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Sciences politiques. En Ukraine, qui cherche l'affrontement, Vladimir Poutine ou l'Otan?
Jean-Paul Baquiast 19/03/2914

On peut difficilement penser que Vladimir Poutine, après le rattachement de la Crimée à la Russie, imaginerait sérieusement d'envahir les Etats européens ex-Pays dits du « bloc soviétique, le premier d'entre eux étant la Pologne, pour reconstituer l'ancien Pacte de Varsovie disparu avec l'Union soviétique. Peut-être au plus se bornera-t-il à pousser à une fédéralisation de l'Ukraine, la partie Est de celle-ci se rapprochant de la Russie et sa partie ouest de l'Union européenne. Cette fédéralisation que nous avions nous-même recommandée dès le début de la crise, parait aujourd'hui à beaucoup d'Européens « raisonnables » comme une solution permettant d'éviter des conflits incessants entre pro-russes et pro-occidentaux.

De tels conflits sont à craindre dès maintenant en Ukraine de l'Est si rien n'est fait par traité international pour acter la séparation de l'Ukraine en deux. . Les « snipers » venus des mouvements néo-nazis présents en Ukraine comme dans les pays voisins ne manqueront pas de multiplier les attentats susceptibles de pousser à la guerre, non pas seulement la guerre froide, mais une guerre ouverte. Malheureusement, la lecture de la presse d'Outre-Atlantique américaine, et les récents déplacements de hautes personnalités américaines en Europe, dont le vice-président Biden en Pologne, montrent que c'est la Maison Blanche elle-même qui pousse actuellement à des affrontements pouvant dégénérer en conflits militaires.

Dans l'ensemble cependant, à part des déclarations d'Obama que personne n'écoute plus, l'administration américaine n'intervient pas directement. Elle progresse masquée derrière l'Otan. Celle-ci montre tous les jours qu'elle n'est pas là pour protéger l'Europe d'une attaque russe bien improbable, mais pour avancer des pions militaires et politiques américains non seulement aux frontières de l'Union à l'Est (c'est-à-dire à quelques centaines de kilomètres de Moscou), mais dans tous les Etats de la région ayant jusqu'ici souhaité garder de bonnes relations avec la Russie.

Cette offensive sur de multiples fronts est présentée comme conduite à la demande des membres de l'Otan, cherchant à se protéger d'une offensive russe. Mais personne ne peut refuser de voir que ces membres de l'Otan sont instrumentalisés en permanence par Washington et par les différents milieux européens recrutés pour mener la softwar en Europe et même en Russie. Dans quel but?

On n'ose pas imaginer que les Etats-Unis envisageraient une guerre ouverte, même non-nucléaire. Leurs forces en Europe ont été récemment très réduites afin d'être reconverties vers l'Asie. Quant aux forces non américaines de l'Otan (la pseudo Défense de l'Europe), elles ne tiendraient pas une journée face à l'armée russe, aussi vieillie que celle-ci soit aujourd'hui. Alors quoi?

On peut penser que l'Amérique, voyant plus loin que la crise d'aujourd'hui, souhaite radicaliser la situation afin que des relations diplomatiques normales ne puissent pas de si tôt se rétablir entre l'Union et la Russie. Le pire des cauchemars, pour Washington, serait que s'esquisse une Union euro-russe de long terme. Cette union, comme nous l'avons montré dans des articles précédents, serait à l'avantage des deux partenaires du continent eurasiatique. Alors l'Otan n'aurait plus de raison d'être et pourrait laisser ses avions au garage.


A lire dans le New York Times du 18 mars
* Editorial . Post-Crimea Relations With the West
* Ukraine Plans to Pull Military From Crimea, Conceding Loss
* In Poland, Biden Promises Allies Protection
* From Putin, a blessing in disguise


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