logo admiroutes Les automates intelligents
robotique, vie artificielle, réalité virtuelle


information, réflexion, discussion
logo automate © Anne Bedel
Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

N° 39
Retour au sommaire
 
Les B.I.O-Bugs
par Christophe Jacquemin 26/12/02

 

Le B.I.O-Bug "acceleraideur"Je suis resté un grand enfant. Alors, imaginez ma tête le soir de Noël, déballant de cette boîte une espèce d'insecte argent et jaune d'une quarantaine de centimètres de long... Me voici en présence de l'un des quatre B.I.O-Bugs, nouvelle génération de "jouets intelligents" de WowWee (division jouet de Hasbro), distribué en France par la firme Meccano depuis mai dernier. B.I.O pour "Bio-mechanical Integrated Organisms", et Bug pour cafard.

Poussez le bouton situé sous la carapace sur "on" et vous verrez ce truc commencer à déambuler et à mener sa vie sans rien demander à personne. Enfin presque, parce qu'au départ, il s'agit d'un bébé B.I.O-Bug, émettant des "pépiements" particuliers pour Télécommande du Bio-Bug acceleraiderréclamer sa nourriture, bagnaudlant lentement, encore trop jeune pour combattre d'autres B.I.O-Bugs. Laissez-le découvrir son monde, avec sa démarche au début un peu claudiquante, mais qui rapidement prend de l'assurance, capable d'escalader ou de contourner les obstacles. Buttant tout à coup ses antennes tactiles contre un mur, il reculera pour se dégager. Au bout de dix minutes, le robot atteindra déjà un âge plus mûr et sera au niveau d'aptitude 2 (niveau qui monte jusqu'à 12). Donnez-lui (virtuellement) de la nourriture grâce à la télécommande, il en frémira de plaisir, caressez ses antennes et vous le ferez encore monter de niveau. A chaque fois, il émettra un cri de victoire, sorte de grognement de guerre. Car voilà, plus le niveau est élevé et plus le B.I.O-Bug est débrouillard et plus il est combatif, s'adaptant aux changements étonnants des situations et de l'environnement.

4 B.I.O-Bugs : l'acceleraider, le prédateur, le destructeur, l'écraseurSi vous mettez deux B.I.O-Bugs dans une pièce (je n'ai pas pu résister, je suis allé en racheter un autre, un rouge baptisé "Le prédateur"), ils échangeront des informations à travers des signaux infrarouges et en se palpant mutuellement les antennes. Et là, attention : selon l'espèce (même espèce ou espèce différente) et le niveau d'aptitude, chaque B.I.O-Bug répondra amicalement, craintivement ou agressivement.
Il existe qCombat imminentuatre modèles de B.I.O-Bugs, chacun ayant ses propres caractéristiques : jaune ("l'acceleraider", très rapide), rouge ("le prédateur", agressif, peut même attaquer sa propre espèce), vert ("le destructeur", défensif dans l'âme) et bleu ("l'écraseur", escalade et saute les obstacles).

Mon "prédateur" est un combattant. Bien qu'encore à un niveau inférieur à mon "acceleraider", il fonce franchement sur lui et décide d'un combat. Chacun pousse de véritables cris de guerre, essayant de monter sur la tête de l'autre, de le repousser, de le faire reculer. Pour cette fois, c'est le "prédateur" qui abandonne, et s'enfuit, piteux, régressant de deux niveaux d'aptitude. Le vainqueur, lui, a encore gravi un niveau.
Les combats à plus de deux B.I.O-Bugs sont aussi possibles. Ainsi, si j'avais eu deux "prédateurs", celui qui tout à l'heure avait perdu aurait pu envoyer des signaux de panique à son congénère pour qu'il lui vienne en aide... C'est bien connu : l'union fait la force.

Mark Tilden  © http://www.johndevries.cncfamily.com/index.htmAu-delà du jouet, nous voici en présence d'une technologie inspirée des travaux de Mark Tilden, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau Mexique. Mark Tilden travaille depuis plus de 10 ans sur ce qu'il appelle les robots "biomorphiques". Il les fabrique à partir de transistors, moteurs, capteurs (matériel souvent de récupération) et les équipe de "circuits nerveux". A la différence des robots classiques qui reposent généralement sur une technologie numérique (à base de 0 et de 1) et qui donc suppose un "cerveau" numérique, Tilden utilise ici une technologie analogique. Ainsi, loin d'avoir à rédiger des programmes sophistiqués, il conçoit des circuits qui recherchent automatiquement l'état voulu : utiliser des transistors plutôt que des microprocesseurs pour commander les actions du robot (il suffit de 12 transistors pour composer un "système nerveux" de B.I.O-Bug, les différents câblage leur donnant des aptitudes différentes). En quelque sorte, le génie plus ici situé dans le corps que dans le cerveau. Système simple et très performant.
"Les machines numériques requièrent un gros travail de programmation pour négocier les variations d'environnement, alors que les machines analogiques peuvent y faire face avec des moyens restreints"
, explique Mark Tilden. Pour lui, "Rien dans la nature n'est numérique".

Si ses travaux font l'objet de programmes liés à la recherche militaire depuis 10 ans (notamment pour le développement de robots anti-mines), Tilden n'a eu la faveur des médias que bien après. Des émissions de télévision Outre-atlantique ont ainsi montré les robots que le chercheur a fabriqué chez lui pour nettoyer le plancher ou laver les fenêtres...
Remarqué alors par le distributeur de jouets Hasbro, pour qui il est maintenant consultant, Tilden a pu ainsi donner naissance au B.I.O-Bugs : un jouet génial imitant le comportement d'un insecte, jouet autonome et imprévisible pour le plus grand plaisir des enfants... et des plus grands enfants.

Prix conseillé : 49 euros 99

En savoir plus :
Site des B.I.O-Bugs : http://wowwee.com/biobugs/biointerface.html
Sur Mark Tilden :
- site Solarbotics (BEAM robotic's : Biology, Electronics, Aesthetics, Mechanics) : http://www.solarbotics.com et, notamment, la galerie de photos des robots de Mark Tilden : http://www.solarbotics.com/gallery/default.asp?ACTION=AUTH&AUTHID=1
- voir aussi le site : http://www.johndevries.cncfamily.com/index.htm


Retour au sommaire