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La Revue mensuelle n° 65
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

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ACTUALIT
ÉS

SENTRI, système à base de réseaux neuronaux formels, capable de localiser les tirs d'armes à feu
CJ 23/07/05

Sytème SENTRI © Safety DunamicsOutre son réseau de caméra de surveillance, la ville de Chicago vient de compléter le dispositif avec l'utilisation de SENTRI (Smart Sensor Enabled Neural Threat), système de détection des bruits des armes à feu.
Fabriqué et commercialisé par la société Safety Dynamics, SENTRI utilise la technologie DSNN (Dynamic Synapse Neural Network), algorithme issu des travaux sur les réseaux neuronaux réalisés par l'équipe de Theodore Berger basée à l'University of Southern California (USC).


A l'aide de 4 microphones, le logiciel est capable de détecter n’importe quel coup de feu, d’identifier la source par triangulation dans un périmètre de deux blocs d’immeubles, d’orienter ainsi les SENTRIcaméras vidéos dans la bonne direction, l'alerte étant automatiquement transmise au poste de commandement. Avec sa bibliothèque de signatures acoustiques, le dispositif est suffisamment précis pour discriminer les bruits inhérents à la ville (circulation, travaux...) de ceux des armes à feu. Une trentaine de SENTRI sont déjà en place dans les lieux à forte criminalité et une douzaine d’autres sont en cours d’installation. Un tel système devrait prochainement être installé dans les villes de Los Angeles, Philadelphie et San Francisco.
Notons que Safety Dynamics travaille avec l’US Army et la Navy pour mettre au point une version militaire du produit.

Pour en savoir plus
Site de Safety Dynamics : http://www.safetydynamics.net/
"Compact VLSI Neural Network Circuit with High-Capacity Dynamic Synapses", Ted Berger et al. (2000)
Voir l'abstract : http://www.safetydynamics.net/research.html


Apparition du Vlogging
JPB 20/07/05

Vidéo+Blog=Vlog. C'est le nouveau concept de communication proposé par les bloggers (aujourd'hui innombrables) utilisant des caméras vidéo plus ou moins rudimentaires (celles des mobiles téléphoniques par exemple) pour saisir des scènes susceptibles d'illustrer leurs blogs. Un certain Chuck Olsen explique dans Wired comment cela pourra révolutionner la presse en ligne, en donnant à un nombre accru de personnes la possibilité de produire des documentaires sur des sujets ignorés ou dédaignés par la presse actuelle. Certains journaux américains envisagent d'ailleurs d'acheter de telles productions pour enrichir leurs contenus.

Pour en savoir plus
Article de Wired News : http://wired-vig.wired.com/news/digiwood/0,1412,68171,00.html?tw=wn_tophead_1ians
Article du New York Times: Armed With Right Cellphone, Anyone Can Be a Journalist : http://www.nytimes.com/2005/07/18/technology/18cellphone.html


Le projet "New and Emergent World models Through Individual, Evolutionary and Social Learning" ou NEW-TIES
JPB 20/07/05

La revue NewScientist présente à la date du 14 juillet 2005 un projet européen destiné à s'étendre sur 36 mois et visant à créer une société virtuelle d'agents dotés de certaines capacités analogues à celles des humains, destinés à évoluer en interaction afin de permettre l'émergence de comportements sociaux non programmés à l'avance. Il s'agit, dans un univers de vie artificielle analogue à celui des jeux numériques de renouveler les expériences faites actuellement au sein de populations de robots autonomes dotés de corps physiques. L'équipe en charge comprend des informaticiens, des spécialistes d'intelligence artificielle et des sociologues. Les universités en charge de l'étude sont celles du Surrey et de Napier (UK), Tilberg et Vrije (Hollande) ainsi que Eötvös Loránd (Hongrie).

Le projet vise à créer une société artificielle évolutionnaire capable d'explorer et comprendre son environnement à travers la coopération. Les agents sont suffisamment complexes et l'environnement suffisamment exigeant pour permettre de développer un système commun d'adaptation. Les promoteurs du projet espèrent voir se créer des modes de communication sur le type langagier qui devraient les éclairer sur l'émergence des langages dans les sociétés animales et humaines.

L'expérience mettra en oeuvre 1000 agents appelés à vivre dans un monde simulé répartis sur un réseau de 50calculateurs fournis par les universités participantes. Chaque agent pourra accomplir des tâches variées, telles que se mouvoir, rechercher d ela nourriture ou construire des structures simples. Mais ils pourront aussi communiquer et coopérer. Une société originale devrait se construire en conséquence. De plus, les agents pourront se reproduire par accouplement avec des partenaires du sexe opposé, leurs descendants héritant d'une sélection des gènes parentaux.

Certains observateurs estiment que cette expérience n'apprendra pas grand chose en matière de sociologie évolutionnaire, sauf en ce qui concerne la manipulation des outils de la réalité virtuelle. Il suffirait d'observer les sociétés humaines ou animales pour en savoir beaucoup plus. Mais ils font, pensons-nous, une erreur méthodologique fréquente. Observer ce que l'on croît déjà connaître n'apprend rien de nouveau. Laisser un système s'auto-organiser selon ses lois propres peut au contraire conduire à des découvertes d'importance, y compris en ce qui concerne les processus sociaux humains qu'en fait on ignore. Nous suivrons donc avec beaucoup d'intérêt les développements du projet.
(Image: NS et Ben Paechter)

Pour en savoir plus
Article du NewScientist : http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn7674
NEW-TIES : http://www.new-ties.org/mambo/


Pôles de compétitivité
JPB 12/07/05

Le 12 juillet, à l'issue de la réunion du Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT), le Premier ministre a révélé les 67 "pôles de compétitivité" labellisés par le gouvernement. Une liste très attendue par des centaines de collectivités territoriales, d'entreprises, d'universités ou centres de formation et de chercheurs, car elle déterminera en partie la carte des emplois et des zones de dynamisme industriel en France. Le gouvernement a donc décidé de d'encourager un maximum d'initiatives. Il doublera les moyens financiers qui avaient été prévus par le CIADT de septembre 2004 : de 750 millions d'euros sur trois ans, le budget passera ainsi à 1,5 milliards. Cela comprend 300 millions d'allégements fiscaux (exonération d'impôt sur les sociétés) et sociaux (exonérations de cotisations sociales pour les chercheurs) et 400 millions de crédits d'intervention ministériels (répartis entre le ministère de l'industrie, de la recherche et de l'aménagement du territoire). Cela comprend surtout 1,5 milliards d'euros qui devront être versés par les agences en cours de création, comme l'Agence pour l'innovation industrielle (AII), l'Agence nationale de la recherche (ANR) ou Oséo, l'organisme de financement qui regroupe trois anciennes structures : l'Anvar, la Sofaris et la BDPME. M. de Villepin avait déjà annoncé dans son discours de politique générale que leurs moyens seraient augmentés, grâce aux recettes de privatisation ou de cessions d'actions par l'Etat. Certains se plaignent de la dispersion. Ils auraient voulu privilégier une douzaine de pôles forts. Mais nous ne sommes pas de cet avis. Il existe énormément de projets scientifico-industriels ne nécessitant que peu de crédits au départ, mais un peu de soutien politique et administratif. On peut espérer qu'ils l'obtiendront si la démarche globale "ratisse large". Dans les regroupements autour de grandes entreprises, ces dernières ont tendance à étouffer les initiatives qui n'émanent pas de leur sein. En l'état actuel de faiblesse de l'innovation, il faut au contraire donner le maximum de chances au maximum de candidats.

Ceci dit, cette solution ne réglera évidemment tous les problèmes du financement de la recherche, même si on ne considère que celui intéressant l'innovation industrielle. Comment seront attribués les moyens? On verra sans doute intervenir des facteurs de politique locale qui ne seront pas nécessairement les plus efficaces. Si par ailleurs, on fait appel à des experts, ceux-ci auront-ils la compétence pour traiter des questions vraiment émergentes? Enfin, comment seront assurées les liaisons avec d'éventuels financements communautaires? Plus généralement, en ce qui concerne les relations entre la recherche et le public, il faudra que chaque regroupement ou cluster fasse des efforts suffisants pour informer toutes personnes intéressées de sa stratégie et des développements de ses travaux.

Nous reviendrons sur ces sujets très importants dans nos prochains numéros.

Pour en savoir plus
Allocution du Premier ministre au CIADT
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions_premier_ministre_9/discours_498/allocution_premier_ministre_comite_53533.html
CIADT Dossier de presse et fiches Pôles de compétitivité
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/ressources/dossiers_presse_13/comite_interministeriel_amenagement_territoire_53532.html


Evénements

Nanoforum 2005 http://www.nanoforum.it/en

Nanoforum 2005, où Science et Entreprise se rencontrent, 28 - 29 septembre
Politecnico di Milano - Sede Bovisa, Via Durando, 10 - Milan, Italie
On nous communique: "C'
est avec plaisir que je vous informe que nous sommes en train de terminer les préparatifs pour la première édition de nanoforum: expo-conférence dédiée au monde des nanotechnologies, en Italie. La mission de nanoforum, qui aura lieu en parallèle avec bioforum (2ème édition), est de rendre la rencontre entre science et entreprise de plus en plus fructueuse et active. Vue l'affinité des sujets traités, nous croyons que la manifestation pourrait faire l'intérêt de vos lecteurs et vous serions reconnaissants si vous pouviez la leur signaler".

Congrès Intelligence de l'enfant, 6,7 et 8 octobre 2005 Paris
http://www.intelligence-enfant-2005.org/index.php
On nous communique: "Avec le concours de la communauté scientifique internationale, les psychologues de l'enfance (cliniciens, chercheurs, universitaires, praticiens, ...) se réunissent à Paris pour faire le point sur le concept d'intelligence chez l'enfant, sur les modèles théoriques et développementaux, sur la question de son évaluation et de sa mesure. La clinique et la psychopathologie de l'intelligence sont au centre de ces rencontres qui réuniront tout ce que la psychologie, la clinique, les neurosciences et les sciences humaines ont produit de pertinent et novateur ces dernières années dans le champ des processus mentaux, de la cognition et de la pensée."


Implants neuronaux et contrôle social
JPB 13/07/05

Sur ce sujet, qui donne matière à beaucoup d'interrogations, tant sur la fiabilité réelle des dispositifs proposés que sur leurs avantages et risques, y compris politiques, signalons un article dont l'auteur est un informaticien français, Alain Goumy. L'article est daté du 3 avril 2005 et nous semble bien documenté. Il s'intitule "Implants neuronaux : vers un contrôle social absolu ? " et peut être lu à l'adresse suivante:
http://www.jp-petit.com/BIG%20BROTHER/implants_neuronaux_Goumy.htm
L'article est hébergé sur le site de Jean-Pierre Petit, personnalité originale qui navigue entre vulgarisation scientifique et science fiction.

Faut-il s'en féliciter, mais l'imagination des chercheurs n'est pas en défaut quant il s'agit de contrôler (monitor) les neurones. La National Science Foundation publie ces jours-ci une information concernant l'envoi de nano-circuits (nanowires) dans les aires cérébrales en utilisant les vaisseaux sanguins. Ces circuits devraient remplacer les liaisons déficientes ou les stimuler. L'équipe est composée de Rodolfo R. Llinás de la New York University School of Medicine, de Kerry D. Walton, de la même Université, de Masayuki Nakao de l'University de Tokyo, ainsi que de chercheurs du MIT. Trouvera-t-on de nombreux candidats pour tester cette technique quelque peu invasive? http://www.nsf.gov/news/news_summ.jsp?cntn_id=104288&org=NSF&from=news

"Nanotechnology is becoming one of the brightest stars in the medical and cognitive sciences," dit Mike Roco, Senior Advisor for Nanotechnology à la National Science Foundation (NSF). Image NSF


Deep Impact
JPB 04/07/05

La presse internationale n'a pas manqué de saluer le succès de la rencontre entre l'"impacteur" de la Nasa et la comète Tempel 1, le 4 juillet, exactement comme il était prévu, à 133 millions de km de la Terre et après une trajectoire de 430 millions de km. On notera que l'impacteur, largué par la sonde mère à une distance de 500 km environ, n'a pu atteindre sa cible, minuscule à cette distance, que grâce à un système de conversation en temps réel entre son appareil de visée et ses propres moyens de correction de trajectoire, complété d'un dialogue avec la sonde. Il s'agit évidemment d'une grande première, dont la Nasa peut se féliciter. Pour un budget relativement modeste de 330 millions de dollars, elle a capté l'intérêt des observatoires du monde entier, sans parler de l'immense impact médiatique de cette belle opération - judicieusement choisie pour aboutir le 4 juillet, Independance Day.

Ceux qui, comme nous, souhaiteraient voir l'Europe attacher un peu plus d'intérêt à sa politique spatiale ne peuvent qu'envier l'habileté de la Nasa à donner du relief à ses opérations. C'est toute l'influence des Etats-Unis dans le monde qui en profite. Ainsi, avec Deep Impact, les commentateurs, à tort ou à raison, attribuent par avance à la Nasa la responsabilité de sauver la Terre d'une future collision avec un astéroïde, un "géocroiseur", en le détruisant ou en le détournant de sa route grâce à une interception réussie. On peut toujours rêver.

La photo ci-dessus (Nasa) montre le noyau de la comète 5 minutes avant l'impact. Le corps correspondant à l'image est de 5 km de large et 7 km de haut. Source http://deepimpact.jpl.nasa.gov/home/index.html

Rappelons que trois autres missions du même type sont actuellement en cours:

- Stardust de la Nasa qui a récupéré de la poussière dans la chevelure de la comète Wild 1 en janvier 2004 et qui est attendue sur Terre le 16 janvier 2006.
- La sonde Hayabusa lancée par l'Agence spatiale japonaise en mai 2003 vers l'astéroïde Itokawa. Cette sonde utilise la propulsion par moteur ionique. Elle orbitera 5 mois autour de ce géocroiseur, puis le frôlera sans pouvoir se poser dessus. Elle le bombardera alors d'un projectile afin de récupérer des débris, puis larguera un petit robot à sa surface pour le photographier. Retour sur Terre prévu pour l'été 2007.
- Enfin, la grande mission européenne vers la comète Churyumov-Gérasimeko déjà mentionnée par nous. La sonde Rosetta a été lancée en février 2004 après moult émotions et atteindra la comète en août 2014. Son programme d'étude est ambitieux. Il comporte l'atterrissage du robot-laboratoire Phylae doté de 10 instruments, dont les données seront rapatriées vers la Terre par Rosetta, sauf incidents toujours possibles.


Echec de Cosmos 1
JPB 04/07/05

Cosmos 1Cosmos 1, le premier engin spatial utilisant une voile solaire, avait été lancé le 21 juin par un missile ICBM tiré d'un sous-marin russe en mer de Barentz. Il s'agissait d'un projet privé américain, financé par la Planetary Society et les Cosmos Studios, qui produisent des expériences pédagogiques scientifiques destinées au grand public. Le système avait été développé en liaison avec la Lavochkin Association et le Space Research Institute russe. L'objectif, suivi avec intérêt par les grandes agences spatiales, était d'expérimenter la propulsion photonique, c'est-à-dire l'effet produit par le choc de photons solaires sur un écran de grande dimension servant de voile. Mais l'expérience a tourné court, du fait de la défaillance du moteur du premier étage du missile porteur. Il est vrai que le budget de la mission, limité à 4 millions de dollars, n'avait pas permis de faire appel à des moyens de lancement moins hasardeux. Cet échec ne remet pas en cause le principe de la propulsion photonique, qui pourrait dans l'avenir servir de moteur inépuisable à des engins de plus grande taille, visant les astres lointains.

C'est la première fois que des fonds privés s'investissent dans l'espace profond. Les spécialistes de l'espace félicitent la Planetary Society de son initiative désintéressée, qu'ils estiment exemplaire. C'est la première fois que des amateurs s'essaient à concurrencer les grandes agences spatiales en encourageant des techniques innovantes jusqu'à présent dédaignées. On souligne que la propulsion solaire pourrait se révéler une solution de grand avenir. Ne nécessitant pas de carburant et s'exerçant sur des durées de temps illimitées, elle pourrait conférer aux engins spatiaux des accélérations considérables. Eric Drexler a calculé qu'une voile solaire d'une surface de 6 km2 (surface considérable il est vrai au regard des standards actuels) pourrait atteindre Pluton en 18 mois en emportant une charge utile de 6 tonnes. Cette distance avait été couverte en 18 ans par la sonde américaine Pioneer 11. On souhaitera dans l'avenir que la Planetary Society ou quelque autre fondation analogue puisse reprendre ces expériences, avec des financements substantiels de l'Esa ou de la Nasa.

Pour en savoir plus
Présentation du projet par la Planetary Society : http://www.planetary.org/solarsail/prelaunch_report1_20050523.html
Comment construire un modèle de Cosmos 1 (pour petits et grands) :http://www.spacecraftkits.com/cosmos1/


Remise des propositions des industriels concernant le projet de porte-avions franco-britannique
JPB 04/07/05

Les industriels français D. C. N. et Thales, britanniques BAE- systems et Thales UK ont remis leurs propositions le 24 juin aux deux gouvernements. Il s'agit de réaliser en coopération un porte-avions à propulsion classique destiné à compléter les flottes actuellement en opération. La Grande-Bretagne souhaite disposer de deux porte-avions de type C. V. F. (Carrier Vessel Future)entre 2012 et 2015. La France voudrait un second porte-avions destiné à doubler le Charles-de-Gaulle à partir de 2014. Ces futurs navires, sur une base commune, disposeront d'aménagements assez profondément différents. La Grande-Bretagne embarquera des avions à décollage court et/ou appontage vertical, de type Harrier. La France en restera au système du catapultag. Par ailleurs l'utilisation logistique des navires sera différente, puisque la France souhaite doter son porte-avions d'une forte autonomie, et donc lui imposer d'embarquer une grande quantité de matériel. Pour la Grande Bretagne le porte-avions dépend d'une escadre d'accompagnement importante. La partie commune des deux équipement, dite "communalité", pourrait selon les industriels représenter 80 à 90 % du projet. Mais ces chiffres restent à vérifier par les administrations maîtresses d'ouvrage. Si les économies générées par une fabrication commune sont insuffisantes, la France n'aura pas intérêt à se joindre à la Grande Bretagne mais dans ce cas son programme prendrait du retard par rapport aux propositions actuelles. Il est évident cependant que cette réalisation en coopération serait essentielle, en termes d'affichage politique, pour souligner que la défense européenne issue du sommet franco-britannique de Saint-Malo de décembre 1998 progresse.

En ce qui concerne la Marine nationale, elle n'aura pas de solution lui permettant de disposer d'un porte-avions lors de la prochaine période d'indisponibilité pour entretien et réparation du Charles de Gaulle, prévue à partir de janvier 2006. On notera par ailleurs que les porte-avions britanniques embarqueront, outre les Harriers, le futur F-35 ou Joint Strike Fighter, présenté par les stratèges américains comme devant définitivement ruiner les espoirs des avionneurs européens d'échapper à la domination américaine - sauf si ce programme JSF ne se heurte pas à certaines des difficultés que des observateurs laissent prévoir: dépassement des coûts, dépassement des delais, problème de poids de l'avion, intégration des technologies avancées (voir De defensa http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1643) - ce qui laisserait d'importantes fenêtres d'opportunité à nos industriels et aux gouvernements européens, si ces derniers souhaitent vraiment s'équiper en matériels européens, Rafale, Eurofighter ou même le suédois Gripen, éventuellement modernisés dans la décennie prochaine.


Galiléo, enfin
JPB 28/06/05

Le même jour où était annoncée l'implantation d'Iter à Cadarache, nous apprenions que le projet européen Galiléo de positionnement satellitaire avait enfin été attribué à un consortium d'industriels européens. La Commission, pendant de longs mois, inspirée par un malheureux esprit de "mise en concurrence libérale", voulait ne choisir qu'un des deux groupes en présence, ce qui aurait condamné pratiquement le perdant à mort...et ce dont ladite Commission n'avait apparemment rien à faire. Mais finalement la raison a prévalu.

Le Galileo Joint Undertaking (GJU), créé par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA), a annoncé, par communiqué, avoir sélectionné cette offre après avoir privilégié la piste de la concurrence entre les deux groupes. "L'évaluation de cette offre conjointe comparée aux deux offres individuelles a démontré une réduction significative de la contribution financière du secteur public et un accroissement des recettes commerciales prévisibles", peut-on y lire. Les deux groupes sont, d'une part, iNavSat - composé de l'Européen EADS, du Français Thalès et du Britannique Inmarsat - et, d'autre part, Eurely, qui comprend le Français Alcatel, l'Italien Finmeccanica ainsi que les Espagnols AENA et Hispasat. Dans un communiqué commun, Eurely et iNavSat ont salué cette décision. "La décision prise aujourd'hui par le GJU représente un pas important pour le programme Galileo", ont-ils souligné, remarquant que "la fusion des consortiums permettra de dégager de nombreuses synergies".


Décision concernant l'implantation du site d'Iter
JPB 28/06/05

(AFP) Les partenaires du projet Iter ont signé mardi 28 à Moscou une déclaration commune par laquelle ils choisissent la France, avec son site de Cadarache, pour accueillir ce réacteur expérimental de fusion nucléaire, un programme de 10 milliards d'euros étalés sur trente ans.

Cette décision met fin à des mois de compétition acharnée entre le Japon et l'Union européenne, avec l'espoir de déboucher sur une nouvelle source d'énergie propre. Tokyo, soutenu par Washington et Séoul, s'est battu bec et ongles pour défendre jusqu'au dernier moment le site de Rokkasho-mura, dans le nord de l'archipel.

Le président Jacques Chirac s'est "félicité" du choix de Cadarache (Bouches-du-Rhône) pour accueillir le réacteur expérimental Iter et il se rendra jeudi sur le site, a annoncé l'Elysée dans un communiqué. Selon le chef de l'Etat, le choix de Cadarache est "un grand succès pour la France, pour l'Europe et pour l'ensemble des partenaires d'Iter".

"Le président de la République, qui a engagé la France pendant plus de deux ans dans cette négociation, se félicite de la conclusion de cet accord qui prend pleinement en compte les intérêts de l'ensemble des partenaires du projet", a indiqué l'Elysée.

Jacques Chirac a remercié la commission européenne et les membres de l'Union européenne "pour leur soutien sans faille dans la négociation", ainsi que "la Russie et la Chine qui, dès l'origine, ont soutenu la candidature de Cadarache".

L'Elysée a en outre annoncé que le chef de l'Etat "se rendra sur le site prévu pour Iter à Cadarache le jeudi 30 juin".

Jacques Chirac a également adressé "un message de remerciements au Premier ministre du Japon, M. Junichiro Koizumi, pour l'esprit de dialogue et de confiance mutuelle qui a prévalu tout au long des discussions et a ainsi permis d'atteindre un consensus international pour le choix du site d'accueil d'Iter", a ajouté la présidence.

Selon M. Chirac, qui souligne "le défi scientifique et technologique sans précédent", "cet accord ouvre la voie à la réalisation en France de cet équipement essentiel pour la recherche sur les énergies qui n'émettent pas de gaz à effet de serre".

" Le porte-parole adjoint du gouvernement nippon, Seiken Sugiura, a admis que le Japon se contenterait des compensations accordées au "pays non hôte". Le "pays hôte" assumera 50% des coûts de construction du réacteur, estimés à 4,2 milliards d'euros, tandis que le pays "non hôte" n'en financera que 10% et obtiendra la direction de la gestion d'Iter. Le site franco-européen de Cadarache avait les faveurs de Moscou et de Pékin".

Rappelons que la décision d'installer Iter à Cadarache était pour notre revue et pour ses lecteurs significative de la volonté de continuer à faire de l'Europe un acteur majeur dans les grands programmes technologiques. Nous avions d'ailleurs plaidé, en cas de non accord avec le Japon et les Etats-Unis, la réalisation d'un Iter purement européen, russe et chinois, ce qui ne paraissait pas hors de portée de nos pays. La participation des Etats-Unis et du Japon au projet, qui semble désormais acquise, est sans doute une bonne chose. Mais il ne faudrait pas qu'elle se traduise par une guérilla permanente interne, pour la définition des phases et le choix des sous-traitants. On veillera en particulier à ce que signifieront concrètement les responsabilités du Japon en matière de "direction de la gestion du projet". Nos amis japonais nous ont habitué à cacher un train sous un autre train. On sait ce qu'ils font en réalité derrière leur prétendue "pêche scientifique" à la baleine.

Complément à la date du 20/07/05

La participation du Japon dans le programme Iter

Comme on le sait, l'implantation du réacteur expérimental Iter à Cadarache vise seulement à démontrer la faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire appliquée à la production d'électricité. Un certain nombre de physiciens doutent encore de cette faisabilité, mais la question qui se pose aujourd'hui n'est pas là. Elle est de savoir quelle part l'Europe prendra dans les recherches et développements destinés à produire un premier réacteur expérimental. Le Japon, soutenu par son allié les Etats-Unis, a obtenu des avantages qui peuvent paraître exorbitants, compte-tenu de sa participation au projet, chiffrée à 10% environ. En effet, la machine Ifmif (International Fusion Materials Irradiation Facility) destinée à produire des matériaux, encore aujourd'hui inexistants, capables de résister aux neutrons rapides produit par la fusion, sera implantée au Japon. De même ultérieurement le premier réacteur de démonstration, entre 2020 et 2025, dit DEMO. Enfin le Japon compte bien prendre une large part à la réalisation des outils robotisés nécessaires aux développements du projet. Ceci est sans doute normal, vu le caractère international du projet, mais il conviendra cependant que les pays européens ne se dépossèdent pas du savoir-faire dans ces différents domaines cruciaux. Des réalisations en double seront sans doute nécessaires.

En savoir plus :
voir : http://www.iter.org


Atlas de cerveaux de singes
JPB 27/06/05

Un correspondant, Shawn Mikula, Ph.D., Postdoc, Center for Neuroscience, University of California-Davis, samikula at ucdavis.edu), , que nous remercions, nous signale l'existence d'un Atlas du cerveau publié en Open source et destiné aux neurologues travaillant sur Internet.
Il intègre des coupes numériques à haute résolution, à l'intérieur desquelles il est possible de naviguer. Les cerveaux utilisés ne sont pas des cerveaux humains, mais des cerveaux de singes Rhésus. La transposition à l'homme ne devrait pas poser de problèmes (question éthique mise à part : serions-nous heureux de voir des tranches de notre cerveau sur Internet? Après tout, pourquoi pas?). Ceci dit, les enseignants et chercheurs apprécieront cet outil qui apporte des possibilités considérables à la représentation du cerveau et de ses fonctions. On pourrait envisager que, grâce à une coopération entre centres de recherches, il puisse gagner dans l'avenir en étendue et en niveau de définition.

Pour en savoir plus
Brain Maps.org : http://brainmaps.org/


Le programme européen Virtual Planet
JPB 27/06/05

Ce programme a été lancé en 2001 entre six partenaires européens dans le cadre des financements de la Commission européenne consacrés à la Société de l'Information (IST programme). Il est désormais opérationnel. Il a pour objet d'intégrer sous une norme d'architecture commune et de présenter en 3D toutes les informations géographiques obtenues par différents moyens d'observation de la Terre, notamment les satellites. Les images 3D obtenues peuvent être accédées et manipulées à partir d'un ordinateur portable. Elles servent à de très nombreuses applications: simulateurs de vol, représentation de paysages en arrière-plan de simulation d'ouvrages d'art, études de zones inondables, préparation de missions dans des territoires mal connus, enrichissement de jeux vidéo et de films faisant appel à la réalité virtuelle.

Les partenaires sont pour la France le groupe CS (http://www.c-s.fr/), l'IGN et le CNES. Pour l'Allemagne, on trouve le Space Agency and Aerospace Research Centre (DLR, Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt) http://www.dlr.de/ et pour l'Italie le Visual Computing group de l'Instituto di Scienza e Tecnologie dell'Informazione (ISTI-CNR) http://vcg.isti.cnr.it/ complété du CRS4 (Center for Advanced Studies, Research and Development) sarde, http://www.crs4.it/.

Pour en savoir plus
Voir l'article de l'IST : http://istresults.cordis.lu/index.cfm/section/news/tpl/article/BrowsingType/Features/ID/77216
Virtual Planet : http://vr.c-s.fr/vplanet/


Robots bipèdes marcheurs, oui. Mais à quand la généralisation des robots coureurs ?
JPB 21/06/05

Science & Vie de mai 2005 donne deux informations que l'on pourrait rapprocher. La première concerne la mise au point par le roboticien Andy Ruina du robot bipède marcheur Cornell, à l'Université du même nom. Nous en avions déjà parlé. La seconde information concerne une hypothèse selon laquelle ce serait la course d'endurance qui a façonné l'espèce humaine en assurant sélectivement sa survie depuis au moins deux millions d'années. La course aurait permis aux hominiens d'arriver les premiers sur des charognes lorsqu'ils auraient aperçu des vols de vautours au-dessus de celles-ci. Les arguments apportés par les anthropologues Daniel Liberman (Harvard) et Dennis Bramble (Université d'Utah) paraissent convaincants. Mais comme le type de course ayant assuré le succès de l'homme étant un phénomène unique chez les mammifères, il serait intéressant d'essayer systématiquement de le reproduire chez des robots marcheurs, afin de les rendre encore plus sélectifs. Beau défi pour les biomécaniciens.

Pour en savoir plus
Le robot Cornell : tous les détails chez notre estimable confrère La Vie artificielle http://www.vieartificielle.com/index.php?action=nouvelle&id_nouvelle=838
Andy Ruina, Home Page : http://ruina.tam.cornell.edu/
Notre article du 14/04/2004 "Rabbit, prototype français de robot bipède marcheur et coureur et marcheur" http://www.automatesintelligents.com/labo/2004/avr/rabbit.html ainsi que notre actualité du 18/06/2003 "Qrio, seul robot au monde sachant courir" : http://www.automatesintelligents.com/actu/031231_actu.html#actu8


Reconstruction du cerveau "in silico"
JPB 19/06/05

A ceux qui estiment impossible de construire une machine informatique qui fonctionne comme le cerveau, sous prétexte que celui-ci n'est pas un ordinateur, IBM et l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFL répondent qu'avant de parler d'impossibilité, il faut avoir essayé - et ce en utilisant les ressources les plus récentes des composants électroniques. Les deux partenaires viennent d'annoncer le 6 juin dernier le lancement d'un projet nommé Blue Brain Project. Ce projet, supposé devoir durer plusieurs années, commencera par la reconstruction d'une colonne néocorticale. Il s'agit dans la nature d'un élément cylindrique d'un tiers de mm de diamètre et de 3 mm de long comprenant environ 10000 neurones. Présentes par millions dans le cortex, ces colonnes constituent la matière grise. Le supercalculateur Blue Gene L prété par IBM comporte assez de processeurs indépendants pour émuler le comportement de chacun de ces neurones (relations dendritiques en principe incluses). L'EPFL apportera de son côté les modèles du fonctionnement du cortex établi sous forme de base de données par le Brain Mind Institute dépendant d'elle. Biologistes et informaticiens coopéreront pour connecter les cellules artificielles d'une façon ressemblant à celle mise en oeuvre lors du développement du phénotype. Ils observeront ensuite les résultats, non sans espérer avoir à terme des surprises agréables - c'est-à-dire découvrir des modes de fonctionnement dont ils n'avaient pas soupçonné l'existence au sein du cerveau et qui permettraient d'expliquer certaines propriétés de l'intelligence et de la conscience non expliquées à ce jour.

Bien entendu, la réalisation d'une seule colonne néocorticale ne suffira pas. Il faudra multiplier les colonnes et leurs connexions. Mais dans une quinzaine d'années, la Loi de Moore aidant, les responsables du projet ne désespèrent pas d'obtenir l'équivalent in silico d'un cerveau humain entier. On voit qu'une telle démarche est à l'opposé de celle visant à reconstituer une conscience artificielle à partir d'agents informatiques n'ayant pas de similitudes avec les neurones. Là on essaiera de copier les structures biologiques de cerveau aussi fidèlement que possible, afin d'observer ce qui en résultera. Beaucoup de neuroscientifiques estiment que le projet n'aboutira pas, mais ils ont beaucoup de mal à justifier ce jugement, puisqu'ils ne peuvent pas montrer ce que serait selon eux le "véritable" mode de fonctionnement du cerveau.

Corpiryght image  : EPFL

Pour en savoir plus
Article de Economist.com : http://www.economist.com/science/displayStory.cfm?story_id=4054975
EPFL : http://www.epfl.ch/
Le Brain Mind Institute : http://bmi.epfl.ch/
Le Blue Brain Project. Communiqué de presse d'IBM : http://domino.research.ibm.com/comm/pr.nsf/pages/news.20050606_CognitiveIntelligence.html


Les Robots, une histoire de la robotique de Chantal Leguay
JPB 19/06/05

Couvertures du livre "Les robots" de Chantal LeguayCe livre qui vient de paraître aux éditions IMHO (19 €), se présente sous une forme originale et très séduisante. En un volume réduit (158 pages), il présente à peu près tout ce qu'il faut connaître de la robotique à travers les âges.
Il est divisé en trois axes, historique, thématique et chronologique (à partir de 1990). Dans chacun d'eux, une page systématiquement illustrée présente les thèmes ou les r
obots caractéristiques. Une impressionnante liste de références accompagne les textes, comportant évidemment des liens sur les sites intéressants. Contrairement à certains ouvrages de vulgarisation, le livre n'hésite pas à donner les détails techniques ou scientifiques nécessaires pour que le lecteur puisse entrer s'il le souhaite dans les arcanes de la vie artificielle et de la robotique, mais ceci d'une façon très lisible. Chantal Leguay est réalisatrice multimédia et s'intéresse plus particulièrement aux développements de la robotique.

Bref il s'agit d'un ouvrage que chacun devrait se procurer s'il voulait commencer à comprendre ce qui est en train de devenir non seulement un fait de société mais un tournant de civilisation

Pour en savoir plus
Le site dédié au livre : http://www.lesrobots.org/


L'automatisation en pharmacie

L'automatisation des pharmacies consiste à automatiser par des système de type robot ou automate la délivrance du médicament. Le pharmacien saisit l'ordonnance informatiquement et celle-ci est prélevée et acheminée par tapis à bande ou par pneumatique.
Les principales marques sont européennes et américaines, ces systèmes équipent les pharmacies d'hôpitaux et les pharmacies de ville pour ce qui concerne l'Europe. Reste à évaluer sérieusement l'intérêt de ces systèmes.

Selon Philippe Lévy, créateur du cabinet conseil Néo Pharma, spécialisé dans le développement des pharmacies:

Le métier de pharmacien est un métier qui change parce que nous changeons, parce que nos besoins en termes de santé n'ont jamais été aussi complexes, parce que nos attentes en termes d'écoute ne cessent de croître… bref parce que nous n'avons jamais eu autant besoin de ces métiers de proximité…

Le médecin, et combien il est précieux, n'a plus vraiment le temps de l'écoute, attaché qu'il est à recevoir cette population qui vit de plus en plus longtemps, à trier les patients qui doivent aller voir un spécialiste et, demain, à essayer de désengorger les urgences.

C'est donc vers la pharmacie que nous nous tournons pour pouvoir parler de nos petits problèmes. Mais comment faire, alors que, dès que nous lui donnons notre ordonnance, il disparaît dans l'arrière boutique chercher pendant de longues minutes nos produits, ce qui crée des attentes parfois interminables à certaines heures de la journée ?

Alors pour accompagner ces changement de comportement les pharmacies se modernisent et même s'automatisent ? Maintenant, le pharmacien tape l'ordonnance sur l'ordinateur et c'est un robot ou un automate qui prélèvent nos médicaments, les déposent sur un tapis roulant ou dans un pneumatique et les envoient vitesse jusqu'au comptoir. Les techniques de logistique jusque là réservées aux industries sont désormais appliquées dans les pharmacies de quartier!

Aujourd'hui 3 % des pharmacies sont équipées au niveau national, au mieux une sur dix dans certains départements. Mais c'est la pharmacie de l'avenir, plus technologique mais aussi plus humaine, performante et sûre".

Pour en savoir plus
www.arx.fr/robot_rowa.html
www.tecnilab.com/fr/move.html
www.apostore.de/home/index.html
www.automedrx.com/pages/about.html


Le plan de la Commission pour soutenir les nanotechnologies
JPB 17/06/05 (merci à Roger Grattery pour l'info)

La Commission européenne avait depuis plusieurs mois annoncé qu'elle considérait les nanotechnologies comme représentant une orientation stratégique importante. Elle a établi un plan destiné à soutenir les recherches dans ce domaine, que l'on trouvera à partir de l'adresse suivante http://www.cordis.lu/nanotechnology/.
L'action est décrite dans la communication datée du 15 juin (voir
http://dbs.cordis.lu/cgi-bin/srchidadb?CALLER=NHP_FR_NEWS&ACTION=D&SESSION=&RCN=EN_RCN_ID:23973&TBL=FR_NEWS

Ce plan, nous citons: "établit clairement ce que la Commission et les Etats membres doivent faire pour que l'Europe reste un acteur de premier plan dans ce domaine. Les actions portent notamment sur les investissements dans les N&N, le renforcement des infrastructures, la formation d'experts interdisciplinaires, la commercialisation, le dialogue avec la société, les préoccupations en matière de santé, de sécurité et d'environnement, et la coopération internationale". Selon le Commissaire Potocnik: "La nanotechnologie est un domaine clé où l'Europe occupe une position de tête, et nous devons consolider cette position. La nanotechnologie représente un potentiel énorme pour l'industrie européenne et pour la société en général, de sorte que la recherche dans ce domaine doit bénéficier d'une stratégie claire et d'une action décisive. Dans le même temps, nous devons prendre en compte tout risque éventuel en matière de santé, de sécurité et d'environnement et y réagir dès que possible".

Le potentiel auquel se réfère le Commissaire à la science pourrait se chiffrer à des centaines de milliards d'euros pour la décennie en cours, selon des analystes. La Commission engagera des crédits dans le cadre du 7e PCRD. Elle demande aux Etats de financer le plus grand nombre possible d'actions complémentaires ou spécifiques, notamment par la mise en place d'infrastructures de type "plates-formes technologiques" . Le financement devrait englober les fonds privés et publics et se baser sur les articles 169 et 171 du Traité CE, les fonds structurels et la Banque européenne d'investissement (BEI).

Nous ne sommes pas certains que l'Europe, comme le dit la Commission, tienne la tête dans le domaine des nanosciences et nanotechnologies. Mais de toutes façons, elle doit viser à disputer le premier rang à ses concurrents. Ceci dit, les actions envisagées ne risquent-elles pas la dispersion, le manque d'évaluation et d'application, sinon un abandon pur et simple à la première difficulté. C'est là, comme dans les autres domaines véritablement stratégiques, qu'il faudrait une action forte et continue menée par un ou plusieurs organismes spécifiques, peut-être de type Agence, qui donnerait aux chercheurs et industriels européens une impulsion analogue à celle qu'ils reçoivent aux Etats Unis de l'administration fédérale.

NB : On constatera en attendant que, comme toujours, des opposants aux sciences et technologies font de l'agitation pour inquiéter l'opinion et susciter la peur. C'est le cas d'un groupe d'activistes plus ou moins anonymes, le PMO, qui manifeste à Grenoble contre les projets des pôles Minatec, Biopolis et Nanobio. Il est normal de chercher à connaître les implications sociales et économiques des technologies, mais ceci ne donne pas tous les droits, notamment celui d'agresser les chercheurs et les collectivités locales. Pour qui exactement roule le PMO? Que veulent-ils? Du chômage? Le site, quoi qu'il en soit, n'a rien de convaincant http://pmo.erreur404.org/



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