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Sciences, technologies et politique

Rachat de Whatsapp par Facebook
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 20/02/2014

Facebook vient d'annoncer, le 19 février, le rachat surprise de l'application WhatsApp, pour la somme énorme (même au regard de ses moyens considérables) de 16 milliards de dollars, dont 4 milliards en cash et 12 milliards en actions. Les fondateurs et les employés de WhatsApp recevront 3 milliards de dollars supplémentaires sous forme de stock-options, portant le total de l'opération à 19 milliards de dollars.

À ce prix, Facebook reprend l'une des applications pour smartphones et tablettes les plus populaires au monde. Chaque mois, plus de 450 millions de personnes utilisent WhatsApp, dont 70% se connectent quotidiennement, pour s'envoyer gratuitement des messages, en lieu et place des SMS. Quelque 19 milliards de messages sont envoyés chaque jour, et 34 milliards reçus, autant que de textos qui transitent chez les opérateurs télécoms. Le rythme actuel de nouveaux abonnés quotidien est en progression exponentielle et on prévoit pour cette année quelque 50 milliards de messages échangés.
L'usage de WhatsApp est gratuit la première année et sans publicité, y compris pour correspondre vers l'étranger, après quoi l'accès est facturé 0,99 dollar par an. Ce succès montre toute la puissance du modèle "freemium", qui permet d'attirer un grand nombre d'utilisateurs avec un service au premier abord gratuit.

Le rachat de WhatsApp traduit la volonté de Facebook de multiplier les applications mobiles pour s'imposer comme le centre des communications sur smartphones et tablettes (la firme réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaire publicitaire sur les supports mobiles). Facebook avait précédemment développé un concurrent de WhatsApp, Facebook Messenger, qui n'a guère rencontré de succès. Il avait auparavant tenté de racheter en vain Snapchat, une autre application de messagerie très populaire chez les jeunes et très jeunes. Son cofondateur avait pris soin de refuser l'offre (3 milliards de dollars), ainsi d'ailleurs que celle d'un rachat par Google (offre de 4 milliards de dollars).
Viber, autre opérateur important de la messagerie sur smartphones, a été racheté la semaine dernière par le japonais Rakuten pour 900 millions de dollars.

WhatsApp présente ainsi son application sur son site :
"application mobile de messagerie multiplateforme
vous permettant d'échanger des messages sans avoir à payer pour vos SMS. WhatsApp Messenger est disponible pour iPhone, BlackBerry, Android, Windows Phone et Nokia. Ces appareils peuvent communiquer entre eux ! Il n'y a pas de coûts associés à vos messages et pour rester en contact avec vos amis car WhatsApp Messenger utilise le même forfait que celui utilisé pour l'e-mail et la navigation web. En plus d'une messagerie traditionnelle, les utilisateurs WhatsApp peuvent créer des groupes, et s'envoyer autant d'images, de vidéos et de messages audio qu'ils le souhaitent".

Garder à tout prix le contact avec les jeunes utilisateurs

Qu'est-ce qui intéresse Facebook dans Whatsapp ?
C'est un bon moyen de garder le contact avec les jeunes utilisateurs, qui ont désormais tendance à se détourner de Facebook, fréquenté par leurs parents.
Il s'agit donc de conserver (et de se donner) la base d'utilisateurs la plus large possible, jeunes et moins jeunes, avant d'entreprendre de grandes manœuvres commerciales (et aussi d'espionnage) en direction de ces utilisateurs. Les adresses représentent donc à elles-seules une valeur considérable. A partir de celles-ci seront entreprises des actions publicitaires, voire de simples opérations de communication, à la demande de telle ou telle entreprise ne disposant pas de cette base et prête à payer pour cela.

Les utilisateurs de telles messageries ne se rendent pas nécessairement compte des risques qu'entraîne leur usage, notamment en matière de protection des données personnelles. Mais vu leur jeune âge, la plupart ne s'en soucient pas. Nous sommes là en présence d'un phénomène de grande ampleur intéressant toutes les sociétés, y compris dans les pays en développement. On peut se demander ce que les uns et les autres nous deviendrions si ces réseaux disparaissaient, à la suite d'une catastrophe.

On notera cependant que les serveurs des opérateurs de ces messageries comportent apparemment des failles considérables de sécurité. Celles-ci, il y a quelques semaines, avaient permis à des hackers de pirater et revendre des listes d'abonnés à partir de Snapchat, messagerie concurrente.

Whatsapp est peu connu en France mais on peut parier que Facebook fera rapidement ce qu'il faut pour qu'il le soit bien plus. Rentabiliser les 19 milliards dépensés oblige.


* Whatsapp