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Science, technologie et politique
Mémento du candidat aux fonctions électives
Stratégies d'innovation et de recherche. Projets concrets susceptibles d'avoir un effet d'entraînement.
Le domaine des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives

A la demande de personnes exerçant des responsabilités politiques représentatives ou préparant de futures élections, nous proposons ici un petit argumentaire leur permettant d'aborder en public les enjeux attachés au développement des nouvelles technologies.

Le thème étant complexe et générateur d'incompréhensions, alors qu'il devrait être, comme dans d'autres pays, politiquement très porteurs, nous pensons en effet qu'un travail d'explicitation s'impose.

L'aide-mémoire présenté ici n'est pas complet. Il sera de toutes façons modifié en fonction des réactions.
Automates-Intelligents 20/10/2010

 

Plan
Remarque préliminaire
1. Terminologie et définitions
1.1. Comment désigner globalement le domaine ?
1.2. Les nanotechnologies
1.3. Les biotechnologies
1.4. L'informatique (infosciences)
1.5. Les sciences cognitives

2. Enjeux de société
2.1 Les nanotechnologies
2.2. Les biotechnologies
2.3. L'informatique (infosciences)
2.4. Les sciences cognitives

3. Enjeux géostratégiques
3.1 Pays dominants et stratégies de puissance
3.2. La domination américaine encore très forte
3.3. La montée en puissance de la Chine, de l'Inde et du Brésil
3.4 Les retards européens
3.5.La France disposait d'atouts importants, mais elle les laisse perdre.

4. Comment rattraper les retards européens
4.1. Mobiliser l'adhésion des citoyens
4.2. Restaurer le rôle des puissances publiques
4.3. Faire appel aux épargnes nationales

5. Quelques exemples de grands projets mobilisateurs ou stratégiques
- les villes et immeubles auto-suffisants
- les véhicules électriques
- les robots autonomes
- la biologie de synthèse
- des missions robotiques puis humaines sur la Lune puis sur Mars


Remarque préliminaire

La question n'est pas facile à traiter pour un responsable politique, ce qui explique qu'elle soit généralement ignorée. Néanmoins elle est essentielle. Il n'y aura pas de développement ni de croissance en France sans des investissements importants dans ces secteurs, se concrétisant dans des projets concrets. Les autres pays l'ont compris et en font des priorités.

Pour que le discours soit crédible, il doit satisfaire à plusieurs conditions préalables

1. Terminologie et définitions

1.1. Comment désigner globalement le domaine ? A la suite du rapport de 2002 de la National Science Foundation (NSF) américaine, qui a fait date, on a parlé de « sciences et technologies émergentes et convergentes ». C'est trop long et d'ailleurs ce n'est plus exact en ce qui concerne l'émergence. Elles ont cessé d'émerger, elles sont bien établies. La NSF voulait les opposer aux sciences et technologies traditionnelles (énergie, matériaux, chimie...) mais celles-ci sont elles aussi concernées.

Le caractère de « convergence » demeure au contraire essentiel. Les progrès dans chacun de ces secteurs bénéficient à tous les autres. Par exemple l'informatique est indispensable aux trois autres secteurs, mais c'est aussi le cas des nanotechnologies et des biotechnologies. Nous suggérons e qualificatif de « nouvelles », bien qu'il ait été banalisé à propos des technologies numériques. On pourrait aussi dire, « du 21e siècle »: « sciences et technologies du 21e siècle ».

Autre question relative au vocabulaire. Faut-il parler de sciences et technologies, plutôt que, comme on le fait souvent, de technologies? Nous pensons que l'association des deux s'impose. Le discours doit mobiliser d'une part les scientifiques (y compris ceux de la recherche fondamentale) et d'autre part les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui développent les technologies. L'association des deux concepts, sciences et technologies, suggère également que le discours s'adresse aux laboratoires publics (les scientifiques) comme aux industriels, en les poussant à associer leurs démarches.
Nous suggérons donc au choix: sciences et technologies nouvelles (résumé ici en STM) ou sciences et technologies du 21e siècle. Il faut éviter le terme de technosciences, généralement réducteur et destiné à faire peur.

1.2. Nanotechnologies.
Le terme est consacré. Il faut le conserver. Techniquement les #nanosciences et nanotechnologies (NST) concernent l'étude, la fabrication et la manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matériels à l'échelle de moins d'une quarantaine de nanomètres, le nanomètre étant le milliardième de mètre. Pour plus de détails, on peut voir le dossier de Futura Sciences Sciences http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/technologie-2/d/nanotechnologie_4783/
On peut voir aussi le dossier de Techno-sciences.net (http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=4616

1.3. Biotechnologies
Le terme est consacré, mais il ne faut pas le restreindre, comme on le fait souvent par erreur, à la question du génie génétique et des OGM. On peut définir les biotechnologies comme l'application à la biologie (science des organismes vivants) d'autres technologies telles que la microbiologie, la biochimie, la biophysique, la génétique, la biologie moléculaire, l'informatique.

1.4. Informatique
Le terme est trop restrictif. Il évoque plus des micro-ordinateurs que les grands et très grands calculateurs. Nous suggérons « infosiences ». Le terme désigne les sciences et technologies qui concernent le calcul (y compris le calcul scientifique), la numérisation des contenus symboliques de toutes espèces (texte, images...), les réseaux de télécommunications, les diverses formes de robotique et d'intelligence artificielle industrielles.
Sur les robots, voir Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Robot

1.5. Les sciences cognitives
Le terme est consacré, mais un peu rébarbatif. Peut-être faudrait-il employer « sciences de la connaissance » ou même « sciences de l‘intelligence ». Les sciences cognitives désignent d'une façon générale les sciences étudiant le mécanisme des différentes formes de pensée, humaine, animale et artificielle. Elles étudient aussi tout système d'information traitant des connaissances. On y inclut généralement les neurosciences, qui étudient le cerveau et son fonctionnement. Les relations avec les robots autonomes (susceptibles d'acquérir diverses formes de pensée) en constituent un volet de plus en plus important.
Voir Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_cognitives

2. Enjeux de société

Un climat de plus en plus hostile aux techniques et même aux sciences se répand actuellement dans une partie de l’opinion. On ne peut pas évoquer aujourd‘hui les concepts de nanotechnologies ou de biotechnologies, par exemple, sans susciter des craintes. Un certain public exige des comités d‘éthique, souvent des moratoires aux recherches, avec pour unique résultat l‘arrêt de toutes les initiatives. Il ne faut pas exclure les risques et les précautions à prendre, mais pour dépasser ce stade paralysant nous conseillons d’associer systématiquement les sciences et technologies nouvelles à leurs applications au service de la société. D’où l’intérêt d’évoquer les enjeux de société.
On pourrait parler d’enjeux stratégiques, mais le terme, tout à fait fondé, s’il n’est pas précisé, fera penser que l’on vise principalement les applications militaires, suscitant un nouveau rejet. En réalité, les STM sont en général duales, c‘est-à-dire susceptibles d‘applications aussi bien civiles que militaires, ce qui fait leur intérêt stratégique.

2.1. Nanotechnologies

Un Débat Public à eu lieu d 'octobre 2009 à février 2010 (voir http://www.debatpublic-nano.org/ ).
Les nanotechnologies produisent des briques de base qui intéressent de nombreuses industries avancées. On peut citer:
* les biosciences et la pharmacie: par exemple création de molécules associées à des molécules organiques, pouvant circuler dans l'organisme en produisant des effets thérapeutiques, par exemple contre le cancer.
* la production de matériaux, par exemple pour le stockage de l'hydrogène ou de l'électricité, pour les maisons dites zéro-énergies ou passives...
* la production de composants électroniques, puces et processeurs. C'est là que se trouve les principaux débouchés actuellement, compte tenu de la multiplication des objets intelligents.

2.2. Biotechnologies

Comme les nanotechnologies, les biotechnologies produisent des briques de base qui intéressent de nombreuses industries avancées. On peut citer:
l* la pharmacie: production de nouveaux médicaments en médecine humaine et vétérinaire.
* la génétique: décryptage des génomes et ingéniérie génétique. On rappellera sur ce point que la production commerciale d'organismes génétiquement modifiés ne tient pas les promesses que de grandes multinationales comme Monsanto avaient fait miroiter aux yeux des utilisateurs. Mais l'ingénierie génétique demeure indispensable, notamment à des fins de recherche thérapeutique
* la biologie. Le principal enjeu aujourd'hui est la biologie synthétique, visant à fabriquer des organismes tels que des algues pouvant produire des carburants, dépolluer les milieux pollués ou consommer les déchets. Ce ne sont pas seulement les génomes qui sont modifiés, mais l'ensemble de la cellule.

2.3. Infosciences

Les infosciences sont devenues indispensables à toutes les autres sciences, comme à l'ensemble des industries et des services. On considère généralement que l'Europe a perdu la main en ce qui concerne la recherche fondamentale et la réalisation de nouvelles applications et nouveaux outils. Le domaine est dominé par les Etats-Unis, progressivement rejoints par la Chine et l'Inde. Il reste que si l'Europe voulait conserver son indépendance dans des domaines stratégiques, elle devrait conserver ou se donner une forte présente dans plusieurs secteurs où elle dispose encore de quelques atouts. On peut citer:
* les grands calculateurs, dédiés au « calcul de haute performance »: armement ( associé au laser Mégajoule de Bordeaux), la simulation météorologique, l'astronomie terrestre, l'astronautique, la biologie (simulation des protéines), la recherche dans un grand nombre de sciences fondamentales.
* les nombreux domaines de réseaux dits intelligents: réseaux électriques, routiers, domotiques, téléphoniques, d'assistance aux malades et personnes âgées...
* les applications dites du virtuel et du numérique, associant intelligence artificielle et images de synthèse, pour l'imagerie médicale fonctionnelle, l'architecture et l'urbanisme, les jeux électroniques, les industries du multi-média, différents systèmes d'armes, et plus généralement la réalisation de simulations intéressant de nombreuses sciences, telles la biologie, la recherche médicale, ...la paléontologie...
* la robotique sous ses différentes formes: robots industriels, robots automobiles, robots d'exploration océanique et spatiale, robots chirurgicaux, robots anthropoïdes de service ou d'aide à la personne, robots virtuels (sur le net par exemple), robots militaires. Certains considèrent que dans 10 ans, les pays avancés, tels le Japon, disposeront au moins d'1 robot, toutes catégories confondues, pour 10 habitants (source ONU). On associera ici à la robotique l'intelligence artificielle, avec le développement de robots intelligents et conscients sur le mode humain.
* l'industrie spatiale: pilotage des lanceurs, équipements des satellites et des stations au sol...

2.4. Sciences cognitives ou de l'intelligence

Les plus importantes aujourd'hui sont les neurosciences humaines et animales, utilisant en particulier les instruments de l'imagerie cérébrale fonctionnelle pour identifier les aires cérébrales et leurs modes d'activation dans un certain nombre d'activités courantes. Les neurosciences associées à l'intelligence artificielle et à la robotique participent par ailleurs à l'étude de toutes les grandes activités sensorielles et motrices, les langages et autres échanges symboliques, les activités rationnelles, les états de conscience, aussi bien chez les sujets sains que chez ceux atteints de dysfonctionnement divers.

On l'a vu, elles sont dans beaucoup de cas associés à la robotique, afin de réaliser des robots dits autonomes, disposant de capacités pour l'intelligence, les affects, la conscience et l'intentionnalité.

3. Perspectives géostratégiques

Le présent aide mémoire est en cours de complément à partir de ce chapitre 3.
3.1. Pays dominants et stratégies de puissance
3.2. La domination américaine encore très forte
3.3. La montée en puissance de la Chine, de l'Inde et du Brésil
3.4. Les retards européens (à compléter par un "état des lieux" indispensable mais difficile à établir)
3.5.La France disposait d'atouts importants, mais elle les laisse perdre. (à compléter par un "état des lieux" indispensable mais difficile à établir)

4. Comment rattraper les retards européens

4.1. Mobiliser l'adhésion des citoyens.
Il faut commencer par mobiliser l'adhésion des citoyens et électeurs de base. Pour cela il faut proposer des projets ou programmes concrets, susceptibles à la fois de répondre aux grandes menaces actuelles , de réimplanter des emplois qualifiés, des laboratoires et des industries, de susciter l'imaginaire des populations de tous âges et tous métiers. Ces projets feront appel en priorité aux STM examinées ici, mais aussi à d'autres compétences sous-utilisées actuellement en Europe.

4.2. Restaurer le rôle des puissances publiques
Il faut proposer des projets très largement sous la tutelle des puissances publiques, associant en partenariat Etats, collectivités locales et industriels. Sur le territoire européen, ceci se traduira par le développememnt des pôles de compétitivité en réseau.

4.3. Faire appel aux épargnes nationales
Il faut exclure l'appel aux fonds spéculatifs, notamment étrangers. Il est possible d'organiser des modes de financement à long terme mobilisant en priorité les épargnes européennes, sans recréer un « pouvoir des actionnaires ».

5 Quelques exemples de grands projets mobilisateurs ou stratégiques
- les villes et immeubles auto-suffisants (cf parmi d'autres PlanIT Valley au Portugal)
- les véhicules électriques
- les robots autonomes
- la biologie de synthèse
- des missions robotiques puis humaines sur la Lune puis sur Mars

à suivre

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