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Les automates intelligents
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Revue n° 43
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Actualités 

Les animaux pensent-ils ?
JPB 01/05/03

Couverture du livre de Joëlle Proust : Les animaux pensent-ils ?"Joëlle Proust, cogniticienne et auteur de nombreux ouvrages, s'intéresse depuis quelques années à la pensée animale. Dans un livre remarqué, Comment l'esprit vient aux bêtes, (NRF Essais, 1997), elle avait montré que l'esprit vient dès lors que s'opère la distinction entre l'intérieur et l'extérieur, entre l'expérience et son objet, et que la représentation s'affranchit de la corrélation entre des états internes d'un organisme pour signifier des états du monde. C'est ce qui se passe chez les animaux dès qu'ils disposent d'un cerveau.

Joëlle Proust vient de publier un second livre qui prolonge la réflexion du premier sur ce thème de la pensée animale: Les animaux pensent-ils ? (Bayard 2003). Nous en rendrons compte prochainement. Rappelons que pour nous il existe (au moins) des analogies entre les animaux pensants et ce que l'on appelle désormais des "machines pensantes" informatiques.

Pour en savoir plus:
Les animaux pensent-ils? Présentation de l'éditeur: " Comment procéder pour savoir comment un animal voit le monde ? Comment savoir s'il pense, et de quoi sont faits ses états de conscience ? Comment éviter de simplifier, quand le terme unique d'"animal" recouvre tant d'organismes adaptés à tant de milieux différents, pourvus d'organismes sensoriels exotiques, les uns vivant solitairement, les autres socialement ? " Peut-on dire des animaux non pourvus de langage qu'ils pensent ? Contre les partisans du mystère, qui trouvent la question insoluble, Joëlle Proust montre que la question est non seulement légitime et en principe soluble, mais doit impérativement être posée pour éclairer notre jugement sur les droits des animaux."
Joëlle Proust. Site personnel http://joelle.proust.free.fr/


Le robot ApriAlpha de Toshiba
JPB 01/05/03

aprialphaToshiba Corporation a présenté au Comdex 2003 en avril dernier son robot domestique ApriAlpha. Il s'agit d'un changement significatif dans la politique  de produits robotiques suivie par Toshiba. Celui-ci fait ainsi son entrée sur le marché des robots domestiques, dominé par Sony. Il y a quatre ans, il s'était essayé à un robot humanoïde, puis s'était tourné vers la fabrication de robots industriels. Or au Japon, et sans doute aussi ailleurs dans le monde, une véritable demande semble apparaître en faveur de robots susceptibles d'interagir avec les humains dans le cadre de la vie courante. On sait que cette orientation avait été pronostiquée depuis déjà quelques années par Hans Moravec, qui développe une ligne de  robots à cette fin.

ApriAlpha n'est pas humanoïde, mais de forme sphérique. C'est une boule de 35 cm de diamètre pesant 9, 5 kilogrammes. Pour se déplacer, il utilise plusieurs rangées de roues placées sous sa coque, et s'appuie sur des capteurs à ultrasons pour se repérer dans l'espace et éviter les obstacles. La vocation d'ApriAlpha est de faire office «d'intermédiaire entre les humains et leurs réseaux de communications domestiques», indique Toshiba dans un communiqué. Il est pour cela doté de fonctions de reconnaissance vocale et faciale (jusqu'à 100 individus reconnus), ainsi que de synthèse vocale pour communiquer avec les humains.

Afin de recevoir les données des réseaux, il dispose d'un module de communication radio Wi-Fi et du système radio à courte portée Bluetooth.. Le robot peut non seulement faire visionner à son heureux propriétaire les mails qu'il reçoit, mais les lui lire à haute voix. Parmi les fonctions les plus demandées par les clients potentiels figure le rôle de majordome des différents dispositifs de la maison intelligente, et celui de gardien vigilant de celle-ci, au regard des risques domestiques et des intrusions.

Le système est susceptible de nombreux enrichissements. Son prix devrait être "très raisonnable". Voici encore un marché qui va échapper à nos braves industriels européens de l'électro-ménager!

Pour en savoir plus
Toshiba to Bring its New “ApriAlpha” Concept Model Robot to ROBODEX 2003 http://www.toshiba.co.jp/about/press/2003_03/pr2001.htm
Same page in japanese http://www.aist.go.jp/aist_j/new_research/nr20030403/nr200403.html


Le cinquantenaire de la découverte de l'ADN
JPB Source: NewScientist 26/04/03

Royal societyCette manifestation de la Royal Society qui devait être une grande commémoration scientifique a été largement éclipsée par les évènements internationaux. Le 25 avril 1953, comme nul ne l'ignore parmi nos érudits lecteurs, les jeunes (à l'époque) Francis Crick et James Watson publiaient dans Nature l'article qui devait révolutionner la génétique, et donner au Darwinisme ses fondements biologiques. La commémoration a réuni à Londres plusieurs éminents généticiens, en présence du toujours jeune Watson. Elle a été l'occasion de nouveaux actes de foi en les possibilités de la génétique appliquée à l'homme, alors qu'à quelques jours près le projet Génome Humain annonçait avoir terminé de décryptage de celui-ci. Pour James Watson (aujourd'hui président du Cold Spring Harbour Laboratory à New York), comme pour le généticien  et prix Nobel Sydney Brenner, la génétique permettra dans quelques années de mieux comprendre la nature humaine, que ce soit au plan individuel ou social. On pourra étudier notamment les liens entre les variations génétiques et les différences de comportement ou de caractère, ce qui devrait conduire à une symbiose entre la biologie et la psychologie. Ce devrait être une nouvelle ère pour les sciences humaines. Le Professeur Miro Radman (Inserm) a insisté de son côté sur les possibilités thérapeutiques des recherches sur l'ADN, par exemple en fournissant des "vaccins génétiques" permanents contre le cancer.

Sur ces prémisses, les participants se sont accordés à convenir que les manipulations génétiques destinées à améliorer l'homme n'allaient pas tarder à être envisagées. Il ne faut pas porter au génome humain un respect excessif, vu que celui-ci n'est pas particulièrement soucieux du bien-être des individus, une fois accomplies les fonctions de reproduction. Certes, les modifications génétiques risquent d'être héréditaires, mais, a souligné Miro Radman, c'est bien ainsi que travaille l'évolution depuis des millions d'années.

Les participants n'ont pas négligé les résistances que de telles perspectives font naître. Mais les bénéfices attendus feront selon eux fondre les inquiétudes. On peut en effet penser que la connaissance des génomes des êtres vivants et de leurs conséquences sur l'évolution des espèces ne sont plus accompagnées aujourd'hui de ce radicalisme du tout-génétique qui avait fait beaucoup de tort à la sociobiologie dans les années 1970. Comme l'ont bien montré Kupiec et Sonigo dans leur livre "Ni Dieu ni gène", il n'est plus possible de prétendre trouver des liens de causalité linéaire entre un élément de génome et telle caractéristique du phénotype ou du comportement culturel.

Pour en savoir plus
Replicating and reshaping DNA, a celebration of the jubilee of the double hélix, 23 et 25 avril 2003. Programme et intervenants  http://www.royalsoc.ac.uk/events/discussion_meetings/progs/apr_dna.pdf  Voir aussi les débats en live http://www.royalsoc.ac.uk/live/


Colloquium Jacques Morgenstern
Communiqué

Colloquium Jacques Morgenstern: 20 ans de recherche dans les STIC, quelle recherche dans 20 ans ? Le but du colloquium est d'offrir une vision d'ensemble des recherches les plus actives et les plus prometteuses dans le domaine des Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (STIC ). Nouveaux thèmes scientifiques, nouveaux domaines d'application, voire enjeux sociaux et philosophiques.

Les exposés couvrent une thématique suffisamment large pour intéresser tous les chercheurs, ingénieurs et étudiants intéressés par l'avenir des STIC. Les orateurs sont des personnalités de premier plan, français ou étrangers, informaticiens, mathématiciens, ou spécialistes de domaines scientifiques où l'informatique est appellée à jouer un rôle majeur.

Le colloquium porte le nom de Jacques Morgenstern, professeur de mathématiques à l'université de Nice Sophia-Antipolis, spécialiste de la théorie de la complexité algébrique et l'un des pionniers du calcul formel. Il a dirigé jusqu'à son décès tragique en 1994 une équipe commune à l'université de Nice, l'INRIA et le CNRS.

Pour en savoir plus
Thèmes et dates des journées http://www-sop.inria.fr/colloquium/calendrier.html


Des essaims de robots sur le champ de bataille
JPB Source: NewScientist 26/04/03

source iRobotLa DARPA, qui décidément mise de plus en plus sur la robotique pour minimiser les interventions humaines sur le champ de bataille, étudie les perspectives offertes par un bataillon de 130 robots disposant d'une intelligence en essaim (swarm) analogue à celle des insectes sociaux. On sait depuis longtemps que des instructions simples commandant le comportement individuel de ces insectes font émerger des comportements et structures infiniment plus complexes et adaptables. Le projet est confié au plan du logiciel à la société Icosystems. Les robots sont fournis aux militaires par la société iRobot de Rodney Brooks.

Un aspect intéressant de ce projet consistera à évaluer et éviter les éventuels comportements pathologiques. C'est ce qui se produit dans la nature lorsqu'une fourmi se trouve engagée par accident dans la description d'un cercle. A chaque passage, elle renforce la trace de phéromone sur laquelle elle se guide, s'enfermant ainsi dans une prison virtuelle au sein de laquelle elle finit par mourir d'épuisement.

Vu l'argent que les militaires américains investissent dans la robotique intelligente, il ne faudra pas s'étonner s'ils gagnent sans même avoir à les livrer les batailles militaires (et économiques) de ce siècle.

Pour en savoir plus
Icosystems http://www.icosystems.com/
Le jeu The Game proposé sur son site par Icosystems permet de se rendre compte concrètement des possibilités de la construction de complexité à partir de règles simples. Faites l'expérience, elle vaut le détour.
iRobot http://www.irobot.com/home/default.asp
Voir le Swarm Project http://www.irobot.com/rd/p07_Swarm.asp évoqué dans le présent article.
Dans un tout autre domaine, on fera sur le site  de iRobot connaissance avec le robot Packbot ( Man Portable Tracked Ground Vehicle: une meilleure protection pour nos soldats - rien à voir avoir le Queen Mary 2) http://www.irobot.com/rd/p08_PackBot.asp
DARPA http://www.darpa.mil


Le péché, la bête et l'homme
message de Emmanuelle Grundmann emmanuelle.grundmann@wanadoo.fr
26/04/03

"J'ai le plaisir de vous annoncer la parution d'un livre collectif, Le péché, la bête et l'homme (Edition du Seuil), développant des thèmes que vous abordez dans votre revue:

"Nos amies les bêtes ont bon dos. On est certes malin comme un singe et courageux comme un lion, mais on bâfre comme un porc, on médit de son prochain avec une langue de vipère, on copule tel le chaud lapin, on est orgueilleux comme le paon, avare comme le rat, voir paresseux… comme le paresseux. Longtemps considéré comme allant de soi, le tour de passe-passe qui consiste à rejeter sur le règne animal tout ce que notre morale réprouve, a fini par prendre un tout autre sens. L'étude du comportement des hommes et des animaux, l'éthologie, a non seulement trouvé chez l'homme quantité de traits animaux, mais aussi identifié chez l'animal la plupart des caractères que nous considérions jusque-là typiquement humains. Le péché, dès lors, serait d'ignorer que rien, sinon un orgueil mal placé, ne trace une frontière nette entre l'homme et l'animal. En sept chapitres capitaux (plus un véniel, consacré au mensonge), ce livre en donne une souriante démonstration. "

"Le péché, la bête et l'homme" Editions du Seuil, sous la direction de Jean-François Bouvet
Avec la collaboration de: André Langaney, Bertrand Deputte, Pascal Picq, Anne Collet, Emmanuelle Grundmann, Dominique Lestel, André Holley
"


Le neuro-chip ou puce neuronale
JPB/CJ 26/04/03

Le neuro-ship, circuit intégré directement connecté à des neurones d'escargots (Photo : Max Planck Institute)La revue Solid State technology présente le neuro-chip, développé par des chercheurs de Infineon Technologies à Munich, en coopération avec le Max Planck Institute (Biochimie). Un biosenseur (circuit intégré) est directement connecté à des neurones vivants d'escargots. Ceci permet d'enregistrer les signaux électriques produits par ces neurones, et de mieux comprendre les fonctions biologiques respectives des neurones, du tissu nerveux et des réseaux neuronaux.

En pratique, les neurones individuels sont placés dans une solution nutritive au-dessus du réseau de senseurs, un senseur correspondant à un neurone. Dans ces conditions, les neurones ne sont pas endommagés. Leur activité peut être observée de façon continue pendant plusieurs semaines, ce qui permet d'analyser leurs fonctions d'apprentissage, de traitement d'information et de mise en mémoire. Le système travaille à la limite des possibilités d'observation des systèmes physiques :

The 5 ¥ 6mm Neuro-Chip includes a 128 ¥ 128 array of capacitive sensors in 1mm2. Below each sensor is a circuit that amplifies and processes the extremely weak signals of neurons (i.e., 100µV-5 mV peak-to-peak); the sensor array presents more than 32 million information bytes

Pour en savoir plus
L'article de Solid State Technologie http://sst.pennwellnet.com/.....59
Infineon Technologies AG http://www.infineon.com/cgi/ecrm.dll/jsp/home.do?lang=EN


La guerre digitale
JPB 26/04/03

Guerre digitale, autrement dit Network-centered warfare, par opposition à la guerre du Golfe, qualifiée d'analogique. Les experts du Pentagone se sont félicités des succès enregistrés par ce concept de Network-centered warfare lors de la guerre en Irak: images vidéo en temps réel permettant de visualiser des missiles en vol, assistants personnels sans fil reliant certains militaires à des centres de gestion, simulations en réalité virtuelle anticipant la fourniture de matériels de rechange aux troupes sur le terrain.

Mais ceci est considéré comme simple par rapport à ce qui se prépare. La DARPA envisage de consacrer une part importante du prochain budget militaire (lequel avoisine les 500 milliards de dollars) à des projets plus importants :

- baliser les forces "amies" afin d'éviter les erreurs de tirs qui ont marqué les deux guerres en Irak. C'est le Blue-force tagging. Des senseurs analyseront les échos-radar, les signatures acoustiques et les informations émises par les amis. Le tout sera rapporté à des centres de contrôle qui pourront ainsi éviter les erreurs de tir de l'artillerie ou des blindés, en distinguant amis et ennemis.

- Les projet Forester, jigsaw et SPI 3D. Il s'agira d'identifier les mouvements ennemis se déplaçant sous des couverts végétaux, afin de ne pas renouveler les erreurs de la guerre au Viet-nam, où les défoliants avaient provoqué des désastres écologiques majeurs. Le projet utilisera des hélicoptères et drones à déplacement lents, dotés de radars basse fréquence. Les informations détectées serviront à construire des hologrammes à partir desquels des attaques précises pourront être déclenchées.

- Le Système de combat futur (Future Combat System). On créera de nouvelles unités fusionnant des unités classiques et des robots, ainsi que des drones sans pilote. Ces unités devraient pouvoir être déployées partout dans le monde dans un délai de 96 heures. La mise en réseau des hommes et des robots permettra d'obtenir une force de projection plus efficace, moins chère et plus mobile.

Différentes techniques logicielles permettront par ailleurs de protéger de tels systèmes de l'intrusion toujours à craindre d'agents ennemis. Les pirates  on le devine sont en effet plus  dangereux dans la guerre digitale que sur le web civil.

- Des équipements militaires et uniformes pour le fantassin utilisant les nanotechnologies afin de réduire les poids et augmenter l'efficacité. Le MIT et Dupont de Nemours étudient de tels équipements, dans le cadre de l'Institute for Soldier Nanotechnologies ISN

Rappelons enfin l'existence de l'UCAV. Unmanned Combat Air Vehicle X-45 que nous avions déjà présenté dans notre revue.

Pour en savoir plus
Wired a publié divers articles précisant les nouveaux systèmes d'armes utilisés par l'armée américaine. Citons:
* Military Faces Bandwidth Crunch
* Drones See, Smell Evil From Above
* Lost? Map's On, Not Up, Sleeve
* Taking Aim at Military Technology
* Adding More Bang to Navy Missiles
UCAV, Images http://www.dfrc.nasa.gov/Gallery/Photo/X-45A/
Institute for Soldier Nanotechnologies http://web.mit.edu/isn/


Vers des langages de programmation pour les ordinateurs quantiques ?
JPB 26/04/03

Bien que de tels ordinateurs n'existent encore pratiquement pas, des programmeurs réfléchissent au parti qu'ils pourront tirer des Q.bits, c'est-à-dire de bits superposant l'état 1 et l'état 0 tant que l'on ne procède pas à la mesure de leur état. En état de superposition, les qubits peuvent effectuer un travail en parallèle impossible avec des bits ordinaires.

Un article paru dans la revue à comité de lecture European Physical Journal propose une architecture de machine susceptible de procéder à des calculs quantiques. Ce pourrait être un calculateur classique contrôlant un sous-système quantique. A noter que l'équipe responsable de ce projet travaille à l'université Paul Sabatier de Toulouse, sous la direction de Stefano Betelli. Pour de plus amples détails, le lecteur pourra se référer à l'article proprement dit
http://arxiv.org/PS_cache/cs/pdf/0103/0103009.pdf ainsi que la présentation faite par The Economist http://www.economist.com/printedition/displayStory.cfm?Story_ID=1682086.


Alain Berthoz : La Décision
JPB 3/04/03

La décision, livre d'Alain BerthozLe nouveau livre d'Alain Berthoz, La Décision, Odile Jacob, janvier 2003, fait suite à ses deux précédents ouvrages : Leçons sur le corps et l'esprit (collectif), 1999 et Le sens du mouvement, 1997, tous deux publiés chez le même éditeur.
Psychologue, neurophysiologiste, Alain Berthoz est professeur au Collège de France où il dirige le laboratoire de physiologie de la perception et de l'action. Dans ce dernier livre, il explore les racines biologiques et neuronales de la décision. Celle-ci, généralement attribuée à la conscience volontaire réfléchie, spécifiquement humaine, découle au contraire des fondements mêmes de l'activité biologique. Elle permet à des organismes aussi simples que la bactérie de se projeter dans son environnement avec l'intention d'y survivre. L'émotion, qui traduit la réaction de l'organisme aux modifications de son milieu, est le premier déclencheur de la décision. On retrouve là, appliquée à des cas concrets, l'idée fondamentale des neurosciences contemporaines, selon lequel c'est le corps et les émotions ressenties par lui qui sont à la base des activités cognitives, non seulement chez l'homme mais chez les animaux que plus personne aujourd'hui ne se hasarde à considérer comme des automates. Les roboticiens l'ont bien compris puisque pour eux, désormais, on ne pourrait réaliser de robots autonomes sans les doter d'un corps capable de ressentir des émotions et de les traduire dans des intentions, elles-mêmes sources de prises de décision..

Pour en savoir plus
Cours 2002-2003 au Collège de France. Espace des sens et sens de l'espace :
http://www.college-de-france.fr/chaires/instit_biologie/cours/berthoz2002.html
Interview dans ASTI-Hebdo février 2001: http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/h21.htm


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