Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 150
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Article. Présence dans l'espace des éléments nécessaires à la vie telle que nous la connaissons sur Terre
Jean-Paul Baquiast 13/10/2014

Nous signalons régulièrement, quand elles nous parviennent, les observations pouvant montrer que les briques de base nécessaires à la vie se trouvent aussi dans l'espace, soit dans le système solaire, soit dans l'espace profond, galactique voire intergalactique. La dernière relatée ici concernait la présence d'une molécule complexe, l'isopropyl cianid. dans un nuage interstellaire. 1)

Mais il est admis que sans eau, H2O, ces molécules ne peuvent s'assembler en protéines plus complexes puis que celles-ci puissent évoluer de façon à donner naissance à des formes dites prébiotiques. Or, dans le système solaire, un certain nombre de planètes semblent avoir recelé des quantités très importantes d'eau, sans mentionner la Terre. D'où cette eau proviendrait-elle? Il a été dit qu'elle pouvait avoir été apportée par des comètes. Mais pour remplir les seules fosses terrestres il aurait fallu un nombre inimaginable de comètes. De plus, d'où l'eau formant ces comètes aurait-elle pu provenir? Certainement pas de l'intérieur du système solaire.

Cependant, le NewScientist (4 octobre 2014, p. 16) rapporte qu'une chercheuse de l'Université du Michigan à Ann Arbor, Ilsedore Cleeves, a présenté un argument pouvant démontrer que de l'eau se trouverait partout dans le cosmos. 2) Le raisonnement est indirect. Il repose sur la constatation que toute l'eau présente dans le système solaire, planètes, comètes, météorites, comme dans la lune glacée Europa, satellite de Jupiter, comporte une certaine quantité de deuterium. Celui-ci est un isotope de l'hydrogène doté d'un neutron supplémentaire. Il entre dans la constitution de l'eau lourde. L'eau lourde est de l’oxyde de deutérium. Elle possède les mêmes éléments chimiques que l’eau normale, mais les atomes d’hydrogène dont elle est composée sont des isotopes lourds, du deutérium, dont le noyau, comme nous venons de le voir, contient un neutron en plus du proton

Or la glace observée dans le milieu interstellaire est riche en deuterium. Il avait été depuis longtemps supposé que cette glace pouvait avoir été à la naissance de toute l'eau, lourde ou non, présente dans le système solaire. Mais comment cette eau aurait-elle pu résister à la violence et aux radiations caractérisant la formation du jeune système solaire? La glace extérieure aurait du être décomposée en ses éléments H et O, ceux-ci se recombinant en eau sur certaines planètes.

Ilsedore Cleeves et ses collaborateurs pensent, à partir d'une simulation du soleil primitif, que le système solaire ne pouvait pas disposer d'assez d'eau pour justifier les grandes quantiés de celle-ci s'y trouvant. Leur modèle a montré qu'après avoir éliminé toute trace de glace interstellaire, l'oxygène présent dans le système solaire à sa formation l'était sous forme de monoxyde de carbone glacé (CO). Il n'y avait pas non plus suffisamment d'hydrogène ionisé riche en deutérium pour produire de l'eau. Le jeune système solaire n'avait donc pas les éléments nécessaires, O et H présentant de hauts niveaux de deutérium pour expliquer la présence des grandes quantités d'eau qui y sont observées.

Cette modélisation renforce l'hypothèse selon laquelle seule de l'eau interstellaire intacte ait pu pénétrer dans le système solaire et se retrouver aujourd'hui sur la Terre et sur les autres astres, astéroides et comètes composant le système solaire. Selon les chercheurs, la moitié de l'eau présente dans les océans terrestres et sans doute la totalité de celle apportée par les comètes proviendrait de cette source interstellaire. Elle serait donc entrée dans le système solaire après sa formation, une fois apaisées les turbulences initiales.

Mais il est probable que les interrogations demeureront. D'une part, on objectera qu'une simulation n'est qu'une simulation. D'autre part, on s'interrogera sur l'origine de l'eau interstellaire, au sein des nuages de poussières galactiques et intergalactiques.

Il faudrait admettre que cette eau, comme les molécules complexes mentionnées ci-dessus, constitue une des composantes de base dudit milieu intergalactique. Ceci renforcera l'hypothèse selon laquelle le développement de la vie est potentiellement inhérent à la formation de toute planète, où que celle-ci soit située dans l'univers tel que nous le connaissons. Les conséquences philosophiques de cette hypothèse seront évidentes.

Notes

1) Voir: Molécules organiques complexes détectées dans un nuage interstellaire

2) Science. The ancient heritage of water ice in the solar system

Abstract
Identifying the source of Earth’s water is central to understanding the origins of life-fostering environments and to assessing the prevalence of such environments in space. Water throughout the solar system exhibits deuterium-to-hydrogen enrichments, a fossil relic of low-temperature, ion-derived chemistry within either (i) the parent molecular cloud or (ii) the solar nebula protoplanetary disk. Using a comprehensive treatment of disk ionization, we find that ion-driven deuterium pathways are inefficient, which curtails the disk’s deuterated water formation and its viability as the sole source for the solar system’s water. This finding implies that, if the solar system’s formation was typical, abundant interstellar ices are available to all nascent planetary systems.

Addendum au 15/10

Jonathan Fraine de l'Université du Maryland a détecté de la vapeur d'eau dans une exoplanète de 4 fois le rayon de la Terre, la première dont il a été possible d'analyser l'atmosphère. Il s'agit de HAT-P-11b. L'équipe y a trouvé de l'Oxygène, de l'Hydrogène et divers éléments plus lourds.L'origine de cette eau n'est évidemment pas connue. Comme cependant, la planète se serait formée loin de son étole, avant d'y être attirée, l'eau pourrait être cosmologique. Ceci renforce l'hypothèse que de l'eau se trouverait partout dans l'univers, et à l'état liquide sur certaines planètes.

http://www.nature.com/nature/journal/v513/n7519/full/nature13785.html

Retour au sommaire