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L'Allemagne face au casse-tête né de l'abandon du nucléaire
Jean-Paul Baquiast 10/02/2016

L'Allemagne a beau avoir partiellement abandonné le nucléaire –le dernier réacteur doit s'éteindre en 2022– elle n'en reste pas moins elle aussi confrontée à l'épineux problème du stockage des déchets nucléaires. Comme les autres pays, elle ne dispose à ce jour d'aucun centre d'enfouissement des déchets de haute activité à vie longue, mais seulement de sites de stockage temporaire.

Mais même en ce cas, elle est désormais confrontée à une autre difficulté. Elle ne sait aujourd'hui stoker le façon durable les containers de déchets nucléaires provenant de ses centrales encore en activité qui ont été retraités en France, à La Hague, ni les autres qui se trouvent actuellement à Sellafield, en Grande-Bretagne.

Ces «Castor» «Cask for storage and transport of radioactive material» auraient théoriquement dû rejoindre le site de stockage temporaire de Gorleben, en Basse-Saxe. Mais depuis l'adoption en 2013 d'une nouvelle loi sur la recherche d'un site de stockage définitif des déchets nucléaires, ce centre n'accueille plus de nouveaux déchets.

Deux autres sites ont reçu des déchets, ceux de de la mine de fer Konrad et celui de la mine de sel Asse. Celles-ci recevront, non seulement les combustibles usés après retraitement en France et en Grande Bretagne, mais les déchets provenant de la fermeture et de la destruction avant 1922 des 17 centrales encore en activité dont le décommissionement avait été décidée il y a quelques années, sous la pression personnelle de Angela Merkel.

Or il s'agira de plus de 400.000 m3 de résidus de haute et moyenne activité. Un seul container contient plus de matière radioactive que 30 bombes de type Hiroshima, selon l'expert et activiste antinucléaire Wolfgang Ehmke. La radioactivité sera effective pendant plusieurs siècles.

De plus aujourd'hui le stockage provisoire qui avait été décidé dans des mines profondes commence à poser problème. C'est le cas de la mine de sel de Hasse (image). Les ingénieurs découvrent, un peu tardivement, qu'il est pratiquement impossible de vérifier l'état d'étanchéité des 13 chambres de confinement qui avaient été creusées en profondeur. Des infiltrations d'eau, pouvant conduire à des fuites d'eau hautement radioactive, ont été détectées.

Mais il n'est pas envisageable non plus de vérifier l'état des conteneurs, dans l'impossibilité pratique de creuser des puits d'inspection à travers 20 mètres de roche. Bien pire, l'épaisseur du dôme de sel paraît moindre que prévu. Il pourrait s'effondrer.

A plus forte raison est-il impossible d'envisager l'enlèvement des déchets, pour les transporter ailleurs, dans un lieu supposé plus sûr. L'opération qui supposerait le creusement de nouveaux puits, durerait des décennies et accroitrait encore les pertes d'étanchéités des containers. Les coûts se chiffreraient par milliards.

La question se pose à l'ensemble des nombreux pays gérant des parcs de centrales nucléaires destinées à rester en activité. Mais elle devient quasiment impossible à régler par ceux qui comme l'Allemagne prendraient le décision de les retirer du service en quelques années.

Les défenseurs de l'option nucléaire pensent que, dans quelques décennies, les déchets pourraient être recyclés dans le cadre de solutions nouvelles encore mal étudiées, telles qu'au coeur des centrales nucléaires à fusion. Il est certain qu'aujourd'hui, l'Allemagne qui pour des raisons politiques avait voulu fermer son parc en quelques années, accumule aujourd'hui les difficultés. Si bien qu'aucune solution viable n'apparait maintenant. Que va-t-il se passer?

Inutile d'ajouter que la décision, prise dans le but d'accélérer le passage aux énergies vertes, se traduit en pratique par un recours accru aux centrales à charbon.