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Sciences politiques
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Escroqueries intellectuelles
Par Jean-Paul Baquiast 07/12/2013

Appelons escroqueries intellectuelles les mensonges délibérés provenant d'adversaires se parant des vertus de l'objectivité, mensonges auxquels ne croient que les naïfs.

Ces derniers jours en ont été prodigues. Donnons quelques exemples:

La célébration mondiale de Mandela, héros de l'anti-apartheid.

Il le fut, ne discutons pas ce point. Remarquons seulement que ceux qui le célèbrent le plus fort font semblant d'ignorer des formes d'apartheid qu'il est difficile de ne pas voir. C'est ainsi que sur les 53 millions d'habitants que compte l'Afrique du Sud, le recensement de 2010 permet d'établir la répartition raciale du pays : 79,2 % des Sud-Africains sont noirs, 9,4 % blancs, 8,8 % coloureds (métis) et 2,6 % indiens. Or on estime généralement que ces Blancs monopolisent environ 80% du produit national africain. Ils sont meilleurs que les Noirs, dira-t-on, notamment dans les emplois à forte valeur ajoutée technologique. Mais pour quelles raisons socio-économiques les Noirs ne rattrapent-ils pas leurs retards? Et pourquoi le gouvernement ne semble pas se préoccuper d'aider les jeunes Noirs à le faire – sauf à dose infinitésimale. N'est-ce pas une forme d'apartheid? La même observation pourraient être faite à propos de la plupart des pays qui se flattent depuis des années d'avoir renoncé à la ségrégation raciale, Etats-Unis et Etats européens notamment, et qui mettent leurs drapeaux en berne pour honorer la mémoire de Mandela. .

Le classement dit de Shanghai

Ce classement, Academic Ranking of World Universities (http://www.shanghairanking.com/) se présente lui aussi comme une belle escroquerie intellectuelle. Il met en évidence, tous les ans, les rangs excellents des universités asiatiques, et plus généralement du système éducatif chinois. Tous les ans, la France se traîne au milieu du peloton. Cette année, elle a encore perdu des places.

En France, l'opposition en profite pour accuser d'inefficacité le malheureux ministre de l'Education Nationale, pourtant fort zélé.

Ceux qui célèbrent les bons résultats de l'Asie, et les mauvais résultats européens, France en tête, oublient volontairement une chose. Ce classement oppose ce que l'on pourrait nommer sans emphases deux choix de civilisations. En Asie, et plus particulièrement en Chine, le mot d'ordre est la conquête du monde. Le système éducatif pousse pour ce faire au maximum les élèves et leurs parents. Beaucoup se suicident ou tombent dans la dépression. Mais qu'importe.

En Europe, et plus particulièrement en France, la civilisation républicaine défend toujours l'idéal d'une éducation qui soit la même pour tous. Or l'émigration, sans être massive, y est forte. Avec le regroupement familial et d'autres facilités données aux émigrés, le système éducatif consacre une grande partie de ses moyens à mettre à niveau des jeunes qui en étaient fort éloignés. On se gausse de l'augmentation du nombre de « décrochages », malgré les efforts méritants de professeurs qui préféreraient peut-être former des « élites ». Mais c'est le prix à payer pour élever le niveau général.

Or ce prix est lourd. Dans la guerre économique qui nous oppose à l'Asie, nous n'avons plus les moyens de dispenser 10h à 12h par jour de formation aux élèves. Nous perdrons donc la guerre économique contre l'Asie. Mais notre niveau d'apartheid y sera moindre. Rappelons à cet égard qu'en Chine, sur une population d'un milliard et plus de ressortissants, près de 600 millions végètent dans des activités sans perspectives. Le nombre des enfants qui décrochent ou plutôt qui ne décollent pas, dans ces tranches de population, est certainement supérieur à nos propres chiffres. Mais curieusement, le classement de Shanghai néglige ces réalités.

France-Afrique, Chine Afrique, Afrique du djihad

L'Afrique, avec ses possibilités de développement économiques, mais aussi son poids géographique, est un enjeu de pouvoir pour les ensembles géopolitiques qui se disputent la domination du monde. On a longtemps critiqué la France-Afrique, c'est-à-dire les connivences qui rassemblaient des gouvernements africains et des entreprises françaises. Mais ce phénomène s'étend à une toute autre échelle dans les pays qui ont la chance ( ou le malheur ) d'attirer la convoitise des Etats asiatiques. Il faudrait donc parler d'une Chine- Afrique, pour nous limiter au domaine des relations de plus en plus étroites des Chinois avec les Etats africains.

Et pourquoi ne pas parler aussi d'une Afrique musulmane, ou plutôt d'une Afrique de la charia voire du djihad. Nous voulons dire par là que si de très nombreux Africains sont de confession musulmane, ce dont à Dieu ne plaise, il apparaît de plus en plus de mouvements combattants s'inspirant du Djidad, qui mènent de véritables actions d'élimination à l'égard des populations chrétiennes ou appartenant à d'autres religions. Si l'Europe laissait faire sans réagir, non plus d'ailleurs que la Russie, notre civilisation serait bien compromise.

Une nouvelle escroquerie intellectuelle, aujourd'hui, consiste dans certains cercles européens à dénoncer un retour de la France-Afrique, à la suite des interventions décidées par François Hollande, d'abord au Mali, puis en Centre-Afrique. Les maigres effectifs déployés par l'armée française, bien que très aguerris, vont se retrouver confrontés à des bandes lourdement armées, propageant la guerre ethnique et religieuse. Mais nos voisins européens, pourtant directement intéressés, nous laisseront prendre tous les risques, avec ce prétexte qu'ils ne vont pas aider au retour de la France-Afrique.