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Editorial. Le califat parmi nous
Jean-Paul Baquiast, Christophe Jacquemin 08/07/2014


Tous les médias occidentaux, c'est-à-dire américains et européens, ont poussé des cris d'alarme lorsque récemment un excité sunnite irakien dont ne citerons même pas le nom s'était auto-proclamé Calife pour l'ensemble des musulmans. Ils le voyaient déjà étendre son empire non seulement dans le monde arabe mais parmi les populations musulmanes présentes dans le reste du monde.

Nous n'avons pas jugé bon, pour notre modeste part, de relayer ces frayeurs. Elles vont dans le sens que désire ledit excité, c'est-à-dire lui donner une importance qu'il n'a pas encore. De plus, c'était peut-être pleurer avant l'heure, car comme il fallait s'y attendre d'autres sommités, sunnites ou chiites, ont pris la parole pour affirmer que ledit excité, quels soient les millions de dollars et d'armements dont il a été pourvu par la stupidité américaine, n'avait aucun titre pour prétendre ressusciter une fonction de Calife dont elles se passent évidemment très bien. Le prétendu Calife peut dans l'immédiat massacrer beaucoup de gens (voir image) mais il n'est pas certain qu'il puisse aller très loin au delà.

Plutôt que fantasmer sur ce qui se produira au Moyen-Orient, et critiquer l'Egypte qui pourtant à ce jour constitue le meilleur rempart contre l'extrémisme religieux, les médias occidentaux devraient se préoccuper de la persistance, en Amérique et en Europe, d'organisations religieuses sectaires qui veulent s'affranchir des contraintes imposées par le respect d'un principe fondamental pour nos cultures, celui de laïcité. Nous ne voulons pas ici seulement faire allusion aux organisations musulmanes qui voudraient imposez la sharia au sein du droit public et du droit privé occidental. Nous voulons d'abord rappeler que l'extrémisme religieux ne provient pas seulement de l'islam mais des différentes sectes catholiques, évangéliques et protestantes qui veulent se faire reconnaître par les pouvoirs publics des droits exorbitants par rapport à la loi commune.

La Cour suprème américaine

Le journaliste américain Chris Floyd, dans un article de CounterPunch, Court and Caliphate s'élève à juste titre contre une décision récente de la Cour Suprême qui, au nom de la défense de la liberté religieuse, autorise une école congrégationniste à ne pas offrir à ses employées les protections en faveur du droit à l'avortement et au contrôle des naissances que la même Cour reconnaît par ailleurs à l'ensemble des citoyens. Si la Cour Suprême s'engage sur ce terrain, elle rejettera les pourvois portés devant les cours en défense des droits civils des citoyens (en fait des citoyennes) pourtant reconnus par la Constitution.

Il ne faudra pas s'étonner que dans cette ligne prolifèrent de multiples organismes décidant d'appliquer de prétendues commandements inspirés par la Bible mais aussi par le Coran. Comme on l'a vu dans des affaires récentes, les juridictions de l'Union Européenne censées défendre les droits civiques ne sont pas loin d'encourager à leur tour les discriminations d'origine religieuse.

De plus, comme l'écrit Chris Loyd, ce ne seront pas les mâles, quelle que soit leur religion, qui souffriront de cette rigueur, mais les femmes. Elles se verront retirer, du fait de la haine de la féminité qu'elles inspirent, des droits acquis à la suite de longs combats féministes. Bien évidemment, comme la haine des femmes est encore plus marquée dans le monde arabo-musulman que dans le monde chrétien, ce seront nos concitoyennes appartenant de près ou de loin à la confession musulmanes qui en souffriront les premières. Mais les chrétiennes et les juives verront à leur tour s'abattre sur elles les rigueurs de la loi religieuses. Les femmes se voulant athées finiront à leur tour par en souffrir.

Même en France, le danger n'est pas illusoire. Constamment s'exerce la discrimination aux dépends des femmes, dans la vie professionnelle, le droit et bien entendu les mœurs et pratiques culturelles. Le féminisme n'a plus de raison d'être, disent certaines femmes se voulant émancipées. Elles se trompent. L'émergence de grands ou de petits califes risque à tous moments de les ramener aux antiques servitudes. On l'a vu récemment en filigrane lors des manifestations confessionnelles s'en prenant à l'Education nationale. Le crime de celle-ci était de vouloir rappeler aux enfants ce que signifie concrètement l'égalité des sexes.


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