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Revue n° 35
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Actualités


Bilan du sommet de la terre à Johannesburg
JPB 05/09/02

Les commentaires ne manquent pas concernant l'échec, ou le relatif échec de ce sommet. L'absence de résolutions gouvernementales quantifiées et datées laisse les pessimistes sur leur faim. Les optimistes se félicitent de voir les questions relatives au développement durable et à la lutte contre les inégalités avoir mobilisé tant de monde, y compris au niveau des gouvernements. Nous pouvons, pour notre part, nous féliciter, même si le propos reste verbal, d'avoir vu le Président Chirac, accompagné de Nicolas Hulot, prendre des positions fermes dans le bon sens. Il en restera toujours quelque chose. Cela n'avait jamais été fait jusqu'à présent, de la part d'un chef d'Etat français (ou européen).

Ceci étant, peut-on tenter une conclusion plus en profondeur. Je la verrais pour ma part comme ceci :

le rôle des ONG, associations, militants de toutes sortes contre la mondialisation libérale, les inégalités, la destruction de l'environnement et de la biodiversité, sera plus que jamais essentiel. Un champ illimité d'actions et d'innovations est ouvert aux gens voulant dépasser les égoïsmes divers dans lesquels on a vite fait de s'enfermer. Les interventions de ces organismes finissent à la longue par payer, sur le modèle du battement d'aile du papillon qui finit par provoquer un cyclone. Internet est indispensable pour donner de la cohérence à toutes ces actions.

de plus en plus d'entreprises privées, multinationales ou non, s'intéresseront aux nouveaux marchés nés de la mise en œuvre d'un certain nombre de politiques ou d'initiatives pour le développement durable. Elles y verront des sources de profit, elles investiront et les coûts diminueront. Ce n'est pas angélique de dire cela. Tant que le monde demeurera capitaliste (on ne l'imagine pas redevenir collectiviste), ce sera là un déclencheur important des investissements scientifiques et techniques indispensables pour que les technologies émergentes viennent au secours de la situation du monde.

de plus en plus de gouvernements s'intéresseront à ces questions, à titre individuel ou dans le cadre des organisations internationales, ONU, FAO, OMS, etc. Ces gouvernements devront d'une part créer les cadres réglementaires favorables aux investissements privés de recherche-développement et plus généralement aux actions de protection, mais aussi dégager des crédits publics pour financer les R/D non engagées par le secteur privé, car non rentables. L'essentiel de cet argent viendra évidemment des Etats du Nord, et ne pourra provenir que d'économies sur leurs dépenses publiques ou sur le mode de vie des citoyens. Là, les mouvements politiques internes à ces Etats auront un rôle essentiel à jouer, y compris à l'égard des citoyens électeurs. Si en France par exemple, on préfère continuer à investir massivement dans l'automobile et le transport routier, comme dans l'agriculture productiviste (à coup de dizaines de milliards d'euro - sans compter les dégâts collatéraux), les investissements scientifiques nécessaires au développement des technologies douces ou de substitution attendront indéfiniment. Voilà ce qui devrait être, pour l'actuelle majorité comme pour les Verts, PS, PC et alternatifs, une belle occasion de se montrer soucieux de l'avenir.

Ajoutons qu'au plan théorique, le concept de développement durable se révèle à l'usage bien trop vague pour servir de références aux combats divers qu'il faut mener. On ne peut pas non plus décliner les objectifs en domaines isolés les uns des autres, car tout se tient. La bonne formule mobilisatrice reste à trouver.


MASA
JPB/CJ 03/09/02

Signalé par Norbert Paquel de Canope
npaquel@canope.com

Rappelons si nécessaire, sans vouloir leur faire de publicité, mais simplement parce qu'il s'agit d'une entreprise française, contrairement aux apparences, l'existence de MASA, spécialisée dans les applications avancées des technologies évolutionnaires, telles que les populations d'agents pour les missiles, les jeux vidéos et la gestion. On aura plus de détail sur le site http://www.animaths.com/index.html


Robots pour handicapés
JPB/CJ 01/09/02
Les robots pour handicapés sont de plus en plus nombreux. Jacques Maudoux  jacques_maudoux@hotmail.com nous propose de signaler:

roboticarmUn bras robotisé développé par The Shadow Robot Company, située au nord de Londres, qui peut réaliser les 24 mouvements principaux d'une main humaine. Ce bras vient de recevoir un prix de £75,000 du National Endowment for Science, Technology and the Arts (Nesta), qui permettra d'améliorer encore les performances.
Contact
The Shadow Robot Company http://www.shadow.org.uk/index.shtml

Une main bionique, développée par l'équipe du Pr. Xavier Navarro, du Groupe de Recherche en Neuroplasticite et Régénération Nerveuse du Département de Biologie Cellulaire, de Physiologie et d'Immunologie de l'Université Autonome de Barcelone (UAB). Il s'agit d'un projet international co-financé par la Communauté Européenne, nommé Cyberhand. La main bougera avec précision, réagissant aux stimulations nerveuses de la personne qui la porte, et transmettra les sensations comme s'il s'agissait d'une main authentique. Son usage requiert l'implantation d'une puce électronique, en contact avec les fibres nerveuses qui connectent les cellules nerveuses avec la main de la personne. Celle-ci interprétera les intentions de l'usager au moyen des signaux bioélectroniques des neurones et transmettra avec précision les ordres du mouvement à la main. Actuellement, le projet est en phase de test sur des animaux. Cette nouvelle  technique permet que les axones des nerfs entrent en contact de manière naturelle avec les électrodes de la puce à mesure qu'ils se régénèrent quand le nerf a été sectionné. La puce est réalisée par le Centro Nacional de Microelectrónica (CSIC). Le projet, qui fait partie du programme "Technologies de la Société de l'Information" (TSI) de l'Union européenne, se terminera au bout de trois ans avec la présentation de la prothèse en fonctionnement.
Contacts :
Teresa Oses, Grupo de Aplicaciones Biomedicas, Centro Nacional de Microelectrónica (CSIC), tel. : + 34 93 594 77 00, tere.oses@cnm.es
Xavier Navarro, Departamento de Biología Celular, de Fisiología y de Inmunología Universidad Autónoma de Barcelona, tel. : 93 581 19 66, xavier.navarro@uab.es

Un oeil bionique. Une équipe du Centre National de Recherche en Microélectronique de Cork (NRMC) vient de lancer la première phase d'un projet sur 3 ans, qui devraient les amener à mettre au point des prothèses électroniques pour mal-voyants. Il s'agira d'une puce électronique, implantée sur la rétine, utilisant une série d'electrodes pour stimuler directement les cellules rétiniennes. Ce projet est entièrement financé par l'association caritative "Fighting Blindness" http://www.blindness.org/ 

Photo : NESTA
Une prothèse dentaire pour sourds
. Deux chercheurs du Media Lab Europe ont mis au point récemment un haut-parleur logé dans une dent. Leur dent numérique utiliserait les technologies de transmission sans fil telles que les normes 802.11 ou bluetooth pour recevoir des signaux d'appareils tels que des téléphones mobiles, des radios ou des ordinateurs. Ces signaux seraient transformés en ondes vibratoires voyageant de la mâchoire vers la boîte crânienne, et finalement transformés en sons audibles directement dans l'oreille interne de l'"utilisateur".
Source : http://www.medialabeurope.org/


Progrès de résolution pour les microscopes électroniques
résumé par JPB 01/09/02

Le service de presse d'IBM signale que les chercheurs de cette compagnie et de la spin-off Nion ont mis au point une technologie innovante permettant d'observer les interactions atomiques d'un matériau à une résolution jamais atteinte jusqu'à présent. Ceci permettra d'améliorer significativement les performances des "microscopes électroniques" explorant les propriétés des composants électroniques des calculateurs du futur. Améliorer les microscopes électroniques suppose la diminution des aberrrations, dont la plus gênante était dite l'"aberration sphérique". Pour cela, les chercheurs ont combiné plusieurs jeux de lentilles magnétiques sous contrôle d'un calculateur moderne, pour corriger l'aberration en temps réel. Après cette correction, le microscope peut produire un pinceau d'électrons qui n'est pas plus large que les 75/000 d'un nanomètre, soit moins que la dimension d'un atome d'hydrogène.  Les défauts des semi-conducteurs peuvent désormais être visualisés et éventuellement corrigés.  Plus généralement, mieux observer la façon dont les atomes s'assemblent permettra de mieux maîtriser la nano-ingénierie des composants. Cette démarche, selon IBM, illustre l'intérêt que manifeste cette compagnie dans le développement des nanotechnologies.

Pour en savoir plus
Nature 418 du 8 août 2002, pages 617 à 620 : "Sub-angstrom Resolution Using Aberration Corrected Electron Optics" par Philip E. Batson du IBM's T.J. Watson Research Center à Yorktown Heights, N.Y; Niklas Dellby et Ondrej L. Krivanek de Nion Co. à Kirkland, Washington. (abstract)


Signature d'une convention de collaboration entre le CEA et l'Université Paris VI dans le domaine de la robotique
CJ 27/08/02

Gilbert Béréziat, président de l'université Paris VI et Pascal Colombani, administrateur général du CEA - Photo : CEALe Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'université Pierre et Marie-Curie (Paris VI) ont signé le 17 juillet dernier une convention pour associer leurs compétences scientifiques et leurs moyens dans le domaine de la robotique. Par cette convention, les deux organismes rapprochent le Service de robotique et des systèmes interactifs du Laboratoire d’intégration des systèmes et des technologies du CEA (CEA/DRT/LIST) et le Laboratoire de robotique de Paris (LRP/Paris VI-CNRS), Unité de recherche de l'UPMC, qui s'implante sur le centre CEA de Fontenay-aux-Roses.
Les thématiques de recherche communes aux deux unités concernent les véhicules à haute mobilité, les interfaces homme-machine, les systèmes pour la chirurgie mini-invasive robotisée et les techniques de micro-nano manipulation.

Pour en savoir plus :
Communiqué de presse conjoint CEA-Université Paris VI : http://www.cea.fr/fr/actualites/articles.asp?id=328&orig=accueil2
Voir nos articles : Le Service de Robotique et Systèmes Interactifs du CEA-LIST (17/01/2001)
; Le Laboratoire de robotique de Paris (14/03/2001)


Dimensions des feuilles de papier 21/29,7 cm
25/08/02 Signalé par le Cawa d'Adminet

Pourquoi les feuilles de papier 21/29,7 ont-elles des dimensions si bizarres?
Réponse sur le site http://persocite.francite.com/feuilles-papier/. On remarquera que l'auteur ne fait pas appel à la longueur de Planck.


Développement durable et sciences
JPB
25/08/02

Un certain Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998 et professeur à Trinity Collège, se demande dans Le Monde du 23 août p.1 comment définir le concept de développement durable. Tout le monde en parle (du moins dans les cercles de la lutte contre la mondialisation libérale) mais y met des objectifs bien différents. La tenue du sommet mondial de Johannesburg consacré au développement durable exigerait un peu de clarification, ne fut-ce que pour évaluer les résultats de ce sommet, qui risque une nouvelle fois de n'accoucher que d'une souris. L'expérience de son prédécesseur le sommet de la Terre à Rio il y a 10 ans, nous incite à la prudence, sinon au pessimisme le plus noir.

Le rapport Brundtland de 1987 (http://www.doc.mmu.ac.uk/aric/eae/french/Sustainability/Older/Brundtland_Report.html) a donné du développement durable une définition sans doute acceptable mais qui ne mobilisera pas les foules : "répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins".

La Banque mondiale propose un guide sur le développement durable, destiné notamment aux jeunes, qui n'est pas sans intérêt http://www.worldbank.org/depweb/french/. Mais son Rapport sur le développement 2003 remis à Johannesburg (non encore publié sur le site de la Banque au 25/08/02), présenté par le président de celle-ci, James D. Wolfensohn sur le site http://web.worldbank.org/ n'est guère encourageant. On y prévoit 9 milliards d'humain vers 2050 (soit une croissance, non encore stabilisée, de 50%) et un PIB quadruplé (sans compter les activités de survie de populations non enregistrées en statistiques). Ceci veut dire que les tensions sur l'environnement auront, bien avant la moitié du siècle sans doute, dépassé le supportable. La BM se veut néanmoins optimiste, en recommandant aux gouvernements du monde la prise de mesures audacieuses destinées à limiter les dépenses et pollutions du Nord, assurer un meilleur transfert de ressources du Nord vers le Sud et plus généralement, élever la conscience commune relative aux besoins d'une gestion démocratique de la planète.

Tout cela semble très irréaliste. Les égoïsmes des pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ne s'inclineront pas de sitôt. Quant aux exigences de développement des pays pauvres, elles ne diminueront pas, même si l'effondrement des équilibres naturels fait de ces pays les premières victimes des catastrophes à venir. Par ailleurs, rien ne sera fait vraisemblablement pour contrôler la natalité - la bombe démographique - encore considérée comme une arme de puissance par des pays s'engageant de plus en plus dans des affrontements armés.

Dans ce panorama extrêmement inquiétant, il est certain que les programmes proposés par les ONG du monde, dont on trouve un reflet dans le portail judicieusement consacré à Jonannesburg par le collectif Jo'burg 2002, offrent des solutions ayant l'intérêt de mobiliser dans des initiatives de terrain des militants du Nord et du Sud, utilisant notamment les ressources des réseaux pour coopérer. On peut craindre cependant que ces solutions ( à encourager) restent marginales face aux grands déséquilibres qui sont en train de s'accélérer.

Nous pensons, pour notre part, que le développement durable ne deviendra une réalité que si les pays du Nord, en coopération avec ceux du Sud, mettaient en œuvre dès maintenant des programmes scientifiques et technologiques de grande ampleur, capable d'explorer et développer toutes les possibilités qu'offrent actuellement les sciences "propres". Il faudrait d'abord que les Etats, seuls capables de financer de telles recherches, se convainquent que là serait la solution. Il faudrait aussi que les opinions publiques cessent de voir dans ces sciences et techniques des dangers possibles. Ceux-ci sont infiniment moindres que ceux résultant du laisser-faire actuel. Mais pour éviter les dérives technicistes dévoyées par des intérêts à court terme, il faudrait aussi que le développement scientifique ne soit pas laissé sans contrôle à des firmes privées visant le profit immédiat, mais soit réintégré dans le domaine des politiques publiques démocratiquement décidées et contrôlées. Voilà qui devrait alimenter les discussions de ceux qui, notamment en Europe et à gauche, s'interrogent sur le rôle de l'Etat et sur la coopération entre celui-ci et les associations militantes. 25/08/02

Pour en savoir plus
ONU : le Sommet de Johannesburg (en français) http://www.un.org/french/events/wssd/
Johannesburg Summit 2002 (Le site officiel complet du sommet de l'ONU sur la terre) http://www.johannesburgsummit.org/
Collectif Jo'burg 2002 (Portail Internet d'ONG et associations françaises) http://www.collectifjoburg2002.org/
La science au service d'un développement durable, rapport réalisé à la demande de la ministre chargée de la Recherche par 16 organismes, sous la responsabilité de Jean-François Girard, président de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) http://www.recherche.gouv.fr/rapport/devdurable/default.htm.


La mémoire d'Internet
JPB 25/08/02

Emmanuel Hoog, Pdg de l'Institut National Audiovisuel, s'interroge dans Le Monde du 17 août 2002 p.1 sur l'intérêt et la possibilité de mémoriser tout ce qui est publié sur l'Internet, dont il nous rappelle qu'il est immatériel, volatil, instable technologiquement, immense, multi-média, hyper-textuel, toujours remis à jour, effaçable, non-référencé collectivement, manipulable, soumis aux intérêts privés, délocalisé, etc. Le défi est effectivement immense, pour les organismes tels les Bibliothèques en charge des dépôts légaux ou l'INA. Mais il n'est pas insoluble. Il faut seulement disposer des équipes et des moyens matériels adaptés pour l'archivage et le ré-archivage numérique, l'indexation et la restitution aux demandeurs éventuels. La priorité dans chaque pays s'attache aux productions de chaque communauté nationale ou linguistique, mais elle suppose aussi des conventions internationales et, pour ce qui nous concerne, européennes. On ne concevrait pas de ne plus pouvoir accéder à des œuvres valables qu'un pays mal équipé aurait laissé perdre.

Ajoutons ici que c'est aussi à chaque site éditorial d'assurer un minimum de pérennité à ce qu'il produit, si ses responsables estiment que les contenus en valent la peine. Différentes formules sont possibles pour cela, en liaison si besoin était avec les organismes publics. La question peut d'ailleurs se poser pour notre site Automates-intelligents.com, qui intéresse, selon les échos que nous en avons, beaucoup de lecteurs soucieux de conserver au moins pour le moment les références qu'il fournit.


Un mathématicien français lauréat de la médaille Fields
CJ 20/08/02

Laurent Lafforgue Laurent Lafforgue, mathématicien français de 35 ans, et Vladimir Voevodsky*, se sont vu attribuer le 20 août la médaille Fields 2002, la plus haute distinction en mathématiques, lors de l'ouverture du Congrès international des mathématiciens tenu à Pékin.
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure à Paris, directeur de recherche au CNRS, Laurent Lafforgue est professeur permanent à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES - Bures-sur-Yvette). La médaille Fields lui a été décernée pour ses travaux sur le "Programme de Langlands", série d'idées et de conjectures émise en 1967 par le mathématicien canadien Robert Langlands qui relie des parties importantes de la théorie des nombres, de l'algèbre et de l'analyse, et est devenue un véritable programme de recherche. Cette récompense vient ici couronner plus de 6 années de travail du jeune chercheur.
Considérée comme le "Nobel de mathématiques", la médaille Fields est remise tous les quatre ans à 2, 3 ou 4 mathématiciens de moins de 40 ans.
Son attribution à un mathématicien français témoigne de la vitalité de notre pays en cette matière : rappelons en effet qu'avant Laurent Lafforgue, les Français Laurent Schwartz (1950), Jean-Pierre Serre (1954), René Thom (1958), Alexander Grothendieck (1966), Alain Connes (1982), Pierre-Louis Lions et Jean-Christophe Yoccoz (1994) ont également reçu cette médaille.

*Mathématicien de 36 ans, né en Russie, professeur permanent à l'IAS (Institute for advanced studies) à Princeton (Pennsylvanie), distingué pour ses travaux en théorie des nombres et géométrie algébrique.

En savoir plus :
Dossier de presse : http://www.ihes.fr/EVENEMENT/lafforgue/fields.html


Blast
JPB/CJ 15/08/02

Blast (http://www.blast.fr/), revue française qui en est à son troisième numéro, se veut résolument "branchée". On le sent intuitivement, bien qu'il soit difficile de dire si le branchement tient chez elle à la présentation ou au fond des sujets abordés. Nous l'évoquons ici car elle traite différentes questions intéressant les technologies, les sciences et leurs usages.
La revue n'est accessible que par la vente au numéro. Le site web, censé supposons-nous attirer les lecteurs, les découragerait plutôt par des formes mobiles sophistiquées, une espèce de super-flash, dont on se lasse après 3 clics. Le site a probablement coûté très cher. A notre avis, c'est une erreur.
Quant à nous, tenons-nous en à une forme très classique avec Automates Intelligents, quand on sait que certains de nos lecteurs ont du mal à recevoir notre revue par mail compte tenu de la faiblesse des débits qui affecte notre royaume de France...


Pourquoi les singes ne parlent pas
JPB 15/08/02

Si les singes ne parlent pas, c'est parce qu'ils n'ont pas le "gène du langage", supposé être le FOXP2, ou plutôt la version humaine de ce gène, présente chez l'homme, dont l'absence priverait des capacités langagières. C'est ce que pensent Svante Pääbo, Wolfgang Enard et leurs collègues du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig. Le gène FOXP2 présent chez les grands singes diffère sur deux points importants du gène humain. De ce fait, il ne donne pas la mobilité de la bouche et du larynx à partir de laquelle s'est construite la parole humaine.

Des chercheurs comme Martin Nowak, spécialiste de l'évolution du langage à l'Institute for Advanced Study de Princeton, voient là l'amorce de la mise à jour des bases génétiques du langage humain. La mutation aurait pu apparaître il y a 200.000 ans, époque d'apparition des premiers hommes modernes. Le rôle exact du gène FOXP2 n'est pas encore clair. On suppose qu'il active d'autres gènes.

Peut-on rêver et imaginer pouvoir un jour greffer chez nos cousins simiens un dispositif génétique qui leur donnerait enfin la parole, sachant que leur cerveau est tout à fait capable de communications symboliques par signes ou lettres.

Pour en savoir plus
Article de Helen Pierson dans Nature .com/News, en date du 15 août 2002 : http://www.nature.com/nsu/020812/020812-6.html


Bruno Latour
JPB 14/08/02

LatourLes jeunes scientifiques français ne connaissent peut-être pas suffisamment, nous semble-t-il, le philosophe et sociologue Bruno Latour. Nous présenterons prochainement  ses principales thèses relatives à la science et la politique.
Bruno Latour dirige le Centre de Sociologie de l'Innovation,


Pour en savoir plus
Le site de Bruno Latour http://www.ensmp.fr/~latour/
Liste des écrits et publications de Bruno Latour http://www.csi-mines.org/B5/admin/index.php?count=11
Critique de Politique de la nature  par Nicolas Bouleau et Robin Foot http://www.enpc.fr/HomePages/bouleau/papiers/c37.htm


Interférence génétique
JPB/CJ 12/08/02

Expérience menée par Richard Jorgensen sur des pétuniasTous les médias ont présenté, les 11 et 12 août, comme une découverte scientifique majeure, l'annonce de la possibilité de mettre en sommeil ou désactiver des gènes bien identifiés. Le phénomène avait été identifié depuis déjà plus de 10 ans (1990) par le biologiste Richard Jorgensen (université d'Arizona), à propos de greffes de gènes intéressant le pétunia*, puis confirmé par d'autres travaux sur le Caenorhabditis elegans et la drosophile, puis sur des champignons et enfin sur des cellules mammifères, hommes compris. C'est un article dans The Independent du 10 août 2002 qui remet la nouvelle au goût du jour, permettant aujourd'hui une large diffusion auprès du grand public. A un moment où le décryptage de divers génomes, dont celui de l'homme, arrive à terme, il est important de savoir s'il sera possible d'inhiber (ou d'activer) certains des gènes de ceux-ci, notamment dans une perspective thérapeutique. Pour cela il faut identifier avec précision les mécanismes permettant à l'ADN de piloter la synthèse des protéines constitutives des diverses cellules de l'organisme, à partir de l'ARN. Or il semblerait qu'introduire des fragments d'acide nucléique, sous forme de fragments d'ARN, au sein de cellules données inhiberait ou modifierait la reproduction de celles-ci. Ce qui serait précieux s'il s'agira de cellules responsables de comportements pathogènes. Il s'agirait d'un mécanisme primitif toujours actif dans le vivant d'aujourd'hui. Nous reviendrons sur cette question ultérieurement.

* Voulant obtenir des pétunias encore plus violets, le chercheur a introduit dans leur génome une copie supplémentaire du facteur responsable de cette couleur, obtenant des pétunias... blancs. C'est ce qu'on appelle la "cosuppression" : au lieu de se conjuguer, les deux gènes de la couleur violette s'annihilent - en d'autres termes, l'ARN neutralise ici l'instruction, jugée aberrante du fait de sa duplication. On parle ainsi d'"interférence de l'ARN" ou encore de "Post-Transcriptional-gene-silencing" (PTGS).

Pour en savoir plus
Article de Nature n°391, 19 février 1998, pages 806 - 811 ; "Potent and specific genetic interference by double-stranded RNA in Caenorhabditis elegans" http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature/journal/v391/n6669/full/391806a0_fs.html ; voir aussi "A silence that speaks volumes ", Nature 404 du 20 avril 2000, pages 804 - 808 : http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature/journal/v404/n6780/full/404804a0_fs.html
Journal de l'INRA. Mention des travaux du chercheur français Tom Tuschl dans le domaine
http://www.inra.fr/bbt/2002/mars02/Journal.htm. Voir aussi Nature mai 2001 http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature/journal/v411/n6836/abs/411494a0_fs.html et mai 2002 http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature/journal/v411/n6836/abs/411494a0_fs.html
Site du Dr Gordon Carmichaël http://grad.uchc.edu/phdfaculty/carmichael.html


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