Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 141
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Technologies et politiques. Echec du Rafale au Brésil
Jean-Paul Baquiast 21/12/2013

Toutes les explications techniques - selon lesquelles le Rafale était trop complexe pour les besoins de l'armée de l'air brésilienne - toutes les explications financières - selon lesquelles il était trop coûteux - ne sont que des caches-misère pour dissimuler le fait que la France, et plus particulièrement ses présidents successifs, Sarkozy et Hollande, n'ont jamais rien compris ou voulu comprendre au rôle qu'ils pouvaient jouer dans l'émergence d'un nouveau pouvoir, celui des BRIC, capable à terme de contrebalancer la domination de l'Empire américain.

Nous avons plusieurs fois rappelé ici ce que signifie ce concept de BRIC; une union de plus en plus stratégique entre les émergeants – émergés depuis longtemps d'ailleurs - que sont notamment le Brésil et la Russie. Un nombre croissant de responsables européens considèrent dorénavant que l'Europe ne pourra espérer compter à nouveau dans les politiques internationales sans mettre en place des alliances stratégiques, au moins sur certains points essentiels, avec les membres du BRIC. On parle à cet égard d'un euroBRIC, qui commence à monter en puissance.

Mais la France n'a jamais voulu reconnaître l'intérêt du rôle qu'elle pouvait jouer pour renforcer cet euroBRIC. Deux raisons expliquent son indifférence, sinon son refus. La première est la cécité politique, qui empêche les Français de se projeter par la pensée en dehors de leur pré carré, et d'anticiper le futur. La seconde est plus grave. Il s'agit de l'opposition américaine au BRIC, dans lesquels ils voient à juste titre des compétiteurs de plus en plus efficaces. Comme à tous les niveaux les intérêts français sont pénétrés d'atlantisme, les Etats-Unis n'ont pas d'effort à faire pour torpiller les rapprochements français avec les BRIC, même au sein d'un futur euroBRIC. Les gouvernements français, y compris l'actuel, n'ont aucun état d'âme quand il s'agit de céder aux pressions américaines.

Avec la Russie, la France a pris le parti, irresponsable et intenable à terme, de snober le gouvernement russe. Y compris en refusant pour des raisons étranges d'envoyer une représentation de niveau suffisant aux Jeux Olympiques de Sotchi. Il serait bien étonnant dans ces conditions que des rapprochements économiques et en matière militaire (nous pensons à la coopération entreprise à l'occasion du porte-hélicoptère Mistral) aient beaucoup de suite. Avec le Brésil, les maladresses furent encore pire, tant à l'égard de l'ancien président Lula que de l'actuelle présidente Dilma Roussef. Rien ne fut fait, sous le vernis de déclarations d'amitié superficielle, pour aider le Brésil à conforter sa position, notamment en ce qui concerne ses relations avec l'Iran et plus récemment sa résistance aux emprises de la NSA et de la CIA.

Si la France était restée ce qu'elle commençait à être sous De Gaulle, une puissance à volonté d'indépendance, se donnant les moyens de lutter efficacement contre l'influence américaine, elle aurait certainement intéressé le Brésil. Le Rafale n'aurait pas été jugé trop luxueux ou trop cher car des versions plus économiques auraient été développées en commun. Les amis de l'Amérique en France n'auraient pas eu l'occasion de se réjouir des pseudos-échecs commerciaux du Rafale, qui ne sont que des échecs politiques. Mais Sarkozy et Hollande n'ayant rien fait de sérieux dans cette direction, le Brésil a choisi le Gripen suédois (image), qui ne verra le jour d'une façon opérationnelle que dans quelques années. En tant qu'européen, on ne pourrait même pas se consoler de ce choix car, ne correspondant à aucune ambition en matière de politique internationale, il ne profitera en rien à l'euroBRIC.

Note
Partenariat France Brésil
Certes, les brésiliens ne peuvent pas tout acheter en France..
Fin 2009, ils avaient signé un contrat géant de 6,7 milliards d'euros avec DCNS pour se doter d'une industrie de défense sous-marine.
Plus récemment, les groupes Arianespace et Thales Alenia Space ont obtenu des contrats pour le lancement et la fourniture d'un satellite de défense et de télécommunications brésilien.
Thales Alenia Space a signé un préaccord avec l'Agence spatiale brésilienne, portant «sur un transfert de technologies spatiales vers le Brésil»…

On pourrait donc considérer que le partenariat stratégique France-Bresil marche plutôt bien.

Cependant, sur le Rafale et plutôt le Gripen, on peut lire cet article extrait du blog " Une certaine idée de l'Europe". Il remet les choses en place. Voir http://blog.hajnalka-vincze.com/2013/12/le-gripen-au-bresil-un-choix-pro.html