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Actualités
septembre - octobre 2013

 

Un Quantum Intelligence Lab à la Nasa
Jean-Paul Baquiast 25/10/2013

Google (toujours lui) et la Nasa viennent de lancer un Quantum Artificial Intelligence Lab (voir https://www.nas.nasa.gov/projects/quantum.html . Ce laboratoire est doté d'un calculateur quantique (512-qubit D-Wave Two)

Celui-ci sera affecté aux nombreux calculs intéressant la Nasa et divers laboratoires associés, allant des questions techniques aux sciences sociales, en passant par l'espace.

Il s'agit d'une affaire à suivre de près, car c'est la première fois à notre connaissance qu'un organisme officiel se dote d'un calculateur quantique. Jusqu'à présent, une telle machine n'était pas considérée comme très performante pour des calculs scientifiques.

Pour en savoir plus
https://www.nas.nasa.gov/quantum/


Bitcoin déplait aux banques, qui se défendent
Jean-Paul Baquiast 25/10/2013

La monnaie virtuelle cryptée Bitcoin recrute de plus en plus d'utilisateurs. Ceux-ci apprécient de pouvoir procéder à des transactions sur le mode mutualiste, sans passer par le système bancaire, et donc sans payer de frais inutiles. La sécurité y semble aussi assurée que dans les réseaux bancaires, postaux et autres. Comme il fallait s'y attendre, les intermédiaires financiers commencent à s'inquiéter, même si Bitcoin reste encore très marginal. Les gouvernements s'en mêlent.

Récemment, le FBI a arrété un individu faisant du trafic de drogues sur un site nommé Silk Road. Il utilisait Bitcoin et le logiciel crypté Tor (cf. ci-dessous). De mauvaises langues ont suggéré que ceci faisait bien l'affaire des banques.

Il est certain que les promoteurs de Bitcoin auraient intérêt à s'organiser rapidement pour permettre à cette monnaie de se développer d'une façon rassurante. C'est ce que suggère l'économiste Simon Johnson dans un article publié par la Technology Review du MIT .

Pour en savoir plus
http://bitcoin.org/fr/


Tor
Jean-Paul Baquiast 04/10/2013

Bruce Schneier (voir notre article) vient de cosigner dans le Guardian un texte très important concernant le système de cryptologie dit Tor. Voir http://www.theguardian.com/world/2013/oct/04/nsa-gchq-attack-tor-network-encryption. Nous y reviendrons.


L'hydrolien en Manche

Le président de la République vient d'annoncer à Cherbourg la provision de 120 millions d’euros pour les quatre fermes pilotes de l’hydrolien français devant être installées au large du Cotentin. Le cahier des charges de cet appel à manifestation d’intérêt figure au Journal Officiel de ce jour.

L’annonce était attendue depuis le mois de mai dernier et la remise d’un rapport sur la question à la ministre de l’époque Delphine Batho. De nombreux industriels français et européens ont commencé à poser des jalons dans ce qui s’annonce comme un important marché énergétique : le potentiel d’énergie hydrolienne des eaux françaises est estimé entre 3 et 5 GW.

Pécheurs et surtout écologistes dénoncent déjà les effets dévastateurs de ces projets, dans une aire maritime sensible. On peut penser cependant qu'une fois les installations en place, la vie marine s'en accomodera.

Pour en savoir plus
* un article très complet de notre confrère Mer et Marine


Inauguration officielle de l'Airbus A400M. Un succès européen
Jean-Paul Baquiast 01/10/2013

Une cérémonie de remise à l'armée française du premier A400M, le nouvel avion d'Airbus Military, s'est déroulée le lundi 30 novembre en présence de Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la défense, de Pedro Merenés, le ministre espagnol de la défense, du Prince des Asturies et de Tom Enders, le président de Airbus Group (ex-EADS). L'avion avait en fait été déjà livré officieusement en août.

L'A400M est un avion militaire polyvalent. Il est pour l'instantcommandé à 174 exemplaires par huit pays différents : Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique, Luxembourg et Malaisie. La France est donc la première a en prendre possession : l'avion sera basé à Orléans. Il a vocation à remplacer les Hercules C-130 américains et les Transall franco-allemands. La France reçoit le premier A400M, avion militaire de nouvelle génération.

Cet appareil voit le jour après des années de discussions entre les Etats européens commanditaires. Des pressions très fortes en vue de l'abandon du projet se sont toujours exercées de la part des Etats-Unis et de leurs complices européens. Les uns et les autres supportaient mal de voir l'Europe s'émanciper dans le domaine militaire de l'influence américaine, ceci d'autant plus que concernant les avions de transport et les avions ravitailleurs l'industrie américaine semble encore en pleine confusion. Notons sans insister, pour ne pas gâcher la fête, que l'atlantisme s'exerce jusqu'au sein de Airbus, au moins auprès de son président Tom Enders (cf http://blog.hajnalka-vincze.com/2013/09/le-catechisme-transatlantique-du.html ) .

On a beaucoup critiqué les retards du projet et les augmentations de coût. Mais ceci a découlé du manque de coordination des Etats européens dans le domaine de la défense et de l'industrie militaire. Chacun a voulu le plus possible imposer ses normes et ses fournisseurs. L'A400M actuel a du tenir compte de cette complexité. Ceci, notons-le, ne devrait pas le handicaper, au contraire. Il s'agit aujourd'hui d'un appareil particulièrement polyvalent et souple, doté il faut le signaler de moteurs européens, et non américains.

L'A400M va transformer la manière dont fonctionnent les opérations militaires car pour la première fois, il permettra de livrer des équipements de combat au plus près possible des opérations. Equipé de quatre turbopropulseurs, il peut transporter jusqu'à 37 tonnes sur 3.300 kilomètres puis se poser sur des terrains non préparés, avec des blindés ou des hélicoptères. Il sera aussi très adapté à des opérations humanitaires.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, parfait comme toujours (à nos yeux) n'a pas manqué de le signaler. "C'est un ensemble extrêmement performant et je suis assez fier que la France soit numéro un pour la livraison", s'est il félicité sur le site d'Airbus Military à Séville, où l'A400M a été assemblé. "Ce sera, je pense, une petite prouesse technologique"

Airbus Military espère en exporter 400 dans les trente prochaines années, au-delà des 174 déjà commandés en Europe et en Malaisie. L'Allemagne en a commandé 53, l'Espagne 27, le Royaume-Uni 22. Dix appareils seront fabriqués l'an prochain, puis environ trente par an. Les industriels craignent que ces engagements d'achat soient réduits, pour des raisons budgétaires. Mais le risque demeure un peu lointain et ne retire rien à la pertinence du programme. En France, la Loi de programmation militaire en cours d'examen au Parlement, prévoit l'acquisition de 50 appareils dont 15 à court terme.


Présentation du livre « Vingt-sixième étage » d’Alain Bron (Ed. In Octavo, octobre 2013)
par Michel Bloch 29/09/2013

Nous connaissons tous la vie à la fois captivante et désespérante des grandes entreprises ; beaucoup d’entre nous y ont vécu, tous avons été troublés par des anecdotes égrenées par les médias. Pour dépasser ces vues fragmentaires, Il fallait sans doute que l’auteur ait beaucoup appris dans un parcours inaccoutumé tel celui composé par Alain Bron : vagabondage des mathématiques à l’écriture de romans, passage d’inventeur à responsable en entreprise…

Il devait avoir à la fois la faculté de tirer de nos compréhensions partielles une vision nouvelle parce que globale et le talent de faire vivre sa conception à travers d’authentiques personnages de romans.

Une entreprise n’est pas un ensemble isolé mais un élément important d’un réseau de relations multiples entre les individus, entre les personnes au travail et leurs vies personnelles et avec des individus décisifs que le personnel ne voit jamais.

Comme tout système complexe traversé par des boucles d’interaction nombreuses et maillées, l’ensemble de l’entreprise et son environnement a un comportement imprévisible ; un évènement d’apparence mineur – comme le discours impromptu d’un aveugle sans grande responsabilité officielle – peut tout faire basculer vers l’incontrôlable.

Si le discours improvisé d’un Monsieur Personne a plus d’effet que celui très travaillé d’un grand personnage, c’est parce que le message est en accord avec la culture et le vécu des auditeurs, qu’il est adapté au contexte et que la première phrase s’ancre solidement dans toutes les têtes.Les assistantes de direction, les fumeurs en pieds d’immeuble ont des pouvoirs de connexion plus puissants que tous les SMS et toutes les réunions des dirigeants.

Les leçons que je tire du roman ?
Quand une entreprise marche bien, soyez très prudent avant de la perturber par des décisions au sommet ; des évènements mineurs peuvent tout faire basculer  rapidement en de nombreuses occasions ; les connecteurs qui assurent la cohérence ne sont pas ceux que l’on croit ; les vrais experts sont plus crédibles que les responsables…

La seule solution est-elle de sortir du monde de l’entreprise ? Peut-être, mais les difficultés de la vie ne disparaissent pas pour autant. Le personnage qui abuse le plus du système s’en tire admirablement, néanmoins, l’anxiété d’être socialement déclassé ne le lâchera pas.

Notes
* Cadre dirigeant puis consultant en management, Alain Bron (alain.bron arobase free.fr) se passionne pour la sociologie d'entreprise.. Il
a publié des essais, des nouvelles, des romans nommés et primés à plusieurs reprises. Il promeut par ailleurs les arts in situ et préside une compagnie théâtrale.
* Sur le livre et l'auteur, voir http://alainbron.ublog.com/alain_bron_auteur/2013/09/vingt-sixi%C3%A8me-%C3%A9tage-roman-in-octavo-2013.html


Les trois Paradoxes des Big Data Jean-Paul Baquiast 30/09/2013

Nous avons précédemment publié des interventions émanant de chercheurs pour qui l'acquisition de connaissances scientifiques ne se résume pas à la collecte de données en masse (big data) interprétées par des algorithmes statistico-probabilistes plus ou moins complexes, dont les utilisateurs se refusent à donner publiquement le détail. L'étude mentionnée ci-dessous "Three Paradoxes of Big Data" et publiée par le Social Science Research Network, reprend cette discussion en présentant de nouveaux arguments.

Selon les auteurs de l'étude, Neil Richards et Jonathan King, des "évangélistes d'une nouvelle espèce" (big data evangelists) prétendent désormais que les décisions provenant de l'exploitation des données en masse sont plus rigoureuses que celles s'inspirant des connaissances traditionnelles. Tous les champs sont couverts, depuis le recrutement des étudiants, la médecine, la sécurité nationale et la lutte contre la criminalité.

Mais les auteurs constatent que l'évocation des promesses liées à ces nouvelles approches ne s'accompagne pas de celle des risques pouvant en découler. Pour combler cette lacune, ils proposent une approche plus critique.

Ils signalent en particulier 3 paradoxes qu'il conviendrait selon eux d'analyser en détail. D'abord, si l'acquisition des données se fait dans tous les domaines imaginables, elle ne tient aucun compte des protections imposées par les obligations légales ou contractuelles de confidentialité. Il s'agit pour eux d'un premier Paradoxe, celui de la transparence . Ensuite, ce que les évangélistes des big data présentent comme des résultats quasiment miraculeux sont produits au détriment des identités individuelles et collectives. Il s'agit d'un second Paradoxe, le paradoxe de l'identité.

En troisième lieu, si comme le veulent ces mêmes évangélistes, les big data ont le pouvoir de transformer la société, cette transformation se fait au seul bénéfice des pouvoirs dominants, Etats et grandes entreprises. Il s'agit du Paradoxe du pouvoir. Il faudra reconnaître ces paradoxes et lutter contre leurs effets négatifs si l'on veut faire de l'exploitation des big data la révolution annoncée.

Optimisme

Nous ne pouvons pour notre part qu'approuver cette approche. Mais les auteurs ne pèchent-ils pas par optimisme? Nous avons plusieurs fois indiqué qu'il est nécessaire de disposer de ressources considérables en calculateurs et en logiciels pour recueillir et exploiter des masses de données, en quelque domaine que ce soit. Ce ne seront pas des laboratoires universitaires en mal de crédits qui pourront le faire, moins encore de simples citoyens.

L'expérience actuelle montre que seuls en sont capables, non seulement aux Etats-Unis mais dans le monde entier, des organisation devenues dévorantes telles que la National Security Agency ou Google.

Source

* Three Paradoxes of Big Data
Neil M. Richards Washington University in Saint Louis - School of Law
Jonathan H. King Washington University in Saint Louis
3 septembre 2013
Abstract
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2325537
Cette page permet de télécharger les 6 pages du rapport entier


L'initiative américaine BRAIN Jean-Paul Baquiast 30/09/2013

Nous avions signalé, au moment où l'Union européenne semblait s'accorder pour un financement important du projet Human Brain, que Barack Obama lançait simultanément en avril 2013 une initiative importante, dénommé BRAIN (http://thebraininitiative.org/) visant à mieux comprendre les disfonctioonements du cerveau, afin d'améliorer la prise en charge des troubles et maladies en résultant.

BRAIN (Brain Research through Advancing Innovative Neurotechnologies), aussi nommée Brain Activity Map Project, est un projet coopératif visant a cartographier l'activité de chacun des neurones du cerveau humain, sur le mode du Human Genome Project. Il devrait coûter 300 millions de dollars par an pendant 10 ans. L'ambition, ainsi formulée, paraît immense. Mais rien n'est sans doute hors de portée des technologies actuelles ou futures, si s'exerce une volonté politique (Nous dirions: même en l'absence d'une volonté politique).

Bien que placé officiellement sous la responsabilité des National Institutes of Health et de la National Science Foundation, ce projet comporte une importante participation de la Darpa, l'agence de recherche du Pentagone. Y sont également bien représentées les firmes Microsoft, Google et Qualcomm dont on connait l'implication dans la construction d'un cerveau artificiel pouvant se substituer à celui des simples citoyens-consommateurs. BRAIN présente donc une importante stratégique, notamment militaire et économique, dépassant de beaucoup les objectifs de santé publique affichés. C'est tout le poids des Etats-Unis dans la construction du futur cerveau réparti mondial qui en découlera.

Il ne faut donc pas s'étonner de constater que cette initiative avance vite. BRAIN vient de publier un rapport intérimaire auquel il convient de se reporter http://acd.od.nih.gov/presentations/BRAIN-Interim-Report-Presentation.pdf Ce rapport précise notamment les principales étapes aujourd'hui programmées.

Celles-ci devraient être les suivantes:
1) Recenser les différents types de cellules nerveuses.
2) Créer des cartes structurelles du cerveau.
3) Développer un résau à grande échelle enregistrant les capacités cérébrales.
4) Développer des outils pour la manipulation (?) des circuits neuronaux.
5) Lier l'activité neuronale aux comportements.
6) Intégrer les théories, modélisations, statistiques avec les résultats des expérimentations.
7) Mieux préciser les processus sous-jacents aux techniques d'imagerie cérébrale.
8) Créer des mécanismes facilitant les observations chez l'homme.
9) Diffuser les connaissances et les modalités d'apprentissage.