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La Revue mensuelle n° 166
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Editorial 2. Stop aux Jeux Olympiques de Rio 2016
Jean-Paul Baquiast, Christophe Jacquemin 07/02/2016


La raison justifiant une telle décision est simple. Elle s'impose sans ambiguïté à la lecture des articles de plus en plus fréquents qui quotidiennement font état de l'augmentation du nombre et de la gravité des cas de Zika détectés dans tous les pays ayant été le siège initial de la pandémie et dans un nombre croissant de pays limitrophes.

De plus, le nombre des cas de transmission paraissant ne pas seulement dépendre de la présence du moustique Tigre mais de vecteurs de contagion beaucoup plus classiques, telles que les contacts corporels, ne peut que confirmer le diagnostic de l'OMS ayant fait du Zika une urgence de santé de portée internationale “public health emergency of international concern”. D'ores et déjà, il semble que le Carnaval de Rio qui se tient en ce moment se traduira par une augmentation importante des cas de Zika recensés.

Malheureusement, l'OMS n'a pas le poids politique nécessaire pour obliger les gouvernements et forces économiques multiples à tenir compte de ses avertissements, si ceux vont à l'encontre de leurs intérêts immédiats. Il est bien évident que les JO de Rio représentaient un enjeu diplomatique, commercial, touristique sur lequel le Brésil comptait beaucoup pour résoudre ses actuelles difficultés.

Mais c'est s'illusionner en pensant que la pandémie actuelle n'aura pas de conséquences catastrophiques ultérieures dont le Brésil portera la responsabilité. D'ores et déjà, certaines de celles-ci commencent à se faire sentir. Ainsi quelle jeune femme, qu'elle soit enceinte ou non, acceptera de s'y rendre? Quels athlètes, malgré le luxe de précautions qu'ils prévoient dès maintenant, courront le risque s'y sacrifier la suite de leur carrière et de leur santé?.

Rassemblements de masse.

Plus généralement, quel gouvernement pourrait ignorer les leçons tirées des précédentes pandémies, la dernière en date étant celle de la fièvre Ebola. Les rassemblements de masse contribuent à la propagation des germes du fait que tout voyageur ayant eu un contact avec un malade peut en rentrant chez lui propager l'infection à une grande échelle, sans avertissement préalable. De plus les conditions d'hygiène nécessairement sommaires découlant de tels rassemblements ne peuvent éliminer les vecteurs, fussent-ils seulement représentés par des moustiques.

Dans le cas de Zika, certains peuvent espérer que le virus perdrait progressivement de sa virulence après il est vrai avoir affecté des millions de personnes. Mais on pourrait craindre au contraire que, dans le jeu des mutations futures, celles-ci ne s'accroissent. Si aux effets sanitaires, on ajoute les pertes économiques multiples résultant d'une explosion du Zika à la suite des JO, il est évident que toutes les précautions disponibles aujourd'hui doivent être prises.

On objectera que, dans les scénarios pessimistes, le maintien des JO n'aurait qu'une influence mineure. La mondialisation du virus se produirait de toutes façons. Mais la communauté internationale, à commencer par l'ONU, serait irresponsable de raisonner ainsi. Quant aux experts, associations ou médias ayant une influence quelconque sur les autorités décisionnaires, le temps est plus que jamais venu pour eux de commencer à se faire entendre.

Note au 15/02/2016

Depuis quelques jours circulent sur des sites alternatifs de type conspirationniste l'information selon laquelle les deux affections neurologiques graves, la microcéphalie du nouveau-né et le syndrome de Guillain-Barré chez l'adulte, seraient dues non au virus Zika mais à l'ingestion d'un insecticide, le Pyriproxyfen. Ce produit utilisé abondamment au Brésil et d'autres pays touchés vise à lutter contre le moustique Tigre. Il est répandu dans l'eau et pourrait être ingérés par des humains. La grosse industrie pharmaceutique refuse de reconnaître ce lien. L'OMS, saisi, étudie le cas. Mais Marie-Paule Kieny, sous-directrice adjointe de l'OMS pour les systèmes de santé et l'innovation vient d'estimer, en attente de preuves plus concrètes, que le lien entre Zika et Guillain-Barré est hautement probable". Autrement dit, l'insecticide n'aurait aucune responsabilité dans ces affections.