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La Revue mensuelle n° 141
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

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Article. L'irrésistible montée en puissance de Google dans la robotique
Jean-Paul Baquiast 18/12/2013

Robot Atlas de Boston Dynamics


Google a surpris les spécialistes de la robotique en annonçant récemment qu'il avait acheté 8 entreprises américaines et japonaises développant des formes avancées de robotisation. Andy Rubin qui dirige pour Google une nouvelle division en charge des robots à Palo Alto a expliqué que le géant américain poursuivait deux buts – mener à bien des projets à long terme supposant une robotique avancée, tels que des véhicules autonome ou des réseaux de ballons à haute altitude supportant des émetteurs à large bande destinés aux pays dépourvus d'une infrastructure suffisante - élaborer à court terme une large gamme de produits commercialisables robotisés destinées à la vie quotidienne.

La variété des sociétés achetées laisserait supposer que Google ne se limite pas à des objectifs économiques, fussent-ils de long terme ou de court terme. On y retrouve en effet la plupart des robots stratégiques, à usage militaire ou spatial, que nous avons eu l'occasion de mentionner ces dernières années sur ce site.

Citons Boston Dynamics, qui a produit pour la Darpa (US Defence Advanced Research Projects Agency ) divers modèles de robots autonomes adaptés au camp de bataille: le Cheetah qui est le robot quadrupède le plus rapide au monde, le Big Dog, sorte de mulet tous terrains destiné au transport des équipements militaires, les robots androïdes Petman et Atlas, réputés être des humanoïdes particulièrement adaptables aux terrains variés.

Citons aussi la firme japonaise Schaft, qui se spécialise dans les robots humanoïdes de taille humaine, les firmes de San Francisco Meka et Redwood Robotics, qui développent des humanoïdes de petite taille et des bras robotiques, Industrial Perception de Palo Alto qui équipent les robots d'organes de vision de haute précision, Bot&Dolly et Autofuss qui s'intéressent aux caméras automatisées et à la création de filmes en réalité virtuelle, Holomni qui fabrique des roues pour robots.

Andy Rubin a expliqué que Google n'entendait pas se limiter à ces premières acquisitions. La firme dispose de telles ressources financières et les start-up de la robotique sont tellement à court de financement que potentiellement Google pourrait acheter toute l'industrie mondiale du robot, aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

Un objectif beaucoup plus ambitieux

On peut se demander si la firme ne poursuit pas un objectif beaucoup plus ambitieux, dont elle préfère ne pas parler. Compte tenu du fait que la robotique et l'intelligence artificielle deviendront de plus en plus évolutionnaires et autonomes, autrement dit « intelligentes », les systèmes reposant sur ces technologies pourront très bientôt prendre seuls des décisions en tous domaines éventuellement bien plus efficaces que celles des cerveaux humains.

Google pourra ainsi, bien au delà de son « business model » affiché, c'est-à-dire donner à des producteurs et publicitaires le moyen d'orienter les choix des acheteurs, poursuivre en toute liberté l'ambition qui la rend déjà particulièrement redoutable aux yeux des défenseurs de la démocratie: tout connaître concernant l'activité des citoyens et, dans ce but, leur fournir sous prétexte de services rendus, des équipements (tel le Google Glass actuellement mis sur le marché) des outils et applications qui les assujettiront de plus en plus. Cet assujettissement accroitra les pouvoirs des corporations financières et industrielles, comme ceux des services gouvernementaux de contrôle.

Parallèlement, d'une façon tout aussi ambivalente, nécessairement dangereuse si elle n'est pas contrôlée (et elle ne le sera pas), Google poursuivra désormais le projet de cerveau artificiel, pour lequel il a recruté récemment le spécialiste du domaine, Ray Kurzweil. Celui-ci a parié qu'un cerveau artificiel, réparti ou incorporé, verra le jour avant 30 ans.

Si Google poursuit sa politique de robotisation accélérée, financée par les innombrables consommateurs naïfs de ses produits et services, ce délai pourra être considérablement raccourci. Différentes formes de cerveaux artificiels à forte composante robotique manifesteront une supériorité définitive sur les cerveaux humains – tout au moins sur les cerveaux des populations mondiales qui n'auront pas, sous la forme dite du post-humain, mutualisé à leur profit les ressources de l'artificialité conjuguées à celle de la biologie.