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Actualités


Le gaz russe vers l'Europe Jean-Paul Baquiast 25/03/2015

Nous avons relaté l'arrêt, à l'initiative de Vladimir Poutine, des négociations acec l'Union européenne visant à la mise en place d'un gazoduc nommé South Stream vers le sud de l'Union européenne. Cette décision a résulté d'obstacles juridiques élevés par celle-ci, principalement sous la pression américaine visant à découragé toute coopération entre la Russie et l'Europe. L'Europe a cependant un grand besoin de gaz russe, en supplément de celui utilisant une voie vers l'Allemagne dite North Stream, mise en place avec un fort soutien de Berlin. Le gaz arrivant par méthaniers d'Algérie ou du golfe Persique est largement insuffisant.

La Russie a remplacé le projet South Stream, comme nous l'avions indiqué précédemment, par un projet dit Turkish Stream dont le point terminal (le hub) sera en Turquie. A partir de ce point, les pays européens le souhaitant pourront importer du gaz russe. Mais le Turkish Stream, dans sa configuration complète, n'entrera pas en service avant quelques années. Cependant, le monde du pétrole et les considérations géostratégiques et économiques qu'il implique, est complexe, et le paysage offert change rapidement

C'est ainsi que la compagnie d'ingénierie russe Stroytransgazl, bien que soumise aux sanctions imposées par les Etats-Unis, n'a pas pour autant renoncé à ses projets de mise en place de gazoducs ou pipelines vers l'Europe. Elle vient d'annoncer qu'elle construira un gazoduc à travers la Macédoine, candidate à l'Union européenne. Celui-ci diminuera d'environ 50% la dépendance de la Macédoine à l'égard de gaz russe transitant à travers l'Ukraine, dont l'avenir est très incertain. Il aura vocation également à devenir un élément important d'un vaste réseau interbalkanique lié au projet russo-turc TurkisStream précité. (Voir carte).

Stroytransgaz installera 60 km de tubes pouvant entrer en service en juin 2016. Dans le même temps, Gazprom et ses interlocuteurs turcs s'efforcent d'accélérer les décisions concernant le Turkish Stream proprement dit, son point d'arrivée en Turquie et les voies permettant d'atteindre la Grèce. Inutile de préciser que l'actuel gouvernement grec, à la recherche de revenus nouveaux, s'intéresse beaucoup à cette perspective.

Le Turkish Stream aura la même capacité que le défunt South Stream, soit 63 milliards de mètres3 (bcm) annuellement. 16 bcm resteront en Turquie pour les besoins propres du pays, le reste pourra être exporté. La Serbie comme la Bulgarie commencent à s'inquiéter du refus du South Stream auquel elles ont participé sous les injonctions américano-européennes.

La Macédoine pour sa part ne sera pas pour la Russie une partenaire de toute tranquillité, du fait du facteur d'instabilité tenant à la question de l'Albanie, très certainement attisée par les Etats-Unis (CIA) comme l'ont montré les récents évènements de Skopie. Mais le besoin de pétrole et de gaz conduira certainement les pays des Balkans à s'entendre pour collaborer, sinon avec Vladimir Poutine, du moins avec Gazprom. 


Le français Total inaugure les perspectives d'un futur euroBrics
Jean-Paul Baquiast 23/03/2015

Total, comme l'on pouvait s'y attendre, exploitera les perspectives de collaboration ouvertes par les accords associant les membres du Brics, notamment la Russie et la Chine. Il démontre, au moins dans son secteur qui est celui du pétrole, ce que pourrait être un euroBrics se développant en ne tenant pas compte des interdits de Washington.

Un article publié par le Wall Street Journal à la date du 23 mars précise, en reprenant les propos du DG de Total Patrick Pouyanné, que celui-ci recherche de la part des banques chinoises un investissement de 15 milliards destiné à compléter le financement du consortium gazier géant Yamal LNG. Ce projet rassemblera 3 investisseurs, le russe Novatek (60 %), Total (20 %) et le chinois China National Petroleum Corp. CNPC (20 %). Total y apporte déjà $27 milliards.

La participation de banques chinoises en partenariat avec Total représentera le plus gros investissement privé chinois dans le monde. Le nom de ces banques n'a pas été encore divulgué. Le financement se fera en euros ou en yuan, excluant le dollar. Les sanctions anti-russes imposées par les Etats-Unies interdisaient a priori le dollar, mais un mix euro-yuan concrétisera une volonté de dédollarisation recherchée par les membres du Brics. Par contre, les sanctions empochent actuellement Total de s'associer au géant russe Lukoil pour explorer les vastes réserves de gaz de schiste dites Bazhenov. Ce ne sera sans doute que partie remise.

Patrick Pouyanné ne s'inquiète pas de la baisse actuelle du prix du pétrole. Total en profitera pour rationaliser ses processus de dépenses. Les banques chinoises devraient par ailleurs participer pour $10 milliards à la contribution de Novatek dans le Yamal ING.

Le projet Yamal LNG

Situé dans l'estuaire de l'Ob pris par les glaces neuf mois par an, le projet Yamal LNG ouvre l'accès aux immenses ressources gazières de l'Arctique russe et inaugure une nouvelle grande route de transport maritime de gaz naturel liquéfié vers l'Europe et l'Asie. Il s'agit de l'un des projets industriels les plus importants de la zone arctique. Il prévoit le forage de plus de 200 puits, trois trains de GNL d'une capacité de 5,5 millions de tonnes chacun, un vaste terminal méthanier et la mise en service - pour la première fois au monde – de 16 méthaniers brise-glace d'une capacité de 170 000 m3.

Cette valorisation pionnière en péninsule de Yamal du champ géant de gaz à condensats de South Tambey consacre la capacité logistique et industrielle de Yamal LNG à maîtriser la production de GNL par grands froids, avec des technologies hautement performantes.

Les environnementalistes, pour leur part, feront une nouvelle fois l'amère constatation que rien n'empêchera l'exploitation des réserves de pétrole et de gaz dans le monde, quelles qu'en soient les conséquences pour le réchauffement climatique. De même, l'arctique, déjà très éprouvée par ce même réchauffement, ne pourra que souffrir de la mise en place de tels projets industriels, quelles que soient les précautions annoncées.

Voir Article du Wall Street Journal


Galileo. Les 5e et 6e satellites ont été correctement remis en orbite
Jean-Paul Baquiast 19/03/2015

Bonne nouvelle pour le système de géolocalisation européen. Après avoir supporté de nombreux retards liés aux divergences d'intérêts entre Etats-membres, puis un incident en août dernier sur le lanceur des satellites 5 et 6, leur ayant imposé des orbites les rendant inutilisables, tout semble rentré dans l'ordre.

Grâce aux efforts conjoints des spécialistes de l'Esa et du Cnes, ainsi que ceux de l'opérateur SpaceOpal et du constructeur OHB, le satellite 5 d'abord , fin novembre 2014 puis le n° 6 début mars de cette année, ont été repositionné correctement. Il a fallu 14 manoeuvres de correction réparties sur 6 semaine pour obtenir l'orbite adéquate de ce dernier satellite. Chacun des deux se trouve en opposition symétrique des deux cotés de la planète.

Le lancement de la quatrième paire de satellites est programmé pour le 27 mars de cette année. Croisons les doigts.

Pour en savoir plus

* voir le site de l'Esa
http://www.esa.int/Our_Activities/Navigation/The_future_-_Galileo/Launching_Galileo/Sixth_Galileo_satellite_reaches_corrected_orbit

* ainsi que, en ce qui concerne le prochain lancement http://www.esa.int/Our_Activities/Navigation/The_future_-_Galileo/Launching_Galileo/Galileo_meets_Galileo_as_launch_draws_near


Se nourrir de fer sous-marin Jean-Paul Baquiast 18/03/2015

Identifier les bactéries dites extrêmophiles, vivant à la limite des milieux jugés susceptibles d'héberger la vie, est important pour toute recherche de formes vivantes pouvant exister sur d'autres planètes que la Terre, sans mentionner celles existant déjà sur notre planète et non encore observées.

La découverte de bactéries vivant sur le fer émis par des évents sous-marins (fumeurs noirs) le long de la dorsale medio-atlantique faite par des chercheurs du Bigelow Laboratory et de la Woods Hole Oceanographic Institution, présente une grande importance. Elle montre le rôle important joué par la vie bactérienne dans le cycle du fer océanique. Ces bactéries, sans doute les premières à apparaître sur la planète aux origines de la vie, ne tirent pas leur énergie de la lumière, mais des réactions chimiques se produisant dans les rejets sous-marins riches en soufre provenant des évents hydrothermiques.

On les qualifie pour cette raison non pas de photosynthétiques mais de chimiosynthétiques ou chimiotrophes. Il s'agit d'organismes qui tirent les composants essentiels au développement de leurs cellules (azote, carbone, oxygène, hydrogène) et quelques autres entités chimiques, sans la lumière du Soleil. Ce métabolisme découvert à la fin des années 1970 dans des colonies abyssales sur des fumeurs noirs a mis fin à l'hypothèse consistant à placer la photosynthèse au début de toute chaîne alimentaire. Il propose au contraire que la vie ait pu apparaitre avec des espèces chimiotrophes, dans les grands fonds marins, dans les anfractuosités de la roche ou sur des argiles.

Or des prélèvements faits sur des matelas bactériens de couleur jaune par le robot sous-marin télécommandé Jason ont permis d'identifier un groupe de bactéries capables d'oxyder le fer présent sur ces évents. Elles ont été nommées Zetaproteobacteries. On peut penser qu'elles ont évolué pendant des milliards d'années dans ce milieu pour acquérir leurs propriétés actuelles.
Il ne faut pas les confondre avec des bactéries vivant sur du fer, par exemple celui des épaves de navires, à de faibles profondeurs et disposant de lumière solaire et d'oxygène en abondance.

La découverte a fait l'objet d'une publication dans la revue en ligne PLoS One du 11 mars 2015.

Sources

* PLoS Microbial Iron Mats at the Mid-Atlantic Ridge and Evidence that Zetaproteobacteria May Be Restricted to Iron-Oxidizing Marine Systems

* Voir aussi un article de Bigelow


Ferme solaire en orbite
Jean-Paul Baquiast 16/03/2015

En mai 2014, des chercheurs de l'Agence spatiale japonaise (Jaxa ) avaient annoncé que le Japon envisageait de positionner en orbite terrestre un gigantesque parc de miroirs capables, en réfléchissant et concentrant les rayons solaires, de fournir assez d'énergie pour satisfaire aux besoins de toute la planète. De tels miroirs situés dans l'espace seraient bien plus efficaces que des homologues situés sur Terre, ils échapperaient par ailleurs à toutes les interférences d'origine météorologique.

De même, si l'on ne tient pas compte du CO2 produit par les flottes de lanceurs nécessaires à la mise en orbite, comme de celui résultant de la fabrication des miroirs, le bilan en terme de diminution de la production de gaz à effet de serre serait très favorable.

Le réseau de miroirs envisagé aurait plusieurs kilomètres et pèserait au moins 10.000 tonnes. Il serait amarré à un câble fixé à terre afin de rester en orbite géostationnaire. L'électricité produite pourrait être envoyée vers des stations terrestres par des lasers de forte puissance.

Le cout précis et les divers bilans de ce projet semblent encore assez vagues. Mais on pourrait penser que, parmi les méthodes envisagées en ce moment pour stabiliser le climat terrestre, il s'agirait d'une technique dont les effets négatifs imprévus seraient les moins importants. Quoiqu'il en soit, il semble que le Japon souhaite aujourd'hui poursuivre des études permettant de concrétiser le schéma.

http://www.iflscience.com/technology/japan-wants-put-giant-solar-farm-space


La Voie Lactée est plus large que précédemment estimée
Jean-Paul Baquiast 15/03/2015



Une nouvelle étude, conduite par une équipe de chercheurs référencée ci-dessous, montre que la Voie Lactée ne forme pas seulement un disque à peu près plat, comme précédemment estimé. Elle comporte en effet au moins quatre anneaux concentriques ayant la forme d'une tôle ondulée.

Ces anneaux avaient précédemment été observés, mais ils n'avaient pas été attribuées à la structure de la galaxie. En fait ils font partie du disque. Ce qui fait passer sa largeur de 100.000 à 150.000 années lumières.

Le nombre des étoiles composant la galaxie, jusqu'ici estimé à 100 milliards, devrait en être augmenté d'autant. Rappelons par ailleurs que le nombre des galaxies, quelles que soient leurs formes et tailles, composant l'univers visible, est également estimé à 100 milliards. Voilà qui fait beaucoup de planètes pouvant héberger des vies intelligentes.

* Article. Rings and radial waves in the disk of the Milky Way


Abus sexuels sur mineurs en Grande Bretagne
Jean-Pal Baquiast 15/03/2015

La justice britannique commence seulement à enquêter sur des milliers de cas d'abus sexuels sur mineurs s'étant produits durant les 20 dernières années dans de nombreuses instituions "officielles", présentées généralement comme des refuges pour l'enfance en difficulté.

L'exemple britannique ne doit pas être considéré comme exceptionnel. Il n'y a pas de raisons scientifiques de penser que ce phénomène n'affecte pas tous les pays dits développés, ou qu'il relève du passé.

La vraie question scientifique à se poser, jamais abordée, serait la raison, anthropologique ou autre, de la persistance de tels comportements dans des sociétés humaines supposées s'en être débarassées. Alors que les crimes utilisant des armes létales sont combattus, sinon éradiqués, pourqu'oi n'en est-il pas de même des crimes sexuels, dont on sait que les conséquences désastreuses sur le vie ultérieure des victimes se découvrent tous les jours.

*Voir The Telegraph, de Theresa May, Home Sevretary : Child abuse in the UK runs far deeper than you know.


Nouvelles technologies composites pour un drone ultra-léger suédois
Jean-Paul Baquiast 13/03/2015

La firme suédoise Inxide, spécialiste des technologies composites, a développé, en coopération avec les sociétés Fouriertransform et Fly Inxide un chassis ultra-léger pour une nouvelle génération de drones professionnels. Il ne pèse que 200 gr. Il est destiné aux géologues, architectes, surveillants de chantiers. Il est équipé d'une video HD, une camera thermale offrant une vision à 360°, de différents capteurs, de liaison Wifi et de stabilsateurs très évolués. Il peut être programmé à l'avance. Le concept et le produit sont présentés comme uniques à ce jour.

Voici qui va donner de nouveaux soucis aux contrôleurs du ciel.

* Inxide.


CNRS. COMMUNIQUE DE PRESSE NATIONAL | PARIS | 11 MARS 2015

Des questions sur le changement climatique & la biodiversité ? Participez aux forums ouverts

Comment évolue la biodiversité ? Quelles sont les conséquences du changement climatique sur votre environnement ? Sur une initiative du CNRS, le Centre d'écologie et des sciences de la conservation (MNHN/CNRS/UPMC) propose de réfléchir à ces questions lors de trois « forums ouverts » organisés ce printemps en régions Ile-de-France, Corse et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Tout citoyen est ainsi invité à devenir acteur de ces journées de réflexion participatives. Une occasion originale et inédite d'apporter une contribution aux problématiques sur les changements globaux. L'objectif in fine est de construire un nouvel observatoire participatif de la biodiversité en relation avec les changements climatiques.

Pour s'inscrire : http://www.forumsouverts-cop21.fr/


Solar Impulse 2 Jean-Paul Baquiast 09/03/2015

L'avion Solar Impulse 2 a atterri lundi 9 mars sans encombre au sultanat d'Oman, première étape de sa tentative de tour du monde sans carburant, qui doit durer cinq mois. L'appareil à énergie uniquement solaire a mis treize heures et deux minutes pour aller d'Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, à Mascate, capitale du sultanat d'Oman.

Pour notre part, nous aimerions une réponse à la question suivante: comment un avion aussi fragile pourra-t-il résister aux turbulences éventuellement violentes qu'il rencontrera inévitablement sur sa route. Avec sa faible vitesse, à supposer qu'il les détecte, comment pourra-t-il s'en détourner?

* Site Solar Impulse 2


Colloque Digital Intelligence

Les actes de la conférence internationale Digital Intelligence 2014 Nantes sont accessibles sur le site de l'Université de Nantes. Les articles complets peuvent être téléchargés sur la page de la conférence. Nous recommandons vivement la lecture de ces articles (ou de certains d'entre eux). Ils offrent des lumières sur une évolution qui parait désormais se dérouler de façon exponentielle.

http://www.univ-nantes.fr/02076525/1/fiche___pagelibre/&RH=INSTITUTIONNEL_EN

Le lien de téléchargement vers l'article en version pdf de Thierry Berthier, éditeur du blog Cyberland-Centerblog, est ici:

« Cyberconflictualité, hacking d'influence et prévisibilité des attaques »


De l'australopithèque à l'Homo
Jean-Paul Baquiast 08/03/2015

En 1974 avait été découverts des restes de primates fossilisés attribués à une femelle Australopithecus afarensis, baptisée alors d'un nom resté célèbre, Lucy. Celle-ci vivait il y a environ 3,3 millions d'années. Longtemps discutée, la question de savoir si ces autralopithèques utilisaient ou non des outils, fussent-ils primitifs, reçoit généralement une réponse affirmative. Cependant, il faut admettre que les plus anciens outils en pierre connus sont datés d'environ 2,6 millions d'années. Rien ne permet cependant de penser qu'ils soient apparus soudainement. On peut au contraire penser que les australopithèques ont utilisé, longtemps avant, des outils primitifs, en pierre et d'autres matières, non retrouvés.

Nous avons nous même retenu cette hypothèse pour comprendre comment, en dehors de changements climatiques et autres causes extérieures, l'usage de l'outil avait pu accélérer le passage de l'australopithèque le plus récent à l'homo habilis (ci-contre, reconstitution), un million d’années plus tard. L'outil en effet, fut-il rudimentaires, entraine des modifications neuronales et musculaires transmises culturellement d'abord, génétiquement ensuite.

Les archéoanthropologues se sont cependant demandés si les Homo habilis ou espèces voisines, attribuées au genre Homo, descendaient ou non des australopithèques, que ceux-ci aient ou non « inventé » l'usage de l'outil. Les différences morphologiques entre ces espèces sont importantes, et il n'avait pas été retrouvé de véritable « chaînon manquant » prouvant une filiation. La longue période de temps, entre - 3 et – 2,3 millions d’années séparant les derniers australopithèques identifiés et les premiers Homos, restait vide de vestige.

Or une découverte vient d'être annoncée et a fait grand bruit dans la presse. Des chercheurs de l’Arizona State University (ASU) explorant la région de Ledi-Geraru, proche d’Hadar, ont après plusieurs années de fouille, mis à jour un fragment de mâchoire inférieure fossilisée portant des dents. Des méthodes radiométriques basée sur les isotopes argon 40/argon 39, complétée par d’autres méthodes de datation, ont permis d’établir que l’hominien dont provenait ce fragment de mâchoire était âgé de 2,75 à 2,8 millions d’années.

Point essentiel, ce fragment de machoire comporte des molaires étroites, des prémolaires symétriques et une forme propre au genre Homo. La pente du menton que trahit le fragment de mâchoire est cependant une caractéristique simiesque primitive que l’on observe chez Australopithecus. Il y a donc tout lieu de penser qu'il s'agit d'une forme de transition entre les australopithèques et les Homos. Cette décoouverte permet de repousser d’au moins 400.000 ans la naissance du genre Homo car les plus anciens fragments fossilisés connus jusqu’alors ne remontaient qu’à 2,3 millions d’années environ. Il n'est pas inutile de s'arréter une seconde pour réfléchir ce à quoi correspond cette durée de 400.000 ans, des suites quasi infinies de millénaires tous semblables ou presque. Alors que 6 à 7.000 ans seulement nous séparent de la fondation des premiers royaumes assyriens...

Que furent les raisons ayant facilité, sinon provoqué, le passage des espèces d'australopithèques aux espèces d'Homo. Certains indices permettent de les attribuer à un changement climatique ayant provoqué le recul de la forêt au profit de zones de savanes peuplées de végétaux plus faciles à assimiler et de nouvelles espèces animales. Mais l'hypothèse selon laquelle le rôle de l'usage de l'outil dans ce passage ne peut pas à notre avis que rester valide.

* Voir Brian Vilmoare et al. Early Homo at 2.8 Ma from Ledi-Geraru, Afar, Ethiopia


Mission Dawn vers Ceres
Jean-Paul Baquiast 07/03/2015




L'exploration de Pluton par la sonde de la Nasa New Horizons ne doit pas faire perdre de vue que le 6 avril 2015, une autre sonde de la Nasa, Dawn, s'est approchée de la planète naine Ceres au plus près de sa trajectoire. Elle est entrée en orbite alors qu'elle se trouvait à 61.000 kilomètres de la planète, a précisé le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa à Pasadena en Californie.

Cérès est la plus petite planète naine du système solaire. Il s'agit là de la première visite d'un vaisseau d'exploration automatique autour de cette planète. Dawn poursuivra son exploration en orbite pendant 16 mois, jusqu'à se rapprocher à 375 km de Ceres, laquelle est d'un diamètre de 950 km. Les manoeuvres de Dawn en orbite seront commandées par des propulseurs ioniques, une première pour de telles missions.
.
La mission est considérée comme « historique ». Dawn est la première sonde à observer d'aussi près une planète naine, le plus gros objet connu de la ceinture d'astéroïdes du système solaire située entre les orbites de Mars et de Jupiter. Les astronomes ont longuement discuté la question de savoir s'il fallait considérer Ceres comme un astéroïde géant ou une planète.

Les plus récentes images prises par la sonde à 40.000 kilomètres de Cérès révèlent de nombreux cratères et deux points brillants très rapprochés sur la nature desquels les scientifiques s'interrogent encore. Il s'agit du seul phénomène de ce type encore observé dans le système solaire. Peut-être s'agit-il de glace ou de sel réfléchissant la lumière solaire. (voir http://www.nasa.gov/jpl/dawn/bright-spot-on-ceres-has-dimmer-companion/#.VPnDZ3yG98E )

Des émissions localisées et intermittentes de vapeur d'eau avaient été détectées pour la première fois autour de Cérès entre novembre 2012 et mars 2013 par le télescope spatial européen Herschel. Si elle comporte effectivement de l'eau à l'état liquide sous la surface du sol, Céres pourrait abriter certaines formes de vie, fussent-elles primitives.

En route vers Ceres, Dawn avait visité l'astéroïd Vesta dont elle a rapporté des images surprenantes. Vesta disposerait, malgré sa petite taille, de la montagne la plus élevée du système solaire, soit 3 fois l'Everest. Voici qui intéressera de futurs cosmonautes alpinistes.

* Voir Nasa, Mission Dawn


La mission de la Nasa New Horizons vers la planète Pluton
Jean-Paul Baquiast 04/03/2015

Cette mission constitue un retour aux grandes traditions d'exploration du système solaire menée par la Nasa. Les résultats en seront progressivement connus au fur et à mesure que la sonde New Horizon se rapprochera de sa cible, la planète Pluton. Mais d'ores et déjà, dans le cadre de cette page d'actualités, certains points méritent d'être mentionnés.

L'historique de la mission (source Wikipedia)

Pluton a été découverte par l'astronome Clyde Tombaugh depuis l'observatoire Lowell de Flagstaff, Arizona, le 18 février 1930. La résolution des instruments de l'époque ne permettait que d'en obtenir une image faiblement lumineuse. D'où l'intérêt considérable de la mission de la Nasa New Horizons spécialement dédiée à l'étude du système plutonien. Celui-ci comprend en particulier la planète naine Pluton et son satellite Charon, qu'elle doit survoler en juillet 2015. Il est prévu qu'elle soit ensuite dirigée vers d'autres corps de la ceinture de Kuiper, zone dont le système plutonien fait lui-même partie.

New Horizons est la première mission spatiale qui explore cette région du système solaire. Du fait de leur éloignement, on dispose de très peu d'informations sur les corps célestes qui s'y trouvent car ceux-ci sont à peine visibles avec les meilleurs télescopes. Or les caractéristiques des objets de la ceinture de Kuiper sont susceptibles de fournir des informations importantes sur le processus de formation du système solaire. Le système plutonien, constitué d'au moins six membres dont Pluton et Charon qui forment un système double, sera étudié sur place pour la première fois.

La sonde a été lancée le 19 janvier 2006 par une fusée de forte puissance Atlas V-550. New Horizons a survolé Jupiter le 28 février 2007, ce qui lui a permis de faire des observations intéressantes sur l'atmosphère de la planète et son champ magnétique. New Horizons a ensuite entrepris son long transit vers Pluton, durant lequel elle a été mise en sommeil. Elle a été réveillée le 6 décembre 2014 et a commencé ses observations de Pluton le 15 janvier 2015. Le 14 juillet 2015, elle en sera le plus proche. Elle devrait ensuite survoler début 2019 un petit corps de la ceinture de Kuiper découvert à la suite d'observations astronomiques réalisées en 2014.

Découverte de petites lunes orbitant autour de Pluton

En route vers Pluton, New Horizons a photographié entre le 27 janvier et le 8 février 2015 deux petites lunes orbitant la planète glacée. Elles avaient été découvertes par l'équipe New Horizon grâce à des images prises par le télescope spatial Hubble en 2005. Elles ont été nommées Nix et Hydra. Elles sont dorénavant visibles dans une série d'images prises par la sonde entre le 27 janvier et le 8 février à des distances de 190 millions de km en moyenne

Chaque lune devrait avoir entre 40 et 150 km de diamètre. Hydra fait le tour de Pluton en 38 jours à la distance de 64.700 km, Nix en 25 jours à la distance de 48.000 km. Chaque lune devrait avoir un diamètre de 40 à150 km. Ces chiffres sont encore approximatifs et devraient être précisés au fur et à mesure que New Horizons se rapprochera de Pluton. Deux autres petites lunes, Styx et Cerberos, devraient être aperçues par la suite.

L'atmosphère de Pluton

La mission New Horizon permettra peut-être de résoudre l'énigme de l'atmosphère de Pluton. L'épaisseur de la Terre, mesurée à des pressions et densités uniformisées, est de 6 km. Comparée au rayon terrestre de 6.300 km, elle en constitue 0,17% . Certes, ce que l'on nomme l'exobase, c'est—dire l'extrême limite de l'atmosphère terrestre, est située à 600 km du sol soit 10% du rayon. Mais ces chiffres ne sont pas comparables à ceux caractérisant l'atmosphère de Pluton. Son épaisseur est de 40 km, soit 4% d'un rayon de 1.200 km. Quant à l'exobase, bien que difficile à préciser, elle se trouverait à une distance de 7 fois le rayon de la planète (cf. image). Elle pourrait être située beaucoup plus loin.

Ces chiffres posent des questions encore non résolues, concernant les caractéristiques de l'atmosphère. De quels gaz est elle constituée, quel est son profil thermique, est-elle ou non ionisée par le soleil, s'échappe-t-elle progressivement de la planète, est-elle sensible aux interactions avec les autres lunes de Pluton, dont la plus grande, Charon. Si la mission New Horizons apportait des réponses à ces questions, elles intéresseraient l'étude de l'atmosphère d'autres planètes qui en sont pourvues.

Nous envisageons de signaler ultérieurement d'autres faits intéressant cette mission, au fur et à mesure qu'ils seront diffusés par la Nasa. Pour d'autres détails, il convient de se référer aux sites référencés ci-dessous.

Pour en savoir plus

* Wikipedia Mission New Horizons

* La mission sur le site de la Nasa

Le site de la mission


Wikipedia Pluton


Un projet de coopération entrant dans le cadre du BRICS

Le Congrès argentin a approuvé fin février 2014 l’installation d’une station chinoise de suivi des satellites. La mesure a été adoptée à la chambre basse avec 133 votes en faveur et 107 voix contre.

La Chine prévoit d’installer un système de suivi de satellites dans la province de Neuquen, en investissant 300 millions de dollars dans le projet qui est une partie du programme lunaire de Beijing. La station sera opérationnelle en 2016.

L’Argentine aura également accès à la station et à son antenne de 35 mètres pour ses propres projets de recherche. Certains opposants, fortement soutenus par la diplomatie américiane, s'interrogent sur la possible utilisation de la base à des fins militaires. Espérons que cette décision ne donnera pas une raison de plus aux Etats-Unis pour tenter de déstabiliser la présidente Kirchner.

En octobre dernier, l’Argentine est devenue le premier pays latino-américain a avoir lancé un satellite de communications à orbite géostationnaire, l’ARSAT-1. Il offre plusieurs services de télécommunications, internet et la téléphonie mobile, en Argentine, au Chili, en Uruguay et au Paraguay.

Source. Russia Insider. China to Build a $300 Million Satellite Tracking Station in Argentina