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La Revue mensuelle n° 53
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Un robot qui collecte les empreintes digitales sur les colis suspects
CJ 25/04/04

Système RAFFE, monté sur un robot RMI-9WT utilisé par la police de la ville de Calgary ©   vKristian Dixon, U of TJusqu'à présent, face à un colis suspect, les équipes de démineurs le faisaient tout bonnement exploser, détruisant par la même occasion toute preuve ou indice permettant de démasquer les auteurs du colis infernal. Mais aujourd'hui, grâce au système RAFFE (Robot Accessory for Fuming Fingerprint Evidence), les services de police pourront effectuer en toute sécurité les analyses sur les bagages suspects*. Mis au point par des scientifiques canadiens de l'université de Toronto et de Calgary, ce système monté sur un robot permet de détecter et de photographier les empreintes digitales présentes sur des colis suspects.
Contrôlé à distance, l'appareil projette sur le colis un gaz contenant du cyanoacrylate. Celui-ci réagit alors avec l'humidité et les autres bases présentes dans les résidus des empreintes digitales, qui se colorent en blanc. Un appareil photographique haute définition réalise ensuite les images des empreintes révélées.

*Le système est actuellement testé au Canada par les services de police de la ville de Calgary

Pour en savoir plus :
Journal of Forensic Sciences, volume 49, n°2, mars 2004 : "Development of a finger printing device for use on a mobile robot", par Kristian Dixon, Jeanie Wu, Robert W. Brennan et al. (format pdf, 10 pages, 414 Ko).



L'Institut de recherche pour le développement crée un DEA international sur le thème de la modélisation des systèmes complexes
JPB/CJ 15/04/04

Le Professeur Alain Cardon vient de mettre en place, dans le cadre de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) un projet de DEA international sur le thème de la modélisation des systèmes complexes. Le projet s'adresse à un réseau d'universités et de laboratoires africains et français travaillant systématiquement en réseau. Il vise à permettre de modéliser et traiter, en informatique et mathématique, des problèmes prioritaires pour les pays concernés, dans les domaines de la santé, de l'environnement durable, de l'aménagement du territoire et de l'eau.
Nous n'en dirons pas plus ici, mais incitons vivement nos lecteurs à étudier le projet disponible à http://www.bondy.ird.fr/geodes/programmes/projets/Projet-Inforoutes.pdf


Le Laboratoire de Spintronique et Technologie des Composants (SPINTEC)
JPB/CJ 09/04/04

Logo SpintecEn une période où l'on s'interroge sur la capacité de la recherche fondamentale française à développer des applications industrielles, nous nous faisons un plaisir de signaler la création en mars 2004 et les perspectives de SPINTEC. Ce laboratoire de Spintronique et Technologie des Composants est une unité de Recherche associant le CEA et le CNRS. L'association avec l'INPG et l'UJF dans le cadre du projet de plan quadriennal (2003-2006), aboutira à la création d'une Unité Mixte de Recherche (UMR). Sa particularité est de rassembler une équipe à la croisée de la recherche, de la technologie et du monde industriel. Elle s'inscrit dans le pole Minatec.

L'activité de recherche de SPINTEC est centrée sur le développement de composants fonctionnels dans le domaine, en plein essor, de l'électronique de spin. Dénommée aussi spintronique, cette nouvelle discipline à la frontière entre magnétisme et électronique cherche à tirer parti du spin des électrons (plutôt que la charge électrique dans l'électronique classique) comme d'un nouveau degré de liberté pour créer des fonctionnalités nouvelles, notamment en calcul.

L'objectif du laboratoire est double : valoriser la recherche issue des laboratoires amonts (CNRS, universités, CEA/DRFMC), développer des composants fonctionnels innovants en partenariat avec le LETI et les entreprises du secteur.

Quatre grands axes sont développés :
Les mémoires magnétiques à accès aléatoires à base de jonctions tunnels magnétiques (MRAM). Ces mémoires combinent tous les avantages des mémoires semiconductrices (densité, rapidité, non volatilité, faible consommation électrique, insensibilité aux rayonnements ionisants, …) et pourraient rapidement supplanter les mémoires FLASH dans les applications de type nomade (portable).
L'enregistrement magnétique ultra haute densité utilisant des réseaux de plots magnétiques nanométriques fabriqués par nano-impression (collaboration avec le LTM). L'objectif est ici d'atteindre des densités de stockage proches du Tbit/in², soit 20 fois plus que les densités des meilleurs produits disponibles à ce jour.
Les structures hybrides associant intimement métaux magnétiques et semi-conducteurs. Des concepts de transistor de spin, de filtre à spin, de spin-LED, etc… ont été proposés qui pourraient voir le jour avec l'avènement, par exemple, de semiconducteurs ferro-magnétiques à température ambiante.
Le développement d'outils de simulation numérique et de modélisation pour l'électronique de spin, permettant de décrire simultanément la réponse électrique et la réponse magnétique des dispositifs étudiés.

La nouvelle discipline ainsi mise en oeuvre, l'électronique de spin ou spintronique, associe à l'électronique classique le moment magnétique de l'électron, appelé spin. Celui-ci peut être orienté selon deux directions, ce qui lui permet de servir de bit dans le calcul numérique. L'orientation peut être conservée en l'absence d'alimentation électrique (non-volatilité).

Les MRAM, principales cibles du Spintec, pourront trouver des applications considérables, dans les mobiles civiles, spatiaux et militaires. A terme, elles pourraient remplacer l'ensemble des mémoires non volatiles des ordinateurs, avec des perspectives d'ultra-haute densités d'enregistrement. Les entreprises européennes, STMicroelectronics et Philips notamment, marquent leur intérêt.

Nous avions indiqué précédemment qu'Albert Fert, récent médaillé d'or du CNRS, est considéré comme le père fondateur de l'électronique de spin.

Pour en savoir plus
Spintec : http://www.minatec.com/cgi-bin/charge.pl
Minatec : http://www.minatec.com/
Spintec, présenté par le CEA : http://www-drfmc.cea.fr/SP2M/sp2m/spintec/spintec_fr.htm


De la machine aux systèmes
JPB 08/04/04

Couverture du livre "De la Machine au système : hisoire des techniques depuis 1800"Signalons un ouvrage remarquable de Jean Baudet, chez Vuibert: De la machine au système : Histoire des techniques depuis 1800. Il s'agit du tome 2 d'un ensemble consacré à l'histoire des techniques. Le tome 1, également intéressant, s'intitule De l'outil à la machine. Il intéressera de préférence les anthropologues et historiens. L'auteur montre clairement que ce sont les ingénieurs, c'est-à-dire les inventeurs de techniques, qui tirent le progrès des sciences et plus généralement celui des idées et des discours. Nous le savions déjà, dans cette revue, mais il n'est pas mauvais de l'entendre confirmer par un éminent historien et observateur des sciences. Jean-Louis Le Moigne ne pourra que se réjouir de voir ainsi ses idées confirmées (voir notre article de présentation dans ce numéro)
L'auteur a été interviewé ce jour par Stéphane Deligeorge pour Itinéraire de Sciences de France Culture.


La Nasa fera dorénavant systématiquement appel aux robots intelligents
JPB 07/04/04

©  space.comLa revue américaine Space.com indique, dans un article du 05/04/04, que la Nasa est en train d'étudier deux douzaines de réponses à un appel à proposition lancée par elle en vue d'assurer la maintenance de l'observatoire international Hubble malgré l'indisponibilité des navettes et les restrictions budgétaires. Ces propositions viennent de toutes origines, aussi bien des majors de l'industrie aérospatiale que des laboratoires universitaires.

Une mission entièrement robotique est désormais envisagée, d'autant plus que l'investissement serait réutilisable dans la perspective du programme Lune-Mars annoncée par le président Bush. Elle permettrait de répondre aux demandes générales visant à prolonger la vie de Hubble, sans obliger à des dépenses spécifiques refusées par le gouvernement.

On sera intéressé de connaître, évidemment, quels types de robots seront retenus pour la maintenance de Hubble. Cela prouve en tous cas que les défenseurs acharnés des vols humains, très présents à la Nasa, acceptent dorénavant de coexister avec des programmes robotiques, dans l'intérêt de tous.

Pour en savoir plus
http://www.space.com/news/hubble_robotic_040405.html


Les lunettes multimédia Eyetop grand prix Seti-Innov de la PME innovante
CJ 01/04/04

Les lunettes "Eyetop" ©  IngineoIngineo, société française d'ingénierie, a remporté le 1er avril 2004 le grand prix Seti-Innov de la PME innovante. Spécialisée dans les technologies de l'information embarquées sur l'utilisateur, Ingineo se voit récompensée pour la mise au point de "Eyetop", paire de lunettes multimédia dotée d'un écran à affichageVue de ce que perçoit l'oeil droit de l'utilisateur. vidéo. Si les lunettes de visualisation existent déjà depuis des années, Eyetop est le seul qui permette de visionner des films tout en continuant de pouvoir observer ce qui se passe autour de soi : les images sont en effet diffusées dans une fenêtre située dans un coin du champ de vision de l'oeil*. C'est aussi le seul produit de sa catégorie à présenter un prix aussi compétitif (475 euros).
Ces lunettes se connectent à tout matériel muni d'une entrée vidéo (via fiche RCA), caméra digitale, ordinateur portable, PDA, lecteur vidéo portatif... Outre les particuliers, Eyetop est également destinée à plusieurs secteurs professionnels, dont ceux de la maintenance et la de sécurité.

* Seul un oeil voit les images, les lunettes étant vendues avec le système installé à droite ou à gauche (selon l'oeil dominant).

Pour en savoir plus
Site d'ingineo : www.ingineo.net
Eyetop : www.ayetop.net

Du méthane dans l'atmosphère de Mars
CJ 31/03/04

Vue d'artiste de la sonde Mars Express © ESAL'Agence Spatiale Européenne (ESA) a annoncé le 31 mars 2004 que le spectromètre italien PFS (Planetary Fourier Spectrometer) présent sur la sonde Mars express avait détecté du méthane dans l’atmosphère de la planète rouge. Celui-ci pourrait être d’origine volcanique ou bien biologique (bactéries ?). Il est aujourd'hui encore trop tôt pour savoir exactement d'où provient ce méthane... Mais s'il s'avérait qu'il est bien produit par des êtres vivants, il s’agirait de la première détection indirecte d’une forme de vie sur une autre planète que la Terre.

Roche examinée par le robot Opportunity ©  D.R De leur côté, à la suite des observations et examens faits par le robot Opportunity, les Américains ont annoncé le 26 mars dernier que des étendues d’eau salée, propice à la vie, auraient recouvert le sol martien. Selon les spécialistes géologues qui analysent les informations reçues à terre, de nombreux rochers observés proviendraient en effet de la sédimentation d’eau salée.

Pour en savoir plus :
Communiqué de presse de l'ESA : http://www.esa.int/esaCP/SEMZ0B57ESD_index_0.html
Mars Exploration Rober Mission : http://marsrovers.jpl.nasa.gov/home/index.html


Sony va créer un nouveau laboratoire fusionnant robotique et sciences cognitives CJ 23/03/04

Le orbot Qrio  © SonyD'ici juin 2004, Sony va créer le laboratoire "Life Dynamics Laboratory" afin de développer un nouveau robot intelligent pouvant communiquer de façon naturelle avec ses utilisateurs.
Toshitada Doi, le créateur du robot chien Aibo et chairman du Sony Computer Science Lab en sera le président. Le laboratoire devrait compter une vingtaine de chercheurs d'universités ou d'organisation de recherche publiques japonaises, ainsi que des chercheurs étrangers.
Son originalité sera de mettre en pratique les avancées les plus récentes du domaine des sciences cognitives pour la création d'un nouveau robot, dont la partie matérielle sera basée sur le robot humanoïde Qrio développé par Sony.


Les Jeux Olympiques du robot : Robolympics
JPB 23/03/04

Les 20 et 21 mars 2004 se sont tenus à San Francisco les Jeux olympiques du robot, organisé par Robolympics, représentant américain de l'International Robot Olympiad Committee. Il s'agit d'une sorte de fondation bénéficiant de nombreux apports de l'industrie et des laboratoires, dont le but est de promouvoir la robotique, organiser des rencontres entre concepteurs et, surtout, mettre en place de grandes manifestations susceptibles d'attirer un large public. Beaucoup de rencontres sont destinées aux jeunes constructeurs de robots. Les Olympiades ont pris la forme de nombreuses épreuves collectives et individuelles, accompagnées de démonstrations. Des prix ont été décernés. Elles ont mis en scène près de 400 robots et 173 équipes venus de 11 pays (Amérique du Nord, Asie, Europe). Les 4 pays européens participants n'ont eu aucune médaille d'or, les USA 24, le Japon 5. L'Allemagne a sauvé l'honneur européen avec 1 médaille d'argent

Il est inutile d'expliquer en quoi de telles manifestations sont utiles pour encourager la robotique, tant sur le plan plan de la recherche qu'en ce qui concerne le soutien que le public peut apporter à cette science. Aussi, on ne peut que regretter l'absence de champions français. Mais la robotique est-elle prise au sérieux chez nous ? Plus généralement, si San Francisco paraissait trop lointain aux européens, pourquoi ne pas lancer de telles initiatives de ce côté de l'Atlantique?

Pour en savoir plus
Robolympics : http://www.robolympics.net/index.shtml Voir les résultats : http://www.robolympics.net/events.shtml
International Robot Olympiad Committee : http://iroc.org/. Les partenaires nationaux sont essentiellement asiatiques, comme le montre la page http://iroc.org/national.html.


Des nouvelles de PaPeRo
JPB 23/03/04

Le robot Papero © NECPaPeRo (Partner-Type Personal Robot) est un robot de poche, à face amicale (friendly) qui utilise la technologie de langage à langage (speech-to-speech) développée par NEC. Cette technologie sera reprise ensuite dans un certain nombre d'assistants personnels visant à faciliter les conversations entre personnes de langues différentes.

Le projet est conduit en collaboration avec l'aéroport de Narita, qui vise à être le plus technologique du monde. Papero, déjà capable de comprendre et imiter le langage humain, peut désormais traduire les échanges entre deux interlocuteurs parlant l'un le japonais et l'autre l'anglais, éventuellement sous des formes familières ou même argotiques. Il dispose de 50.000 mots japonais et 25.000 mots anglais, portant essentiellement sur le tourisme et le voyage. Mais son répertoire pourra être étendu à bien d'autres domaines. Les utilisateurs peuvent parler dans le système et celui-ci répond dans un japonais presque parfait. Il dispose d'un dispositif de reconnaissance vocale, de traduction numérique et de synthèse vocale.

L'ensemble pourra être ajouté à des téléphones mobiles et connecté à des réseaux sans fil. La qualité de la traduction serait proche de 100%, dans les limites des dictionnaires utilisés.

Il est inutile d'expliquer le rôle que pourront jouer de tels dispositifs pour les échanges entre personnes de nationalité différente, lorsqu'ils se répandront à des prix acceptables. L'Europe devrait s'intéresser systématiquement à de telles recherches, pour permettre à ses citoyens de s'affranchir progressivement des barrières linguistiques.

Pour en savoir plus
Papero : http://www.incx.nec.co.jp/robot/PaPeRo/english/p_index.html


Du Joint Open Source Project à un éventuel EuroLinux

Voir notre article dans ce même numéro.


Toyota se positionne sur le marché des humanoïdes
CJ 11/03/04

Deux des trois robots humanoïdes présentés par le constructeur automobile Toyota. Ils possèdent des lèvres dont les mouvements ont la même finesse que les lèvres humaines Photo : © REUTERS/Eriko SugitaCe n'est peut-être pas très original de le réaffirmer ici : le Japon affûte ses armes dans la lutte pour le leadership mondial du futur marché de la robotique de nouvelle génération*. En effet, il n'est plus une entreprise japonaise de renom qui n'investit sa R&D dans le domaine ou dans les domaines connexes (voir notre article [en cours de rédaction]). C'est le cas notamment du constructeur automobile Toyota Motor, qui vient de dévoiler ce jeudi 11 mars 2004 deux robots humanoïdes - l'un sur jambes et l'autre sur roues - et a présenté en vidéo un troisième modèle susceptible de remplacer un jour la chaise roulante.

Le premier de ces androïdes, dont les noms restent à trouver, mesure 1,20m et pèse 35 kg. Lors de la présentation, il a joué de la trompette (un morceau issu d'un film de Walt Disney la trompette, activant ses doigts et ses lèvres ayant une très grande richesse de mouvement, expirant l'air par la bouche. Capable de marcher, Toyota l'a présenté comme un assistant éventuel aux personnes âgées. Le deuxième modèle, roulant, évoluerait lui parfaitement sur le sol d'une usine. Le troisième, doté de jambes articulées, peut transporter des passagers. Il se manoeuvre avec un levier de commande manuel.

Développés en deux ans et demi, ces robots ne sont pas pour l'instant dédiés à la vente. Ils participeront à une démonstration d'envergure lors de l'exposition universelle de 2005 a Aichi, où est situé le siège social de Toyota.

* Marché évalué, sur le territoire du Japon, à quelque 3,7 milliards d'euros.


Le Japon investit massivement dans la recherche/développement

Selon une communication de Michel Israël, conseiller scientifique à l'Ambassade de France au Japon, en date du 10 mars 2004: " Les autorités japonaises sont engagées, en partenariat avec le secteur privé, dans une course de longue haleine pour faire de l'Archipel une grande puissance de recherche et développement".
L'accent est mis sur les nanotechnologies, les sciences de la vie et de l'environnement et les technologies de l'information.
Le premier plan-cadre (1995-2000) prévoyait des crédits de 17.000 milliards de yens (environ 148 milliards d'euros) pour la recherche publique, deux fois supérieurs à leur niveau de 1992. Le deuxième plan quinquennal, inauguré en 2001, y consacre 24.000 milliards de yens (209 milliards d'euro) et l'objectif avoué du Japon est de porter les investissements publics et privés à 3,4% de son produit intérieur brut (PIB) en valeur à l'horizon de 2006.
L'an dernier, les sommes engagées ont atteint le seuil de 3,18% du PIB (le PIB du Japon était de 3.835 milliards d'euros), contre 2,12% en France et 2,79% aux Etats-Unis.
Les chercheurs japonais n'ont pas de raison d'être inquiets sur leur avenir parce que l'engagement de l'Etat est très marqué dans le domaine de la recherche. Non seulement, les budgets sont élevés mais, en plus, ils sont en augmentation. Par conséquent, pas de fuite des cerveaux du pays du Soleil Levant à attendre.
Qui plus est, le dynamisme des entreprises japonaises, autant dans les travaux appliqués que dans la recherche fondamentale, n'a pas d'équivalent. Leur contribution approche aujourd'hui 80% de l'effort d'ensemble, quand elle n'est que de 54% en France et 66% en Allemagne et aux Etats-Unis.
Enfin un important programme de modernisation et de renforcement des universités est en cours."


Pour une physique des particules européennes
JPB 08/03/04

Dans un article de La Recherche (n° 373 de mars 2003, p. 65), Robert Aymar, nouveau directeur général du laboratoire de physique des particules du CERN, présente les étapes finales de réalisation du projet d'accélérateur LHC. Celui-ci devra entrer en service en 2008. La réalisation se fait dans le cadre des recommandations proposées en 2002 par un Comité d'audit externe qu'il avait lui-même animé. L'article évoque des perspectives de développement qui devraient intéresser les gouvernements européens et l'opinion publique bien plus que ce n'est le cas actuellement. Il souligne aussi l'intérêt d'une réalisation scientifique de cette taille pour l'avancement de la recherche fondamentale et la coopération scientifique entre européens (n'excluant pas évidemment les chercheurs d'autres pays).

L'auteur, ancien directeur de la recherche fondamentale du CEA et ancien responsable du programme Iter, expose également, en termes diplomatiques, son inquiétude de voir le gouvernement français sembler actuellement mettre en question la recherche fondamentale, y compris au CEA. Quant à l'avenir des décisions concernant la localisation du site d'Iter, il se borne à une allusion très pessimiste: "Tout était organisé pour que la décision soit prise à l'été 2003, mais vous avez vu ce qui s'est passé".

Pour en savoir plus
Sur le CERN http://public.web.cern.ch/public/
Sur Iter, voir l'état des négociations sur http://www.iter.org/ (rubrique What's new)


Accord entre Européens et Américains sur l'exploitation de Galiléo
JPB 08/03/04

La Commission européenne a annoncé le 26 février à Bruxelles l'accord obtenue entre les négociateurs européens et américains concernant la compatibilité des systèmes de localisation par satellites Galileo et GPS. Sur base d'une hostilité profonde des Américains à voir les Européens développer un rival militaire mais aussi commercial à GPS, les discussions s'étaient polarisées sur l'utilisation des bandes de fréquences dites cryptées à usage stratégique et sur le droit des partenaires à brouiller les signaux civils dans une zone déterminée en cas de conflit. Des concessions réciproques ont été obtenues, dans le détail desquelles nous n'entrerons pas, car le sujet est technique. Disons que l'union et la persévérance des négociateurs européens ont sauvé la mise, alors que l'on avait pu craindre un moment voir les américains faire un coup de force diplomatique pour priver l'Europe de l'accès à cette ressource essentielle, et aux multiples retombées économiques qu'elle générera. A la date de rédaction de cette brève, par contre, on ne sait toujours pas l'issue du conflit qui oppose l'Europe aux Etats-Unis concernant la localisation du réacteur Iter. On peut craindre le pire. L'enjeu est pourtant encore plus important qu'en ce qui concerne Galiléo.

Pour en savoir plus
http://europa.eu.int/comm/dgs/energy_transport/galileo/whatsnew/index_en.htm


De l'eau a coulé sur Mars et la vie aurait pu y exister
CJ 02/03/2004

Gros plan sur une sphérule incrustée dans l’affleurement rocheux surnommé " El Capitan ". L’image correspond à une largeur de 1,3 cm sur le terrain ©  NASA"Les conditions passées sur la planète Mars ont pu permettre la vie", a annoncé Steve Squyres (responsable scientifique de la mission américaine Mars Exploration Rover), ce mardi 2 mars, révélant que certaines régions de la planète rouge ont été recouvertes d'eau par le passé. Les données du robot explorateur Opportunity montrent en effet que certaines roches présentes non loin du site d’atterrissage du robot ont jadis été imprégnées d’eau liquide. "C'est le genre d'endroit qui aurait pu permettre la vie, ce qui ne prouve pas que la vie y a été présente", relativise toutefois le scientifique.
Restent maintenant beaucoup de questions concernant la zone de Meridiani Planum où travaille le robot. À quelle époque a-t-elle été recouverte d’eau ? Combien de temps a duré cette période humide ? S'agissait-il d'un lac salé ou d’un océan ? De quelle profondeur ?
Des questions sur lesquelles planchent désormais l’équipe de scientifiques et d’ingénieurs qui veille sur Opportunity, recherchant désormais des indices qui permettraient de fournir des éléments de réponse.

Pour en savoir plus
Communiqué de la NASA : http://marsrovers.jpl.nasa.gov/newsroom/pressreleases/20040302a.html
Sur le robot Opportunity, voir aussi notre actualité du 30/01/04


Succès du lancement de la sonde Rosetta
JPB/CJ 02/03/2004

Saluons le succès, de la mise sur son orbite définitive de la sonde Rosetta, ce matin 2 mars à 10h14 . Celle-ci, lancée par une Ariane 5 G+ (version améliorée de l'Ariane V "générique"), pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA), entreprend son long voyage de dix ans vers la comète Churyumov-Gerasimenko. Outre l'intérêt scientifique de cette misson, il s'agissait aussi d'un rendez-vous important, dans la concurrence sauvage qui oppose aujourd'hui les lanceurs.
La prochaine échéance sera le lancement d'une Ariane super-lourde, dans les prochains mois.

Rosetta se mettra en orbite autour du noyau de la comète en août 2014, à une altitude d’environ 25 km. Elle dressera alors une cartographie détaillée de la surface et un site sera choisi pour l’atterrissage du module Philae. Cet atterrisseur de 100 kg sera largué à environ Vue d'artiste du lander Philea, arimmée à la comète ©  ESA1 km d’altitude et il se posera à la vitesse d’un marcheur, en raison de la faible force d’attraction du noyau. Celui-ci s'ancrera à la surface du noyau à l’aide de deux harpons pour éviter de rebondir. Ses instruments miniaturisés étudieront les matériaux et la texture de la surface. Philae devrait fonctionner pendant plusieurs semaines, transmettant des images de très haute résolution ainsi que des informations sur la surface du noyau. Ces données seront retransmises à la Terre par l’orbiteur Rosetta, qui lui, devrait relayer ses observations du noyau de la comète pendant plus d’un an, au moins jusqu’en décembre 2015.

Pour en savoir plus
Communiqué de l'ESA : http://www.esa.int/export/esaCP/SEML2J2PGQD_France_0.html


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