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Economie politique. Accélération de la dédollarisation
Un tremblement de terre en vue? L'on peut s'interroger
Jean-Paul Baquiast
Jean-Claude Empereur
05/07/2014

Dans un article publié ailleurs Dedollarisation: approche technique ou approche géostratégique , nous avions actualisé les informations dont nous disposions précédemment concernant un phénomène qui semble se préciser et dont il est clair qu'il bouleversera s'il aboutit l'ordre actuel des pouvoirs économiques et politiques dans le monde.

Nous saurons ce qu'il en sera à la publication des résultats du prochain sommet des BRICS à la mi-juillet. Cependant, une interrogations s'est faite jour. La dédollarisation sera-t-elle principalement impulsée par Vladimir Poutine ou par les Chinois. Pour de plus en plus d'observateurs, ce serait en fait la Chine qui serait l'élément moteur de ce qu'il faut bien appeler une offensive internationale contre le dollar.

La Russie s'y serait associée depuis les premières réunions consacrées à ce sujet par les BRICS, mais pour la Chine il s'agirait d'un enjeu encore plus important: échapper à l'emprise encore très forte des multinationales américaines investissant en dollar dans sa zone d'influence économique et, accessoirement, inciter ses propres épargnants à rapatrier vers le Trésor chinois les très nombreuses dizaines de milliards (nous n'avons le chiffre exact) investis par eux en bons du Trésor et autres emprunts américains. Cet argent profite directement aux politiques de puissance des Etats-Unis. Or le temps n'est plus de faire de cadeaux à ceux-ci, vu les offensives tous azimuts contre la Chine qu'a entreprises Barack Obama dans sa vaste politique dite de retour (y compris militaire) vers le Pacifique.

Nous avons précédemment indiqué que la mise en place d'une zone monétaire rouble-renminbi s'accompagnerait de différentes mesures destinées à rendre celle-ci attrayante pour l'ensemble des BRICS, comme pour d'autres pays voulant échapper à l'omniprésence du dollar et aux manoeuvres agressives de la FED. Une ou plusieurs banques d'investissement seraient créées, ainsi qu'un Fonds monétaire BRICS sur le modèle du FMI. Les épargnes en monnaies nationales pouvant être mobilisées dans les pays-membres y seraient redirigées. La Chine et les pays du sud-est asiatique pouvant se rapprocher d'elle seraient les premiers à en bénéficier. Mais la Russie tout autant. Même s'il ne faut pas entretenir de vues idylliques concernant une éventuelle absence de compétition entre la Russie et la Chine, il est bien évident que, nécessité obligeant, la coopération l'emportera sur les rivalités.

La zone euro

Ceci posera de plus en plus, comme nous l'avons souligné, la question du rôle que la zone euro voudra jouer dans ce nouveau paysage. Ou bien les gouvernements la composant voudront poursuivre une politique de subordination à l'égard du dollar et de l'Amérique, ou bien ils décideront de s'émanciper. Or il est évident que les choix politiques des gouvernements de la zone euro, laquelle a désormais autant de poids que la zone dollar, seront décisifs pour le succès d'une future zone monétaire BRICS. Il ne s'agirait pas pour l'Europe d'entrer dans cette zone BRICS, mais de négocier avec elle des accords bénéficiaires pour les deux parties.

Ainsi, dans un premier temps, les pays européens pourraient contribuer à alimenter en euro le futur fonds monétaire BRICS ou les futures banque d 'investissement. De même des entreprises européennes, méditant la punition infligée par les Etats-Unis à la BNP française, qui avait eu le tort d'opérer en dollars (hors d'ailleurs de la zone dollar) pourraient le faire soit en euros soit, à l'intérieur de la zone BRICS, en rouble-renminbi.

Mais pour cela il faudra que les pays européens et leurs gouvernants s'affranchissent de leur addiction au dollar et plus généralement de leur subordination à l'égard de Washington. Cela sera difficile, car cette subordination s'est mise en place dès la fin de la seconde guerre mondiale. Il faudra aussi que la Banque centrale européenne échappe aux pressions de Wall Street. Rappelons que son président actuel Mario Draghi fut pendant plusieurs années le vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs. Cela, quelque soit l'honnêteté du personnage, laisse des traces.

Cependant, en Allemagne et en Italie, voire en France, de plus en plus de responsables industriels et scientifiques considèrent avec un intérêt croissant les opportunités d'investissements croisés qui pour en temps encore, seront offertes par la Russie et la Chine. Ils pousseront sans doute les responsables de la zone euro à développer des coopération avec la zone monétaire BRICS, si celle-ci voit le jour. Ceci afin de ne pas en être tenus à l'écart. Ce sera l'amorce d'un futur euroBRICS qu'avec d'autres nous appelons depuis longtemps ici de nos voeux.

 

 

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