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Science et politique
Un rapport sur les relations délètères entre les grandes entreprises et les universités

" Les intérêts des grandes entreprises compromettent les retombées sociales et environnementales de la science", tel est l'objet d'un rapport que vient d'émettre l'association britannique de chercheurs Scientists for Global Responsibility (SGR). Ses membres, au nombre de 1.000 environ, rassemblent des professionnels des sciences et des technologies se disant soucieux des questions éthiques impliquées par leurs travaux. Le rapport est consultable en version .pdf à partir de l’adresse
http://www.sgr.org.uk/SciencePolicy/CorporateInfluence.html

L'association a été fondée en 1992 et dispose d'un site http://www.sgr.org.uk/ ainsi que de diverses publications.Le titre anglais du rapport est « Science and the corporate agenda: the detrimental effects of commercial influence on science and technology » Il comporte 80 pages écrites par le Dr Chris Langley, auteur d'un précédent rapport « Soldiers in the Laboratory » ainsi que par le Dr Stuart Parkinson, vice président de SGR .

Il montre que les recherches, même celles prises en charge sur des fonds publics, sont principalement conduites sous l'influence des grandes entreprises commerciales participant au financement des recherches, dans le sens des intérêts à court terme de celles-ci, au détriment de l'intérêt général de la science et de la société.

Les exemples sont pris dans 5 secteurs : l'industrie pharmaceutique, les industries pétrolières et gazières, les industries de défense, les biotechnologie et le tabac. Selon le rapport, les entreprises de ces secteurs ont pénétré le cœur des universités, en réduisant leur indépendance et leur ouverture. L'indépendance des recherches individuelles, des programmes de recherche/développemment et finalement des organes de publication scientifique en est directement affectée.

Ceci se manifeste notamment par:

* Une distorsion des objectifs et résultats de recherche. Seuls sont poursuivis et publiés ceux favorables aux entreprises finançant la recherche.
* Une distorsion des plannings de recherche. Les résultats économiques à court terme sont privilégiés par rapport à des objectifs plus universitaires visant la recherche fondamentale à long terme.
* Le financement occulte de groupes d'experts ou de citoyens visant à défendre les points de vue des entreprises, notamment dans le domaine médical ou celui de l'environnement.
* La compromission des universités dans des opérations commerciales qui échappent à la tutelle des corps de contrôle.
* Un embargo systématique sur la publication des résultats de recherche et la libre expression des chercheurs.

Pour lutter contre ces dérives, le rapport fait plusieures propositions :

* Publier les liens entre chercheurs, les entreprises et les groupes de pression.
* Protéger le financement de programmes de recherche fondamentale non orientés (blue-skies research), ayant notamment des implications sociales et environnementales.
* Revoir en ce sens le statut, le rôle et les crédits des universités.

Le rapport en appelle à une action urgente des pouvoirs publics en ce sens (incluant l'Union européenne). Sans cela, les conséquences du changement climatique, de l'accroissement de l'insécurité et de celles des inégalités face à la santé seront de moins en moins étudiées.

NDLR: On peut s'interroger sur les suites pratiques qu'auront ces mises en garde et recommandations. Devant le désinvestissement général des pouvoirs publics face à la recherche désintéressée ou échappant à l'influence des lobbies industriels, la majorité des universités en Europe (et grandes écoles en France), semblent avoir pris leur parti de la course aux contrats commerciaux qui leur est imposée, avec les conséquences néfastes pouvant en résulter. Les chercheurs individuels, pour leur part, n'ont absolument pas les moyens de s'opposer personnellement à de telles dérives, sauf à militer dans des organisations syndicales ou groupes d'étude, tel SGR en Grande Bretagne ou Sauvons la recherche, en France http://www.sauvonslarecherche.fr/

* Contact SGR: Dr Stuart Parkinson 07941 953640; stuartp at sgr.org.uk

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