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Infoxpress

septembre-octobre 2007

Nous proposons ici une rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES


ABM




Il n’y a toujours pas d'accord entre Russes et Américains à Moscou sur le projet américain de bouclier antimissile en Europe (ABM). La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates ont terminé le 13 octobre leur visite à Moscou au terme de discussions infructueuses. La Russie et les Etats-Unis sont engagés depuis des mois dans une confrontation sur la question du déploiement en Europe centrale d'un bouclier antimissile censé protéger les Occidentaux d'une menace iranienne. Moscou a demandé le gel de ce projet. Condoleezza Rice lui a répondu que les Etats-Unis allaient poursuivre leurs discussions avec leurs "alliés" polonais et tchèques.

Les Etats-Unis réaffirment ainsi leur volonté de poursuivre le projet jusqu’au bout, alors que la Russie menace de "neutraliser" le bouclier et, dans l’immédiat, de sortir du FNI. Signé en 1987 entre Américains et Soviétiques, l'accord soviéto-américain sur les Forces Nucléaires Intermédiaires, d'une durée illimitée, prévoit l'élimination et l'interdiction permanente d'une classe entière de missiles balistiques américains et soviétiques de 500 à 5.500 km de portée.

Les Américains affirment que le système ABM n’est pas tourné contre la Russie, mais rien ne permet d’assurer qu’il ne pourrait pas l’être. Les Russes font valoir qu’il sera d’une extrême sophistication, tout à fait disproportionné aux menaces que pourront faire courir aux Etats-Unis, avant de longues années, des missiles iraniens. Les Etats-Unis ont davantage à craindre de bombes sales déposées par des terroristes à bord d’avions ou de navires que de missiles. Il suffit en fait de regarder la carte du déploiement prévu (AFP) pour comprendre que le système ABM vise à donner aux Etats-Unis une maîtrise absolue et durable de l’espace.

On comprend que la Russie, comme la Chine d’ailleurs, ne puissent pas voir sereinement s’installer une telle domination. L’Europe devrait elle aussi s’indigner, mais pour le moment elle se laisse instrumentaliser en acceptant de prêter sans contrepartie des bases sur son territoire, sous prétexte que ce domaine relève de la souveraineté des Etats nationaux.

Si les grands pays estimaient devoir se prémunir contre des attaques balistiques, bien improbables d’ailleurs, venues d’éventuels Etats en rupture de la communauté internationale, ils devraient unir leurs efforts dans un système coopératif au commandement et aux technologies réparties. C’est justement ce dont les Américains ne veulent pas entendre parler. Pas plus là que dans l’Otan, ils n’accepteront de partager leur pouvoir.


Les actionnaires privés contre les intérêts stratégiques européens

L’affaire dite du délit d’initiés qui handicape actuellement l’image et le fonctionnement d’EADS ne se serait pas produite si EADS avait été une entreprise publique, ne comportant qu’une part infime d’actionnaires privés. Elle n’aurait pas été cotée en Bourse et n’aurait donc pas été soumise aux aléas du marché. EADS conjugue aujourd’hui tous les défauts du capitalisme privé et de l’entreprise étatique, ainsi que tous les défauts des cultures industrielles françaises et allemandes.

Rappelons que jusqu’en 1999, Aérospatiale donnait toute satisfaction, quoiqu’il ait été dit. Héritière de la grande tradition des entreprises publiques à la française, elle avait réalisé la gamme des Airbus et avait réussi à se positionner juste derrière Boeing. Elle produisait aussi d’excellents matériels militaires. Mais, pour céder à l’idéologie libérale, le gouvernement avait jugé bon de la privatiser et d’en offrir la moitié à Matra-Lagardère, alors que c’était Aérospatiale qui apportait les technologies, les capitaux et les équipes industrielles.

Par la suite, dans le souci louable de créer une entreprise franco-allemande, il a été décidé d’ouvrir l’entreprise aux allemands. Mais, là encore, au lieu de faire appel à des capitaux publics allemands (opération présentée comme impensable à l’époque) on a fait entrer Daimler Chrysler dont l’industrie aérospatiale n’était pas la priorité. Pour couronner le tout, une « gouvernance d’entreprise » qualifiée par les experts d’hallucinante a été concoctée pour partager les responsabilités entre français et allemands. Il n’est donc pas étonnant que, malgré ses réussites techniques et commerciales, EADS, résultant de tous ces compromis, n’ait pas réussi à générer une culture industrielle dans son actionnariat. Chacun des actionnaires ne demandait qu’à fuir une entreprise qui ne l’intéressait pas vraiment, car opérant dans un domaine risqué et demandant beaucoup d’investissements non immédiatement rentables.

Aujourd’hui, les « experts » conseillent aux gouvernants de faire d’EADS une « entreprise quelconque », en faisant reculer les intérêts français et allemands actuels et en recherchant de nouveaux actionnaires. Mais qui seraient ces actionnaires, sinon des fonds d’Etat chinois ou russe, des fonds d’investissements pétroliers ou des fonds travaillant plus ou moins ouvertement pour la CIA ? La « golden share » réservée aux Etats ne pèserait pas lourd face à eux. Est-ce ainsi que se créerait la culture industrielle nécessaire pour que l’Europe puisse affronter les superpuissances dans le domaine aérospatial civil et de défense, alors que ces superpuissances s’impliquent ouvertement, financièrement et politiquement, pour maîtriser ce domaine essentiel ?

N’en déplaisent aux libéraux, qu’ils soient français, allemands ou plus généralement européens, seul le statut d’entreprise publique européenne permettrait à EADS, comme à d’autres de ses collègues dans d’autres secteurs également stratégiques (énergie, espace) de redonner à l’Europe la puissance industrielle et technologique qui lui échappe par tous les bouts en ce moment. 10/10/07


Sans gouvernement économique et politique de l'Europe, pas de lutte contre la crise environnementale

Nous ne pouvons qu’approuver Nicolas Hulot lorsqu’il souhaite que la France prenne la tête des pays résolument décidés à changer de mode de développement afin de diminuer, alors qu’il est encore temps, les effets désastreux de la crise environnementale qui s’annonce. Il a raison. La France dispose encore d’une certaine audience internationale et ce qu’elle pourra faire en ce sens ne manquerait pas d’avoir un effet d’entraînement. Le processus initialisé sous le nom de Grenelle de l’Environnement pourrait par exemple est repris ailleurs.

Mais il ne faut pas s’illusionner. La France seule ne pourra prendre que des mesures mineures.

Le niveau européen est le seul adéquat en ce sens. Soit l’exemple de l’emblématique taxe carbone. Pourrait-on envisager de taxer tel produit ou tel comportement gros consommateur en énergie si cet impôt n’est pas applicable dans tout l’espace de l’Union européenne ?

Malheureusement, il ne suffit pas d’affirmer que la lutte contre la crise environnementale doive être menée au niveau européen pour que ceci se fasse. L’Europe dans son statut actuel n’est pas un ensemble politique capable de décisions souveraines. L’Union européenne à 27 Etats ne dispose pas des instances parlementaires et gouvernementales capables d’harmoniser en profondeur les comportements économiques. La zone euro elle-même, qui regroupe les Etats ayant adopté l’euro comme monnaie commune, n'est pas une zone économique et n'est qu'à peine une zone monétaire. Les Etats y sont en compétition permanente entre eux, ce qui exclue toute stratégie coopérative, en matière fiscale et sociale notamment. Il n'existe pas de budgets européens communs et donc pas de possibilité de relance notamment par l'investissement technologique. Les décisions relatives aux taux et aux montants des emprunts relèvent des banques nationales. Les réformes destinées à diminuer les déficits budgétaires et sociaux sont également de compétence nationale. Enfin, comme l'on sait, il n'y a pas encore de statut européen pour l'entreprise et pour le contrat de travail. Comment dans ces conditions se mettre d’accord sur des mesures de lutte contre la crise environnementale qui impacteraient lourdement un certain nombre d’intérêts nationaux.

Le vrai problème à résoudre consiste à créer un gouvernement économique et politique sinon de l’Europe toute entière, du moins de la zone euro, incluant au sein de frontières extérieures non perméables une harmonisation sociale, fiscale et du statut juridique des agents économiques, des politiques budgétaires et d'aide au financement des investissements communes, le soutien à la mise en place de champions européens dans les domaines stratégiques, de grandes politiques communes dans les domaines émergents (espace, transports, énergies) – le tout principalement orienté vers la lutte contre la crise environnementale, au niveau européen comme au niveau mondial.

Mais alors apparaîtra immédiatement une nouvelle difficulté. De telles mesures obligeront inévitablement à remettre en question le dogme du libéralisme économique. Celui-ci, poussé à l’extrême, oblige à confier le sort du monde aux possesseurs des centaines de milliards de dollars regroupés dans les fonds d’investissement. Ces fonds, fonds d’Etat ou fonds privés, ne représentent pas les intérêts européens. Ils visent au contraire à prendre possession progressivement des actifs européens, ce qui aura pour effet d’enlever à l’Europe tout poids économique et politique – y compris dans le secteur stratégique majeur qu’est devenu la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection des environnements naturels. Il est évident que pour ces fonds, l’existence de gouvernements européens décidés à réguler ou réorienter la croissance par des interventions de long terme et non rentables immédiatement constitue une menace immédiate. Ils disposent de suffisamment de relais dans les opinions publiques, y compris en Europe, pour déconsidérer tout discours politique proposant de lutter contre la Grande Crise en mettant en œuvre des mesures de type régalien, c’est-à-dire supposant l’intervention d’Etats souverains regroupés, en ce qui concerne l’Europe, au sein d’une Union européenne elle-même souveraine.

Le dogme du libéralisme absolu ne sert pas seulement les investisseurs financiers. Historiquement et aujourd’hui encore, c’est une arme dont se sert la superpuissance américaine pour obliger ses concurrents à ne pas s’opposer à elle. Les Etats-Unis sont très peu libéraux en ce qui concerne leurs propres intérêts. Leurs groupes industriels dominants s’efforcent pour leur part, tel Microsoft, d’établir partout des positions monopolistiques. Par contre, les Etats-Unis refusent, au nom d’une orthodoxie libérale qu’ils ne pratiquent pas, que les autres puissent intervenir pour se protéger. C’est pourquoi, comme nous le rappellerons ci-dessous, ils ont toujours été et demeurent opposés à l’apparition d’une Europe-puissance capable d’un minimum d’indépendance à leur égard.

La question de la lutte contre la crise environnementale le montre à nouveau amplement. On a constaté, lors de la réunion de 80 chefs d'Etat et de gouvernement à l’ONU le 24 septembre 2007, que le président Georges Bush avait refusé d’y participer. Ce débat sans précédent sur le changement climatique devait lancer la négociation d'un protocole de réduction des gaz à effet de serre, destiné à remplacer celui de Kyoto, qui expire en 2012. Loin de s’y associer, Georges Bush tente de promouvoir un processus parallèle en conviant les principaux pays pollueurs à mettre en œuvre des technologies "propres" fournies par l’Amérique. Cet objectif est perçu par les Européens et certains pays asiatiques comme une diversion.

L’hostilité des Etats-Unis à l’émergence d’une Europe puissance ne porte pas seulement sur les questions environnementales. Elle est historique et s’exprime dans tous les domaines civils et militaires. Elle est très appuyée, en Europe même, parce que l’on aurait appelé avant la deuxième guerre mondiale une « cinquième colonne » bien implantée. Il faut en avoir conscience avant de rêver voir l’Europe prendre un quelconque rôle pilote international, même face à cette urgence extrême qu’est la crise environnementale.

Ceci dit, on ne doit pas faire porter sur les Etats-Unis toute la responsabilité de l’incapacité congénitale de l’Europe à s’unir qui l’affecte depuis des siècles et se poursuit encore. La nécessité de lutter contre la crise sera un puissant antidote mais ne suffira pas. Une Europe-puissance n’émergera dans les prochaines années ou décennies, que si les Européens acceptent de véritables révolutions culturelles et idéologiques, ainsi qu’un certain nombre de sacrifices matériels. 08/10/07


Rejet de Open XML
contribution de Yvon Rastetter, pour Ars Aperta (www.arsaperta.com)

Vous avez évoqué dans un numéro précédent la condamnation de Microsoft par la cour européenne, dans l'affaire Mediaplayer. Vous regrettez qu'au delà de cette condamnation, la Commission n'encourage pas suffisamment les logiciels libres. Je voudrais ajouter que, dans le cadre d'une contribution à une véritable politique industrielle, mes partenaires de Ars Aperta ont joué un rôle majeur dans le rejet de Open XML comme norme à l'AFNOR. La tentative de MicroSoft pour la normalisation de Open XML a montré la faiblesse et l'inconséquence de l'industrie française, tant au niveau du CIGREF qu'à celui du MEDEF. La fausse idée de bon sens comme quoi il faudrait deux normes pour assurer l'évolution sans rupture de l'existant informatique montre que les dirigeants n'ont pas conscience des enjeux de l'informatisation.

Dans sa tentative, MicroSoft révèle l'incohérence de ses choix techniques successifs, générateurs de ruptures et de surcoûts pour ses clients, et surtout sa volonté de verrouiller sa clientèle en rendant ses applications incontournables pour le traitement des fonds documentaires accumulés dans le passé.

Une saine perception des enjeux sur la pérennité devrait au moins être celle du CIGREF. Il devrait en être de même pour un organisme de normalisation comme l'AFNOR. L'effort d'incitation et de pédagogie devrait être celui d'un État stratège que nous appelons de nos vœux. Pour mener à bien son action, il devrait s'appuyer sur des réseaux de compétence et de mutualisation qui se mettent en œuvre.

Je pense aussi aux besoins de pôles de compétitivité: celui de Valorial, le pôle MER et le pôle Innoviande
dont l'animateur a immédiatement réagi à mon message sur les outils du LL. Il me semble indispensable que la DGE au Ministère de l'Industrie assigne au pôle de compétitivé "Ouverture" une mission transversale portant sur la mutualisation pour tous les pôles de compétitivité. Il est consternant de constater que le pôle "Image et Réseaux" ne se considère pas concerné par cela.

Je reviens maintenant aux enjeux européens et mondiaux par la problématique de la norme. La dérégulation incontrôlée n'est sans doute pas pour rien dans le contexte actuel qui risque de voir passer en février une norme ISO de complaisance pour MicroSoft. Même si cela n'arrive pas, il est de plus en plus évident que l'ISO est déconsidérée pour ce qui touche à la normalisation des TIC. Pour construire un environnement mondial cohérent en normalisation, il faudra sans doute une travail commun de l'UIT, du W3C, de l'IETF et de OASIS.

Au niveau européen, il me semble cohérent d'élargir le champ de l'ETSI à tout ce qui touche les TIC, au delà des télécommunications. C'est un travail qu'il faut mener de façon urgente au niveau intergouvernemental avec l'IDABC. 03/10/07


L’Europe en pointe dans la fusion nucléaire

On sait qu’il existe plusieurs processus différents permettant d’obtenir les énergies énormes nécessaires à faire fusionner les atomes d’hydrogène en atomes d’hélium, avec production d’énergie récupérable. Dans tous les cas, il s’agit de « confiner » un plasma de gaz ionisés sous de très fortes pressions. Le premier processus est celui mis en œuvre dans les étoiles, par exemple au sein de notre soleil. On parle de confinement gravitationnel puisque c’est la gravité régnant au coeur de l’étoile qui crée la pression. Le second processus est celui du confinement magnétique, au sein d’enceintes utilisant de fort champs magnétiques afin d’obtenir le même résultat. C’est celui qui sera expérimenté par le consortium international Iter dont les travaux vont commencer à Cadarache (France). Le troisième processus est celui du confinement par inertie. Les physiciens utilisent à cette fin des lasers de puissance (tel le Mégajoules de Toulouse) qui, dans de très petits volumes et dans des temps très courts, provoquent eux-aussi des pressions et des énergies considérables.

Pour être complet, signalons que de nombreux chercheurs, encore considérés comme fantaisistes, poursuivent des projets de fusion à basse température, dite fusion froide, utilisant des catalyseurs.

Les Européens n’ont pas encore tenté de créer un soleil artificiel (encore que certains estiment la chose possible au sein du Grand collisionneur à Hadrons du Cern qui entrera bientôt en fonction). Mais il s’agirait sans doute alors d’une catastrophe, car rien ne pourra confiner l’amorce de soleil éventuellement générée. Par contre, ils sont incontestablement les meilleurs dans les deux autres modes de fusion (sans mentionner la fusion froide où quelques européens font partie des équipes qui s’intéressent, sans résultats probants jusqu’à présent, à cette question).

Cette excellence européenne vient d’être confirmée par un consortium que conduit Mike Dunne du Rutherford Appleton Laboratory d’Oxford (U.K.). L’équipe vient d’annoncer qu’elle utilisera la méthode de la fusion inertielle en utilisant des lasers afin de fusionner des atomes de deuterium et tritium (isotopes de l’hydrogène) en atomes d’hélium. La fusion libérera des neutrons et d’importantes quantités d’énergie. Christine Labaune, directrice de l'Institut Lasers et Plasmas, est coordonnatrice adjointe du projet.

La Commission européenne a accepté de co-financer un équipement dénommé HiPER (High Power Laser Energy Research), pour un montant global de 500 millions d’euros. Les discussions se poursuivent, entre les scientifiques des 15 nations participant au projet, relativement à sa localisation et aux modalités techniques de la réalisation.

On s’étonnera de voir que pour 500 millions, on puisse obtenir une solution alternative au méga-projet Iter. Mais d’une part les deux technologies doivent être poursuivies en parallèle afin de multiplier les chances d’aboutir. D’autre part, les quantités d’énergie produites selon les deux méthodes ne devraient pas être comparables. Enfin, le devis annoncé d'HiPER ne concerne que les premières phases.

Le site de HiPER http://www.hiper-laser.org/


Mission lunaire japonaise

Le Japon a lancé avec succès le 14 septembre une fusée transportant une sonde d'observation de la Lune, première étape d’un ambitieux programme lunaire, le plus ambitieux depuis la mission américaine Apollo en 1969 selon l'Agence spatiale japonaise (JAXA).

Cette mission a pour objectif de mieux comprendre l'origine et l'évolution de la Lune à l'aide d'une quinzaine d'instruments de mesure embarqués. Elle permettra de dresser une cartographie précise de la Lune et de mieux connaître sa surface et ses couches inférieures. Elle devra aussi étudier la répartition des minéraux ou autres éléments, évaluer les phénomènes magnétiques lunaires et s'intéresser au comportement des particules énergétiques et plasmas.

La mission a coûté 355 millions d'euros et doit durer un an. La sonde SELENE pesant plus de trois tonnes, entrera en orbite lunaire dans trois semaines. Cinq jours plus tard, elle larguera un petit satellite de 50 kilos qui servira de relais pour la transmission de données vers la Terre lorsque la sonde sera masquée derrière la Lune. Un deuxième satellite annexe, qui servira à mesurer le champ de gravité de la Lune en association avec son jumeau, sera largué quatre jours après.

Les deux satellites évolueront sur des trajectoires elliptiques à une altitude lunaire variant de 100 km à 2400 km pour le premier et de 100 km à 800 km pour le second. La sonde se rapprochera progressivement de la Lune pour se positionner dans une orbite circulaire distante de 100 kilomètres du sol lunaire. Sa mission achevée, elle s'écraser sur le sol de la Lune.

On sait que, dans le même temps, la Chine et l’Inde mettent en place des missions lunaires. La Nasa pour sa part prépare une implantation permanente, avec la possibilité d’héberger des astronautes. Ce projet plus ambitieux servira de plateforme pour l’exploration de Mars. La dernière contribution de l’Europe (Esa) à l’exploration de la Lune a été la mission SMART 1 (2003-2006). Les responsables de cette mission ont collaboré depuis avec l’Inde, la Nasa et le Japon pour la mise au point de leurs propres missions lunaires. Nous estimons pour notre part que si l’Europe n’est pas capable de financer en propre une mission humaine sur la Lune au moment où les Etats-Unis, la Chine et peut-être d’autres puissances spatiales y remettront le pied, elle perdra une partie de sa crédibilité dans le domaine des vols habités futurs.

PS: on a appris le 4 octobre que la sonde japonaise SELENE s'était mise en orbite autour de la Lune comme prévu.

* Sur SMART1, voir http://www.esa.int/esaMI/SMART-1/SEMEZ2N0LYE_0.html



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