Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 148
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Sciences et société. Les dangers des nanoparticules pour l'homme
Jean-Paul Baquiast 03/11/2014

 

Vue en microscopie électronique à transmission (TEM) de nanoparticules de silice mésoporeuse, avec des diamètres de 20nm (a), 45nm (b), et 80nm(c). la photo d présente une vue en microscopie électronique à balayage correspondant à (b).

 

On désigne par le terme de nanoparticule un objet défini par la norme ISO TS/27687 comme étant un nano-objet dont les trois dimensions sont à l'échelle nanométrique, c'est-à-dire une particule dont le diamètre nominal est inférieur à 100 nm environ. Une autre définition, plus large, qualifie de « nanoparticule » un assemblage d'atomes dont au moins une des dimensions se situe à l'échelle nanométrique ; ceci correspond à la définition de « nano-objet » selon la norme ISO précitée. (Voir wikipedia. Nanoparticules)

Les nanoparticules peuvent être d'origine naturelle (résultant par exemple de poussières sableuses véhiculées dans l'atmosphère) ou artificielles, produites par l'Homme. Les nanoparticules d'origine atmosphérique, qu'elles soient naturelles ou artificielles (résultant d'activités humaines), sont souvent dénoncées comme facteur d'irritation pulmonaire ou oculaire en période d'anticyclone, c'est-à-dire d'absence de vent susceptible de les disperser.

Mais les nanoparticules produites intentionnellement afin d'être incorporées dans des produits industriels ou à finalité thérapeutique, sont bien moins connues. Elles peuvent cependant être beaucoup plus dangereuses, d'autant plus que leurs effets immédiats et a fortiori de long terme, sont très généralement mal étudiés. Plus exactement, elles ont souvent fait l'objet d'études, parfois mal conduites, souvent approfondies, mais ces études sont restées confidentielles, souvent d'ailleurs empêchées de diffusion par les intérêts qu'elles gênaient.

Un rapport suisse

Le laboratoire fédéral suisse EMPA vient de publier un rapport sur la question. Il a toutes les chances de rester ignoré du grand public

Nous pouvons en résumer les conclusions ci-dessous

* Voies de pénétration dans le corps humain: la peau, les poumons, le tube digestif. Une peau saine offre une barrière suffisante, mais ce n'est plus le cas d'une peau abimée pour une raison quelconque. Elle peut être affaiblie par l'abus préalable de produits cosmétiques mal dimensionnés. L'entrée par les poumons est la plus difficile à empêcher, sauf à imposer le port d'un masque. Quant à la pénétration par le tube digestif, elle est plus rare. Elle dépend des produits ingérés, dont un nombre grandissant comporte des nanoparticules dont la présence est ignorée des utilisateurs de ces produits.

* Les essais en laboratoires. Les entreprises souhaitant commercialiser de nouveaux produits se vantent de multiplier les essais préalables en laboratoire. Mais d'une part, ceux-ci provoquent d'inutiles souffrances et morts chez les animaux utilisés, d'autre part leurs résultats ne sont pas toujours transposables à l'homme. Enfin ils sont souvent passés sous silence quand ils sont défavorables. Il n'existe pas encore, comme pour les médicaments, de procédures universellement reconnues s'imposant avant mise sur le marché.

*Pour faire face à cette insuffisance, les pouvoirs publics comme les associations d'utilisateurs devraient imposer des méthodes validées s'imposant aux essais en laboratoires. Les produits utilisés pour les tests devraient en particulier respecter des normes intéressant la nature et la distribution des particules, fournir une bonne documentation intéressant leurs propriétés biologiques et chimiques, préciser les conditions susceptibles à l'usage de les altérer

Un besoin urgent d'évaluation et de transparence

En Suisse, en collaboration avec le laboratoire « Powder technology » de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et de l'Office Fédéral en charge de la Santé publique (FOPH), des industriels ont décidé le 9 octobre de participer à un programme de recherche et d'homologation dit Nano Screen soutenu en France par l'Agence Nationale de la Recherche.

Le besoin sera d'autant plus urgent qu'un nombre croissant de très grandes entreprises internationales ont dernièrement décidé de lancer des projets à long terme, intéressant la santé et la lutte contre le vieillissement, et utilisant des nanoparticules. C'est le cas de Google. Or contrairement aux laboratoires publics s'engageant dans cette voie avec un minimum de transparence. Ce que ne fait pas Google. La firme va développer et commercialiser des produits dont les contenus et les effets ne seront pas rendus publics. Ils seront au contraire brevetés pour empêcher que d'autres industriels ne s'en saisissent
(voir notre éditorial: Introduction massive de nanoparticules dans les organismes humains

 

Retour au sommaire