Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 142
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Article. Discussion sur l'ordinateur quantique
Christophe Jacquemin 07/01/2014

A la suite à notre article sur l'ordinateur quantique (http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2014/142/ordinateur_quantique_nsa.htm) nous avons reçu de l'un de nos correspondant la réaction suivante:

" Evidement, je ne suis pas d'accord avec vos propos sur l'ordinateur quantique. Ce n'est pas la première fois que de telles annonces sensationnelles remuent le Landerneau. L'histoire de l'architecture des ordinateurs est pleine de ce genre d'annonces depuis le début de l'informatique. J'ai vu passer les ordinateurs massivement parallèles, les waffer-scale, les ordinateurs supra-conducteurs, l'ordinateur optique et l'ordinateur quantique depuis plus d'un demi-siècle.....

En fait, la structure du monde informatique aux USA n'est pas organisée de la même manière qu'en Europe. Il existe deux sous-mondes : Celui des industriels qui étudient et produisent les machines commerciales et les universités, les centres de recherche (même industriels) et les start-ups qui courent après le Graal. Les USA sont pleins de prototypes qui ne donneront jamais de produit... Ces objets sont des sortes de fantasmes matérialisés qui alimentent un univers onirique dans lequel se précipitent les militaires et les technocrates. Le problème c'est que les technocrates du reste du monde s'y précipitent aussi et lancent de coûteux projets qui finissent à 99% dans la poubelle, au point qu'il se murmure qu'il s'agit d'une stratégie US pour égarer la concurrence. En général, on parle de ces projets à chaque renouvellement de leurs financements..... Le sot n'est pas celui qu'on pense....

Une règle d'or : Les militaires et les start-ups ne peuvent pas prendre en cachette une très grande avance technologique. Les progrès technologiques se font par petits pas, un peu n'importe où et les heureux trouveurs s'empressent de publier leurs résultats dans Science ou Nature. Le progrès est donc à peu près traçable et le nombre de Qbit réalisables assez bien connu. Le labo de Normale Sup rue d'Ulm est à la pointe de ces recherches. Un ordinateur de petite puissance contient quelques milliards de bits classiques, c'est loin du nombre de particules que l'on peut tenir en cohérence..... Il faut se méfier des projets d'avenir et qui le resteront....

Comme toutes les grandes agences US, la NSA et la NASA financent des projets "d'avenir". Ce n'est pas pour cela qu'ils vont les utiliser après-demain..... C'est un peu leur façon de faire du mécénat.

Pour réaliser la prochaine génération d'ordinateurs commerciaux, il va falloir travailler au niveau quantique pour faire des transistors d'un nanomètre sur une dizaine d'atomes. On en parle peu mais c'est cela qui sera dans les PC (et dans les super-computers) d'ici moins d'une dizaine d'années."

Cet avis est intéressant et nous en remercions l'auteur. Voici cependant ce que répond à son tour Chritophe Jacquemin. Alain Cardon préparede son côté un article sur la révolution des logiciels qui s'annoncent, pour utiliser les ordinateurs quantiques. Avec cela, en cas de succès, les USA déclasseront toute l'informatique du monde.
Automates Intelligents.


Si on regarde par exemple D-Wave, ils ont déjà vendu un modèle de leur ordinateur quantique à la NASA et à Google.
Quand D-Wave avait fait une annonce, en 2007, elle annonçait 16 qbits...
A l'époque, nombre de scientifiques avaient dit que ce n'était pas possible, que c'était un effet d'annonce...
Quelques mois plus tard, D-Wave parlait de mettre au point un ordinateur avec 100 qbits... Leur site à l'époque montrait pas mal de choses (mais finalement peu). Aujourd'hui, il n'y a aucune information technique sur leur site...
100 q bits paraissaient déjà immenses...
Aujourd'hui, l'ordinateur de D-Wave a aujourd'hui 518 qbits.... !!
Alors bien sûr, nombres d'inconnues demeurent.

Et même si pour l'instant, disposer d'un système qui permettrait de casser n'importe quel code n'est pas d'actualité, on voit que la technologie avance, que forcément, des programmes de calcul de traitements des informations iront dans le sens de ce que souhaite la NSA.
Par exemple, le standard dans l’industrie en matière de chiffrement est une clé de 1024-bits
Factoriser quasi instantanément un nombre de 1 024 bits requiert en principe de disposer d'un ordinateur de 2048 qbits...

Vu l'avancée de D-Wave, je ne vois pas ce qui peut empêcher d'arriver tôt ou tard de ces 2048 bits.
Restera à avoir le programme permettant de factoriser, via le maniement de qbits.

Et comme il est dit dans l'article, La question est finalement moins ici de savoir quand - et si - cet ordinateur sera capable d'être opérationnel, mais de constater la capacité énorme de l'Amérique à investir sur toutes les technologies de puissance.

Et puis, il est bon d'avoir ces chiffres à l'esprit :
Les États-Unis consacraient en 2005 75 millions d'euros aux recherches sur les ordinateurs quantiques contre 8 millions pour l'Europe. Le Canada 12 millions d'euros par an, le Japon 25 millions et l'Australie 6 millions.

En Europe on est donc loin du compte. Comment voulons nous que nos chercheurs se distinguent ?