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Actualités
septembre 2012


Industriels gangsters
Jean-Paul Baquiast 05/09/2012

Le lien entre d'une part l'abus de la consommation de graisses et sucres utilisés pour la production des aliments industriels, d'autre part le développement des diabètes de type 2 (non héréditaire) et de la maladie d'Alzheimer apparaît de plus en plus évident. La croissance continue et conjointe de ces trois facteurs, jusqu'ici niée, est mise en évidence par plusieurs études portant sur le rat. Il n'y a pas de raison de penser que l'homme n'y échapperait pas. A l'inverse, des régimes alimentaires adéquats complétés par l'exercice physique réduirait significativement la survenue des démences (Current Alzheimer Research. vol 8 p. 520. Exploring the Links between Obesity and Alzheimer's Disease . www.benthamscience.com/car/contabs/car4-2.htm ).

Les hygiénistes connaissent depuis longtemps l'effet désastreux des aliments et boissons riches en graisses et en sucres sur l'obésité et les maladies associées. Comme aucun pouvoir politique ne s'est à ce jour montré capable d'imposer aux producteurs comme aux consommateurs le choix d'huiles et de sucres moins toxiques mais plus couteux, l'obésité se développe à grande allure, dans l'ensemble du monde. Si les études mentionnées plus haut se révèlent fondées, se sera à une généralisation de maladies d'Alzheimer de plus en plus précoces que sera confrontée l'humanité. On imagine sans peine les dégâts sociaux et les charges que ceci entrainera pour les prochaines générations (cf NewScientist, 1er septembre 2012, p. 34).

Il est devenu courant de dénoncer le pouvoir financier (les banksters) dans l'évolution du monde global, tout semblant organisé pour maximiser la façon dont les banques mettent la main sur les bénéfices de la production. Ce débat en fait oublier un autre tout aussi légitime: jusqu'à quand certains producteurs de biens et services pourront-ils continuer à imposer, notamment par une publicité omniprésente, la consommation de leurs produits, même si ceux-ci se révèlent dangereux pour la santé et désastreux pour l'environnement? Le libéralisme sans contrôle, dans le domaine de la production et de la consommation, fera autant de dégâts à terme que l'ultra-libéralisme financier. Mais par quoi, dira-t-on, le remplacer. Qui pourra obliger les consommateurs à échapper aux milliards dépensés par les entreprises dans leur course au profit facile? Les gouvernements démocratiques et l'éducation, répondra-t-on peut-être en Europe. Vu la façon dont ces gouvernements cèdent à tous les lobbies économiques, on peut en douter.


La question de la démographie en Russie
Jean-Paul Baquiast 01/09/2012

On considère généralement, sur la foi d'études déjà vieilles de quelques années, que la population russe d'une part diminue en effectifs, d'autre part vieillit et qu'enfin sa situation sanitaire s'aggrave. Ceci fragiliserait la Russie dans l'inévitable compétition qui l'oppose, d'abord aux pays asiatiques mais aussi dans une moindre mesure aux républiques musulmanes de sa périphérie. Nous avons nous-mêmes, dans un texte récent étudiant les perspectives des rapprochements euro-russes, repris cette analyse sans la discuter.

Or un article de Alexandre Latsa, journaliste français travaillant à Moscou et publiant notamment des chroniques sur le site RIA-Novotsi, présente une appréciation bien plus optimiste de l'évolution démographique de la Russie telle que prévue pour les prochaines années ou décennies. Sans nier les faiblesses de la population russe, il estime que la baisse de la natalité et des effectifs devrait régresser, diminuant les risques en résultant pour la survie de la société russe dans son ensemble. Bornons-nous ici à renvoyer à cet article, signalé par ailleurs sur le site DeDefensa. Nous en profitons pour recommander à nos lecteurs la fréquentation de ces chroniques, dont le ton tranche utilement avec celui des médias « occidentaux » inspirés par le soft-power américain (que Philippe Grasset nomme plus justement l'agression douce). http://www.alexandrelatsa.ru/2012/08/le-point-demographique-de-juin-2012-en.html

La question de la population ne peut pas laisser les Européens indifférents, puisqu'à peu de choses près, sauf en ce qui concerne la situation sanitaire, ils souffrent des mêmes maux que la Russie. Les décroissantistes objectent qu'une baisse de la natalité en Europe, comme en Russie, serait une bonne chose, puisqu'ainsi diminueraient les pressions sur l'environnement global. C'est oublier que dans tous les autres pays la natalité continue à croitre, y compris de façon vertigineuse dans certaines régions de l'Afrique et de l'Asie. L'Europe, Russie comprise, ne saurait accepter le non renouvellement de ses populations autochtones. La nature ayant horreur du vide, elle serait très vite soumise à des immigrations galopantes dans lesquelles elle perdrait toute identité propre.

Malheureusement, une décroissance démographique ne peut être arrêtée en quelques années, quelque soit le volontarisme politique manifesté par les institutions. Quant à l'immigration contrôlée, elle apparaît quelque peu une illusion. La question se pose directement aux Russes comme le montrent les débats sous-jacents à l'actuel sommet de l''APEC (Asia-Pacific Summit, 7 et 8 septembre). Le président Poutine vient de créer un ministère du développement pour l'extrême orient et la sibérie orientale. Mais il se bornera dans un premier temps à tenter de contrôler les investissements étrangers et les licences d'exploitations dans le pétrole et le gaz. Il ne pourra évidemment pas résoudre le gap démographique.

 


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