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Editorial 1. Ne devrions nous pas soutenir Volkswagen ?
Jean-Paul Baquiast, Christophe Jacquemin 29/09/2015

Volkswagen avait trouvé moyen d'échapper aux tests anti-pollution mis en place par l'Amérique et ciblant manifestement ses exportations aux USA. C'était d'une rare bêtise. On se demande comment une firme aussi sérieuse a pu collectivement décider d'une telle démarche, sans penser qu'elle serait inévitablement découverte. Néanmoins, il faut bien voir que les constructeurs américains ou nippo-américains en profitent pour lancer une offensive générale contre les marques européennes, toutes confondues, en essayant notamment ainsi de créer un marché (encore de niche mais qui deviendra grand) pour le constructeur américain Tesla Motors.

C'était maladroit de la part de Volkswagen, mais qui s'indigne des logiciels permettant aux produits américains d'échapper aux normes et usages européens, notamment ceux dont tous les produits et services américains sont désormais emplis pour espionner nos données économiques et personnelles, nos échanges, nos productions intellectuelles. Pour ne pas les citer, Microsoft, Google, Facebook, Amazon et autres.

Il avait fallu attendre les révélations d'Edwards Snowden et de Julian Assange pour découvrir l'ampleur de l'espionnage qu'exercent sur nous via ces firmes les NSA, CIA et DIA (Defence Intelligence Agency). Soyons persuadés que ce présent éditorial sera recueilli et si besoin analysé par les serveurs de ces organismes. Il en sera de même des « big data » de ceux qui échangeront des mails à ce sujet ou même en parleront au téléphone. Mais qui s'en indigne? Qui ici demande que l'Europe, comme le font la Chine, la Russie et même le Brésil, se dote de réseaux, logiciels, bases de données protégés? Personne..

Dans un autre domaine, qui s'indigne des produits alimentaires importés par les Etats-Unis en Europe et qui contreviennent de façon indétectable à nos prescriptions sanitaires, les bœufs et volailles en hormones, les végétaux forcés aux OGM, les colorants chimiques ? Personne? Indétectables n'est peut-être pas le mot exact. Disons plutôt indétectés, faute des sommes considérables qu'il faudrait y consacrer. Dans la recension du livre Spam Nation de Brian Krebs, faite ici, nous avions noté l'observation de l'auteur: les grands de la pharmacie ont depuis longtemps renoncé à analyser les produits contrefaits vendus sur Internet,(la plupart américains , au reste) vu les coûts considérables que cela impliquerait.

Quant au cas Volkswagen, plutôt que faire le gros dos et laisser passer l'orage, le gouvernement allemand, soutenu par la Commission européenne (et la France), ne devraient ils pas rappeler l'affaire BNP Paribas, condamnée le 1er mai 2015, à 8,9 milliards de dollars d'amende américaine pour avoir commercé avec le Soudan, l'Iran et Cuba, alors sous embargo et aujourd'hui totalement ouverts, au moins en ce qui concerne les deux derniers, aux investissements et exportations américaines. Qui s'est indigné des conditions suspectes dont General Motors a pu acquérir le coeur de compétence du champion français Alstom.

Par ailleurs et plus généralement, les gouvernements européens ne devraient-ils pas refuser de céder aux « sanctions » imposées par l'Amérique au commerce avec la Russie, alors que tout le monde connait, quand il vit ou voyage en Russie le nombre de produits américains importés dans ce pays au mépris de ces « sanctions ». Si François Hollande dès le début avait eu le courage de refuser ces « sanctions » la France n'aura pas perdu le 1,5 milliard au bas mot que lui ont coûté l'affaire des Mistrals. Elle ne verrait pas aujourd'hui bloqué le méga-contrat Rafale qui était en cours de négociations avec l'Inde et que celle-ci refuse de conclure avec un partenaire dépourvu de fiabilité et de parole.

Qui enfin refusera de signer avec les Etats-Unis le scandaleux traité de libre-échange TTIP, par lequel des produits américains échappant à toutes nos normes et protections pourront envahir l'Europe? Quant aux exportations européennes, soyons assurés qu'il se trouvera chaque fois que nécessaire des tribunaux américains, au niveau de l'Etat fédéral comme des Etats fédérés, pour interdire leur commercialisation. Hier le secrétaire d'État français au Commerce extérieur Mathias Feld expliquait dans un entretien publié par Sud-Ouest que les États-Unis devaient faire preuve de plus de réciprocité dans les négociations sur le TTIP. Chacun s'est étonné du « courage » de ce « jeune homme ». Mais rassurons-nous, Mathias Feld ne sera entendu par personne en Europe. Pourquoi ainsi n'a-t-il pas été relayé par François Hollande lors de ses contacts avec Obama à l'ONU?

En fait en Europe personne de s'indigne de rien de ce qui vient des Etats-Unis, fut-ce des pires coups tordus. Il n'est jamais prudent pour les colonisés de relever la tête.

Notes

* Sur l'affaire VW, on lira un article alarmiste (peut-être trop alarmiste) de
Le Temps L'Allemagne perd la guerre économique

* Voir aussi de Pierre Demoux dans Les Echos Comment une économie de 300 euros a provoqué l’affaire Volkswagen Le lecteur comprendra que lorsque nous parlons de soutenir VW, c'est dans le sens plus général abordé par notre éditorial.

* Voir aussi de Frédéric Parisot un article très documenté dans l'Usine Nouvelle L’impossible équation qui a conduit Volkswagen à la fraude