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La Revue mensuelle n° 166
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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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Actualités mars-avril 2016

PokerGo?
Jean-Paul Baquiast 30/03/2016

Les chercheurs du Collège universitaire de Londres Johannes Heinrich et David Silver, programmeurs en chef d'AlphaGo pour Google ont publié un rapport intitulé "L'apprentissage profond renforcé dans les jeux avec une information insuffisante" (Deep Reinforcement Learning from Self-Play in Imperfect-Information Games) .

A l'aide des algorithmes d'AlphaGo, ils envisagent d'apprendre à un réseau de neurones artificiels à jouer à deux types de poker, Leduc Hold'em, le type le plus simple à six cartes et Texas Hold'em, le type de poker le plus populaire.
Le poker est beaucoup plus difficile pour l'intelligence artificielle que le jeu de go, car l'ordinateur n'a pas suffisamment d'informations sur les événements du jeu. De plus, la psychologie est un élément essentiel du poker. Le fait que plus de deux personnes jouent habituellement au poker complique le calcul des probabilités. Néanmoins, dans un premier temps, le logiciel jouera au poker avec lui-même. A suivre

NB: J'en parle mais je suis complètement ignorant en matière de poker. J'espère ne pas dire de bêtises.


La course à l'hypersonique
Jean-Paul Baquiast 17/03/2016

Lockheed Martin vient d'annoncer qu'il a fait des progrès importants dans la mise au point d'un appareil supersonique militaire capable de voler à 6 fois la vitesse du son. Il s'agirait d'un scramjet ou superstatoréacteur. Le statoréacteur est un système de propulsion par réaction des aéronefs, dont la poussée est produite par éjection de gaz issus de la combustion d'un carburant, généralement le kérosène. Il n'est constitué que d'un tube et ne comporte aucune pièce mobile, d'où le terme « stato » pour statique.

La configuration est annoncée comme parfaitement aérodynamique. Le démonstrateur sera un appareils du poids de la taille d'un F 22. Le développement n'en coûterait que $1 milliard. Quand on connait le trillion de dollars dépensés par le même constructeur pour la mise au point du JSF qui a beaucoup de peine à voler, on peut rester sceptique. Le futur superstatoréacteur devrait voir le jour vers 2020 et entrer en service vers 2030. Même observation que précédemment.

En août, Airbus de son côté avait déposé un brevet concernant un appareil de transport de passagers volant à 4,5 cette vitesse. Il utiliserait de l'hydrogène comme combustible de croisière et serait propulsé en altitude par un moteur-fusée.

La Chine a sans attendre réalisé avec succès les essais d'un « planeur » hypersonique dit DF-ZF volant à Mach 5 et qui serait capable de pénéterer les défenses par missiles intercepteurs utilisés par les Etats-Unis


Les femmes saoudiennes ne sont pas des objets domestiques, mais des mammifères
Jean_Paul Baquiast 17/03/2016

C'est la surprenante découverte annoncée par une équipe scientifique saoudienne. A ce titre, elles doivent bénéficier des mêmes droits que les chameaux et les chèvres, mais bien sûr pas des droits reconnus aux humains, notamment mâles et bons musulmans.

L'information vient de Sputnik news, mais elle reprend un article de Worldnewsreport. Cet article souligne la vive opposition que rencontre cette décision audacieuse de la part des autorités religieuses et politiques. Une responsable de Women's Liberation Action Network souligne cependant que c'est un grand pas accompli dans la reconnaissance des droits des femmes. Nous en sommes persuadés. A ce rythme, il faudra 300 ans pour qu'elles puissent voyager dans le Royaume sans leurs maris.

L'article initial, très laudateur a été publié sur le site principalement turc Islaminsesi. Vivement que ces gens là entrent dans l'Union européenne


Coopération militaire franco-britannique. Développements de nouvelles armes Jean-Paul Baquiast. 14/09/2016

Le sommet franco-britannique du 3 mars 2016 tenu à Amiens a présenté un certain nombre de déclarations communes concernant les perceptives stratégiques de défense, en dehors de l'Otan comme au sein de l'Otan. Par ailleurs des obectifs techniques intéressant le perfectionnement des armes actuelles et le développement de nouveaux vecteurs ont été publiées.

Malgré leur brièveté, ces informations intéresseront nécessairement les scientifiques dans les deux pays. Chacun sait que la défense est un objectif plus efficace que des programmes civils pour mobiliser les ressources technologiques et les recherches.

La question qui se pose est de savoir quels moyens réels seront, au delà des intentions, mis au service de ces objectifs. On peut regretter par ailleurs que la volonté de coopérer au sein de l'Otan ne permette pas suffisamment de se dégager des influences du complexe militaro-industriel américain, et le cas échéant de travailler avec la Russie et la Chine.

Il conviendra par ailleurs de donner sur l'avancement des projets une information suffisante pour intéresser la recherche civile.

* Voir le texte de la Déclaration commune sur la sécurité et la défense publiée sur le site Voltairenet http://www.voltairenet.org/article190625.html


Victoire au Jeu de Go. Ne pas se tromper d'exploit
Jean-Louis Le Moigne 12/03/2016

La 2e victoire au jeu de Go d’une ‘banale’ Application sur un Ensemble fermé et exhaustivement dénombrable d’un algorithme d’exploration combinatoire traitant de datas dits ‘informations complètes et parfaites’’. Epoustouflante opération de computation combinatoire très aisée à exposer requérant des capacités de mémorisation et surtout de ‘retrieval’ considérable, certes, mais une ‘Application’ d’un algorithme déjà conçu puis programmé, qui ne requiert pas l’exercice d’une intelligence active (Inquiring and designing processes).

Ici, ne parlons pas d’intelligence augmentée par la diffusion de ces computations algorithmiques dans la culture humaine. Ne s’agit-il pas plutôt d’une source d’abêtissement augmenté par le jeu de reflexes artificiellement amplifiés

On nous dira que ces algorithmes programmables ne sont pas seulement écrits sur schème d’exploration combinatoire, mais sur divers schèmes de type deep- learning qui postulent que des milliers de joueurs d’échecs (ou de go) ont enregistrés leurs parties depuis plus de 200 ans et se sont attachés à les ordonner sous des modes mémorisables : Non pas pour procéder à une exploration exhaustive de toutes les configurations concevables dans ce système fermé, mais pour repérer en tâtonnant des patterns de configurations ‘relevantes’ (Cf les performances des maitres aux échecs jouant en tournante face à 40 bons joueurs, et perdant très rarement). Là on observe ce que peut faire l’intelligence humaine non pas augmentée, mais libérée à l’aide de la reconnaissance de ces artefacts que sont les schèmes heuristiques : La Métis des grecs ouvre les portes à l’exercice de l’Intelligence, portes que la Syllogistique Parfaite ferme quand on veut s’y restreindre.

Je ne développe pas, n’étant pas revenu depuis longtemps aux études et travaux expérimentaux sur les comportements des joueurs d’échecs (et bien d’autres, type Tour de Hanoi) qui se sont développés depuis de Groot, H Simon, F Gobet et bien d’autres : Là est la sources d’une intelligence artificielle qui nous invite à explorer « le champ des possibles (inquiring) et à concevoir des alternatives (Designing) » avant de prendre le risque conscient d’en choisir une, à chaque pas.

* Sur ce sujet, voir aussi notre page Google, le jeu de Go et l'avenir de l'humanité A.I.


Mission Exomars
JP. Baquiast 12/03/2016
NB: cette note écrite le 12 février sera actualisée dans les jours ou semaines prochains.

La mission se déroulera en deux phases.

- lundi 14 mars 2016 à 10h31 heure de Paris, un lanceur Proton décollera de la base de Baïkonour, au Kazakstan. Il emportera un orbiteur de quatre tonnes, le Trace Gas Orbiter (TGO). Celui-ci comporte de nombreux capteurs capables de déterminer la quantité de méthane, de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone présente dans l’atmosphère de Mars ainsi que leurs variations à travers les saisons.

- A partir si tout va bien de 2018, la deuxième phase d'Exomars consistera à consistera à faire atterrir sur le sol martien un Rover équipé d’une foreuse et de plusieurs outils développés par l’ESA. Ceux pourraient permettre de détecter d’anciennes activités biologiques.

La NASA devait participer à l’opération mais elle a finalement préféré se désolidariser du projet. Cependant l’ESA et l’agence spatiale russe Roscosmos ont finalement trouvé les financements nécessaires à l’opération.

Faut-il en tirer des pronostics concernant la richesse des perspectives de coopération scientifique entre l'Europe et la Russie?


Zika au royaume des négationnistes
Jean-Paul Baquiast 05/03/2016



Des chercheurs des universités Johns-Hopkins (Baltimore), de l’Etat de Floride et Emory (Atlanta) pensent avoir fait la démonstration in vitro que le virus Zika est capable d’infecter des cellules-souches à l’origine du cortex cérébral. Le virus s’est multiplié anormalement dans ces cellules, provoquant leur mort ou perturbant leur croissance. Il en résulterait que s'il attaquait un foetus dans les premières phases de son développement cellulaire, il pourrait empêcher la croissance normale de son appareil cérébral, provoquant les microcéphalies dont il est actuellement considéré comme responsable.

Voir référence ci-contre dans la revue Cell.
http://www.cell.com/cell-stem-cell/fulltext/S1934-5909%2816%2900106-5

La responsabilité du virus dans la survenue de syndromes de Guillain-Barré est à présent établie. Les soupçons sur sa responsabilité dans l’apparition d’une microcéphalie n’avait pas encore été démontrés de manière irréfutable. Cependant le travail mené par les chercheurs cités apportent de nouveaux arguments. Ils ont travaillé à partir d’une lignée de virus Zika provenant de singes Rhésus avec laquelle ils ont ensuite infecté des cellules de moustiques. Puis, le virus ayant séjourné dans les cellules de moustique a été utilisé pour infecter différentes lignées de cellules cellulaires humaines.

Celles-ci ont été obtenues en reprogrammant des cellules de peau d’un nouveau-né et d’un adulte afin de leur faire retrouver un état de pluripotence (cellules iPS) avant de les conduire à se différencier en divers types de cellules. Ce sont donc des cellules dans un état intermédiaire entre cellule-souche et cellule différenciée, dites progéniteurs, qui ont été exposées au virus Zika. Or les tests ont montré que les cellules susceptibles de donner naissance à des neurones du cortex cérébral humain étaient particulièrement susceptibles d’être infectées par le virus Zika. Il s’y multiplie et entraîne la mort de ces cellules ou perturbe le cycle cellulaire, ce qui a pour conséquence de limiter le développement de la cellule.

On peut supposer que par la suite, non seulement le cerveau du foetus infecté n'atteint pas sa taille normale, mais que le développement de la boite crânienne destinée à contenir ce cerveau se trouve ralenti, vu qu'elle a moins de matière cérébrale à contenir.

Il reste à montrer pourquoi le virus Zika agirait plus particulièrement sur des cellules neuronales, et selon quels mécanismes. Les chercheurs ne nient pas que beaucoup de recherches restent à faire. Elles feront peut-être apparaître des phénomènes incompris jusqu'à présent et d'une grande importance.

Prolifération virale

Ces découvertes paraissant très largement solides ne ralentissent aucunement la prolifération quasi virale, sur le web, d'articles niant, sans apporter évidemment de preuves, la réalité même de la menace du Zika. Les auteurs de ces libelles affirment que le virus est inoffensif, mais que de multiples intérêts conspirationnistes, dont ils font le recensement, justifient les alarmes lancées à ce sujet. Certains vont à mentionner le fait que des « autorités mondiales » ont intérêt de trouver en permanence des arguments permettant de maintenir les populations dans un état de dépendance.

Curieusement, ces libelles trouvent écho chez des lecteurs dont la façon dont ceux-ci se présentent permettrait de les compter parmi les milieux bien informés, souvent de provenance universitaire. La science devrait trouver là matière à essayer de mieux comprendre comment des cerveaux, pourtant non infectés par le Zika, peuvent adhérer sans générer d'anticorps protecteurs à de telles affirmations.

Rien qu'au jour où ceci est écrit, et sur le seul site américain Moon of Alabama, généralement considéré comme sérieux, l'on peut trouver les pages référencées ci-dessous

Références

* http://www.moonofalabama.org/2016/02/the-zika-virus-is-harmless-why-then-this-media-panic.html
* http://www.moonofalabama.org/2016/03/reading-about-zika-may-hurt-your-brain.html



Apparition du langage
Jean-Paul Baquiast 04/03/2016

Dans le Newscientist 3062 du 27 février 2016, rubrique « Présentation d'ouvrages », Vyvyan Evans professeur de linguistique à la Bangor University, UK, commente le dernier livre des deux linguistes Robert Berwick et Noam Chomsky consacré à l'apparition du langage dans l'espèce humaine. (voir référence ci-dessous)

Il constate, non sans un certain étonnement, que Noam Chomsky y reprend et développe la thèse qui l'avait un temps rendu célèbre (avant qu'il ne se consacre au militantisme politique). Selon cette thèse, l'aptitude à construire des langages, et plus spécifiquement des grammaires qui constituent lecoeur de ces langages, est apparue une fois et une seule dans l'évolution des hominiens. Elle a permis à ceux ayant bénéficié de cette apparition de se distinguer définitivement des autres espèces, et devenir ce qui fut ensuite nommé l'homo sapiens.

Selon cette thèse, aucune raison culturelle ou sociétale ne peut expliquer cette apparition. Elle a résulté d'une mutation génétique survenue au hasard dans le cerveau d'un seul individu. Cette mutation n'a pas permis évidemment de construire immédiatement un langage, puisqu'il faut être au moins deux pour parler. Elle a permis au cerveau du bénéficiaire de développer un langage mental grâce auquel il a pu commencer à se représenter le monde d'une façon très différente de celle dont dispose les autres espèces.

Le bénéficiaire de la mutation a pu la transmettre à ses descendants de telle sorte qu'elle est devenu une caractéristique de nombreux autres individus de la même espèce. Ceux-ci ont alors construit un langage verbal en interagissant socialement. Tous ces langages reposeraint sur une « grammaire universelle » que notre cerveau utilise encore aujourd'hui, non seulement dans les langages proprement dits mais dans les langages mentaux conscients ou inconscients.

On pouvait croire que l'hypothèse de Chomsky n'avait pas résisté aux innombrables observations scientifiques selon lequel le langage humain n'est pas apparu en une fois, mais s'est construit progressivement chez différentes espèces animales ou humaines. Ce faisant il a utilisé des dispositions génétiques déjà présentes chez celles-ci mais peu exploitées. Ce serait donc les échanges sociaux qui ont permis le développement des langages et des aires cérébrales correspondantes. Il n'y aurait pas une grammaire universelle mais des grammaires plus ou moins différentes, selon les besoins spécifiques de communication ressentis par telle ou telle espèce, et plus particulièrement au sein de l'espèce humaine.

On pourrait donc s'étonner de voir Chomsky et ce qui lui reste de disciples, persister dans une hypothèse simpliste et quasiment universellement démentie. Est-ce du au fait que, comme il a souvent été constaté, les paradigmes dépassés ne disparaissent vraiment qu'à la mort de ceux qui les ont soutenus? Si d'autres raisons expliquent ce curieux phénomènes, la lecture du livre de Robert Berwick et de Noam Chomsky - très intéressant par ailleurs - ne nous a pas permis de les entrevoir.

Référence

Why Only Us: Language and evolution, Robert C. Berwick and Noam Chomsky
Présentation par MIT Press


Un bouleversement possible dans le concept de force de dissuasion.
Jean-Paul Baquiast 02/03/2016

Depuis des décennies, toutes les puissances nucléaires dotées de SNLE, sous-marins nucléaires lanceurs d'engins aussi connus comme SSBN (Sub-Surface Ballistic Nuclear) comptaient sur eux pour exercer une force de dissuasion à l'égard de puissances atomiques procédant à une première frappe.

Ces SNLE étaient supposés indétectables par les moyens classiques. Ils pouvaient donc patrouiller en profondeur au plus près des côtes de l'agresseur. Même si le pays dont ils portaient le pavillon était détruit par une première frappe, ils avaient reçu l'instruction de répondre par une ou plusieurs frappes en retour, susceptibles de créer de grandes destructions sur le pays agresseur. Celui-ci serait donc en principe découragé d'exercer une première frappe

C'est sur ce principe que dès les origines de la force de frappe nucléaire mise en place par le Gal de Gaulle en France, le commandement comptait pour décourager toute attaque nucléaire, qu'elle provienne de Russie, des Etats-Unis ou d'ailleurs. Aujourd'hui, le développement et la construction d'une nouvelle génération de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE/NG) type Le Triomphant a été lancée en 1986 par le ministère de la Défense dans le cadre du programme d'ensemble « Coelacanthe ». L'objectif du programme SNLE NG est de remplacer les SNLE d'ancienne génération au fur et à mesure de leur retrait du service actif, de façon à assurer la posture d'au moins un SNLE à la mer en permanence.

Les experts militaires pensaient cependant que de nouvelles technologies offensives seraient un jour développées pour détruire préventivement les SNLE, ou tout au moins réduire considérablement leurs capacités de réaction. Il semble que ce soit chose faite aujourd'hui, au moins en théorie.

Le British American Security Information Council (BASIC) qui conseille les deux gouvernements en matière de défense vient de publier une étude (voir référence ci-dessous) montrant que des essaims de drones sous-marins ou de surface (Unmanned Underwater vehicles UUV et Unmanned surface vehicles USV) peu coûteux à produire et à déployer, notamment par des moyens aériens, pourraient supprimer la furtivité des SNLE. Ces derniers pourraient donc être détectés et détruits par un pays agresseur peu avant une première frappe, libérant celui-ci de tout risque de frappe en retour.

Les UUV et USV seraient équipés de capteurs (senseurs) électroniques de grande performance: sonars actifs et passifs, détecteurs d'anomalies magnétiques, détecteurs par laser ou LIDAR, détecteurs de chaleur, tous capables d'opérer à grande profondeur. Même si individuellement ils risqueraient, vu leur portée limitée, de ne pas détecter un SNLE, celui-ci ne pourrait pas échapper à un essaim de drones opérant de façon coordonnées. Les informations qu'ils transmettraient permettraient alors à un avion, un navire de surface ou un autre sous-marin de frapper le sous-marin ennemi avec beaucoup de probabilité de succès.

D'ores et déjà des planeurs (glider) sous-marins ou des drones sont largement utilisés par les Etats-Unis, la Russie et la Chine pour surveiller leurs eaux territoriales stratégiques. La perspective évoquée par le BASIC supposerait qu'un nombre bien plus considérable de tels gliders ou drones soit déployé pour patrouiller en permanence dans des aires océaniques bien plus vastes. Les SNLE de leur côté pourraient détecter d'éventuelles essaims de drones et changer rapidement de localisation, échappant ainsi à la surveillance. Les débats entre stratèges de la dissuasion sous-marine se poursuivront donc un certain temps.

On notera que ces perspectives sont aujourd'hui discutées au Parlement britannique, où se pose la question du renouvellement prochain de la flotte de SNLE Trident, de conception américaine, considérée comme obsolète. On peut penser que le leader du parti travailliste Jeremy Corbin, actuellement opposé à ces projets, y fera allusion. Le choix final sera intéressant à étudier.

Référence

http://www.basicint.org/publications/david-hambling/2016/inescapable-net-unmanned-systems-anti-submarine-warfare

Sur les "underwater gliders", voir Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Underwater_glider

Note au 03/03

Un expert nous a écrit

Méfions nous de ce genre d'info surtout si cela vient des Britanniques... Chacun sait qu'ils ont d'énormes difficultés à assumer un effort de défense significatif, plus encore que nous. C'est du reste l'une des raisons qui les ont conduit à nous proposer les accords de Lancaster house, ce que du reste nous avons eu tort d'accepter notamment pour la “prétendue “ mutualisation des moyens aéronavals. S'ils sont contraints à abandonner leur force de dissuasion au profit du parapluie nucléaire américain, ils ne seraient pas mécontents de nous voir également y renoncer, comme le suggèrent certains irresponsables français dont Paul Quilès n'est pas le moindre des avocats.

Alors laisser croire que les SNLE sont désormais aussi localisables que le PA Charles de Gaulle au large de la Syrie, cela pourrait être de bonne guerre...mais personnellement je ne laisserai pas impunément remettre en cause notre politique de dissuasion et les efforts nécessaires pour en conserver la crédibilité...

J'ai répondu:

Merci de cette réaction. Dans mon article, j'avais commencé à exprimer in fine quelques doutes sur l'efficacité de drones. Connaissant la vastitude des océans, je vois mal comment les utiliser utilement, sauf dans des eaux restreintes telles qu'un estuaire...où les SNLE n'ont aucune raison d'aller.


Virus Zika et syndrome de Guillain-Barré
Jean-Paul Baquiast 01/03/2016

On se souvient que des articles d'inspiration conspirationniste, cités par notre éditorial http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2016/166/edito2.htm , avaient affirmé que les troubles graves intitulés microcéphalie du nouveau-né et syndrome de Guillain-Barré n'étaient pas provoqués par le virus Zika, mais par des insecticides anti-moustiques vendus par la « Big Pharma ». L'affirmation était vraisemblable. Même l'OMS y avait prêté attention, tout en restant sceptique.

Or pour la première fois, des chercheurs français ont fait la démonstration d'un lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré. L'étude a été publiée mardi dans la revue médicale The Lancet. Voir l'article http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2816%2900085-2/fulltext

Elle a été réalisée à partir de données recueillies en Polynésie française, où une épidémie Zika, entre octobre 2013 et avril 2014, a touché les deux-tiers de la population. La maladie provoque, dans 20 à 30 % des cas une défaillance respiratoire et, dans les pays riches, environ 5% de décès. Ce syndrome neurologique rare est observé à la suite d'autres infections virales (grippe, dengue, virus du Nil occidental...) mais également de façon non négligeable, à la suite d'une infection bactérienne (Campylobacter).

Les chercheurs indiquent par contre qu'ils n'ont pas observé à ce jour de liens évidents entre une infection de la mère par Zika et une microcéphalie du nouveau-né. Mais l'hypothèse n'est pas à exclure pour autant. L'enquête sera poursuivie.

Avec plus de 1,5 million de cas au Brésil, et plusieurs milliers ailleurs, dont déjà plus de 40.000 cas en Colombie, les chercheurs mettent en garde sur les risques de voir les capacités de soins intensifs dépassées, en particulier dans les mégapoles urbaines ou les campagnes défavorisées. C'est la raison pour laquelle nous avions pour notre part publié l'éditorial référencé ci-dessus, sous le titre « Halte aux Jeux Olympiques ». Mais aujourd'hui on peut craindre que les enjeux financiers et politiques liés au déroulement des JO empêchent toute mesure de report. Cependant la fréquentation sera peut-être moindre.

Le syndrome de Guillain-Barré, pouvant entraîner à la fois une paralysie des membres et une atteinte respiratoire, c'est-à-dire en l'absence de réanimation, le plus souvent la mort, a été diagnostiqué chez 42 patients, dont 16 sont passés en assistance respiratoire. Aucun n'est mort. Le risque de développer un syndrome de Guillain-Barré a été estimé à 2,4  pour 10.000 infections par le virus Zika, a précisé le Pr Fontanet, responsable de l'étude.

Aucune raison à ce jour ne permet d'expliquer le rôle du virus dans  le développement de cette affection. Mais son rôle n'en est pas moins indiscutable. Les chercheurs ont notamment retrouvé la présence du virus Zika chez 100% des patients atteints de Guillain-Barré. Chez 93% de ces patients, les tests sanguins permettant de détecter les anticorps spécifiques au Zika ont montré qu'ils étaient d'apparition récente, c'est-à-dire liés à une contamination elle-même récente. .
 

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