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Les automates intelligents
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Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

Revue n° 36
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Actualités


Séquencement du gène de l'anophèle
JPB 03/10/02

anopheleLes obscurantistes s'élèvent contre les recherches génétiques, coupables de tous les maux, notamment à l'égard du tiers-monde. Une annonce récente vient leur donner un éclatant démenti. Il s'agit du séquencement de deux génomes, celui du moustique  (anopheles gambiae) et celui du parasite (plasmodium falciparum) impliqués dans la malaria. laquelle tue 3 millions de personnes par an et en invalide des centaines de millions. La connaissance des génomes devrait permettre d'obtenir des moyens d'action plus efficaces contre ces deux ennemis publics. Cette avancée résulte d'un effort international associant quelques 150 chercheurs dans 10 pays. Si les espoirs se révèlent fondés, beaucoup de vie seront sauvées. Mais, comme on sait, quand il s'agit du tiers-monde, il ne suffit pas d'empêcher les gens de mourir de maladie, si ultérieurement ils meurent de faim. La bonne conscience du Nord ne doit pas s'apaiser lorsqu'une avancée médicale se produit. Les problèmes à résoudre restent entiers.

Pour en savoir plus
Science magazine. Dossier pdf très complet http://www.sciencemag.org/feature/data/mosquito/index.shtml


L'évolution de l'intelligence vue par John Skoyles et Dorion Sagan
JPB 02/10/02

up from dragonsLe Dr. John R. Skoyles est un scientifique à la carrière originale, qui s'efforce de remettre en cause les idées reçues, notamment dans les sciences de l'évolution et les neurosciences. Son dernier livre Up from Dragons, écrit avec Dorion Sagan (le fils du regretté Carl Sagan) refuse la primauté des gènes dans l'évolution et rassemble les différents facteurs ayant contribué à l'apparition de l'intelligence et des comportements culturels associés.

John Skoyles est aussi Visiting Fellow pour le Centre for Philosophy of Natural and Social Science de la London School of Economics,

 Pour en savoir plus
Le site du livre qui en présente de larges extraits  http://www.upfromdragons.com/


Enseignement scientifique à distance
Source Science and Consciousness Review (Mailing list)

On se demande parfois pourquoi de tels enseignements ne sont pas disponibles plus généreusement en français. En voici un exemple, dans le domaine (assez technique mais traditionnel) des systèmes de contrôle par rétroaction. http://www.shu.ac.uk/schools/eng/teaching/rw/controlframe.htm


La nature humaine vue par Steven Pinker
29/09/03

Blank slateOn connaît les travaux très intéressants de Steven Pinker sur le fonctionnement de l'esprit, le langage et les apprentissages. Ce scientifique vient de faire paraître un nouvel ouvrage, portant sur le concept de nature humaine, et les préjugés qui s'y attachent. Il s'agit de The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature, Viking (Penguin Putnam), New York, Septembre 2002. Il s'agit de jeter un regard rationnel sur 3 approches populaires de la conscience: The Blank Slate (la page blanche, l'esprit n'est pas déterminé génétiquement), The Noble Savage (Le bon sauvage: les gens naissent bons et sont corrompus par la société) et The Ghost in the Machine (nous sommes dotés d'une âme qui décide librement en dehors de toute contrainte biologique ou sociologique). L'auteur s'en prend ainsi à une conception quasi-religieuse de la nature humaine qui ouvre la voie à tous les procès d'inspiration fondamentaliste, qu'elle soit d'ailleurs de droite ou de gauche. Il prétend possible au contraire d'étudier scientifiquement ce qui, sous le nom de nature humaine, détermine de façon d'ailleurs complexe nos comportements.

Pour en savoir plus
Discussion Edge avec l'auteur http://www.edge.org/3rd_culture/pinker_blank/pinker_blank_index.html
Présentation du livre http://www.mit.edu/~pinker/slate.html
Pinker. Site non officiel http://www.math.tohoku.ac.jp/~kuroki/Pinker/


Google News
JPB 28/09/02

googleGoogle vient de lancer son journal en ligne entièrement automatique, Google News. La méthode est la suivante, selon les auteurs du site: "Google News presents information culled from approximately 4,000 news sources worldwide and automatically arranged to present the most relevant news first. Topics are updated continuously throughout the day, so you will see new stories each time you check the page. Google has developed an automated grouping process for Google News that pulls together related headlines and photos from thousands of sources worldwide -- enabling you to see how different news organizations are reporting the same story. You pick the item that interests you, then go directly to the site which published the account you wish to read. Google News is highly unusual in that it offers a news service compiled solely by computer algorithms without human intervention. Google employs no editors, managing editors, or executive editors. While the sources of the news vary in perspective and editorial approach, their selection for inclusion is done without regard to political viewpoint or ideology."

Dans ce numéro, nous interrogeons Michèle Sebag, spécialiste française du Data Mining, et nous convenons ensemble que la puissance des logiciels permettant l'accès aux bases de données ou de textes peut apporter un gain considérable à la démocratie. Google nous en donne un exemple immédiat. On demandera: où est la démocratie là-dedans? Les gros éditeurs (notamment américains) ne seront-ils pas favorisés par rapport aux petits? Qui nous prouve par ailleurs que les propositions du logiciel ne seront pas remaniées en douce pour éliminer les articles jugés politiquement incorrects? Que deviennent enfin les journalistes et commentateurs?

Toutes les manipulations sont possibles, certes. Cependant, on ne voit pas en quoi le système proposé élimine les libres-opinions et les débats. Prenons notre modeste cas. Au premier niveau, les rédacteurs d'Automates-Intelligents que nous sommes ne peuvent qu'apprécier pouvoir consulter en ligne un très grand nombre d'articles et de news scientifiques, dont seuls nous n'aurions même pas connaissance. Si par ailleurs, nous trouvons dans ces textes de quoi écrire un article original, qui nous empêchera de le faire? Enfin, si notre article est à son tour repéré par Google News, nous ne pourrons que nous en féliciter.

Le seul problème, aujourd'hui, est que seuls sont référencés les textes en anglais. Mais la communauté francophone pourrait peut-être s'organiser pour disposer d'un outil analogue. Sinon, que l'on ne se plaigne pas de la prédominance de l'anglais.

Pour en savoir plus
Google News http://news.google.com/
Pages sciences http://news.google.com/news/gntechnologyleftnav.html


Le Web-hydrogène, mythe ou révolution ?
JPB 26/09/02

Le salon de l'automobile à Paris qui ouvre le 28 septembre est l'occasion de manœuvres autour de l'automobile à hydrogène, et plus généralement autour de l'hydrogène comme compétiteur prometteur des carburants fossiles dans les prochaines décennies. On sait que les grands industriels mondiaux s'affrontent autour du thème de l'énergie propre et renouvelable, notamment dans les transports. On trouve les pétroliers et constructeurs classiques de la filière automobile, qui proposent seulement d'optimiser le rendement des moteurs à explosion. On trouve à l'opposé ceux qui développent des solutions dites du tout hydrogène, ce dernier étant obtenu à partir soit des combustibles fossiles par " reformage " soit, ce qui est plus intéressant pour l'environnement, à partir du nucléaire et des énergies renouvelables. Il y a enfin, entre les deux, les tenants de la voiture hybride, électrique et thermique, dont de nombreux exemplaires fonctionnent déjà. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les défenseurs de l'hydrogène ne se recrutent pas seulement chez les électriciens ou industries du gaz (par exemple Air Liquide en France) mais aussi chez des pétroliers qui veulent prévoir l'avenir. Les uns et les autres se battent à grands coups d'études, rapports et annonces publicitaires.

Comme toujours, le citoyen que nous sommes est confronté à des arguments d'experts entre lesquels il est difficile de trancher. Ainsi nous trouvons dans la Revue La Recherche d'Octobre ce qui semble être un dossier objectif sur la voiture à hydrogène et plus généralement l'hydrogène comme substitut du pétrole. On remarquera néanmoins, sans mettre en cause l'impartialité des auteurs, que ceux-ci se montrent, pour diverses raisons, assez pessimistes quant aux chances dans un avenir proche du moteur à hydrogène. Ils préfèrent la voiture hybride, qui restera malheureusement, pour des raisons de facilité, grosse consommatrice de pétrole. Ils recommandent aussi, ce dont nous ne pouvons que les féliciter, de ne pas oublier à l'occasion de ces débats l'autre ambition du siècle, indispensable eu plan socio-politique, qui consistera à réduire les déplacements en général et à substituer les transports en commun ou les transports lourds à la voiture et au camion individuels.

A l'inverse, un des sites actifs dans le lobbying en faveur de l'hydrogène est la Foundation on Economic Trends, organisation non directement commerciale créée en 1977, qui réfléchit sur l'évolution à long terme des sociétés au regard des problèmes économiques, sociaux et géo-politiques. Elle est présidée par Jeremy Rifkin, économiste et politologue, connu par de nombreux livres à succès, tels The End of Work, en 1995, concernant l'impact des TIC sur les conditions de travail, The Biotech Century en 1998 analysant les perspectives des bio-technologies, The Age of Access en 2000 qui étudie les transformations de capitalisme vers les productions immatériels et le commerce électronique et, finalement, The Hydrogen Economy: Creating the Worldwide Energy Web and Redistributing Power on Earth (Tarcher/Putnam: Septembre 2002) qui pronostique le remplacement des énergies fossiles par des énergies basées sur l'hydrogène. Le Monde du 24 septembre 2002, p. 1, a publié un article de Jeremy Rifkin s'appuie sur la présentation au Mondial de l'automobile de Paris, par General Motors, de la voiture hybride à hydrogène dite Hy-Wire. Sans doute s'agit-il de la part du constructeur américain d'un coup médiatique habile, mais pour Jeremy Rifkin, la révolution est infiniment plus profonde.

Un point de vue politique

Faut-il rester dans le débat d'experts, ou convoquer à la table, comme le recommande Latour, d'autres acteurs ou agents d'aide à la décision ? La Fondation, et Jeremy Rifkin qui est son principal porte-parole, ont l'avantage à nos yeux de proposer une vision politique de la question, qui ne doit pas être évacuée par des arguments techniques concernant la rentabilité. Ceci particulièrement aujourd'hui. Si pour maintenir de hauts niveaux de consommations de pétrole aux Etats-Unis, sans rien changer aux technologies du transport, le gouvernement américain, soutenu par les lobbys industriels conservateurs, s'engageait - comme tout semble l'indiquer aujourd'hui - dans une guerre contre l'Irak qui coûterait au bas mot 200 mds de dollars, sans compter les catastrophes collatérales et ultérieures, mieux vaudrait dès maintenant basculer vers la filière Hydrogène, ce que Rifkin appelle le HEW, Hydrogen Energy Web. Pour lui en effet, non seulement cette source d'énergie se substituera au pétrole en voie de raréfaction, mais elle pourra à mise à disposition de petits pays et d'utilisateurs très dispersés.

Un autre aspect intéressant dans cette prévision est que le déclenchement de la " révolution technologique " pourrait venir des gouvernements européens, travaillant éventuellement en co-développement avec les Etats du Sud. La suprématie énergétique actuelle des Etats-Unis, génératrice de gaspillage et de pauvreté dans le monde, serait ainsi battue en brèche. On aurait donc là l'exemple d'une solution high-tech allant dans le sens à la fois du développement durable et de la lutte contre l'aggravation de la misère.

On sait que d'autres solutions en réseau, sur le modèle du web, seraient aussi envisageables dans ce double but : les TIC d'abord, mais aussi les bio-technologies dans les domaines de l'agriculture et de la santé notamment, et les nanotechnologies. Dans ces divers cas d'ailleurs le Web-Hydrogène serait le moteur de la décentralisation des recherches et des applications.

Voici pour nous beaucoup d'arguments pour ne pas nous laisser impressionner par les calculs économiques et techniques. Les gouvernements européens n'ont donc pas tort, selon nous, d'étudier sérieusement la filière hydrogène et de subventionner de premières applications, même si la rentabilité comptable n'apparaissait pas tout de suite. Il s'agit, pensons-nous, d'un choix de société, analogue au choix du nucléaire fait par la France dans les années soixante, dont après tout nous n'avons pas trop à nous plaindre. .

Mais pour éviter que les lobbys industriels de l'hydrogène ne se bornent à recueillir des subventions sans rien produire d'utile, ce serait aussi aux citoyens, via notamment les mouvements politiques et les syndicats, de se saisir de la question et de la discuter avec l'opinion, plutôt que se disputer sur l'âge de la retraite.

Pour en savoir plus
Hy-Wire, la  "voiture du futur" http://abcnews.go.com/sections/WNN/DailyNews/techtv_car020919.html. Voir aussi http://popularmechanics.com/automotive/auto_technology/2002/8/hy_wire_hybrid/ et http://www.hfcletter.com/letter/September02/
Le dossier de La Recherche http://www.larecherche.fr/ Le dossier n'était pas encore en ligne au 26/09/02
Foundation on Economic Trends http://www.foet.org/


Les pirates du génome
JPB 24/09/02

Sous ce titre, Le Monde du 18 septembre 2002, p. 14, a publié un article de Yves Eudes décrivant une activité qui se répand aux Etats-Unis, celle de "bio-informaticien rebelle". Il s'agit de chercheurs en informatique génique qui s'essayent eux-mêmes, en dehors de leurs laboratoires, à modifier l'ADN d'insectes ou de plantes. Des produits chimiques simples et un peu de savoir-faire manipulatoire permettraient de réaliser du génie génétique à petite échelle, après avoir décrypté le code génétique des espèces visées. Il semblerait que des modifications ponctuelles de comportement ou de caractères biologiques puissent être obtenues, par exemple des abeilles qui ne piqueraient plus. Les généticiens considèrent généralement que le lien direct entre un gène et un trait phénotypique n'est pas facile à établir, plusieurs gènes concourrant aux comportemnts complexes. Mais apparemment les expériences citées marcheraient.

La démarche est plus ou moins illégale, même aux Etats-Unis, tout au moins si les individus ainsi obtenus sont relâchés dans la nature. Mais les jeunes pirates voient au contraire dans leurs activités un côté politiquement salutaire: lutter contre les interdits posés par les firmes bio-techs visant à se donner des monopoles et à les préserver. Ils ont mis en plece une démarche sur le mode de l'Open Source de Linux, en diffusant les génomes et les résultats qu'ils obtiennent, librement sur Internet. Ils ont constitué à cette fin un groupement d'intérêt  ouvert à tous, intitulé Central Valley Bioinformatics Interest Group (CVBIG) qui dispose d'une liste de diffusion. Ce groupe est relayé par une organisation plus structurée, Bioinformatics.org

Faut-il s'inquiéter de tels pratiques, qui annoncent sans doute un raz de marée pour l'avenir, y compris dans la direction du génome humain. Les pessimistes voudront les interdire ou les réglementer, sans guère de chances de succès d'ailleurs.  Certains y verront peut-être même l'amorce d'activités  terroristes. Mais dans un monde ou l'évolution biologique en compétition darwinienne est la règle, et où la bio-diversité est actuellement menacée par la bétise humaine, ne devrait-on pas au contraire voir là un comportement "mutant", c'est le cas de le dire, qui pourrait avoir un grand intérêt? En tous cas, l'association Linux soutient.

Pour en savoir plus
CVBIG http://www.cvbig.org/
Bioinformatics.org http://bioinformatics.org/about/
L'article du Monde http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3230--290654-,00.html


Le Pyramid Rover
JPB 24/09/02

pyramide roverDes scientifiques du National Géographic et de la firme de Rodney Brooks iRobot ont mis au point un petit robot destiné à explorer les galeries des pyramides égyptiennes. La mission conduite sous la responsabilité de Zahi Hawass, directeur de l' Egypt's Supreme Council of Antiquities a été un succès. Ceci ne peut qu'encourager l'utilisation des robots dans l'accès aux milieux hostiles ou impénétrables aux moyens classiques.

Pour en savoir plus
Animation sur le NG channel http://www.nationalgeographic.co.uk/
Article de Newszine http://iml.jou.ufl.edu/Newszine/tech/3.htm
Article de CNN http://www.cnn.com/2002/TECH/science/09/16/egypt.pyramid.robot.ap/index.html


Tamàs Vicsek et la modélisation des mouvements de foule
JPB 24/09/02

Le chercheur hongrois Tamàs Vicsek, du Department of Biological Physics de l'Eötvös University, Budapest,  s'est spécialisé dans la modélisation des mouvements de foule, notamment quand ceux-ci se déclenchent par vagues sur l'impulsion d'un petit nombre d'individus "excités" entrant en rythme simultanément: olas, applaudissements, paniques. De tels travaux ont un intérêt pratique évident. Mais au plan théorique, ils sont susceptibles également de nombreuses retombées, dans le domaine des modèles chaotiques, de la communication inter-individuelles ou en ce qui concerne les composantes génétiques et mémétiques des comportements des super-organismes.

Il a récemment publié un livre collectif : Fluctuations and Scaling in Biology, Oxford University presse, 2001

Pour en savoir plus
Tamàs Vicsek. Page personnelle et textes http://angel.elte.hu/~vicsek/
Article du 12 septembre 2002 Viva la Ola! http://fr.news.yahoo.com/020912/23/2r21w.html


Les insectes contre les infections
JPB. 24/09/02

Dans Le Monde du 6 septembre, p. 23, une certaine Sylvie Lasserre a indiqué que de nombreux insectes, notamment papillons de Guyane ou de France, espèces rares, sinon en danger (notamment du fait des collectionneurs), pourraient fournir des peptides permettant de lutter contre des germes bactériens ou fongiques résistants aux antibiotiques actuels. A cette fin, il faut "récolter" et "broyer" de grandes quantités de ces insectes. L'article, qui ne fait que traduire l'esprit prédateur des gens qui ne s'intéressent aux espèces non encore "exploitées" que pour des intérêts à courte vue, ne fait aucune allusion aux problèmes de conservation, ni plus généralement à cette forme de pillage qui se développe actuellement, sans contre-partie pour les autochtones, dans un certain nombre de milieux naturels. Il s'agit d'un véritable scandale pour l'esprit, que personne sans doute n'aura relevé.


La théorie du Chaos
JPB
21/09/02

ChaosEnormément de choses ont été publiées sur la théorie du Chaos et sur ses applications. On sait que les mathématiciens français y ont joué un rôle important. Mais l'ouvrage sans doute le plus complet et le plus vivant, tout en étant le plus facile, reste un ancêtre, la Théorie du Chaos, Vers une nouvelle science de James Gleick, traduit et adapté en français par Christian Jeanmougin, lère édition 1987, chez Flammarion. Il s'agit d'une présentation historique, nous promenant à travers le monde chez tous les chercheurs  (y compris en France) qui, sans y croire d'abord, ont progressivement découvert comment des lois simples peuvent générer des systèmes complexes de façon imprédictible. Les premiers travaux furent faits sans ordinateurs, en développant à la calculette des fonctions mathématiques simples non linéaires. Ils se heurtèrent longtemps à l'incompréhension et à l'hostilité des mathématiciens et des scientifiques bien établis dans leurs disciplines, puisque les fractales et le chaos étaient susceptibles d'applications "horizontales" bouleversant plus ou moins complétement les représentations du monde que s'étaient données ces disciplines. Le livre n'est pas une simple compilation journalistique. Il a demandé à son auteur un travail considérable de réflexion personnelle et, quasiment, de recherche. Nous le rangerions volontiers dans le type d'ouvrage que les sociétés modernes devraient exiger des scientifiques de haut niveau pour mieux comprendre les enjeux de la connaissance.

James Gleick, à l'époque de la rédaction de Chaos, ne connaissait pas les travaux de Stephen Wolfram, lequel commençait touit juste à retrouver des lois James Gleicksemblables dans le monde des automates cellulaires. C'est une raison de plus pour être frappé par les ressemblances ou convergences fortes entre la théorie du Chaos et la nouvelle sorte de science proposée par Wolfram. Des règles simples génèrent, à certains moments et de façon inattendue, des complexités intrinsèques qui semblent se prolonger à l'infini vers le très petit ou le très grand.  Mais de nouvelles questions se posent. Les modèles de chaos, dans la description qu'en donne Gleick, sont générés pour l'essentiel à partir d'équations mathématiques greffées sur des observations en nombre toujours forcément réduit.. Ceci restreint considérablement leurs champs, puisque les possibilités de modélisation des mathématiques sont limitées. Les modèles de Wolfram, qui excluent en principe les règles mathématiques au profit de règles informatiques pouvant être générées sans limites a priori, ouvrent des champs beaucoup plus vastes. Dans la mesure  par ailleurs où les automates cellulaires mettent en oeuvre des particules discrètes aussi petites que l'on veut, et peuvent faire tourner des ressources informatiques aussi riches que l'on veut, le chaos généré par cette nouvelle forme de science, comme le dit Wolfram, pourrait en principe se rapprocher de ce qui se passe vraiment dans l'univers, au niveau des entités discrètes les plus élémentaires. Reste il est vrai à les rapprocher des systèmes réels qu'il s'agit de modéliser.

De la lecture de Chaos, comme de celle de A New Kind of Science, on ne peut que conclure à l'insuffisance de la connaissance des phénomènes de rythme et de chaos, dans quelque discipline que ce soit - toutes étant concernées, il faut le répéter. Peu de progrès en fait ont été réalisés depuis 1987. On dispose de quelques données statistiques qui permettent vaille que vaille de faire face à l'évolution des systèmes. Et puis, un jour ou l'autre, émerge de l'attracteur une pointe inattendue, générant une complexité inattendue, et on obtient l'explosion de l'usine AZF, la fibrillation ventriculaire mortelle ou l'idée de génie dans la tête du penseur. Il est étonnant de voir que l'immense domaine de recherche ainsi ouvert est encore loin d'être exploré systématiquement. Au delà de cela, on ne peut pas ne pas penser que des mécanismes précis encore inconnus, peut-être inconnaissables, génèrent ces émergences, qui trouveraient leurs origines aux bases mêmes de l'organisation de l'univers, à ces échelles de Planck que la gravité quantique s'efforce actuellement de maîtriser. Il y aurait donc alors une grande similitude entre les modèles et la "réalité", dépassant la simple analogie. Mais là encore, il serait urgent d'y financer des recherches.

Compte tenu de tout ce qui s'est produit dans les sciences de la computation et des systèmes complexes depuis la première édition de Chaos, on ne peut en tous cas que regretter l'absence d'une réédition contemporaine de ce livre, faisant le lien entre les premiers travaux de la théorie, et tout ce qui est apparu ensuite, auquel nous venons de faire allusion. En fait, un grand ouvrage de synthèse s'imposerait vraiment pour mieux comprendre ces aspects passionnants de la science des systèmes évolutionnaires. Des lecteurs de notre revue seraient-ils intéressés?  

Pour en savoir plus
Vivien Mallet: Contrôle de systèmes chaotiques http://membres.lycos.fr/vmallet/chaos/index.html
Philippe Gascuel: Structures dissipatives auto-adaptatives, et capacités révolutionnaires http://perso.wanadoo.fr/philippe.gascuel/livre.htm; Un projet pour appliquer la théorie du chaos à la pratique militante.
Jean-Claude Heudin  L'évolution au bord du chaos, Hermes sciences publications 1998
Trinh Xuan Thuan. Le chaos et l'harmonie - La fabrication du réel , Fayard 1999
Dubois, Pommeau, Bergé. Des rythmes au chaos, Odile Jacob 1997
Amy Dahan-Dalmédico et Collectif. Chaos et déterminisme, Le Seuil. 1992
Ivar Ekeland  Au hasard, la chance et le monde, Seuil 1991
Ivar Ekeland  Le Chaos, : collection Dominos, Ed. Flammarion 1998
F.Lurçat  Le Chaos, Que sais-je; Ed. PUF 1999
D.Ruelle  Hasard et Chaos, Collection, Opus, Odile Jacob, (244 p) , 1998
Ian Stewart  Dieu joue-t-il aux dés ? : les nouvelles mathématiques du chaos, Collection Champs, Flammarion, 1998.
Le chaos vulgarisé, http://www.sciencepourtous.qc.ca/dossier/Chaos_intro.html

Sur Stephen Wolfram, voir notre dossier http://www.automatesintelligents.com/labo/2002/juin/doswolfram.html


Réseau neuronaux utilisant les nanotechnologies
JPB 21/09/02

La société KnowmTech est en train de déposer un brevet concernant un réseau neuronal constitué de nanocomposants, capable selon elle, d'offrir des possibilités en connexions synaptiques égales ou supérieures à celles du cerveau humain. Le coût n'en serait pas supérieur à celui de la fabrication des composants électroniques actuels. Si ceci se révélait exact, les projets de cerveau artificiel auto-configurables, tel celui envisagé par Hugo de Garis, et mis en sommeil faute de hardware adéquats, pourraient sans doute être relancés avec de meilleurs chances de réussite.On trouve l'information technique adéquate sur le site de la société (lecture recommandée).

Pour en savoir plus
KnowmTech: http://www.knowmtech.com/pages/954652/index.htm


Pace-maker bio-électronique
JPB 21/09/02

On sait que les troubles du rythme cardiaque produisant des arythmies ventriculaires potentiellement mortelles sont prévenus par l'implantation de pace-makers ou stimulateurs. De moins en moins envahissants, ceux-ci nécessitent cependant l'insertion d'appareils de quelques dizaines de grammes, à recharger régulièrement en énergie. Le cardiologue Eduardo Marban, de la Johns Hopkins University de Baltimore (USA) , vient d'annoncer qu'en modifiant le niveau de potassium dans un coeur de cochon d'Inde, il était possible de développer un pace-maker biologique ou hybride, qui n'aurait pas les inconvénients des solutions actuelles, notamment chez les patients trop faibles ou trop jeunes pour supporter celles-ci. Un virus a été utilisé pour importer un gène qui modifie la balance de potassium  et qui a pu revivifier les cellules cardiaques jouant le rôle de pace-maker naturel. Mais l'application à l'homme n'est pas annoncée pour le moment.   .

Pour en savoir plus
Article de Reuter http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story2&cid=570&ncid=753&e=7&u=/nm/20020911/sc_nm/health_pacemaker_dc
Eduardo Marban http://www.hopkinsmedicine.org/graduateprograms/cmm/marban.html
Thérapie génique/transfert génique. Diapositives de E.Marban http://www.msri.org/publications/ln/hosted/nas/2001/marban/1/banner/01.html 


Nanocomposants et développement durable
JPB 21/09/02

Michael Roco, senior-consultant pour la National Science Foundation des Etats-Unis, estime que d'ici 3 ans, et non plus 10 ans comme initialement prévu, les nanocomposants pourront révolutionner la lutte en faveur du développement durable. Il a cité de nombreux exemples où des outils moléculaires permettront de détecter puis supprimer les impuretés dans l'air, l'eau et les sols. Plus généralement ces composants permettront avec une pollution très atténuée d'obtenir de nombreux produits pharmaceutiques, chimiques et alimentaires, susceptibles de satisfaire à plus de la moitié de la demande mondiale des prochaines décennies. On rappelle que la NSA a lancé la National Nanotechnology Initiative visant à développer les recherches dans les nanosciences et leurs applications. Derrière cette initiative se trouvent de nombreuses firmes espérant bénéficier d'importants chiffres d'affaire dans le domaine du développement durable. Pour beaucoup d'observateurs, pas seulement américains, ce seront ces perspectives qui assureront la lutte contre l'effet de serre et la pauvreté, mieux que des résolutions telles que le protocole de Kyoto.

On peut penser qu'elles sont également nécessaires, les unes appuyant les autres. Tant que le capitalisme libéral n'aura pas été remplacé par d'autres formules économiques, il serait dangereux de ne pas compter sur l'intérêt des firmes technologiques pour les marchés du développement durable. Les collectivités étatiques et locales auront aussi avantage à favoriser de telles implantations. C'est ce que laissait entendre le maire de Toulouse, Philippe Douzte-Blazy, proposant à l'occasion de l'anniversaire de l'accident de l'usine AZF, de remplacer celle-ci, dans l'avenir, par des industries du vivant. Restera cependant le principal. A supposer que ces technologies voient le jour et se révèlent efficaces, qui financera leur déploiement à grande échelle dans le tiers-monde ?

Une autre idée, aussi importante, a été présentée récemment par un certain James R. von Ehr II, President -directeur général de Zyvex Corp. devant le Forum Economique de la Maison Blanche. C'est celle de l'auto-suffisance en énergie. Il s'agirait de lancer un grand programme national pour résoudre définitivement les besoins en énergie par l'appel aux nanotechnologies. La dépense demanderait quelques milliards de dollars par an mais en économiserait beaucoup plus (sans parler des 60 milliards qui sont dépensés tous les ans pour conserver l'accès aux réserves de pétrole du Moyen-Orient). Les nanocomposants permettraient de nombreuses applications prometteuses: économies d'énergie grâce à des matériaux et techniques de chauffage et climatisation moins consommateurs, production d'énergies à partir de sources renouvelables ou moins polluantes, tel le méthane sous-marin, stokage amélioré d'énergie et de comburants tels l'hydrogène, etc.

Ces perspectives (et bien d 'autres) rendent particulièrement inopportunes les appels à un Moratoire des recherches dans le domaine des nanotechnologies, auxquels certains esprits attardés s'accrochent encore.

Ajoutons que le Sénat américain envisage actuellement la possibilité d'une Loi visant à faire de l'U.S. National Nanotechnology Initiative (NNI) un programme gouvernemental en bonne et due forme. A quand la même chose en Europe?

Pour en savoir plus
Article de Wired http://wired.com/news/technology/0,1282,55024,00.html
Réduction des émissions de CO2 par des nanotubes de carbone UPI: http://kevxml2a.infospace.com/info/kevxml?kcfg=upi-article...
Programme d'auto-suffisance en énergie http://www.kurzweilai.net/news/frame.html?main=/news/news_single.html?id%3D1241


S1mOne
JPB 20/09/02

Le film S1mOne ou Simone de Andrew Niccol met en scène une héroïne virtuelle, à qui Rachel Roberts, 22 ans, prête ses traits. On constate une fois de plus que les scéaristes, lorsqu'ils veulent faire intervenir des robots intelligents, ne peuvent s'affranchir du modèle humanoïde le plus fidèle - ce qui entraîne des aventures faciles du type quiproco. Personne n'essaye d'imaginer des entités intelligentes vraiment différentes. Sans doute est-ce dû au fait que l'être humain est pratiquement incapable d'envisager des solutions vraiment autres. Ce serait pourtant intéressant d'ouvrir un concours en ce sens. Les scientifiques en tireraient peut-être de bonnes idées.

Pour en savoir plus
Simone http://www.s1m0ne.com/ Voir aussi Real Simone http://www.realsimone.com/


Les Pompiers de New-York le 11 septembre 2001
JPB 13/09/02

Le reportage des frères Naudet ayant suivi l'activité d'une caserne de pompiers de New York lors des attentats du 11 septembre 2001 est passionnant à plus d'un titre (France 3, 11/09/02, 20h55). On peut y voit quelque chose qui a été rarement souligné, sans doute par respect pour le courage et le sacrifice de ces hommes. C'est l'incapacité d'un système administratif et technique adapté à un certain niveau de complexité de s'adapter à un niveau d'une complexité bien plus grande. Ces pompiers, ils le disent eux-mêmes, sont d'excellents professionnels quand il s'agit de faire face à un incendie même de grande importance. Ils ont été dépassés par l'attentat qui s'en est pris à un système d'une complexité infiniment plus grande, celui des Tours  en proie à l'impact d'un Boeing. Ces tours étaient déjà un défi au bon sens, compte-tenu de leurs fragilités intrinsèques auxquelles personne semble-t-il n'avait pensé. Mais les procédures de secours n'ayant apparemment rien prévu pour réagir à ce type d'agression, la machine bien huilée des Pompiers a tourné à vide. Il était sidérant de voir les chefs (Pfieffer et autres) se comporter en conjuguant le maximum d'agitation et le minimum d'efficacité au rez de chaussée, sans informations sur ce qui se passait et sans donner d'ordres pertinents. La seule réaction véritablement adaptée , si l'on peut dire, a été celle du chapelain des pompiers, qui est mort sur place d'un infarctus.

On mesure ce qui se passerait en cas d'autres catastrophes de cette ampleur ou plus grande, frappant nos complexités technologiques et organisationnelles. S'imaginer que "les Autorités" auront tout prévu et feront face serait une illusion totale. Il faudrait certainement dorénavant étudier des procédures de sauvegarde plus décentralisées et plus anticipatrices, mais aussi revoir et fractionner la complexité des systèmes. Vaste programme. 12/09/02

Pour en savoir plus
Sur ces sujets, on pourra consulter le Multidisciplinary Center for Earthquake Engeneering Research et son importante base de références: http://mceer.buffalo.edu/  et plus particulièrement http://mceer.buffalo.edu/publications/sp_pubs/WTCReports/default.asp


STIC, éthique et recherche

L'association des sciences et technologies de l'information (ASTI) a créé un Groupe de travail " Stic, recherche et éthique ". Il sera animé par Annie Marcheix.

" Ce groupe de travail aura  pour cadre une approche éthique de l'activité de recherche et de développement dans le domaine des Sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC). Une part importante de cette activité a un impact sociétal de plus en plus prégnant, ceci mérite donc une approche particulière en complément de l'approche éthique qui existe sur la recherche en général, et des principes déontologiques et juridiques existants.

Pour circonscrire notre champ d'investigation, nous ne retenons que les activités de recherche et de développement tant publiques que privées et les acteurs afférents qu'ils soient ceux qui réalisent ces activités comme ceux qui les font réaliser, de façon à prendre en compte la dimension opérationnelle et politique.

Notre réflexion se veut donc complémentaire de celle conduite par des regroupements d'utilisateurs fondés sur les métiers qui utilisent les résultats de recherche du domaine des STIC, ou des regroupements de bénéficiaires que peuvent être les usagers des produits vendus ou des services offerts."

A suivre donc! Notons que le groupe a déjà adressé un questionnaire à ses membres. Donc l'information que nous vous transmettons n'est pas de la dernière fraicheur. Mais peu importe. Le sujet est loin d'être épuisé.

Pour en savoir plus
Contact marcheix@club-internet.fr
http://www.asti.asso.fr/pages/groutrav/gtethik.htm


Le Grid Computing
JPB 07/09/02

Un article de Mitchell Waldrop, dans la MIT Technology Review de Mai 2002, décrit le projet de Grid Computing soutenu par la National Science Foundation. Il s'agit du Tera-Grid, sorte de superordinateur à l’échelle du pays, constitué dans un premier temps par des ensembles de micro-ordinateurs sophistiqués aménagés sur quatre sites en pointe dans la recherche informatique: le National Center for Supercomputing Applications, University of Illinois de Urbana-Champaign; l'Argonne National Laboratory du ministère de l'énergie à Chicago; le Caltech de Pasadena, CA et le Supercomputer Center at the University of California, San Diego. Ces quatre ensembles seront reliés entre eux de façon à fonctionner comme une seule entité. Ils pourront s'attaquer à des problèmes demandant des puissances de calcul considérable:

"This virtual computer will rip through problems at up to 13.6 trillion floating-point operations per second, or teraflops—eight times faster than the most powerful academic supercomputer available today. Such speed will enable scientists to tackle some of the most computationally intensive tasks on the research docket—from problems in protein folding that will form the basis for new drug designs to climate modeling to deducing the content and behavior of the cosmos from astronomical data."

@RTFlash n° 207 http://www.tregouet.org/lettre/index.html rappelle que "depuis un ou deux ans, des dizaines de projets similaires ont été annoncés en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, et ce n’est pas terminé. Les concepteurs de la grille définissent actuellement une nouvelle norme, le Globus Toolkit, qui permettra aux projets encore balbutiants d’appartenir à un réseau mondial à la puissance de calcul inépuisable" "Afin de parvenir à l' universalité pour la grille, la communauté américaine des utilisateurs de cette technologie s’est associée à celles d’Europe et d’Asie pour fonder le Global Grid Forum, une organisation calquée sur le modèle de l’Internet Engineering Task Force (IETF), le comité chargé de la standardisation sur le Net. Ce forum a pour mission de garantir une parfaite interaction de Globus et des autres protocoles de grille comme Legion".

IBM ayant pris au sérieux ces perspectives, certains s'inquiètent du risque de le voir prendre une maîtrise difficilement rattrapable dans le domaine du super-calcul. D'où l'intérêt de pouvoir connecter au réseau des noeuds de moindre puissance, qui seront répartis dans le monde entier.

On suivra avec attention le développement de projets européens et français dans ce domaine.

Pour en savoir plus
L'article de M. Waldrop http://www.technologyreview.com/articles/waldrop0502.asp
FING. Article. Comprendre le grid computing http://www.fing.org/index.php?num=3108,4
Globus project http://www.globus.org/
Globus toolkit Java http://www.globus.org/cog/java/
Global Grid Forum http://www.gridforum.org/
Projet Paris de l'INRIA http://www.inria.fr/recherche/equipes/paris.fr.html


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