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Article. Relation de cerveau à cerveau sur le mode télépathique
Jean-Paul Baquiast 26/09/2015


Des chercheurs de l'Université de Washington viennent de publier (voir référence ci-dessous) les résultats d'une expérimentation permettant à deux interlocuteurs distants de communiquer de cerveau à cerveau en utilisant Internet comme media de transmission. Cette réalisation a permis d'améliorer une expérience précédente datée de 2013.

Chaque participant est équipé d'un casque d'EEG (electro-encéphalographie) enregistrant directement les ondes cérébrales correspondant à des échanges simples entre cerveaux sur le mode question-réponse. Le casque, rappelons-le, n'est pas invasif. L'échange n'exige donc pas l'implantation d'électrodes intracrâniennes, comme cela était nécessaire il y a quelques années.

Si A perçoit une lumière émise en face de lui, il répond à la question de B, (Vois tu une lumière?) par oui ou non. La question générée par le cerveau de B, sans aucun appel à un mode d'expression verbale ou gestuelle, est recueillie par l'EEG de B sous forme d'ondes cérébrales. Ces ondes sont alors transmises par un câble internet à l'EEG de A, puis au cerveau de A. Le cerveau de A perçoit immédiatement la question, au reçu des ondes cérébrales provenant du cerveau de B. Le cerveau de A formule immédiatement la réponse à la question, laquelle en retour est transmise via les EEG au cerveau de A.

Cet échange se fait sur le mode télépathique. Il n'est même pas nécessaire que A et B formulent mentalement la question et la réponse sous forme de langage (question: vois-tu? , réponse : je ne vois pas -ou je vois) Il suffit que les deux interlocuteurs les « pensent » directement, autrement dit de façon non formulée sous forme langagière.

Interpréter les ondes cérébrales

La difficulté dans ce type d'échanges consiste à interpréter les ondes cérébrales émises par les cerveau et recueillies par les EEG. Les cerveaux fonctionnent sans interruption, transmettent des centaines de messages aux significations diverses. Il a donc fallu identifier parmi ces messages ceux correspondant à la question et à la réponse, pour transmettre d'un cerveau à l'autre les messages correspondant à la façon dont ils « pensent » effectivement la question et la réponse.

L'usage de l'Internet comme média de transmission ajoute à l'expérience un aspect spectaculaire. Les « pensées » peuvent être échangées quelle que soit la distance physique entre les deux interlocuteurs. Le phénomène désigné par le terme de « télépathie », qui n'a jamais été véritablement observé en pratique, correspond à cette fonction. Il s'agit, d'après les chercheurs, de la réalisation la plus complexe à ce jour intéressant la communication directe de cerveau à cerveau. Rappelons que, sur le mode télépathique, A et B pourraient converser, en temps réel et quelle que soit les obstacles et les distances les séparant.

Inutile de préciser les nombreuses applications que recevra cette première expérimentation réussie: communication entre un enseignant et un apprenant, communication entre un sujet sain et un sujet souffrant de divers troubles moteurs ou psychiques.... Il faudra seulement, pour permettre des échanges plus riches que des questions-réponses simples, continuer à déchiffrer, dans les ondes cérébrales émises par les cerveaux, celles qui correspondent aux contenus de pensée que l'on veut échanger.

La difficulté sera accrue du fait que chaque cerveau peut émettre n présence d'un phénomène identique des ondes légèrement différentes d'un interlocuteur à l'autre, même si dans l'ensemble les aires cérébrales de personnes provenant de milieux sociaux voisins soient en principe, globalement normalisées.


Abstract

We present, to our knowledge, the first demonstration that a non-invasive brain-to-brain interface (BBI) can be used to allow one human to guess what is on the mind of another human through an interactive question-and-answering paradigm similar to the “20 Questions” game. As in previous non-invasive BBI studies in humans, our interface uses electroencephalography (EEG) to detect specific patterns of brain activity from one participant (the “respondent”), and transcranial magnetic stimulation (TMS) to deliver functionally-relevant information to the brain of a second participant (the “inquirer”). Our results extend previous BBI research by (1) using stimulation of the visual cortex to convey visual stimuli that are privately experienced and consciously perceived by the inquirer; (2) exploiting real-time rather than off-line communication of information from one brain to another; and (3) employing an interactive task, in which the inquirer and respondent must exchange information bi-directionally to collaboratively solve the task. The results demonstrate that using the BBI, ten participants (five inquirer-respondent pairs) can successfully identify a “mystery item” using a true/false question-answering protocol similar to the “20 Questions” game, with high levels of accuracy that are significantly greater than a control condition in which participants were connected through a sham BBI.


Référence
http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0137303