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Finances Les obligations à durée indéterminée(ODI)
Joseph Leddet 08/07/2015

Joseph Leddet est éditeur de la Gazette des Changes. Automates intelligents

Référendum grec: de la victoire du peuple à la mise en place des ODI...

Dimanche dernier, le "non" l'emportait à une large majorité à Athènes, "non" aux nouvelles mesures d'austérité imposées par une "Troïka" technocratique et insensible: à présent, Aléxis Tsipras, Premier ministre grec, est en position de force pour négocier face à tous ces petits comptables bornés et méprisants, ces nains qui malheureusement dirigent pour l'instant l'Europe.

Hier soir, à l'issue de son dîner avec Angela Merkel, François Hollande évoquait l'idée de "solidarité" européenne; souhaitons qu'il ne s'agisse là juste d'un vain mot, et qu'on la mette sans tarder en pratique pour résoudre définitivement la crise grecque.

A propos de cette crise, rappelons que l'on exige de la Grèce, si elle n'est pas soumise, le remboursement sur juin/juillet d'un prêt du FMI, pour 1.6 milliard €, et d'un prêt de la BCE, pour 3.5 milliard €, soit un peu plus de 5 milliards au total; rapporté à notre pays, c'est comme si l'on demandait à l'Etat français, sur la même période, un remboursement sur ses propres deniers de 50 milliards €, chose qu'il est à l'évidence incapable de faire, car cela fait maintenant 40 ans que la France est en situation de cessation de paiement, creusant d'année en année une dette publique qui dépasse aujourd'hui les 2000 milliards €, et qui grossit annuellement de 80 milliards; cette dette n'est de fait pas remboursée, elle est juste reportée grâce à de nouvelles émissions obligataires continuelles qui servent à payer les emprunts arrivant à échéance, et aussi à financer un déficit budgétaire désormais quarantenaire.

Par ailleurs, il importe de souligner que le budget grec est en "excédent primaire", c'est-à-dire que, hors frais d'intérêt de la dette, les recettes excèdent les dépenses; a contrario, il n'en va pas de même du budget français, qui reste en déficit abstraction faite du service de la dette : nous n'avons donc aucune leçon de morale à donner à nos voisins grecs, loin s'en faut, car si l'on imposait aux français le quart du dixième de ce qui a été imposé aux grecs, il y a longtemps que l'Elysée aurait brûlé!

Un problème commun à tous les Etats

En pratique, souhaitons que cette crise grecque ouvre les yeux de tous les citoyens européens, pour qu'ils comprennent que cette question de dette n'est pas un simple problème grec, le problème d'un Etat présenté à tort comme "voyou", mais qu'il est commun à la plupart des pays de la zone "euro", voire à la plupart des pays occidentaux; appelons donc un chat un chat, et reconnaissons qu'à un niveau moyen proche de 100% du PIB, la dette publique ne sera jamais remboursée par aucun de nos pays dits "politiquement et économiquement corrects".

A cet égard, une solution élégante pour régler la question sans léser les investisseurs est de transformer les emprunts d'Etat en obligations à durée indéterminée (ODI), qui servent des intérêts fixes, voire variables, mais sans date d'échéance précisée; ces obligations seraient librement cessibles sur un marché secondaire solidement organisé, pour permettre aux investisseurs de récupérer leur capital en cas de besoin; et elles feraient le bonheur de tous les fonds d'assurance-vie, soucieux de garantir un rendement régulier et sécurisé à leurs souscripteurs.

Cette idée, que nous exprimons depuis plusieurs années déjà (cf. article paru dans "La Tribune" en avril 2011), avait été évoquée au début du nouveau gouvernement grec par Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances, mais elle n'avait pas eu l'heur de plaire à la Troïka; cependant, avec les derniers rebondissements actuels, peut-être celle-ci acceptera-t-elle de mettre un peu d'eau dans son vin; en tout cas, la création officielle des ODI serait à coup sûr un "plus" exceptionnel pour l'avenir économique et financier de l'Europe....