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Economie et politique. Le prochain sommet des BRICS à Oufa
Jean-Paul Baquiast 12/03/2015



Oufa, capitale de la Bachkirie (Russie) se prépare à recevoir le sommet des BRICS en juillet 2015. Celui-ci rassemblera, outre les autorités russes, les délégués du Brésil, de l'Inde, de Chine et d'Afrique du Sud. La presse française, on peut le craindre, s'intéressera peu à cet évènement. Pourtant il aura une importance stratégique qui s'annonce considérable.

Nous rendons compte ici régulièrement de la progression de ce grand ensemble, tout en regrettant que ni l'Union européenne ni les pays importants de celle-ci, dont l'Allemagne et la France, n'y envoient de représentants officiels. On imagine que les pressions américains sont multiples pour empêcher l'Europe de participer à une telle coopération internationale, comportant deux des pays, Russie et Chine, désormais présentés par Washington comme les « ennemis héréditaires » de l'Amérique, et objet d'un encerclement militaire de plus en plus pressant. La présence européenne serait pourtant dans la logique géostratégique et économique qui devrait être la sienne .

Remarquons anecdotiquement que la Bachkirie se situe aux frontières de l'Oural (cf carte). Autrement dit, si l'Europe était présente à Oufa, elle concrétiserait le voeu de Charles de Gaulle, réaliser une Union de l'Atlantique à l'Oural.

Les BRICS sont un format de coopération en développement. Celle-ci rassemble (voir schéma) 3 milliards de personnes soit 42% de la population de la planète et occupe un quart de la superficie terrestre. Le PIB sommaire du Brésil, de Russie, de l'Inde, de Chine et d'Afrique du Sud n'est certes pas de même importance que ceux cumulés de l'Europe et des Etats-Unis, mais il représente cependant près de 15% du PIB mondial. De plus, malgré d'inévitables difficultés, il se maintiendra vraisemblablement en forte croissance durant la décennie.

La coopération a été engagée il y a neuf ans. La première réunion ministérielle en format BRIC a eu lieu en marge de la session de l'Assemblée générale de l'ONU en 2006. Le premier sommet du groupe s'est tenu trois ans après à Ekaterinbourg à l'initiative de la Russie. Les délégués ont étudié la situation résultant de la crise financière mondiale et les questions liées à la sécurité alimentaire globale. L'Afrique du Sud a rejoint le groupe de pays en développement en 2010. Les sommets se déroulent régulièrement dans l'un des pays des BRICS.

Les gouvernements des pays membres ne se cachent pas de vouloir monter une coopération monétaire et économique qui leur permette d'échapper à la domination qu'impose les Etats-Unis, notamment à travers la zone dollar. D'où l'hostilité croissante de ceux-ci. Récemment, Obama s'était rendu en Inde pour offrir des alternatives de coopération à Narendra Modi, mais celui-ci n'a pas pour autant renoncé à jouer un rôle important au sein du BRICS, comme nous l'indiquons en fin de cet article..

Au sommet à Fortaleza qui a eu lieu en 2014 a été décidé de fonder une Banque de développement des BRICS et de former un pool de réserves monétaires destiné à garantir la sûreté économique dans les pays membres. Ces perspectives sont aujourd'hui examinées sérieusement par le gouvernement grec, au cas où les exigences non négociables des institutions européennes pourraient le contraindre à sortir de l'euro.

La Banque de développement du BRICS

La mise en place de celle-ci , sous le nom de BRICS New Development Bank (NDB) est désormais irrévocable. La Banque dont le siège sera à Shanghai, China, disposera d'un capital de 100 milliards de dollars, dont 40 milliards pourront être mobilisés pour répondre aux demandes des Etats membres. Ce montant peur paraître faible mais il faut rappeler que la BM de Bretton Woods n'a réussi pour son compte à mobiliser environ 500 milliards de dollars qu'après une soixantaine d’années d’existence. Chaque Etat fondateur devra participer de façon égale à la constitution du capital - ce qui n'est pas le cas en ce qui concerne la Banque Mondiale et le FMI. Ces fonds serviront à initialiser de grands projets de développement intéressant les membres.

La NDB sera ouverte à tout pays membre de l'ONU. Les décisions se prendront à la majorité. Le président sera désigné pour 5 ans, la présidence tournant parmi les membres. La banque devra commencer à travailler en 2015 et atteindre son plein développement vers 2018-2020. D'ores et déjà, Vladimir Poutine pour le compte de la Russie vient de promulguer une loi autorisant le pays à participer à la banque. Le premier président du bureau des directeurs sera en principe Brésilien, mais il pourrait être Indien.

Il est intéressant de noter en effet que selon The Times of India, l'Inde envisage pour la représenter au sein de la NDB de désigner deux candidats « politiques » de haut niveau, l'ancien ministre des finances et des affaires étrangères Yashwant Sinha et l'ancien ministre des technologies Arun Shourie.

Suivre les débats qui se produiront au sein de la NDB pourra donner aux observateurs extérieurs d'intéressants indices concernant l'évolution future des relations entrer les trois poids lourds de la Banque, la Chine, la Russie et l'Inde

Pour en savoir plus

* http://ufa2015.com/

* http://en.wikipedia.org/wiki/7th_BRICS_summit

* http://en.wikipedia.org/wiki/Bashkortostan

Post-scriptum au 15/03.

* On apprend ce jour que le gouvernement Medvedev a décidé de mettre en place un site web servant de secrétariat virtuel et de centrale d'information pour les membres du BRICS. L'url n'en est pas encore connue.

* Précisons par ailleurs qu'il ne faut pas confondre la Banque de développement du BRICS avec l'Asian Infrastructure Investment Bank mise en place précédemment par la Chine, et à laquelle la City de Londres vient de décider de participer, provoquant une vive irritation de Washington, la première du genre entre de si bons alliés. L'Australie aurait souhaité en devenir membre, mais les Etats-Unis s'y sont opposés.

Wikipedia. Asian Infrastructure Investment Bank

 

 

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