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Géopolitique. Le dernier rapport du CSIS . Accélération de la guerre américaine contre la Chine
Jean-Paul Baquiast 25/01/2016

Un nouveau rapport du Center for International and Strategic Studies (CSIS), basé à Washington, passe à peu près inaperçu en Europe. Pourtant il prépare indiscutablement une prochaine guerre de grande intensité avec la Chine. Les Européens, après les Chinois, en seront pour de multiples raisons les victimes.

Ce rapport, intitulé “Asia-Pacific Rebalance 2025: Capabilities, Presence, and Partnerships,” examine les différentes menaces contre la domination américaine en Asie. Mais une lecture fut-elle superficielle montre qu'il prépare en fait une mobilisation générale contre la Chine.

Le rapport a un statut semi-officiel. Il a été établi à la demande du Département de la Défense et du Congrès s'appuyant sur les dispositions du 2015 National Defence Authorisation Act. Il succède à un rapport identique établi en 2012 à la suite du “pivot” vers l'Asie décidé par Obama en novembre 2011. La plupart des préconisations de ce premier rapport ont été mises en oeuvre. Il est clair que le futur président des Etats-Unis, quel qu'il soit, ne pourra pas ne pas tenir compte de celles de l'actuel. Sinon il serait accusé de conspirer avec les ennemis de l'Amérique pour entraîner sa perte

Le présent rapport 2015 déclare que la Chine a accéléré ses activités militaires en mer de Chine orientale et méridionale. Il déplore qu'elle mette dorénavant en place des mesures de protection (anti-access) et se déclare de moins en moins prête à céder aux injonctions de l'US Pacific Command. Ceci est présenté comme la preuve du fait que la Chine serait de plus en plus une puissance agressive et expansionniste, alors qu'il s'agit pour elle d'un simple refus de céder aux pressions et provocations diplomatiques et militaires dans la région Indo-Pacifique.

La stratégie anti-chinoise mise au point par le Pentagone se dénomme « AirSea Battle ». Elle implique des frappes massives par l'aviation et les missiles, visant à paralyser l'économie et les communications chinoises. Elle comporte aussi un blocus des voies maritimes apportant à la Chine des matières premières et des ressources énergétiques en provenance du Moyen-Orient et de l'Afrique, indispensable à la poursuite de ses activités économiques.

Pour ce faire, le Pentagone renforce constamment ses bases militaires en Corée du Sud, au Japon, en Australie et à Guam. Il renforce parallèlement ses capacités à lancer des frappes à partir de groupes de porte-avions et des sous-marins. Citons les termes du rapport, que chacun pourra traduire sans difficultés:

“Current US capabilities resident or routinely deployed in the Asia-Pacific include power projection from carrier strike groups, strategic bombers, and guided-missile submarines; ballistic missile defence from a network of installations and platforms in Japan, Korea, Guam, and forward-deployed Aegis-equipped navy ships; anti-submarine warfare (ASW) capability resident in ships, submarines, and patrol aircraft operating throughout the Asia-Pacific theatre; air superiority from fourth- and fifth-generation fighters deployed to Japan and Korea; and ISR [Intelligence, surveillance and reconnaissance] capabilities from space-based to tactical systems to provide early warning and support to warfighters.”

Le CSIS, en conséquence, demande le renforcement des budgets miliaires, largement supporté d'ailleurs par les « alliés», à des niveaux de trillions de dollars. Il détaille les exigences à satisfaire, qui se traduiront par une intégration de tous les nouveaux moyens dans des « systèmes de systèmes » sous pilotage américain.

* Restructuring and consolidating US military forces in Japan and South Korea, including the completion of new bases, a major extension of military facilities on Guam, and the expansion of the American Marine, air and naval presence in Australia.

* Stationing a second aircraft carrier strike group to complement one already permanently stationed in Japan, as well as “additional surface force presence,” such as Littoral Combat Ships, four of which are due to be stationed in Singapore.

* Improving “undersea capacity,” such as the “near-term” stationing of two additional nuclear attack submarines in Guam and the future basing of advanced Virginia class nuclear submarines elsewhere in the region, including at Stirling naval base in Western Australia and the Indian Ocean base of Diego Garcia.

* Expanding and reorganising the US Marine and Army forces throughout the region.

* Diversifying air bases to counter potential Chinese attacks, including to “the Philippines, Australia and others.”

* Boosting anti-missile systems throughout the region to neutralise China's ability to respond to a US attack—nuclear or non-nuclear.

* Stockpiling “critical precision munitions” in secure locations to ensure the US military's ability to engage in “large-scale and high-intensity conflicts.”

* Undertaking major research aimed at countering any potential Chinese military response to US attack, such as a new generation of advanced, long range anti-ship, anti-surface and anti-air missiles, and the development of new weapons, including “three promising options”—railgun, directed-energy and upgraded conventional guns. Other projects include a new long range strike bomber, greater payload capacity for nuclear submarines, and augmented space, cyber and electronic warfare capabilities.

Si la Chine envisageait de déployer de tels moyens le long de la côte californienne, et discutait ouvertement de la possibilité de détruire les forces militaires basées sur le territoire américain, on imagine ce que serait la réponse de celle qui se considère encore comme une hyper-puissance. Certainement à base d'armes nucléaires.

Dans l'immédiat, il sera intéressant voir comment de grands pays asiatiques, tels que l'Inde et l'Indonésie, sans mentionner la Russie, réagiront à l'embrigadement anti-chinois sous le contrôle du Pentagone que prévoit pour eux le grand allié américain. Ils sont comme la Chine membres du Brics. Même si ce dernier est un peu atonique, en ce moment, il ne devrait pas laisser passer les projets de guerre développés par Washington.

Source

http://csis.org/event/asia-pacific-rebalance-2025-capabilities-presence-and-partnerships