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La Revue mensuelle n° 111
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octobre- novembre 2010

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Tournoi de robots à Nîmes


Notre ami Frédéric Giamarchi encourage la construction par ses élèves de petits robots mobiles (voir notre article). Il vient de nous adresser
le message suivant, que nous nous faisons un plaisir de retransmettre:

« J'organise à nouveau un tournoi sur ma région en partenariat avec un prestigieux lycée de Nîmes.
Nous espérons accueillir quelques personnalités scientifiques comme Gérard Berry, membre du collège de France et organiser des ateliers robotiques et scientifiques autour du thème des sciences du numérique. Je cherche d'autres conférenciers sur les thèmes de la robotique du
futur et de l'intelligence artificielle. Parmi les ateliers, nos étudiants présenteront notre petit satellite réalisé par les étudiants de l'université de Montpellier pour le CNES.
Par ailleurs, je termine un nouveau livre consacré aux robots de compétition.»

www.geii.iut-nimes.fr/fg
www.robot-sumo.fr


Un marqueur du cancer
Jean-Paul Baquiast - 21/10/2010

Depuis longtemps, les biologistes recherchent la présence d'une molécule facilement détectable qui annoncerait la présence d'un cancer au stade précoce. Or, un article du New England Journal of Médecine daté du 21 octobre (voir http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1001283) annonce que des résultats très prometteurs viendraient d'être obtenus en ce domaine. Les responsables en sont une équipe de chercheurs de l'Inserm dirigée par Nicolae Ghinea (Unité 955) et une équipe américaine dirigée par Aurelian Radu, de l'école de médecine du Mont-Sinaï à New York. Pour la petite histoire, on notera que l'article du NewScientist annonçant ce résultat « oublie » totalement l'équipe française.

Ces scientifiques ont pu montrer, à partir de 1300 malades atteints de onze cancers différents à divers stades de la maladie, que tous portaient une marque biologique commune. Les tumeurs de tous ces patients présentaient de manière systématique une protéine qui est le récepteur à la FSH (follicle-stimulating hormone), une hormone d'origine hypophysaire. En l'absence de cancer, cette protéine se retrouve uniquement au niveau des organes reproducteurs (ovaires, testicules).

Dans leurs travaux, les chercheurs ont détecté la présence de récepteurs à la FSH sur les parois internes des vaisseaux qui irriguent la tumeur. En revanche, ils n'apparaissent pas dans les tissus sains, à l'exception des organes de la reproduction.

Cette piste pourrait mettre sur la voie d'un marqueur universel du cancer, utile pour le dépistage ou le diagnostic. Elle pourrait aussi proposer de nouvelles voies thérapeutiques : le réseau vasculaire est indispensable à la croissance des tumeurs. C'est d'ailleurs souvent grâce à sa présence que l'on détecte les tumeurs. Une molécule dirigée contre ces récepteurs pourrait bloquer la croissance tumorale, comme l'ont déjà montré des recherches menées avec des médicaments dits angiogéniques qui luttent contre la prolifération vasculaire.


Identification de la plus ancienne galaxie observable à ce jour
Jean-Paul Baquiast 21/10/2010

Des observations et calculs réalisés conjointement par les équipes du télescope Hubble de la Nasa et une équipe française conduite par Matt Lehnert de l'Observatoire de Paris, travaillant sur le télescope de 8.2 m de l'European Southern Observatory au Chili, ont permis d'attribuer à une ou plusieurs galaxies primitives un très faible écho lumineux jusqu'à présent non identifié. L'objet baptisé UDFy-38135539 serait âgé de 13,1 milliards d'années. Autrement dit, il remonterait à l'époque ou le plasma primitif né du Big Bang se serait résorbé, laissant passer la lumière.

Nous soulignons ce point dont la presse a parlé abondamment pour mettre en évidence l'intérêt des coopérations entre astronomie spatiale et astronomie terrestre. Dans cette dernière, les investissements consentis par les Européens se révèlent très payants. Il faut continuer, malgré la crise.

Voir http://www.newscientist.com/article/dn19603-dim-galaxy-is-most-distant-object-yet-found.html


La course à la photosynthèse artificielle
Jean-Paul Baquiast - 21/10/2010

A la suite de diverses expériences prometteuses, le Département américain de l'énergie vient d'affecter $122 millions pour la mise en place d'un Joint Center for Artificial Photosynthesis (JCAP) en Californie. Le pays qui gagnera la course à la photosynthèse artificielle (ce que certaines bactéries avaient inventé sur Terre il y a 2 ou 3 milliards d'années) gagnera la course à l'énergie bon marché et (en principe) non polluante. On ne peut que regretter l'absence d'intérêt, à notre connaissance, en Europe, pour cette question.

Voir JCAP http://solarfuelshub.org/


Le Melas Chiasma martien
21/10/2010

Il s'agit de la vue en perspective d'une vallée martienne effondrée, dont le fond serait à 9 km au dessous des plateaux environnants. Les clichés proviennent du German Aerospace Centre (Deutsche Zentrum für Luft- und Raumfahrt; DLR) qui est responsable de la Caméra stéréo à haute résolution embarquée sur la sonde européenne de l'ESA Mars Express. Pour plus de détails, voir l'article ci-dessous.

Voir http://www.dlr.de/en/desktopdefault.aspx/tabid-1/117_read-26969/


Une solution peut-être en vue concernant la mort des abeilles
Jean-Paul Baquiast 16/10/2010

Un article publié par le site public en ligne PLoS One indique que des recherches récentes pourraient peut-être résoudre le mystère relatif aux épidémies décimant depuis quelques années les populations d'abeilles des deux côtés de l'Atlantique. Selon une équipe de chercheurs associant des scientifiques de l'US Army et des entomologistes civils, le phénomène d'effondrement des colonies, dit Colony Collapse Disorder (CCD) pourrait être du à la combinaison d'un champignon et d'un virus. Les chercheurs ont trouvé de petits éléments d'ARN appartenant à des virus propres aux abeilles, associés à des spores de deux parasites Nosema apis and Nosema ceranae. Ils infectent les viscères des insectes. Le problème est que ces éléments se retrouvent aussi bien dans les colonies en bonne santé que dans les colonies déclinantes ou mourantes. On les trouve cependant systématiquement chez les abeilles mortes. Le processus précis de contamination reste à découvrir. Néanmoins de fortes présomptions laissent à penser que le coupable pourrait être en vue.

Restera cependant à rechercher si les conditions de l'environnement interviennent pour favoriser le développement actuel de l'infection. Cette association de parasites résulte-t-elle d'un phénomène évolutif darwinien qui aurait pu se produire en d'autres temps et lieux ou a-t-elle été favorisée, sinon induite par des facteurs propres aux apicultures et agricultures actuelles?

Voir PLoS One
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0013181
Voir aussi le NYT
http://www.nytimes.com/2010/10/07/science/07bees.html?_r=1


Le graphène à l'actualité du Prix Nobel de physique
Jean-Paul Baquiast 07/10/2010

Le hasard fait bien les choses. Nous avions signalé dans un article du 27/09/2010 "Nouvelles considérations sur le temps", les hypothèses révolutionnaires sur l'espace-temps, développées par le physicien Petr Horava à propos des propriétés du graphène. Nous écrivions: «Les atomes de graphène sont de très petites particules et les mouvements des électrons qui s'y meuvent peuvent être décrits par les équations de la mécanique quantique. Comme par ailleurs ils se déplacent à des vitesses très inférieures à celle de la lumière, il n'est pas nécessaire de tenir compte des effets relativistes. Le temps n'intervient donc pas. Si cependant l'on refroidit le graphène aux alentours du zéro absolu, les mouvements des électrons y accélèrent considérablement, comme les distances parcourues, si bien qu'il faut faire appel aux théories de la relativité, et donc au facteur temps, pour les décrire correctement».

Il est vraisemblable que, comme nous, beaucoup de ceux qui ont découvert les hypothèses de Petr Horava ont en même temps découvert le graphène. Or depuis l'attribution du prix Nobel de physique, le 5 octobre, aux chercheurs russes André Geim et Konstantin Novoselov pour leurs travaux sur le graphène, il ne sera plus possible d'ignorer ce corps ni ses propriétés assez extraordinaires. Il s'agit d'un cristal de carbone bidimensionnel ou monoplan (formé d'une seule couche d'atomes), extrêmement fin mais néanmoins très résistant. Il est transparent et bon conducteur de l'électricité et de la chaleur.

Les deux Prix Nobel avaient entrepris leurs recherches sur le graphène à l'université de Manchester Leurs premiers travaux ont été publiés en 2004. Ils avaient obtenu une feuille de graphène à partir de graphite, structure cristalline de carbone qui compose les mines de crayons. Depuis lors, le nombre d'équipes scientifiques travaillant sur ces résultats s'est multiplié, ainsi que les publications.

Ce sont d'abord, au plan fondamental, les propriétés de ce corps qui retiennent l'attention. Ses électrons ne se comportent pas de la même façon que ceux des autres matériaux. Leur étude, comme l'a montré notamment Petr Horava précité, relève selon les conditions de la mécanique quantique ou de la relativité. Sur un plan plus général, il serait intéressant de comprendre les processus naturels ou de laboratoire au terme desquels est apparu un tel corps. Il dérive du carbone, qui est lui-même un corps aux propriétés d'une grande richesse. Mais s'agit-il, comme on le dirait en biologie, d'un « monstre » ou relève-t-il d'une famille de corps aux propriétés voisines. Pour trouver des réponses à ces questions, on pourra lire la note référencée ci-dessous de l'Académie Royale des Sciences de Suède, ainsi que les publications citées par elle.

Au delà de ces aspects fondamentaux, ce sont surtout les applications du graphène qui retiennent l'attention des chercheurs. Il devrait permettre de créer de nouveaux matériaux et de produire des composants électroniques innovants. Les transistors au graphène seront plus rapides que ceux conçus à partir de silicium. D'autres applications pourraient également concerner les écrans tactiles ou les panneaux solaires.

Enfin, du fait de la résistance du graphène, l'industrie devrait pouvoir produire des accessoires fins et légers qui, entre autres, amélioreront les performances des avions et des satellites.

Pour en savoir plus

Fiche wikipedia (en cours de mise à jour) http://fr.wikipedia.org/wiki/Graph%C3%A8ne
Dossier de l'Académie Royale des Sciences de Suède
http://static.nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/2010/sciback_phy_10.pdf


Communiqué : Objets communiquants

L'école d'ingénieurs Télécom ParisTech organise le mardi 19 octobre à Paris des "rencontres-débats-démonstrations" sur la révolution des
objets communicants et intelligents au service de la santé et du
handicap (entrée libre)

Cette journée à la croisée des disciplines réunira professionnels de la
santé, industriels, ingénieurs, chercheurs, usagers et pouvoirs publics.

Vous pourrez en savoir plus sur le site internet de Télécom ParisTech
http://www.telecom-paristech.fr/objets-communicants

ou sur Facebook (régulièrement actualisé):
http://www.facebook.com/pages/Objets-communicants-et-intelligents-pour-la-sante-et-le-handicap/116997921687470?v=wall


Politique spatiale américaine pour 2010 : le rapport de la Secure World Foundation "Sustainability, International Engagement and Stability in Space"
Jean-Paul Baquiast - 04/10/2010

Victoria Samson, chef du bureau de Washington de la Secure World Foundation (SWF), a dirigé un rapport consacré à la politique spatiale des Etats-Unis, qui vient d'être publié le 29 septembre dernier sous le titre "Sustainability, International Engagement and Stability in Space (Durabilité, Engagement international et Stabilité en matière de spatial).

Peu connue des médias, la SWF se présente officiellement comme une fondation privée dédiée au maintien de l'accès de tous à un espace sécurisé et pacifique. Elle vise à soutenir tous les projets spatiaux pouvant avoir des retombées humanitaires et protecteurs de l'environnement. Elle coopère avec un grand nombre d'acteurs industriels et scientifiques s'intéressant à l'espace pour les mêmes raisons.

Il n'est pas nécessaire de se livrer à beaucoup d'investigations pour constater qu'en dehors de ces nobles objectifs, elle vise aussi à maintenir un réseau d'informateurs et de groupes de pression au service de la politique spatiale américaine. Celle-ci cherche à protéger la "full spatial dominance" que les Etats-Unis ont décidé d'assurer depuis les origines dans les domaines spatiaux civils et militaires. Ceci suppose entre autres de connaître et, lorsque cela est possible, de contrôler de l'extérieur ou de l'intérieur les activités des acteurs spatiaux non américains.

Il suffit de lire le rapport émis par le bureau de Washington de la Fondation, référencé ci-dessous, pour constater qu'il reprend et justifie toutes les ambitions géostratégiques de la Maison Blanche, du DOD et de la Nasa en matière spatiale.

En dehors de considérations sur la gestion des débris satellitaires en orbite basse ou géostationnaire, on y trouve des phrases telles que (p.3) "An international approach to cooperative space efforts, as outlined in the NSP, also represents the United States of renewed interest in working within international fora on space security and sustainability issues. For example, the State Department is charged with coordinating U.S.government efforts to Strengthen U.S. Space Leadership in order to reassure allies of U.S.commitments to collective self-defense; identify areas of mutual interest and benefit; and promote U.S. commercial space regulations and encourage interoperability with these regulations".

Sous-jacent à ce rapport est la préoccupation de voir les économies budgétaires que vient de décider l'Administration Obama en réduisant notamment les crédits de la Nasa, nuire au leadership spatial américain. Le lecteur peut se rassurer à la lecture du rapport. Ce rassurant leadership sera maintenu.

Pour en savoir plus
Rapport : http://www.secureworldfoundation.org/images/ObamaAnalysis.pdf
SWF : http://www.secureworldfoundation.org/
SWF: Activités
http://www.secureworldfoundation.org/index.php?id=4&page=About_Us


Le Human Connectome Project (suite)
Jean Paul Baquiast - 01/10/2010

Dans un précédent article, "The Human Connectome Project et la Connectomique", nous avions annoncé le lancement d'un projet visant la réalisation d'une carte complète des connexions neuronales du système nerveux central. Elle permettra d'envisager les multiples connexions correspondant à une fonction mentale simple, au lieu de se focaliser sur quelques millimètres carré de tissu cortical.
Une première étude a reposé sur la participation de 130 sujets, chacun d'eux chargés de tâches plus ou moins complexes, tout en étant observés par MRI (résonnance magnétique).

On apprend aujourd'hui que les National Institutes of Health (Etats-Unis), en charge du projet ont financé un budget de 40 millions de $ sur 5 ans pour scanner les cerveaux non plus de 130 mais de 1.200 volontaires afin de construire la base de données recherchée. Ils espèrent ainsi mieux préciser la carte neurale du cerveau et en déduire les causes de certaines déficiences ou maladies.

De nouvelles techniques d'imagerie seront expérimentées. L'objectif en sera d'obtenir des cartes à la fois structurales et fonctionnelles du cerveau. Le grand nombre et la diversité des sujets acceptant de servir de cobayes permettront de faire apparaître les différences normales d'un cerveau en bonne santé à l'autre. On pourra ensuite comparer ces données à celles provenant de sujets affectés d'autisme et de schizophrénie.

Parallèlement, les chercheurs collecteront les données pour les verser dans la base des données génétiques et comportementales provenant des participants. Ils testeront leurs capacités motrices, sensorielles et cognitives. Le tout sera évidemment rendu anonyme.

La base de données est destinée à être proposée à tous chercheurs sur la planète intéressés à la recherche des facteurs génétiques et environnementaux influençant la structuration du cerveau. Les chercheurs espèrent pouvoir détecter les types de connectivité qui font les différences de capacité entre individus, par exemple le don pour les mathématiques ou l'aptitude à une mémoire performante.

On devine que ce projet fera naître des inquiétudes. Ne va-t-il pas susciter des conclusions ou des applications hâtives ? Mais si l'on veut vraiment comprendre ce qu'est le cerveau et comment il fonctionne, de telles recherches, convenablement encadrées au plan éthique, paraissent indispensables.

Article de Technology Review http://www.technologyreview.com/biomedicine/26347/?p1=A2

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