, comme aux mises en garde les plus utiles. Mais, même en ce domaine, il faudra ne pas seulement inquiéter les gens, mais proposer des alternatives concrètes, notamment en termes politiques, permettant un contrôle citoyen qui ne soit pas le paravent d'intérêts plaidant la "deep ecology" pour leurs propres business. La liste des intervenant fournie est en tous cas une sorte de gotha de tout ce qui compte dans ce que l'on pourrait appeler l'antiglobalisation éclairée aux Etats-Unis. Je n'y trouve pas un Français, comme prévisible. Dommage que ne participent pas certains chercheurs en biotechnologie, robotique, nanotechnologie, susceptibles d'ouvrir des perspectives plus rassurantes et constructives que celles présentées comme "terrific". Mais peut-être figurent-ils dans la rubrique "and many others". http://www.ifg.org/nyc.html  


Parasitisme biologique et parasitisme inter-cérébral mémétique
JPB 18/01/01

Claude Combes, professeur au laboratoire de biologie animale de Perpignan (CNRS) a publié en 1995 une étude sur le parasitisme dans le monde vivant: Interactions durables. Ecologie et évolution du parasitisme entre parasités et parasites, chez Masson. L'auteur, dans Continent Sciences (France-Culture, 18/01/01) a présenté l'essentiel de ses observations et de ses hypothèses. Nous publions le commentaire de Jean d'Aguilar sur ce livre http://www.inra.fr/Internet/Produits/dpenv/biblic26.htm#combes

"Le parasite est, au sens courant, un organisme qui profite d'un autre organisme pour en tirer sa substance et son habitat. Dans cette acception tous les organismes vivants sont concernés, soit en tant qu'hôte, soit en tant que parasite. Si l'aspect descriptif et biologique du parasitisme est depuis longtemps étudié et analysé, il n'en est pas de même de son rôle en écologie. C'est là toute la nouveauté de l'ouvrage qui résume les travaux développés au cours de cette dernière vingtaine d'années.

Sur le plan écologique, les êtres vivants produisent divers types de "richesses" qui sont convoitées par d'autres êtres vivants. Parmi les différentes relations entre individus, celle du couple hôte-parasite se caractérise par une interaction durable. Celle-ci est rarement à sens unique et l'association prolongée entre les génomes du parasite et de l'hôte permet d'interagir sur leurs phénotypes respectifs. Ainsi le concept d'interaction durable lève toute équivoque quant au terme de parasitisme qui couvre alors le mutualisme, l'inquilinisme, la phorésie, le parasitoïdisme (cette "interaction terminée par un assassinat").

Les trois parties de ce livre envisagent d'analyser tous les aspects du parasitisme lato sensu à la lumière de l'écologie. C'est d'abord l'exploration, dans toute leur diversité, des interactions durables en abordant les conditions d'hôte et de parasite, la formation des communautés et de leur évolution dans le temps. Dans une deuxième partie on suit le devenir des génomes de chacun des membres de l'association. La sélection des informations génétiques des deux partenaires permet des adaptations réciproques développant des procédés visant à rencontrer, éviter, tuer, survivre ou exploiter favorisant ainsi la co-évolution. C'est dans le cadre de la biosphère que, dans une dernière partie, sont examinés les interrelations des parasites avec toutes les composantes du milieu vivant. C'est l'occasion d'analyser leurs rapports avec les populations-hôtes, avec les écosystèmes-hôtes, contre leurs semblables, contre leurs non-semblables puis d'envisager des problèmes comme parasites et évolution (avec l'hypothèse de la fécondation considérée comme une forme de parasitisme) et ceux liés à l'humanité (avec les grandes endémies et l'évolution des Hominidés).

Plus de 500 pages pour exposer magistralement un sujet, certes connu, mais profondément renouvelé par ce nouvel éclairage écologique. Cette synthèse est un cours vivant et attrayant car émaillé de formules évocatrices qui font mouche pour imager l'argumentation : la coévolution est un duel à fleurets mouchetés (parce que chacun trouve son compte dans l'association) ; l'hôte ne peut gagner la guerre parce que la victoire coûte plus cher que la guerre. Chaque grande subdivision se conclut par un faisceau de réflexions ouvrant des voies sur l'avenir et prolongeant le raisonnement. Qui n'héberge pas de parasites ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Les parasites manipulents-ils les hommes ? Quel avenir pour le virus du SIDA ? Y-a-t-il des parasites tricheurs ? Pourquoi l'homme est-il nu ? Autant d'interrogations posées sur le ton badin mais soulevant de vrais problèmes.

Cette oeuvre est une façon d'aborder le parasitisme sous l'angle d'une écologie moderne intégrant divers aspects : écosystèmes, populations, évolution, génétique...A lire pour cultiver la réflexion sur le sujet. Jacques d'Aguilar

Pourquoi nous intéresser à ce sujet, en dehors des lumières passionnantes qu'il ouvre sur l'évolution et la co-évolution? Parce que l'étude des parasites biologiques nous permettra peut-être d'essayer d'analyser avec les mêmes méthodes l'origine, le rôle et finalement l'écologie des mèmes. On sait que ceux-ci sont présentés par l'école dite mémétique (Richard Dawkins, Susan Blackmore, Daniel Dennett) comme  des symboles générés au sein des systèmes neuronaux des espèces vivantes, et s'échangeant entre les individus de ces espèces par la voie des divers langages et supports de langages existants. Ces symboles se comportent de façon "égoïste", comme les gènes, en ce sens qu'ils sont soumis à la compétition darwinienne, et tendent à se reproduire et se répandre dès qu'ils trouvent des milieux favorables. Pour simplifier, on distinguera deux types de mèmes:
- le comportement, acquis puis imité (cf. l'exemple fameux des mésanges anglaises ayant appris à percer les  capsules des bouteilles de lait)
- le concept, mot ou idée, circulant entre les hommes. Contrairement au comportement, qui circule par imitation aussi bien entre les animaux qu'entre les hommes, le concept est réservé aux possesseurs du langage. 

Les études comparées doivent toujours s'efforcer d'élargir le plus possible le champ du regard. A première vue, il n'y a aucun point commun entre un mème, ainsi défini, un gène et moins encore un parasite comme la douve du foie. En regardant de plus près, l'on trouve beaucoup de points communs. La question est de savoir s'ils sont pertinents pour faire avancer la connaissance scientifique de ces trois entités différentes. Nous examinerons ce sujet ultérieurement, dans un article plus complet. Bornons nous à suggérer ici que le mème peut être considéré comme un parasite sui generis complexe, comportant:
- une base neurologique (elle-même peut-être sous commande totale ou partielle d'une structure génétique) qui est la trace neuronale, durable ou passagère, à laquelle le mème correspond dans le système cérébral de son porteur.  Cette base a été acquise au cours de l'évolution de l'espèce ou de l'individu, et mémorisée, lorsque c'est le cas, parce qu'elle s'est imposée de force ou en apportant à l'hôte un avantage compétitif. C'est cette base qui est la partie vivante  (ou biologique) du mème. Sous pression de la compétition darwinienne entre mèmes au sein du système neuronal ou cérébral, elle cherche à s'étendre, se dupliquer, s'adapter et, bien évidemment, coloniser d'autres porteurs.
- une transcription sous forme d'un message informationnel susceptible d'être émis et lu par les organes sensoriels et cogniitifs des porteurs. Ce message est en général matériel (sonore, électronique...on dira virtuel). La transcription permet à la fois la contamination d'un individu vierge,  afin d'en faire un nouveau porteur, et des réplications-mutations-diffusions par la voie des canaux de transferts d'information existant dans les groupes sociaux des espèces considérés.
- des mécanismes de co-évolution permanents entre base neurologique de départ, message informationnel et bases neurologiques d'arrivée. Les porteurs-cibles offrent des défenses immunitaires plus ou moins efficaces à l'invasion de nouveaux mèmes, dues à la présence de mèmes déjà installés qui réagissent par des processus de type immunitaires. Mais au contraire, dans de nombreux cas, les porteurs parasités utilisent le nouveau mème pour renforcer leur adaptation globale  à la compétition qu'ils subissent. C'est notamment le cas dans tous les processus d'éducation-apprentissage.

L'hypothèse ci-dessus n'a de sens que si l'on accepte de considérer le système nerveux, et plus particulièrement le cerveau des hommes et des animaux, comme susceptibles d'être décomposés en menus ensembles neuronaux menant une vie indépendante. La même question, il est vrai depuis longtemps résolue par l'affirmative, portera sur le comportement en général, et l'esprit en particulier. Ceux-ci peuvent-ils être décomposés en petites entités indépendantes, entrant en compétition interne? Nous pouvons répondre que, de même que le génome n'est pas un ensemble rigide, mais un assemblage souple de gènes pouvant, dans certaines limites, évoluer indépendamment les uns des autres, les assemblées de neurones (surtout dans les aires associatives), et les représentations et symboles leur correspondant, disposent elles-aussi d'une relative autonomie, leur permettant d'entrer en compétition pour occuper l'espace disponible, et consommer les ressources fournies par l'organisme.

Ceci  étant supposé admis, on se demandera, comme toujours quand il s'agit d'évolution, quel intérêt ont les mèmes à survivre, se transmettre, évoluer? Un tel mécanisme répond-il à une finalité? La réponse sera que les mèmes ne répondent à aucune finalité. Ils sont apparus, comme les parasites et avant eux les gènes, à un certain stade de l'évolution de certaines espèces, et ils profitent des milieux favorables que leur offre cette évolution.

S'agissant des mèmes, il est clair que la société de l'information moderne leur offre un champ immense de cerveaux à "parasiter". Lorsque s'ajouteront aux réseaux actuels,  des automates hyper-intelligents offrant aux mèmes leurs gigantesques ressources de computation, la science sera obligée, pensons-nous, d'analyser avec le même sérieux qu'elle le fait aujourd'hui dans le domaine de la virologie et de la parasitologie, leur influence sur la co-évolution globale des espèces vivantes.


Maîtrise de la technologie des hologrammes générés par ordinateur
CJ 15/01/01 source Agence pour la Diffusion de l'Information technologique (ADIT)/Ambassade de France a Londres - http://www.adit.fr/

Le Département Hologrammes de la DERA (Defence Evaluation and Research Agency), vient d'annoncer qu'il maîtrisait la technologie des hologrammes générés par ordinateur (CGH). La mise sur le marché de cette technologie développée conjointement avec Ford est prévue pour 2003. Dès lors, chacun pourra restituer dans l'espace des objets réels ou imaginaires en 3 dimensions, manipulables ensuite par un opérateur.


Différenciation des larves d'abeille en reine et ouvrières. Un article d'Infosciences.
JPB 15/01/01

Ceux qui s'intéressent à la génétique, et plus particulièrement au polyphénisme, faculté pour une même espèce de muter en deux types génétiques différents sous une influence extérieure, trouveront le compte-rendu d'un travail sur ce sujet dans Infosciences http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=555 L'équipe  du laboratoire américain de recherche sur les abeilles du Maryland en collaboration avec l'Université de l'Arizona a pu décrire le rôle joué par les hormones dans cette mutation physiologique. L'évolution ne dépend pas dans ce cas de différences propres aux génomes des reines et des ouvrières mais réside dans l'expression différentielle de suites entières de gènes impliqués dans le destin de la larve.


Tout savoir sur les algorithmes génétiques
JPB 13/01/2000

Guill.net Le Guide des Réseaux publie un article très complet, présenté comme une Introduction aux algorithmes génétiques. Auteur Lhacène Ziani, qui est trop modeste. Il ne se présente pas. On sait que les AG sont très utilisés pour la conception d'architectures de réseaux, mais pas seulement à cela...Les non-mathématiciens décrocheront avant la fin, mais ils peuvent commencer la lecture avec profit.
http://www.guill.net/reseaux/Algogen.html


De l'intelligence artificielle française dans les robots martiens de la NASA
CJ 13/01/2001

La NASA américaine fait des automates et autre machines des éléments majeurs pour l'explororation spatiale pour les deux prochaines décennies, notamment sur la planète rouge. C'est ainsi qu'elle a sélectionné des chercheurs nancéiens de l'INRIA/LORIA pour renforcer l'autonomie des véhicules-robots qui auront autant pour tâches de prélever des échantillons que d'explorer le terrain (notamment y pister des traces d'eau), travailler ensemble (voire de se secourir les uns les autres) ou de s'autoréparer après diagnostic.
C'est l'équipe MAIA (machines intelligentes autonomes) (http://www.loria.fr/equipes/maia/) -associée à des chercheurs du CRIL-France, des universités du Massachusetts, du Mississipi et à une unité de l'Agence spatiale américaine- qui va notamment travailler au développement de l'intelligence artificielle de ces engins.Il s'agit notamment , face à un obstacle ou à un imprévu, de les doter d'une capacité de réaction optimale. Un travail de longue haleine, avec un transfert escompté des résultats sur les robots dans 7 à 10 ans. Le secret : le développement d'agents autonomes, des logiciels simples dont l'association permet de gérer des situation complexes.

Contact : François Charpillet
Francois.Charpillet@loria.fr


L'hypothèse Gaïa
JPB 13/01/01

L'écologie peut-être plus ou moins radicale, voire mystique. L'hypothèse dite Gaïa, selon laquelle la Terre constituerait un être vivant capable de s'auto-réguler présente l'intérêt de mettre en évidence les liens entre les différentes dynamiques à l'oeuvre sur notre globe. Elle peut être interprétée d'une façon finaliste qui relèverait de la métaphysique (il existe une force vitale qui s'impose à tous les composants terrestres, y compris les minéraux, les océans, l'atmosphère). Elle peut également donner lieu à des actes de foi mal venus relativement aux capacités d'auto-régénération face aux agressions que l'homme fait subir à l'environnement. Pour les automaticiens cependant, elle a l'intérêt de mettre l'accent sur d'éventuels automatismes naturels de type feed-back, qui méritent de toutes façons d'être modélisés et étudiés.

Le modèle Gaïa a été lancé par le chimiste de l'atmosphère James Lovelock and la biologiste Lynn Margulis dans les années '60 '70, puis développé sous forme d'un modèle simple "Daisyworld" dans lequel la compétition entre des marguerites noires et blanches régulait les échanges de chaleur terrestre. Depuis lors, les tenants de l'écologie radicale "Deep ecology", ceux qui militent pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre, et leurs adversaires plus conservateurs, continuent à discuter  autour de ce thème - d'autres diront ce mythe - de Gaïa. Ces discussions sont de toutes façons intéressantes et doivent être considérées par les chercheurs d'aujourd'hui, pensons-nous, comme faisant partie d'une culture générale indispensable.

Pour en savoir plus:
- Quelques extraits du livre de Lovelock et Margulis, The Gaia hypothesis http://www.magna.com.au/~prfbrown/gaia.html
- un article de Stephan Harding, professeur d'écologie au Schumacher Collège http://www.gn.apc.org/schumachercollege/articles/stephan.htm
- un article du parti Vert du Michigan http://www.webscribe.net/greens/amberwaves/gaiaprinciple.html


La théorie du singe aquatique (Aquatic Ape Theory)
JPB 13/01/01

Les évolutionnistes du 21e siècle ont peut-être oublié l'AAT, qui fut présentée par Max Westenhofer  dans un article "On the preservation of ancestor's characteristics in human beings, in special about a prognostic trias and his practical meaning", publié en 1923. Cette théorie fut popularisée par une primatologue féministe, Elaine Morgan, dans ses deux principaux ouvrages (1972): The Descent of Woman. Souvenir Press, London. et (1982): The Aquatic Ape. Souvenir Press, London.  La théorie prétend expliquer la bipédie, la parole et bien d'autres caractéristiques des hominiens par le fait qu'ils furent obligés, voici quelques millions d'années, à vivre dans un milieu amphibie, sinon aquatique. L'AAT a toujours été violemment combattue, au prétexte notamment qu'elle ne repose sur aucune preuve. Elle est  ainsi classée par Yahoo dans la rubrique des (Sciences) Alternatives. Il n'empêche. La théorie est bien plaisante pour l'imagination.
Pour en savoir plus (2 articles parmi des centaines)
http://huizen.dds.nl/~seismo/before.html
http://allserv.rug.ac.be/~mvaneech/Fil/Verhaegen_Language_SpeculationsScienceTechnology.html


New Scientist fait le point sur tous les aspects de l'intelligence artificielle
JPB 8/01/2001

http://www.newscientist.com/nsplus/insight/ai/ai.html "
" WELCOME TO THE UNIVERSE of humanoid robots, intelligent insects and virtual creatures designed to fly real planes... Researchers in artificial intelligence (AI) and artificial life (A-Life) make their living by modelling, copying or adapting systems from biology. The combination of human ingenuity and the explosion in computer power has created a host of creations that take as their starting point anything from human intelligence and emotions to genetic inheritance and evolution."
Ceux qui n'y croient pas encore (et qui comprennent l'anglais) seront édifiés par la lecture de cette collection d'articles fort bien faits.


Un observatoire virtuel
CJ 8/01/2001

"L'observatoire virtuel des Etats-Unis pourrait entrer en service en 2010", estime Stephen Strom, directeur du développement au National Optical Astronomy Observatory (http://www.noao.edu/). L'idée a été lancée dans le cadre des projets de la communautés des astronomes américains, et devait être exposée cette semaine devant l'Amercian Astronomical Society, réunie à San Diego. Le projet , estimé à un investissement de 25 millions de dollars, consisterait en un archivage complet et centralisé des observations effectuées par tous les télescopes terrestres et en orbite. Une idée qui révolutionnerait l'astronomie, car n'importe quel internaute avisé pourra ainsi explorer les profondeurs du cosmos en se connectant à cette observatoire virtuel, via Internet. Celui-ci permettrait par exemple d'obtenir une vue beaucoup plus précise et complète des objets étudiés par la mise en commun d'images réalisées dans différents rayonnements.


Kit de construction d'un robot piloté par palm-pilot
JPB 8/01/2001

Robot Palm-Pilot © http://www.cs.cmu.edu

Il s'agit d'un projet très sérieux développé au Carnegie Mellon Institute, permettant de s'initier à la robotique avec des composants achetés sur étagère, et pas mal de savoir-faire.http://www.cs.cmu.edu/~pprk/index.html (source: Pekee.fr http://www.pekee.fr/fr/high/default.php)





Arabidopsis Thaliana, la plante miracle au génome bientôt manipulable virtuellement par Internet
JPB 08/01/2001

Plant d'Arabidopsis thaliana ou Arabette des dames, écotype columbia. Cette drosophile du règne végétal est utilisée par les chercheurs en qualité de modèle pour l'étude génétique des plantes © CNRS/ArondelYahoo France recense environ 476 pages  consacrées à cette plante, http://fr.google.yahoo.com/bin/query_fr?p=arabidopsis&z=2&hc=0&hs=0. Elle a l'avantage de disposer d'un génome réduit, de pousser sans difficultés,  de muter fréquemment. Mais elle nous intéressera ici à un autre titre.  

Un ambitieux projet international vient d'être lancé à l'instigation du Howard Hugues Medical Institute et du Salk Institute for Biological Studies, sous la responsabilité du Pr Joanne Chory. Lorsque le séquençage du génome de l'arabette sera prochainement achevé, il sera possible, en 10 ans environ, d'identifier et mettre un nom sur les gènes, en s'aidant d'une représentation virtuelle du génome. Par Internet (ou ordinateur), l'on pourra modifier virtuellement tel gène, et constater avec une vitesse record les effets de cette mutation numérique. Ensuite, bien sûr, il restera à en tirer des applications sur la plante réelle. Les auteurs de ce projet de cybergénétique prévoient, après l'arabette, de s'attaquer à des vers et des insectes, puis, sans doute plus vite qu'on ne l'imagine, au plus gros d'entre eux, l'homme. J'entends déjà les hauts cris poussés à cette perspective (NB: je plaisante!).

Pour en savoir plus:
- sur le projet 2010 http://nasc.nott.ac.uk/garnet/2010.html
- sur le projet et sur Mme Chory http://www.hhmi.org/news/chory.html
- sur Joanne Chory http://www.hhmi.org/news/chory.htmlhttp://www.hhmi.org/news/chory.html
- participant français: Michele Caboche, Unité de Recherche en Génomique Végétale INRA France http://www.inra.fr/


Commander une machine par la pensée
JPB 08/01/01

Le Monde du 8 janvier 2000 fait le point sur l'avancement du projet ABI (Adaptative brain Interface) financé par la commission européenne et réalisé par une équipe italienne d'Ispra http://interactif.lemonde.fr/article/0,3649,2854--133768-0,FF.html Il s'agit de commander les mouvements d'un fauteuil roulant motorisé pour handicapé, ou de faire fonctionner un traitement de texte, à partir d'ordres "pensés" par la personne handicapée et captés par une espèce de casque ressemblant à ceux utilisés pour les EEG. L'originalité de ce système est de personnaliser les commandes en fonction du type de pensée choisi par le sujet individuel concerné.  5 types de "pensées" particuliers ont été identifiés, pour commencer, en utilisant des algorithmes génétiques.
"We seek to build individual brain interfaces rather than universal ones valid for everybody and forever. Our approach is based on a mutual learning process whereby the individual user and the ABI are coupled and adapt to each other: a neural network learns user-specific EEG patterns describing the mental tasks while subjects learn to think in such a way that they are better understood by their personal interface. In other words, every single user chooses his/her most natural mental tasks to concentrate on (e.g., relaxation, visualisation, music composition, arithmetic, preparation of movements) and also the preferred strategies to undertake those tasks."
(source ABI http://sta.jrc.it/abi/)

Pour en savoir plus
- sur le projet ABI  http://sta.jrc.it/abi/
- sur le responsable du projet José del R. Millan page personnelle http://sta.jrc.it/sba/staff/jose.htm
- sur le Sensor Based Applications sector http://sta.jrc.it/sba/sba-home.htm lui-même partie de l'Institut européen ISIS (Institute for Systems, informatics and safety http://webfarm.jrc.cec.eu.int/isis/index.asp?prj=frames&sec=home&dic=1&mode=14&swebSite=/isis/&head=16&menuopen=1&start=yes Institute for Systems, Informatics and Safety, Joint Research Centre, European Commission, TP 270, I-21020 Ispra (Va), Italy


La chimie de l'ordre et du désordre
JPB 08/01/01

France Culture, Continent Sciences, du 11 janvier 2001, donne la parole à Christian Vidal, professeur, directeur du Laboratoire d'analyse chimique par reconnaissance moléculaire. " Il existe en chimie des réactions très étranges, on les appelle des réactions oscillantes ou périodiques. Ce qui fait la curiosité et la fascination des chimistes pour ces phénomènes, c'est qu'ils naissent de ce que l'on peut appeler le chaos (...)  On examine les dialectiques subtiles qu'entretiennent le hasard et la nécessité dans le domaine des réactions chmiques".

En quoi ce sujet nous intéresse-t-il? Il s'agit, dans les systèmes chimiques loin de l'équilibre, d'apparition de structurations dans le temps et l'espace qui se maintiennent tant qu'un flux permanent d'énergie (en fait espèces activantes et espèces inhibitrices) est assuré. Ceci se passe dans le monde chimique, c'est-à-dire avant l'apparition de la vie. Deux questions: 1. a-t-on là des précurseurs des systèmes vivants? 2. peut-on entretenir, dans des systèmes purement physiques de type automates, de telles réactions qui créeraient des régularités (ou des chaos) récupérables.

La discussion s'est étendue précisément aux questions du chaos déterministe, sensibilité aux conditions initiales, attracteurs étranges, problèmes de prédictibilité. Les réactions chimiques in vitro ont confirmé les modèles mathématiques du chaos déterministe. Il en est de même des rythmes naturels. L'électroencéphalogramme et le rythme cardiaque d'un individu normal doivent être chaotiques (dans certaines limites). La régularité est signe de maladie ou vieillissement. Il est mauvais que les neurones soient en phase. Turing, dans les derniers mois de sa vie, s'était intéressé à ces questions, en montrant qu'en cas de conflit entre un phénomène de diffusion et une réaction chimique, la diffusion crée des effets organisateurs dans l'espace. Des conclusions discutées en ont été tirées concernant la répartition des taches sur le pelage de certains animaux.

NB: il sera intéressant pour nous de relire les travaux d'Ilia Prigogine et de l'école dite de Bruxelles, pour savoir ce qu'il en reste exactement d'utilisable par les techniques de l'evolving computing adaptées à la vie artificielle.  

Pour en savoir plus:
L'espace chaotique / Pierre Bergé, Yves Pomeau, Christian Vidal ; préface de David Ruelle. Hermann, 1998. Collection & Collection Enseignement des sciences


GrooveNetworks ou le "Peer to peer computing"

Dans le souci que nous avons tous d'aider à créer entre nous (entre nos modestes intelligences) des réseaux d'intelligence collective, il convient de suivre les nouveaux produits et usages apparaissant sur le marché. Grâce à Jean Lasar (Le Monde du 5 janvier, p. 28) , nous apprenons ainsi l'existence d'un nouveau logiciel de "coopération horizontale" (NB: ne commencez pas à ricaner, cela n'a rien à voir...) , Groove.net, crée par Ray Ozzie, père de Lotus Notes. Lotus, logiciel de travail partagé centralisé et lourd, a fait les beaux jours d'un certain nombre de grandes organisations, mais semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. Groove.net, au contraire, est présenté comme "a combination of software and services that transforms the Internet into a personal medium for direct communication and interaction". Il suffit de télécharger gratuitement l'une des versions offertes (preview edition ou latest up-date edition) pour s'en convaincre.
Le site fournit de nombreuses explications sur les avantages et modes d'utilisation de ce produit.
Nous allons le  tester nous-mêmes, dans le cadre de ce site, et vous tenir au courant. http://www.groove.net/


Coup d'oeil sur le Volen Center for Complex Systems, Brandeis University

Photo (c) Volen Center for Complex Systems,  Brandeis University

Ce Centre http://www.bio.brandeis.edu/volen/, dépendant de  la Brandeis University, Waltham, Massachusetts 02454, USA http://www.brandeis.edu/ héberge les recherches de Hod Lipson et Jordan B. Pollack  relatives au projet Golem, dont nous vous avions entretenu précédemment dans : http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2000/1/labo/golem.htm et sur le site automatesintelligents à : http://www.automatesintelligents.com/labo/2000/aou/golem.html

Il est intéressant de jeter un coup d'oeil sur les différentes activités et projets du Centre. Son objet est d'étudier le cerveau et l'intelligence à travers l'IA, les sciences cognitives, la linguistique et un large éventail de neurosciences comportant la psychologie expérimentale, les neurosciences computationnelles, la neurobiologie cellulaire et moléculaire.
La page Projets coopératifs décrit 13 projets couvrant les différents champs énoncés ci-dessus, projets résumés avec le nom de leurs responsables http://www.bio.brandeis.edu/volen/research.html . On trouve également sur le site différentes informations pratiques, liens, etc.


Des robots pour déglacer les câbles électriques
JPB 09/01/01

Source Sciences et Avenir http://quotidien.sciencesetavenir.com/sci_20010109.OBS0941.html
Pour éviter de regrettables chutes de pylônes électriques sous le poids de la glace, des chercheurs canadiens de l'université du Manitoba à Winnipeg ont imaginé un robot capable de dégager les fils électriques de leur gangue gelée. Umbot 2.0 ressemble à un gros ver de terre, équipé de trois ou quatre paires de pattes et pesant huit kilos. Des capteurs lui permettent de calculer l’épaisseur de la glace et de la faire fondre, explique, James Peters, professeur d'ingénierie, responsable de l'équipe.

Ces robots seraient disposés en permanence sur les pylônes, prêts à intervenir en cas de pluies verglaçantes, à raison de quelque 50 robots pour trois lignes de chacune 100 km. Umbot est un prototype qui a été développé en collaboration avec la compagnie d’électricité Manitoba Hydro. http://www.hydro.mb.ca/.


Mort de Willard Van Orman Quine
JPB 08/01/01

Willard Van Orman QuineTous les épistémologues, logiciens et métaphysiciens, c'est-à-dire finalement aussi tous les automaticiens et roboticiens, auront été sensibles à l'annonce du décès, le jour de Noël 2000, à l'âge de 93 ans, de Willard Van Orman Quine, plus connu sous le nom de Quine. Il s'agit d'un universitaire et d'un auteur d'une prolixité incroyable, dont la pensée, difficile à résumer en quelques mots, a représenté une critique très pénétrante de la croyance d'une vérité antérieure aux discours scientifiques, surtout si l'on cherche à confronter tel énoncé pris isolément à telle expérience immédiate. Il s'est également refusé, notamment dans ses derniers livres, à la prétention d'une objectivité philosophique, différente en tous cas de l'objectivité scientifique.

Nous ferons prochainement, dans notre rubrique  Publiscopie, un effort pour présenter l'univers de Quine plus en détail, ainsi que ses liens avec les travaux de Frege et Carnap. En attendant le lecteur trouvera une source inépuisable d'informations sur Quine à l'adresse suivante: http://www.triskelion-ltd.com/drquine/wv-quine.html


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