Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 119
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Sciences, technologies et politique
Les matières premières critiques
Jean-Paul Baquiast- 20/06//2011

On peut aussi les appeler du nom devenu courant de Terres rares, encore que ce terme désigne le minerai au sein duquel on trouve ces matériaux dans la nature. L'attention a été attirée récemment sur leur importance dans toutes les industries modernes, notamment dans celles destinées à produire des énergies renouvelables.

Les menaces d'embargo qu'avait fait planer la Chine sur l'exportation de certaines d'entre elles avaient semé l'inquiétude. L'industrie occidentale avait découvert sa dépendance à l'égard de productions sur lesquelles la Chine exerce un quasi monopole de fait. Elle dispose en effet de 50% des réserves mondiales reconnues, mais, par une politique industrielle judicieuse, elle produit environ 90% des ressources globalement consommées.

Les autres pays industriels ont donc décidé de réagir. Les premiers concernés sont les Etats-Unis. Le Département de l'énergie a publié fin 2010 un premier rapport proposant des politiques de sauvegarde, sous le titre de Critical Materials Strategy. Ce rapport sera mis à jour fin 2011. Voir pour accès au rapport http://blog.energy.gov/blog/2010/12/15/department-energy-releases-new-critical-materials-strategy

Les autres pays détenteurs de réserves sont aussi alertés, afin de mieux exploiter celles-ci. Il s'agit en premier lieu de la Russie, mais aussi de l'Australie et de divers pays disposant de zones désertiques non encore convenablement explorés, en Afrique et en Asie notamment. L'Europe est grande utilisatrice de terres rares, mais ne disposant pas de réserves en propre elle est obligée de les importer, ce qui accroît sa dépendance dans un certain nombre de secteurs stratégiques, l'aéronautique, l'espace, l'électricité, le nucléaire.

Les scientifiques considèrent généralement que la solution consistant à remplacer les terres rares existantes par des produits de synthèse à inventer n'est pas à exclure mais sera généralement trop longue et coûteuse pour devenir crédible. Les pays sans ressources abondantes sont donc confrontés à deux perspectives: récupérer les matières premières critiques dans les déchets industriels ou les résidus miniers, ce qui n'a jamais encore été entrepris sérieusement, ou multiplier les recherches dans de nouvelles couches géologiques non encore sérieusement prospectées à ce jour. On devra aussi dans certains cas apprendre à se passer de certains éléments, en concevant tout autrement les solutions technologiques dans lesquelles ils s'intègrent.

On voit que de toutes façons il devra s'agir pour les industries européennes d'une priorité, vu qu'il serait irréaliste de compter sur les importations, notamment dans la perspective d'un renforcement des politiques de protectionnisme compétitif.

Les principaux éléments rares sont le Neodymium, l'Erbium, le Tellurium, l'Hafnium, le Tantalum, le Technetium, l'Indium, le Dysprosium, le Lanthanum, le Cerium, l'Europium, le Terbium et l' Ytrium. On trouve sur le web toutes indications utiles concernant leurs caractéristiques et leurs usages. Le rapport du DOE précité est plus explicite. On pourra se référer aussi à un article du NewScientist en date du 18 juin 2011, p. 37.

PS au 08/07/2011. Voir aussi notre article sur les ressources océaniques