Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 166
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubrique

s)
Image animée
 Dans La Revue
 

 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

 

Article. Ondes gravitationnelles et cosmologie quantique
Jean-Paul Baquiast 11/02/2016 17h


Le Figaro Sciences

Les ondes gravitationnelles dont la collaboration LIGO annonce la découverte à l'heure ou nous écrivons ceci ne sont pas les mêmes que celles, dites primordiales, que la collaboration BICEP2 avait cru, à tort, détecter en 2014 (voir notre article )

Celles-ci résulteraient d'une phase initiale de l'apparition de l'univers tel que nous le connaissons, dite inflation. Durant cette phase extraordinairement violente de l'inflation initiale, des ondes gravitationnelles sont supposées avoir été émises et devraient pouvoir encore être observées sur terre. Il n'en est pas de même des ondes gravitationnelles produites par des masses dites accélérées.

La production efficace d'ondes gravitationnelles demande de très grandes masses et de très grandes accélérations. Ainsi, les sources d'ondes gravitationnelles sont principalement des systèmes astrophysiques impliquant des objets massifs et très denses comme les étoiles à neutrons ou les trous noirs pouvant supporter de telles accélérations.

Leur observation, telle qu'annoncée par LIGO, démontrerait la réalité de l'existence de tels systèmes, que l'on a longtemps contestée. Mais elle ferait bien plus, comme ceci a été amplement souligné. Dans la théorie de la relativité générale, la gravité provient de la courbure de l'espace-temps. Cette courbure est causée par la présence d'objets possédant une masse. Plus la masse de l'objet est grande, plus la courbure produite est grande et ainsi plus la gravité est intense.

Lorsque des objets massifs se déplacent dans l'espace-temps, d'une façon dite accélérée, la courbure de celui-ci s'ajuste pour refléter le changement de la position de ces objets. Sous certaines circonstances, les objets accélérés peuvent produire une perturbation de l'espace-temps qui s'étend et se propage dans l'univers. Il s'agit d'ondes gravitationnelles proprement dites. Elles se propagent à la vitesse de la lumière.

Ainsi, celles que nous pouvons observer aujourd'hui correspondent à ce que nous pouvons constater en astronomie optique ou en radioastronomie. Plus l'émetteur de lumière est éloigné, plus grand est le temps mis par cette lumière pour nous parvenir. Autrement dit plus éloigné dans le temps se trouve cet événement

Gravité quantique

Mais il y a plus. La plupart des théories de gravité quantique postulent l'existence d'un quantum ou particule élémentaire encore hypothétique appelé graviton. L'onde gravitationnelle est associée dans ce cas au graviton et ses caractéristiques donnent alors de précieuses informations sur cette particule et les phénomènes pouvant lui donner naissance.

Le résultat annoncé par Ligo permettrait donc non seulement de vérifier l'existence de l'espace temps tel que prévu par la théorie de la relativité générale, mais la possibilité d'associer cet espace-temps à des entités microscopiques telles que celles décrits par la physique quantique. Autrement dit une vue unifiée de la physique de l'univers à toutes les échelles, ou de celle du multivers si l'on en retient l'hypothèse, pourrait ainsi voir le jour.

Les conséquences, non seulement scientifiques mais philosophiques d'une telle découverte seraient considérables. Il faudra plusieurs années ou décennies pour pouvoir les approfondir. Il est excellent que des chercheurs européens et français jouent avec l'interféromètre VIRGO un rôle majeur dans cette aventure, en collaboration avec leurs collègues américains ou venant d'autres pays. Virgo qui n'avait pas terminé les opérations destinées à améliorer ses performances, a été pris de cours par l'annonce LIGO. Mais les équipes travaillent en collaboration. Il en sera de même lorsque le projet européen d'interféromètre spatial eLISA associant 3 satellites verra le jour dans quelques années;

Nous reviendrons très prochainement sur l'annonce LIGO, si nous pensons avoir quelques commentaires à faire.

Références

LIGO Lab: https://ligo.caltech.edu/
Advanced LIGO: https://www.advancedligo.mit.edu/
LIGO Scientific Collaboration: http://www.ligo.org/
LIGO Partner Experiments and Collaborations: http://www.ligo.org/partners.php

Important. Voir communiqué de presse du CNRS à 16h32

http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/cp_cnrs_fr_ok_charte.pdf


Retour au sommaire