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Edito3

La taxe Google : il était plus que temps.
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 25/01/2016


George Osborne, le chancelier de l’Echiquier britannique, a annoncé mercredi 18 mars à l’occasion de la présentation du budget, l’instauration d’un impôt sur les «bénéfices détournés» des multinationales. Surnommé "taxe Google", et annoncé pour la première fois en décembre 2014, ce prélèvement sera voté par le Parlement la semaine prochaine et mis en place en avril.

Dans son budget 2015, M. Osborne table sur des recettes fiscales minimales la première année, puis de 275 millions de livres (380 millions d’euros) la deuxième année et de 360 millions de livres l’année suivante. Ces chiffres sont à comparer aux presque 60 milliards d’euros que rapporte l’impôt sur les sociétés.

L’objectif de la "taxe Google" est de mettre fin aux pratiques des grandes multinationales qui déclarent leurs profits dans des pays à faible imposition, alors que leur chiffre d’affaires est réalisé ailleurs. Les géants de l’Internet – de Google à Amazon – se sont particulièrement illustrés en la matière.

Osborne est venu le 25 janvier affronter aux Communes des députés furieux de constater que la mansuétude du gouvernement à l'égard de Google s'était poursuivie jusqu'à ce jour. Encore aujourd'hui, le «deal» est dénoncé comme un vol aux dépends de la Couronne. Selon le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, il s'agit d'entériner la poursuite de fraudes (évasions fiscales) portant sur des milliards de livres, provenant tant de Google que des autres géants de l'Internet. Leurs bénéfices transitent à travers l'Irlande et Amsterdam vers un paradis fiscal aux Bermudes.

Détournements géants


Nous avons ici souvent dénoncé cette situation, qui permet à Google et ses homologues d'encaisser, non seulement à partir de la Grande Bretagne mais à partir de leurs activités intéressant l'ensemble de l'Union européenne, des revenus indus difficiles à estimer, mais dépassant sans doute des dizaines de milliards de dollars.

Grâce à ces sommes finalement prélevées sur les clients européens de ces géants de l'Internet, toutes réalisent actuellement des investissements de recherche et de développement qui sont en train de faire d'eux les maîtres de ce que Ray Kurzweil, directeur chez Google, a nommé un cerveau artificiel global.

Celui-ci, selon des prévisions qui semblent crédibles, pourrait dans 10 ou 20 ans se substituer à toute l'intelligence cumulée de l'intelligence humaine de l'époque. Rappelons aussi que ce «global brain» travaillera indifféremment aux profits des industries de l'armement, de l'espionnage ou des applications civiles. Quant à compter sur l'espoir qu'il pourra être mis gratuitement au service de l'humanité, mieux vaudrait dès maintenant y renoncer.

Les rares start-up ou universités européennes qui explorent ce créneau ne peuvent compter que sur des crédits publics de quelques dizaines de millions au mieux par an. Autrement dit, il leur faudra plusieurs siècles pour espérer atteindre le niveau de Google et autres Facebook tel que le leur aujourd'hui.

Nous pouvons légitimement nous indigner lorsque les gouvernements européens affirment à leurs électeurs faire tout ce qu'ils peuvent pour le développement de l'intelligence artificielle et de la robotique évolutionnaire.
Vu le résultat, faut-il imaginer de leur part un manque absolu de compétences ? Faut-il subodorer que cette mansuétude des gouvernements européens et de la Commission serait rétribuée par des contributions substantielles au revenu de certains des hommes politiques acceptant de fermer les yeux ?

Espérons cependant que les citoyens de l'Union européenne, s'enfonçant dans les restrictions budgétaires, notamment au détriment de recherches scientifiques essentielles, descendront un jour dans la rue pour appeler, comme à Londres ces derniers temps dans le cas Google, leurs représentants à plus de décence.