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Pétrole abiotique, mythe ou réalité ?
Jean-Paul Baquiast - 05/04/2015

Pourquoi cette question du pétrole comme mythe ou réalité ?, ou plus exactement quel sens pourrait-elle avoir? C'est ce que nous souhaitons préciser ci-dessous, n'excluant pas d'y revenir dans des articles ultérieurs. Indiquons cependant que n'ayant pas la compétence ni même les informations nécessaires pour répondre définitivement à la question, nous nous bornerons à présenter quelques éléments sur la question. Nous avons reçu de personnes qualifiées des commentaires que nous publions en fin d'article. Qu'ils en soient remerciés A.I.


Les spécialistes du pétrole désignent par le terme de biotique le pétrole ordinaire ou pétrole d'origine biologique, celui que tout le monde connaît.
Ce pétrole est dit "biologique" ou "biotique" parce que l'on considère qu'il résulte de processus complexes de transformations de la matière organique, végétale et animale, accumulée depuis souvent des milliers d'années ou plus dans des sites terrestres ou sous-océanique de type sédimentaire qui l'y ont séquestrée pour diverses causes de nature géologique. D'une façon générale, il s'agit de sites de faibles profondeurs, dépassant rarement 1000 m.

Ce pétrole, et le gaz qui y est souvent associé, peuvent être obtenus par des forages toujours coûteux et dont beaucoup, malgré les techniques modernes de localisation, se révèlent stériles. Les plus coûteux sont évidemment ceux qui forent en milieu marin, obligeant à traverser des centaines de mètres d'eau, dans des zones pouvant être très agitées.

Certes, dans certaines rares régions du globe, le pétrole affleure spontanément. Ceci avait permis dès l'Antiquité d'identifier le produit et de s'intéresser aux usages pouvant en être tirés, éclairage ou chauffage. Dans d'autres régions l'on trouve des bitumes ou goudrons mélangés aux matériaux de surface (sables bitumineux par exemple) considérés comme résultant de phases de transformations incomplètes. On peut faire enfin du pétrole synthétique comme l'avait réalisé à grande échelle l'Allemagne hitlérienne.

Mais dans l'ensemble le pétrole est considéré comme une ressource relativement peu répandue, dont les réserves bien qu'encore très grandes mais souvent encore non identifiées, sont nécessairement rares. Comme une part considérable de l'activité humaine actuelle repose sur le pétrole, cette rareté peut légitimement inquiéter, justifier le prix élevé du baril observé jusqu'à ces derniers mois, et plus généralement permettre d'expliquer une grande partie des affrontements géopolitiques passés et actuels, reposant sur des conflits pour l'accès à la ressource.

Les industries du pétrole, notamment celles capables d'assumer la charge de l'exploration, des forages, de l'extraction, du stockage et du transport, ont acquis de ce fait aussi un poids politique que certains jugent excessifs, d'autant plus qu'elles se sont organisées en monopoles peu ouverts à la concurrence et étroitement associés aux politiques de puissance des grands Etats. On peut à juste titre parler de complexe pétro-industriel et militaire à leur propos.

Depuis quelques années cependant, la très grande majorité des climatologues dénoncent l'influence sur la hausse des températures terrestres actuellement observée, de la production de gaz carbonique et autres rejets atmosphérique contribuant à ce que l'on nomme l'effet de serre. Il en résulte que de plus en plus d'efforts sont faits pour développer des sources d'énergie dites alternatives au pétrole, sources dites aussi renouvelables. Mais le prix en est élevé, les matières premières nécessaires ne seront pas elles-mêmes en quantité inépuisable, et leur pénétration en termes d'usages demeure très lente. La course au pétrole ne se ralentit donc en rien aujourd'hui, avec ce résultat désastreux, selon les climatologues, que la production des gaz à effets de serre continue à augmenter, ainsi que la température de la planète.

On ajoutera dans cette perspective que le réchauffement climatique entraînera la libération de quantité apparemment immenses de méthane actuellement piégé dans le permafrost continental ou les fonds océaniques sous une forme non gazeuse, dites clathrate ou hydrate de méthane se décomposant en méthane lorsque la température s'élève. Ce composé est généralement considéré comme d'origine organique, mais il faut savoir que le méthane est très présent dans l'univers, y compris dans le système solaire.

Une autre théorie

Cependant, il existe une autre théorie sur l'origine du pétrole. Elle est très peu connue jusqu'à ce jour, pour des raisons complexes sur lesquelles nous reviendrons. Développée dans les années cinquante du XXe siècle par des géologues russes et ukrainiens, elle réfute l'hypothèse selon laquelle le pétrole proviendrait de détritus biologiques fossilisés et affirme qu'il dérive de molécules hydrocarbonées qui furent emprisonnées dans la croûte terrestre lors de la formation de la terre, il y a 4,5 milliards d'années. Le pétrole se serait donc formé à partir de la roche cristalline précambrienne et non de fossiles. Comme il n'aurait pas résulté de causes biologiques, il est dit abiologique ou abiotique. Ce pétrole serait généré dans les couches géologiques profondes. Mais dans certaines conditions favorables, liées par exemple à l'existence de failles, il pourrait remonter vers la surface.

Faudrait-il en conclure que tout le pétrole aujourd'hui connu et considéré comme biologique serait d'origine abiotique ? Les deux sources pourraient elles au contraire co-exister ?
La question oblige à répondre à divers problèmes scientifiques complexes, concernant notamment les processus supposés donner naissance aux deux formes de pétrole considérées. Nous ne l'aborderons pas dans cette courte note sauf ci-dessous par allusion. Notons seulement à ce stade que si l'hypothèse abiotique se trouvait vérifiée, il faudrait en conclure que des réserves de pétrole considérables et renouvelables se trouveraient disponibles, à condition de disposer de techniques d'extraction à des coûts abordables.

Or cette hypothèse ou théorie du pétrole abiotique n'est pas récente. Durant tout le XIXe siècle et le début du XXe siècle, plusieurs scientifiques ont réfuté l'origine fossile des hydrocarbures : le naturaliste et géologue Alexandre von Humboldt, le chimiste et thermodynamicien français Louis Joseph Gay-Lussac, ainsi que le chimiste français Marcellin Berthelot, connu pour avoir mené une expérience qui lui a permis de démontrer la possibilité de générer du pétrole dans des conditions abiotiques. Enfin, le chimiste russe Dmitri Ivanovitch Mendeleïev a également repris les travaux de ses prédécesseurs et énoncé le postulat selon lequel le pétrole serait une matière primaire émergeant des structures géologiques d'origine.

Mais c'est surtout après la Seconde Guerre Mondiale que le postulat abiotique prend de l'ampleur. L'Union soviétique ne disposait alors pas d'énormes ressources pétrolières et, n'ayant plus accès aux régions riches telles que celles du Caucase (Bakou) envahies par l'Allemagne, elle était contrainte d'en trouver sur son sol. Le gouvernement russe décide donc de lancer un vaste projet concernant l'approfondissement des conditions permettant la formation de pétrole: son origine, ses localisations et l'étude des meilleurs moyens de prospection et d'extraction.

L'étude réunit un grand nombre de scientifiques soviétiques: géologues, chimistes, pétrochimistes, physiciens et thermodynamiciens. Elle est dirigée par les professeurs Nikolai Krudyavtsev et Vladimir Porfiriev. Elle identifie ce qu'elle considère comme des erreurs et incohérences dans la théorie biotique. Après un certain nombre d'expériences destinées à confirmer sa validité scientifique de l'étude, celle-ci est présentée au gouvernement russe qui les valide. Des travaux sont immédiatement entrepris sur le territoire de l'URSS. Ils permettront de découvrir de nombreux gisements de pétrole et de gaz sur des sites excluant l'hypothèse d'une formation biologique.

On aurait pu penser que ces découvertes, ayant donné à la Russie l'accès à des ressources en hydrocarbures qui produisent aujourd'hui une partie de sa richesse, auraient du faire l'objet de questionnement et de publications dans la littérature scientifique occidentale. Or malgré les nombreux articles écrits en russe et publiés dans les journaux soviétiques, il n'en fut rien. Plus curieusement, dans les décennies récentes où la littérature scientifique circule très facilement et où la langue n'est plus un obstacle, aucun travail critique ne fut entrepris systématiquement hors de Russie pour en discuter. Aujourd'hui le théorie du pétrole abiotique demeure encore très largement ignorée.

On a fait valoir que la science communiste fut longtemps discréditée à l'ouest par l'affaire Lyssenko. Mais la raison n'est pas suffisante, car la science russe, y compris sous l'ère stalinienne, a produit et produit encore des résultats la plaçant au niveau des meilleures du monde. Une autre raison, qui reste a démontrer mais qui paraît plus sérieuse, est que le gouvernement communiste, puis russe, n'a pas tenu à donner de précisions sur les travaux entrepris avec succès, notamment dans le bassin Dnieper-Donets, région située entre la Russie et l'Ukraine et considérée pendant plus de quarante-cinq ans comme un bassin géologiquement stérile.

Or le pourcentage de résultat des forages ayant eu des résultats productifs y a été supérieur au moins de moitié à celui des forages conduits dans d'autres parties du monde. On pense aujourd'hui que des champs considérables existent dans cette zone, comme d'ailleurs dans d'autres régions du territoire russe ou dans des fonds sous-marins appartenant à la zone économique exclusive russe. Or pourquoi ce peu de publicité donné à ces hypothèses par le gouvernement russe, y compris aujourd'hui par Vladimir Poutine ? Comment se fait-il que parallèlement les complexes industrialo-politiques du pétrole et du gaz, extrêmement puissants dans le monde, comme nous l'avons rappelé plus haut, n'abordent pas ce problème ?

Problèmes scientifiques

Une première réponse à la question est le peu de clarté des solutions proposées par la science concernant les raisons profondes selon lesquelles se forme le pétrole, qu'il soit biotique ou abiotique. Nous avons indiqué ici que nous ne pourrions aborder pour notre compte cette question, faute d'informations suffisantes.

Bornons-nous à indiquer que plusieurs points essentiels à toute prospective sérieuse demeurent encore relativement obscurs.

Concernant le pétrole biotique :

- Comment la décomposition de la matière organique donne-t-elle naissance, non seulement à des produits de fermentation mais au pétrole tel que nous le connaissons ?

- Cette matière organique, bien que produite depuis plus de 4 milliards d'années, l'aurait-elle été en quantité suffisante pour générer les énormes gisements de pétrole exploités jusqu'à ce jour auxquels s'ajoutent ceux des réserves probables ?

Concernant le pétrole abiotique :

- Les processus de production envisagés, qui supposent d'importantes pressions et températures, sont-ils compatibles avec l'évolution géologique et tectonique de notre planète, telle que connue à ce jour ? - Ces processus se poursuivent-ils actuellement ?

- Pourra-t-on un jour démontrer l'existence de tels pétroles abiotiques sur d'autres planètes et lunes du système solaire, ayant suivi des évolutions comparables à celles de la Terre, sans pour autant y ayant hébergé de formes de vie analogues à la vie terrestre ?

- Plus immédiatement, comment évaluer les réserves abiotiques éventuelles, accessibles à terme d'environ un siècle compte tenu de l'évolution prévisible des méthodes de prospection et de forage?

- Peut-on envisager que la production de pétrole abiotique ait pu coexister avec celle du pétrole biotique, au vu des réponses apportées aux questions précédentes ?

Quoi qu'il en soit de ces réponses scientifiques, on peut suggérer que si la théorie du pétrole abiotique se trouvait vérifiée, il en résulterait une avalanche de conséquences, sur le plan non seulement scientifique et industriel, mais géopolitiques, d'une importance considérable. Ce ne serait pas seulement les relations de la Russie avec le reste du monde qui se trouveraient bouleversées, mais une grande partie des prévisions actuellement formulées concernant l'avenir de l'humanité sur la Terre. Il serait presque possible de parler de révolution.

Peut-on parler de conspiration du silence ?

La littérature sur le pétrole abiotique, comme le montrent les sources citées en fin d'article, soupçonne très généralement le complexe pétroléo-militaro-industriel, tel qu'évoqué ci-dessus, d'avoir toujours voulu faire le silence sur les perspectives offertes par le pétrole abiotique. La raison principale en était que la ressource étant présentée comme devant se faire plus rare (pic) un prix élevé du pétrole se justifiait pour contrôler la demande et pour maximiser les profits. La rareté croissante justifiait par ailleurs d'entreprendre non seulement des forages de plus en plus coûteux, mais de véritables guerres pour mettre la main sur les ressources.

Faut-il donc parler de conspiration organisée entre les Grands du pétrole et les Etats concernés, Etats-Unis ou Arabie saoudite notamment, pour instaurer la rareté? Peut-être pas. Il est difficile d'imaginer que pendant des années et à l'échelle du monde entier, une telle conspiration entre intérêts pétroliers ait pu s'établir sans fuites et défections. Parlons plus simplement ici d'un processus de pensée en groupe qui se serait établi et fortifié à l'usage.

Ajoutons qu'a contrario, les prix élevés du pétrole, tant à la production qu'à la vente, ne sont pas sans dangers pour le lobby du pétrole. Ils encouragent, comme nous l'avons indiqué, la recherche de sources d'énergie alternatives, comme celle d'économies dans les modes de consommation. Certes, ces énergies, vertes ou nucléaires, coûtent cher à développer et ne prennent que lentement la place du pétrole, cependant elles représentent une menace pour ceux des intérêts pétroliers n'ayant pas les ressources nécessaires pour se diversifier.

Questions posées par la baisse actuelle du prix du baril

Notre article doit aussi tenir compte d'un élément qui s'est produit récemment et a surpris beaucoup d'observateurs, même bien informés : il s'agit de la baisse du prix du baril, enregistrée depuis quelques mois et s'étant actuellement stabilisée autour d'un baril à 50 ou 60 dollars (cf courbe ci-dessus). Nous avons sur ce site évoqué certaines raisons pouvant expliquer cette baisse, à supposer qu'elle devienne durable. Il s'agirait de la diminution globale mondiale des activités productives, comme de la volonté conjointe des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite visant à mettre en difficulté les économies de la Russie et du Vénézuela, qui avaient eu le tort de trop compter sur les revenus de la vente des hydrocarbures.

Il est aussi possible d'imaginer que les pays producteurs, en organisant cette baisse, visent à décourager les investissements dans les énergies renouvelables. Mais du même coup, si la baisse était durablement maintenue, ils décourageraient leurs propres investissements en matière de recherche de nouvelles ressources.

Dans une approche toute différente, quitte à encourir à notre tour le reproche de conspirationnisme, ne pourrions nous envisager que les lobbies pétroliers auraient pris conscience récemment – et en toute discrétion pour le moment - des perspectives de découverte et d'exploitation du pétrole abiotique. Dans ce cas, leur meilleure défense serait l'offensive. La baisse des prix du pétrole biotique encouragerait des usages de plus en plus étendus du pétrole en général, justifiant le recours aux ressources à terme considérables du pétrole abiotique – et découragerait de ce fait les investissements en matière d'énergies renouvelables et d'économies d'énergie. Le complexe pétrolier serait le mieux placé, compte tenu des moyens considérables dont il dispose, pour lancer la recherche et l'exploitation du pétrole abiotique.

Mais objectera-t-on, une telle politique de production et de consommation à outrance de produits pétroliers, toutes origines confondues, se heurterait très vite aux craintes légitimes des climatologues. En pratique, elle ne serait pas longtemps soutenable, compte tenu de l'augmentation rapide des températures qui en résulterait.

C'est là que l'argument un moment évoqué par Claude Allègre, et rejeté compte tenu du prix du baril à l'époque, consistant à dire qu'il deviendrait rapidement possible de séquestrer tout le CO2 produit par la consommation de pétrole, pourrait redevenir d'actualité. Si des sources considérables et de plus en plus faciles à exploiter de pétrole abiotique se découvraient, le passage rapide à une économie mondiale tout-pétrole pourrait se faire sans risques pour le climat, compte tenu du coût devenu très faible de la séquestration - à supposer évidemment que celle-ci puisse être appliquée à grande échelle. Les maîtres du monde de demain seraient alors les industriels et les Etats capables d'imposer à tous les pratiques monopolistiques qu'ils mettraient au point, tant en matière de production de produits pétroliers biotiques et abiotiques, qu'en matière d'utilisation de ces mêmes produits. Dans cette perspective d'ailleurs, à supposer que le prix actuel du pétrole remonte, les forces capables d'exploiter le pétrole abiotique resteraient les mêmes que celles dominant le marché actuel du pétrole. Ce que l'on a nommé la malédiction du pétrole, dont souffrent en premier lieu les pays disposant de réserves mais incapables de les exploiter par leurs propres moyens, se retrouverait dans des termes peu différents un peu partout dans le monde.

Quelques sources à consulter

On constatera que beaucoup d'entre elles proviennent d'articles ou sites dits alternatifs, refusant d'accepter sans discussion ce que leurs auteurs nomment les doxas officielles. Mais une lecture attentive de ces textes ne permet pas de dire qu'ils ne font pas appel à des raisonnements scientifiques. Au contraire.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_p%C3%A9trole_abiotique

* http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/les-avancees-recentes-sur-l-143349

* Forum Futurasciences http://forums.futura-sciences.com/debats-scientifiques/268290-petrole-abiotique.html

* https://resistance71.wordpress.com/2011/06/12/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-petrole-abiotique/

* http://petrole-abiotique.blogspot.fr/

* http://www.diatala.org/article-12938617.html * http://www.karmapolis.be/pipeline/petrole.html

* http://www.politiques-energetiques.com/et-le-baril-vacille/#xtor=SEC-4-GOO--[57348004523]-S-[%2Bp%C3%A9trole]

* http://www.alterinfo.net/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-petrole-abiotique-Seconde-addition-au-dossier_a101056.html


Commentaire de Gérard BOSSIERE [mailto:bossiere.gerard at neuf.fr]

Qu’il y ait pu avoir du carbone lors de la création de l’univers oui, d’ailleurs sur certaines planètes, ou satellites existent des océans de méthane, en d’autres endroits d’acide sulfurique etc.… Cependant quand il y a du méthane par exemple c’est sous forme d’un océan, éventuellement glacé. Ceci étant je crois qu’il faut être conscient du fait que les réarrangements d’atomes au sein des structures minérales se font en fonction de la température et de la pression, ce sont les lois thermodynamiques de Le Chatelier et Van T’Hoff qui guident ce comportement. Pour faire simple plus on va en profondeur plus les minéraux ont des structures compactes et plus ils sont denses.

La forme carbone à haute pression est le diamant. S'il y avait eu d’énormes quantités de pétrole nous aurions d’énormes quantités de diamant et la réaction n’est pas, à ma connaissance, réversible, on ne fabrique pas de pétrole à partir du diamant. Imaginer du pétrole en grande profondeur n'est impossible. Imaginer du pétrole dans du granite n’est pas compatible avec le température de cristallisation, il s’évaporerait tout simplement.

Dans le texte on mentionne aussi le basalte, je veux bien, à la rigueur, car une coulée de basalte est aérienne et elle peut se faire sur une épaisse couche d’argile protectrice (c’est d’ailleurs souvent le cas des couches réservoirs), ce n’est pas un argument pour supposer qu’il y ait un lien génétique. Une remontée par faille oui, mais les failles sont, géologiquement parlant, des phénomènes superficiels, en profondeur elles n’existent pas sous la même forme géométrique. Rien n’est donc démontré, en ce qui concerne une supposée origine abiotique et elle s’oppose à des lois thermodynamiques simples. Je n’ai pas été consulter les travaux de la Carnegie qui sont cités, je veux dire dans la publication originale.

C’est vrai qu’il existe des fluides dans la croûte. Plus en profondeur, une partie importantes des produits volcanique est gazeuse, c’est même essentiel dans le volcanisme explosif, mais ce n’est pas compatible avec une source de pétrole. En conclusion, jusqu’à plus ample informé, le pétrole est d’origine biotique la démonstration été faite depuis longtemps, il est aussi d’âges différents… selon les contextes où il se trouve.. Les publications soviétiques n’étaient pas ignorées aux USA, ou dans la communauté scientifique car ils étaient traduits systématiquement. Ils n'ont jamais été considérés comme recevables. Voila donc une courte réponse que je pourrais argumenter plus longuement.

Amitiés GB


Commentaires de Jean Cévaër (mailto: jeancevaer at orange.fr) Merci pour ce texte fort intéressant qui aborde certains sujets bien connus des spécialistes et d‘autres que, personnellement je ne connaissais pas. Tous ceux qui, comme moi ont passé près de 40 ans dans l’industrie du pétrole et qui s‘intéressent toujours à ces questions, savent que depuis largement plus d’un siècle l’existence de pétrole brut d’origine non biologique a été postulée pour la bonne et simple raison que le méthane, le plus simple des hydrocarbures, semble être présent dans tout l’Univers. Par ailleurs la gazéification du charbon, dont j’ai été un promoteur en Europe y compris à Saint-Nazaire et à Lorient, est un procédé chimique de production d’hydrocarbures à partir de carbone (charbon) eau et oxygène. Mais face à cette production, faut-il écrire physico-chimique d’hydrocarbures nous savons que les hydrocarbures peuvent être et sont produits par voie biologique, la fermentation des déchets qui donne du méthane et qui incidemment se généralise dans nos campagnes ou aussi la production végétale de caoutchouc naturel qui est un mélange d’hydrocarbures. Je ne connaissais pas les travaux effectués pendant la guerre en URSS au sujet des hydrocarbures d’origine non biologique, mais bien entendu il n’y a aucune raison de les négliger. Pour moi et pour beaucoup de mes collègues de l’industrie du pétrole au cours de ma vie professionnelle il existe certainement à côté de la formation biologique des hydrocarbures d’autres méthodes non biologiques de formation, attestées par la présence de méthane dans l’univers, à telle enseigne que des planètes semblent avoir des océans de méthane. Quel impact cela peut il avoir sur la recherche pétrolière ? Franchement, cela est difficile à écrire, j’ai été très proche de certains des meilleurs spécialises de ma société dans ce domaine et ils ne semblaient se préoccuper que des sources de pétrole brut et de gaz naturel d’origine biologique. En fait, ils ont connu beaucoup de succès, en particulier en Arabie Saoudite et en Amérique Latine et beaucoup d’échecs, en particulier en Afrique subsaharienne. S’agissant des hydrocarbures synthétiques, à mon avis la gazéification du charbon est un procédé d’avenir, les ressources charbonnières sont énormes et sa gazéification permet d’utiliser le charbon de façon moins polluante que la combustion directe. A telle enseigne que si cette technologie a été abandonnée aux USA et en Europe, elle est toujours utilisée par SASOL en Afrique du Sud et se développe en RPC où Air Liquide produit de l’oxygène pour des unités chinoises dont étrangement personne ne parle. Pour ce qui est de la géopolitique des hydrocarbures, il y aurait évidemment beaucoup à écrire s’agissant par exemple du désastreux traité de Sèvres et du découpage de l’empire Ottoman, ayant entraîné la naissance de cette construction étatique absurde qu’est l’Irak et le fait que l’Arabie a été confiée à la famille des Séoud, les promoteurs du wahhabisme, dont nous voyons aujourd’hui les conséquences en matière du financement de cet islam intégriste par l’argent du pétrole brut. Cordialement. J.C. Retour au sommaire