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Sciences, technologies et politique
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L'Internet des objets, nouveau paradis pour les espions
Jean-Paul Baquiast et Chrisotphe Jacquemin - 17/11/2013

Nul n'ignore plus ce que sera l'Internet des objets ou objets communicants, un réseau serré de messages échangés en temps réel par les processeurs qui seront inclus dans les divers objets de la vie courante. On conçoit qu'il ne s'agira pas seulement d'informer le robot aspirateur domestique du fait que le sucrier s'est renversé dans la cuisine. Les messages porteront sur tous les thèmes intéressant l'insertion des particuliers dans les différentes activités de la vie domestique comme de la vie professionnelles, qu'elles se déroulent à la maison, en ville ou sur les lieux de travail.

Les promoteurs de cette nouvelle révolution en attendent notamment un allégement des tâches domestiques ou de nouveaux services dans la télé-surveillance des nourrissons, des malades ou des personnes âgées. Mais on devine sans peine que les principaux acheteurs de ces informations personnelles, sinon intimes, seront les marques commerciales cherchant à définir de nouveaux produits au service de nouveaux besoins. A ce véritable espionnage assuré par les publicitaires et les entreprises s'ajoutera celui des nombreuses agences de sécurité et de police, privées ou publiques, visant à étendre leur contrôle sur les activités des particuliers et sur les objets qu'ils utilisent.

Ceci d'autant plus que le champ de l'internet des objets ne se limitera pas au domaine local. Il sera dès l'origine à portée internationale, au bénéfice des entreprises et des gouvernements capables de financer l'implantation au sein des objets communicants le mise en place des puces jouant le rôle d'espion, ainsi que celui des réseaux numériques de plus en plus automatiques et intelligents visant à recueillir et traiter les nouvelles données en masse (big data) ainsi générées.

Les spécialistes du secteur envisagent que seront ainsi générés dans les prochaines années plusieurs milliers de mille milliards de chiffres d'affaire, avec des bénéfices en conséquence. Les grands industriels américains de l'informatique et des services en ligne s'y sont préparés depuis longtemps. Ils visent non seulement les pays avancés mais les émergents et même le tiers monde. C'est ainsi que Google a multiplié les projets d'applications commerciales qu'il pourra fournir à cet énorme marché potentiel.

Dans le domaine du matériel, Cisco vient d'annoncer la mise au point d'une nouveau processeur ultra-puissant, le nPower chip. Il n'est évidemment pas le seul à s'intéresser au secteur. Aussi tout ce petit monde est-il aujourd'hui très inquiet de la réputation qu'ont donnée à l'Amérique les agences de renseignements des Etats-Unis, à la suite des révélations d'Edward Snowden. Il ne s'agit pas seulement de la NSA mais d'autres organismes tels que la CIA. Celle-ci surveille les transferts de fonds internationaux de la même façon que la NSA le fait des appels téléphoniques et les courriers électroniques, ont rapporté le 14 novembre le New York Times et le Wall Street Journal. 

Les objets de type bureautique seront particulièrement visés par ces intrusions. En conséquence, des baisses de chiffres d'affaires d'au moins 10% sont attendues dans les pays développés. Quant à la Russie et à la Chine, elles pourraient se fermer totalement. Les valeurs en Bourse fléchiront sans doute aussi. Le PDG de Cisco vient de s'en inquiéter publiquement . Mais que demande-t-il exactement, sinon des garanties politiques ou juridiques auxquelles nul ne croira?

On peut penser en fait que ces diverses craintes s'apaiseront, sous la pression d'un développement de l'Internet des objets qui devrait être aussi irrésistible que celui des échanges de données personnelles. Les utilisateurs s'habitueront de plus en plus à vivre dans ce que l'on a nommé un goulag électronique, compte tenu des avantages pratiques, réels ou illusoires, qu'ils espèreront en tirer par ailleurs. Cette perspective est en tous cas beaucoup plus probable que celle de voir un jour démanteler la NSA ou la CIA, comme supprimées leurs petites soeurs en train d'être crées partout dans le monde.