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Église latine et orthodoxes, une perspective européenne ?
Frederic Beaugeard 01/07/2016

Nous publions ce texte de Frédéric Beaugeard, qui s'éloigne un peu de nos thèmes habituels, mais qui intéressera certainement nos lecteurs.
Auteur: Frédéric Beaugeard. Artiste de formation, enseignant dans divers pays, notamment aux Etats-unis, il est le signataire d'essais et d'analyses de prospectives geopolitiques (Monde Anglo-saxon, Europe, Quebec, Balkans). Il collabore aussi avec le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP/Europe2020).
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Beaucoup a déjà été dit, et le sera encore, sur les choix du Pape François de se tourner avec humilité vers les pauvres, sur sa volonté de réformer la Curie (scandales financiers récurrents), de sa volonté de s’ouvrir à une société plurielle, ou de son apport extra-européen altermondialiste venant du Nouveau-Monde, sud-américain en particulier, à une église catholique se voulant universaliste (1). Mais cela correspond à une ligne traditionnelle du Vatican d’opposition aux formes les plus dures du capitalisme et dans une certaine mesure au libéralisme sociétal favorisant l’individualisme, le matérialisme (2), et l’hédonisme dans le cadre de nos sociétés au consumérisme généralisé (3). Autrement important, surtout au vu des derniers événements tant en Ukraine et en Syrie, est son rapprochement effectué d’avec le Monde Orthodoxe.

Longtemps chimère de cercles d’érudits ou d’utopistes politico-spiritualistes, ce rapprochement prend maintenant une importance géopolitique primordiale, que même les analystes athées les plus anticléricaux, dont je fais partie, la juge actuellement nécessaire. Le 11 Septembre et la grille d’analyse du choc des civilisations de Samuel P. Huntington séparant le monde en sphères culturelles souvent antagonistes, quelques soient les tendances politiques et leurs possibles portes de sorties de crise correspondantes, s’imposent à tous les esprits. Selon l’adage «?les ennemis de mes ennemis sont (dans une certaine mesure) mes amis», face à une nouvelle menace d’ordre religieux, une réponse du même type est aussi à considérer pour défier l’attaque ou, à tout le moins éviter le risque de contagion à nos sociétés. La propagation d’une religion pouvant à mon sens être considérée comme le développement viral d’une maladie mentale, et son trop plein, pouvant s’exprimer de nouveau depuis la chute du communisme et la fin des idéologies du XXème siècle.

Pour une partie de la population ayant certaines difficultés à s’adapter à notre monde soit disant «désenchanté» et ayant «perdu tous repères et valeurs », si l’on considère comme le faisaient les grecs antiques que le christianisme soit une philosophie pour le peuple, son expression dorénavant apaisé du fait religieux dans une Europe postmoderne est préférable à la tentation d’une autre religion beaucoup plus liberticide et identitaire comme l'Islam. L’évolution actuellement des chrétiens ouest-européens semble s’orienter vers une sorte d’orientalisme bouddhiste tolérant avec une prépondérance de la notion de Saint Esprit. Bien que les quelques chrétiens issus de l'immigration soient plus conservateurs. Malheureusement, l’inéluctabilité du sens de l’histoire et de son corollaire la foi dans le progrès, n’ont pas résisté au relativisme ambiant (4), et un repli de la raison et de l’humanisme fondateurs de la modernité est toujours possible (5). Force est de constater que, pour ne pas s’arcbouter et verser dans l’intégrisme, ou n’ayant plus de défenses mêmes réactionnaires, continuer à se dissoudre avec le risque de finalement se soumettre au nouvel arrivant musulman, cela sans même convertir ou éduquer celui-ci à moins de dogmatisme alors qu’il éprouve tout autant de difficultés à s’adapter à cette modernité, les chrétiens d’Europe de l’ouest aussi ont besoin d’aide tant matérielle que spirituelle. Ceci d’autant plus que la laïcité républicaine et la démocratie sociale, en ces périodes de crise économiques répétitives peinent à imposer le cadre d’un vivre ensemble harmonieux à de nouvelles populations sans expérience de la démocratie et de ses avancées sociétales (6).

Plusieurs facteurs contraignants poussent l’Église Latine à effectuer cette démarche de rapprochement avec l’Orthodoxie. Précédemment, les relations depuis le schisme de 1054, étaient, et le sont toujours, de l’ordre de la compétition (7) et de rancœurs historiques (8), mais le lien culturel entretenu malgré tout via les églises orientales affiliées au Vatican et celles uniates d’Europe de l’est (9), suite aux nettoyage ethno-religieux (10) remis au goût du jour actuellement par l’islamisme politique au Moyen-Orient (11), retrouve son intérêt, comme l’a été l’entremise du Vatican aux accords de protection du patrimoine religieux orthodoxes à l’indépendance du Kosovo (12). D’autant que la Russie de Vladimir Poutine de reprise en main de l’état, soumis précédemment aux oligarques pro-occidentaux, inclus le retour à un certain ordre moral nationaliste dans une compréhension commune avec le pouvoir spirituel de leurs intérêts réciproques. Le Patriarche russe Cyrille est d’ailleurs présenté comme le conseiller spirituel de Vladimir Poutine. Il se trouve qu’allemands, anglais, scandinaves, et Américains et australiens de souche anglo-saxonne, sont dans la branche protestante, alors que la majorité des européens et russes sont dans celles qui précèdent le protestantisme (13). L’origine tout autant que la langue imposent ses concepts. C’est le clivage fondamental, le faussé entre la spiritualité (le rationalisme ayant été accepté précocement par l’aspect grec du christianisme de Paul, et par les Pères fondateurs et les théoriciens de l’Eglise (St Thomas d’Aquin, Pascal), et l’empirisme anglo-saxon dont les prolongements continuent à se manifester avec un certain déterminisme avec le rôle prépondérant de l’AND et des neurosciences, voire même de l’économie (capitalisme presque néo-marxiste??), dans la compréhension des sociétés et de l’individu. Maintenant que la question religieuse n’est plus aussi brûlante qu’autrefois, l’Europe latine peut se sentir plus proche spirituellement des russes que des anglo-saxons protestants (en incorporant même certains aspects de l’humanisme contre la brutalité, et la mentalité de castes très indo-européenne anglo-saxonne/ classisme, néolibéralisme agressif, fascisme racial), car le schisme orthodoxe est bien moins profond que celui du protestantisme.

Ce dialogue est favorisé par sa volonté d’éloigner l’Europe catholique de la «?tentation protestante?» dont le modèle est juge permissif (14). Les évolutions doctrinales rapides vécues par certaines églises de la sphère protestante, notamment sur la question de l'ordination des femmes au sacerdoce ou à l'épiscopat, ou encore sur la question de l'homosexualité des prêtres, ont été très mal reçues par les églises orthodoxes (15). L’enjeu dépasse la simple question religieuse, car cette réconciliation effacera en partie, si elle a lieu, la frontière politique de ce conflit de civilisation entre l’Europe occidentale et orientale tout en repoussant l’influence culturelle anglo-saxonne (16). Elle est soutenue par le Kremlin depuis l’acceptation par Benoît XVI de l’existence officielle des courants de liturgie conservatrice en latin. Une tentative auprès d’une frange traditionaliste de l’église anglicane sera aussi entreprise (17). Le métropolite Hilarion de Volokolamsk envisage ainsi à ce moment des formes d'action combinée, qu'il qualifie d'« alliance stratégique », notamment dans le domaine de la lutte contre la sécularisation et celui de la nouvelle évangélisation. Parallèlement, par exemple, des représentants d’organisations catholiques françaises (Mgr Aillet), présentés comme « défenseurs de la famille traditionnelle » se sont alors rendu à Moscou pour rencontrer des dignitaires de l’Église Orthodoxe et mettre en place « une coopération pour la protection de la morale chrétienne » (18). Finalement le Pape François, après avoir reçu le Patriarche des arméniens Karékine II (19), et rencontré le Patriarche de Constantinople Bartholomée 1er en 2014 (comme Paul VI déjà avec le Patriarche de Constantinople Athënagoras en 1964), rencontrera, première historique, son homologue chef de 14 églises indépendantes orthodoxes russe le Patriarche Cyrille en 2016. L’église catholique étant perçue comme centralisatrice et dominatrice, la rencontre se fera en terrain neutre à Cuba. Les orthodoxes, en effet, critiquent cette compréhension qu’à la papauté d’elle-même, non pas comme seulement patriarcat de Rome, mais comme super-diocèse qui engloberait les autres diocèses.

Cette réunion qui repose encore sur certains malentendus, au-delà de la politique œcuméniste mettant symboliquement toutes les religions sur le même pied (20), et démontrant plus d’une volonté commune d’assurer la défense des valeurs chrétiennes dans le Monde, suscite néanmoins de grands espoirs tant chez les catholiques progressistes << de gauche>, que chez ceux conservateurs sur les questions sociétales (défense de la famille traditionnelle), et les traditions liturgiques. Ce sont ces dernières qu’aimerait bien exploiter l’église orthodoxe, alors que les évêques allemands libéraux sont à la recherche de moins de centralisation via des structures conciliaires similaires à celles orthodoxes (ainsi que sur certaines ouvertures sociétales libérales). Ainsi deux attitudes successives dominent ce rapprochement : l'unionisme proprement dit sur des valeurs conservatrices (21), puis l'« œcuménisme moderne ».

En effet, on a longtemps cru que l'unité des chrétiens se traitait par le rapprochement des doctrines. On a fini par se rendre compte qu'en fait, l'œcuménisme devait d'abord traiter des questions d'ecclésiologie comme le montrent les résultats positifs des travaux sur les sacrements et les ministères (22). Le mouvement se poursuit, même s’il y a eu certains reculs comme lorsque les Églises orthodoxes, soucieuses de leur collégialité comme de leur autonomie, se retirèrent de l’entreprise de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) de crainte d’exigences doctrinales (23). L’œcuménisme, dans son sens actuel, ne préconise pas l'union de tous les chrétiens en une seule institution ecclésiale ; il ne vise donc pas nécessairement la réunion de toutes les Églises chrétiennes. Le terme est issu du grec ?????µ??? ??, qui signifie « l'ensemble de la terre habitée », d'un point de vue didactique, il veut dire : « universel ». Ce terme a donc été utilisé pour désigner un mouvement qui concerne uniquement les chrétiens dans un premier temps, mouvement qu'il ne faut pas confondre avec le dialogue inter-religieux plus global. Il vise à promouvoir des actions communes entre les divers christianismes, en dépit des différences doctrinales affichées par les diverses Églises, avec pour objectif l’unité visible de l’Église. Elle constitue l’objectif central du mouvement œcuménique et implique les relations et dialogues entre les diverses Églises. Le mouvement œcuménique préconise le travail en commun des Églises qui le souhaitent, dans le respect mutuel des diverses institutions. Cette forme d’unité à rechercher fait malgré tout l'objet de débats, notamment quant aux perspectives de l'Église catholique romaine sur le sujet. La papauté, telle qu'elle s'exerce aujourd'hui, est en particulier souvent citée comme un obstacle. Mais selon certaines autorités catholiques et orthodoxes, l'élargissement contemporain des différences en matière de doctrine et de morale, en termes de relativisme et de sécularisme, notamment au sein du monde protestant, est tout autant vu comme une grave menace sur ce processus de rapprochement, que comme une opportunité à saisir concernant une possible alliance des églises latines et orthodoxes. Même si le dialogue entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine semble actuellement dans une impasse en ce qui concerne l’unionisme, le travail œcuménique n’a pas été effectué en vain. Tout le savoir faire diplomatique, de formation jésuite, du Pape François est à l'œuvre dans son dernier rapprochement d'avec les églises orientales << pour une pleine communion et un avenir libre des divisions du passé>> lors de son séjour en Arménie, pour influencer le Grand Concile des 14 églises orthodoxes en Crète, le premier depuis l'an 787, vers plus d'harmonie et la mise en place d'une possible voix commune en vue de futurs pourparlers (24).


En effet les enjeux contemporains auxquels est confrontée une Eglise Catholique se voulant intemporelle et universelle et la résolution de la quadrature du cercle consistant à concilier sa mouvance traditionaliste et celle libérale, mettent de plus en plus en question sa survie même. Le sécularisme et l'athéisme sont solidement établis dans son fief européen, alors que les églises évangéliques protestantes (en Amérique du sud, aux Philippines, et en Afrique sub-saharienne), et l’Islam (en Afrique sub-saharienne), poursuivent leur expansion mondialement. En Europe, les immigrés d'origine extra-européenne chrétiens, tous à leur recherche de promotion sociale et replis identitaire (plus souples au niveau de l'expression de la foi), préfèrent les églises évangéliques. Et l'Islam y progresse rapidement démographiquement (bien que peu de ces nouveaux-européens d'origine de pays musulmans après quelques génération soient pratiquants), en pourcentage même de la population générale . Le catholicisme n'est dorénavant plus le représentant majeur de la Chrétienté. Sa progression se poursuit seulement en Inde chez la caste des Intouchables et souterrainement dans le nord de la Chine (la Corée du sud est majoritairement protestante).

Concrètement, au-delà au préalable d'une reconnaissance mutuelle dans la diversité, qui n'est pas encore établie même au sein des églises orthodoxes entre-elles, ce projet de réelle union se heurte à des difficultés d'ordre organisationnel et de compréhension des pouvoirs respectifs, d'ordre théologique, et auprès du clergé, des fidèles, et des sociétés concernées, d'explication et de promotion. Néanmoins, ce mariage pragmatique au départ, même s'il est désirable, offre des solutions aux maux frappant ces représentants des racines historiques du christianisme, et d'une manière urgente à la désaffection des églises occidentales. Il permettrait une réaffirmation des dogmes en les réactualisant sur des valeurs modernes en phase avec la société, annihilant la concurrence des protestants "modernes" et des sectaires de tous bords fondamentalistes, tout en s'opposant à l'Islam en soi traditionaliste mais exotique. Face par exemple à la chute des vocations des prêtres, l'église catholique pourrait puiser dans le vivier encore actif des églises orientales et orthodoxes si une acceptation de l'ambivalence (avec certains accommodements selon la culture des fidèles), des rituels et la compatibilité des sacrements était effectuée (25). Le précèdent rapprochement d'avec les traditionalistes de la messe en latin, prendrait alors tous son sens. L'interconnexion des territoires, le fameux problème des diocèses et du prosélytisme, s'évanouirait par un partage naturel selon les places à pourvoir. L'église catholique pourrait alors légitimement accepter le mariage des prêtres comme du coté orthodoxe (et des protestants "novateurs", comme des premier chrétiens). Le fait d'être plus conciliant vis à vis des divorces et remariage, et d'être plus compréhensif du fait homosexuel, comme le promeut actuellement le Pape François, n'engage en rien sur le fond et démontre s'il en faut de plus de charité chrétienne. Le développement du rôle des femmes, des diacres, et des sœurs participe déjà d'une recherche de cette nécessaire restructuration passant par plus d'ouverture. Ce qui neutraliserait du même coup, le problème de pédophilie et le "lobby gay" dans son clergé et séminaires, défendrait la famille pour les conservateurs et orthodoxes, paraitrait progressiste et revitalisant pour nos sociétés, et aiderait l'Afrique contre l'Islam et les églises évangélistes. Evidemment, cette transformation devrait aussi s'effectuer par le haut, dans tout le corps administratif, et dans son processus hiérarchique. Idéalement, les cardinaux et les représentants des autres églises s'effaceront pour les représentants des zones unifiées, qui devraient alors siéger au Vatican et éliraient en leur sein un nouveau Pape ayant un agenda commun pour le plus grand bien des fidèles. Même après la mixité de ses membres, l'église-unifiée devrait pour respecter la diversité des sensibilités doctrinales liées à la tradition sans s'imposer, effectuer une profonde décentralisation (et des économies d' échelle..). Les orthodoxes considèrent que l'isolement du pape hors du collège des autres patriarches, suite au schisme et à l'effondrement de l'Empire romain, est la cause des développement dogmatiques comme le purgatoire, l'immaculée conception (divergence dans l'interprétation de la faute originelle), et l'infaillibilité pontificale; et les jugent hérétiques. Pour eux, c'est l'Eglise dans son entier, dans sa conciliarité qui est infaillible et non sa seule personne. Par modestie le Pape François est déjà officieusement revenu sur celle-ci. Quant aux questions théologiques insurmontables, il est à noter que Benoit XVI concernant la fin problématique des enfants mort avant d'être baptisés (condamnés à l'enfer ou au purgatoire suite à la faute originelle), empêchant la conversion des musulmans, l'a renvoyée à une simple supposition conceptuelle. Et comme le purgatoire l'a laissé à la discrétion des théologiens des siècles à venir. Le culte des icônes, les diverses chants des prêtres, les diverses gestuelles, liturgies, parures, et styles artistiques, les diverses traditions et littératures monastiques, les prières du cœur, et les processions des saints seraient aisément acceptés dans une église plurielle. N'oublions pas que ces deux expressions du christianisme, contrairement aux rigueurs intellectuelles du protestantisme, ont gardé dans leur essence le syncrétisme des origines. De même par le dialogue, le conflit entre foi et science a été largement désamorcé par l'Eglise catholique contrairement à celles outre-Atlantique bataillant toujours contre la théorie de l'évolution. Cette église retrouverait sa vocation de défense des opprimés, et de garant des valeurs morales primordiales. Après tout, l'Eglise a déjà eu les précédents du concile de Nicée en 325 formulant la foi trinitaire (26) qui affirme la consubstantialité du Fils et du Père, le concile de Constantinople en 381 incorporant l'Esprit-Saint, et le concile d'Ephèse en 431 qui confirmera la maternité divine (27), puis le 2eme concile de Constantinople celui de la virginité de Marie. Gageons que les chrétiens actuels continuerons ce processus, et ne feront pas de nouveau l'erreur quand l'ennemi est à leur porte, comme juste avant la prise de Constantinople, de discourir avec véhémence de la sexualité des anges.

Notes


1) absolution en début de pontificat des dérives marxistes/ Théologie de la Libération de membres du clergé en Amérique latine

2) thèse de Weber: les protestants se sont rapprochés des premiers chrétiens, ce qui implique que chaque croyant est “prêtre”, que la pratique religieuse “recouvre” la vie profane, et qu’il n’existe pas d’œuvre (action) religieuse pour atteindre le salut, seule la foi sauve, et l’on doit trouver sa vocation dans le travail. La religion n’est plus une institution, il n’y a plus de distinguo entre sacré et profane ni d’intercesseur entre les individus et Dieu. Finalement, il n’y a plus la moindre dimension collective dans le protestantisme. Le succès matériel (l’argent), peut être alors est interprété comme une récompense divine.

3) depuis l’après-guerre, le communisme étant l’ennemi précédent

4) surtout celui issu du modèle anglo-saxon multiculturel couplé aux déstructurations néolibérales; sa version européenne/française étant plus un outil ne désarmant pas forcément l’exercice du jugement

5) syndicalisme, droits des minorités, féminisme, écologie

6) le précédent du nazisme

7) prosélytisme et diocèses catholiques en terre orthodoxe entamant ses prérogatives, surtout l’existence de l’Église gréco-catholique de Biélorussie qui fut notamment l’un des principaux obstacles à la venue de Jean-Paul II, le pape voyageur, en Russie (exception des tentatives avortées: innovations religieuses conciliatrices de Charlemagne, VIIème Concile impératrice Irène et Adrien Ier, concile de 1439, union de Florence-Byzance1451-3, tentative de l’empereur russe Alexandra 1er en 1825)

8) saccage de Constantinople par les croisés, compétition en Terre Sainte reconquise, les incursions teutoniques, guerres russo-polonaises, les divers accords des puissances occidentales avec l’Empire ottoman, le protestantisme scandinave, l’athéisme du Siècle des Lumières, le nazisme mystique et le communisme athéiste, l’implication de l’église polonaise catholique d’avec le mouvement Solidarnosc concourant à la chute du Bloc Soviétique, et avec les diverses guerres religieuses balkaniques entre croates catholiques et serbes orthodoxes

9) processus mis en place dès le XIIème siècle par les jésuites (les maronites demandent donc leur rattachement en 1181 à l’Église catholique romaine lors de la création du comté de Tripoli (1110-1289). Ils abandonnent leur théologie propre mais gardent leur liturgie et leur paramentique (modèle uniate), puis se crée l'église catholique syro-malabare, l’Église melkite, et l’église orthodoxe des 7 conciles d’Antioche/ ces liens seront renouvelés durant la Colonisation française/ intervention suite aux massacres perpétués par les druzes. dictionnaire.sensagent.com/œcuménisme/fr-fr/

10) aussi guerre contre les indo-européens perses, kurdes, slaves, berbères, coptes, et arméniens (ailleurs, les principaux protagonistes islamistes étant souvent plus d’ascendance arabe que leurs voisins: frontière sub-saharienne, Pakistan, Malaisie, et Aceh)

11) réaction identitaire du Monde Musulman apparu suite au «choc colonial» conceptualisée par les écoles coraniques deodandi en Inde (intégrisme, 1867), le Réformisme Musulman (celui intégriste), les Frères Musulmans (participation au jeu démocratique et socialisant, 1928), et le wahhabisme saoudien (intégrisme, salafisme à l’extérieur) définissant la charia comme la seule et unique source du droit. Mais il est à noter que l'Islam a déjà eu par exemple sa propre inquisition avant celle espagnole (les juifs fuyant alors en Andalous).

12) la grande majorité des albanais du Kosovo étant musulmans contrairement à l’Albanie

13) ainsi que les peuples celtiques écossais et irlandais, et l’Allemagne catholique faisant partie de l’Empire romain, lui, « multiethnique » (structures d’empire intégratrices) et au polythéisme rassembleur

Il est important de remarquer cette différence en évoquant l’hypocrisie anglo-saxonne (et par extension le protestantisme germanique), au sujet de leurs critiques du catholicisme avec l’Inquisition (réaction à la Reforme), l’obscurantisme Moyenâgeux en général, la St Barthelemy, la conversion des amérindiens durant la Colonisation de l’Amérique du sud (à l'origine en fait pour leur éviter l'esclavage), etc... Alors qu’en Allemagne les guerres de religions ont tuées la moitié de sa population, qu’il y a eu une répression des catholiques en Angleterre (Pilgrims catholiques américains), l'esclavage des Irlandais catholiques dans les caraïbes, les génocides divers (amérindiens, Hereros et Namas en Afrique de l'Ouest), les camps de concentrations (Boers hollandais en Afrique du sud, réserves amérindiennes), l’esclavagisme, les répressions (dont celle de la colonie américaine des Philippines), et les déportations de diverses populations indigènes dans tout l'Empire Britannique, la collusion allemande avec la Turquie (Génocide arménien et famine des chrétiens du Liban), la Shoa (juifs et roms), les bombardements alliés de populations civiles en Europe, au Japon, puis au Vietnam (bombes incendiaires et atomiques), la ségrégation aux USA, et l’apartheid en Afrique.

L'hypocrisie du Monde islamique est aussi profonde concernant l'esclavage (comprenant la castration) d’africains, d’européens, d’Indiens (origine des roms), et de leur concitoyens musulmans, les divers massacres de conquêtes (Inde surtout), et les diverses discriminations et récurrents pogroms.

14) libéralisme économique et sociétal (féminisme, droits des homosexuels)

15) discours très critique du 9 Sept 2010 du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, devant l'archevêque de Cantorbéry Rowan Williams, sur l'évolution de la Communion anglicane, parlant de la formation d'un gouffre qui s'élargit entre "libéraux" et "traditionnels"

16) protestantisme/ influence judaïque: exceptionnalisme, prédestination- peuple élu- vision binaire jusqu’au-boutiste du bien et du mal- impérialisme américain

17) publication en 2009 la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant l'intégration de groupes d'anglicans qui en ont fait la demande au sein de l'Église catholique

18) en 2000, la déclaration Dominus Jésus, de la congrégation pour la doctrine de la foi, insiste fortement sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de son Église. Elle fut rédigée à l’initiative du cardinal Joseph Ratzinger et du secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi Tarcisio Bertone. Elle fut très mal reçue dans les milieux œcuméniques, notamment du fait que les communautés ecclésiales issues de la Réforme n’étaient pas considérées comme des églises au sens propre du terme (sectes), et à cause d’une interprétation assez restrictive des textes du concile concernant l’œcuménisme. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont cherché, en donnant diverses autorisations, notamment en matière de liturgie, à rétablir l’unité avec certains fidèles et prêtres traditionalistes. Une partie de la Fraternité Saint-Pie-X a fait scission pour se rallier moyennant quelques privilèges, sous le nom de Fraternité Saint-Pierre.1921)

19) François au patriarche arménien: le sang des martyrs doit unir les chrétiens (9/5/2014), et message de fraternité face au Génocide arménien

20) œcuménisme initié de 1817 jusqu'en 1948 (fondation du Conseil œcuménique des Églises), puis renouvelé au Concile Vatican II de 1962-5, la levée des anathèmes réciproques/ Patriarcat de Constantinople, visites pontificales de synagogues et du Mur des lamentations à Jérusalem, de visites de temples protestants, puis la rencontre interreligieuse de Jean-Paul II à Assise en 1986 (et son baiser du Coran), signature en 1994, d'une " déclaration christologique commune " qui clos avec l’église apostolique assyrienne les différentes controverses liées à la querelle nestorien, signature en 1997, d'un " décret synodal conjoint " de l'Église assyrienne de l'Orient et de l'Église catholique chaldéenne, signature en 2001, d'un accord sur de l'intercommunion entre les assyriens et l'Église catholique chaldéenne, emprunts d’un traité byzantin critique envers la violence dans l’Islam par Benoît XVI, le Patriarche Bartholomé?I de Constantinople assiste à l'investiture du Pape François, prière commune du Pape François et du Patriarche Athënagoras au St Sépulcre

21) Unionisme. efforts de traduction commune des textes sacres, instances de dialogue, minimum théologique (ex: 1888 : Le « quadrilatère de Lambeth », d’abord formulé à Chicago en 1886, Protestants). Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'est-à-dire Vatican II, le projet de l'église romaine se définit par l'unionisme, c'est-à-dire par la conversion de toutes les églises, puis des religions non chrétiennes au catholicisme. On nomme ce projet l'unionisme catholique. L’uniatisme est donc l’une de ces manifestations que les orthodoxes comprennent comme une prédation commise par l’Église latine. En particulier, le rôle de la Fondation Pro Oriente fondée à Vienne en 1964 l’évêque Franz König est fréquemment discuté. Sa création doit favoriser le dialogue entre les Églises non-chalcédoniennes et l’Église catholique. Dans quelques cas, les Églises orientales parlent de phénomènes d’entrisme. De même les Églises orthodoxes ont souvent été le support des revendications nationalistes du temps des empires centraux comme de l’Union soviétique. Dans des pays comme la Roumanie, l’Ukraine, l’Église orthodoxe connut des rivalités avec les Églises uniates - églises de rite oriental mais catholiques romaines -, principalement parce qu’elles avaient été l’instrument idéologique des partages de nationalités entre divers pays.

22) Cette revendication ecclésiologique est justement l’objet principal de conflit avec l’Église catholique. Si tous les orthodoxes s’entendent à reconnaître la primauté d’honneur du patriarche d’occident (le pape de Rome) collégialement avec le patriarche de Constantinople (du fait du concile de 451), ils ne comprennent pas cette primauté comme une primauté unique et juridictionnelle sur les autres évêques. En outre, en matière de doctrine, la règle, dans l’Église orthodoxe, est de ne rien décider seul mais de toujours prendre l’avis de ses pairs et de décider avec eux : « le Saint Esprit et nous avons décidé que… ». En application de ce même principe, une époque, si éclairée qu’elle puisse se croire, ne doit pas agir et décider sans se mettre en harmonie avec les époques précédentes : c’est le principe de tradition qui régit toute la vie des Églises orthodoxes.

23) Le seul texte du Nouveau Testament reconnu par toutes les églises c3hrétiennes est l'édition critique Novum Testamentum Graece: Bibelausgaben, d’Eberhard Nestle, Erwin Nestle, et Kurt Aland. Pour l'Ancien Testament, c'est la Bibelausgaben, Biblia Hebraica Stuttgartensia, édition critique de Karl Elliger, Rudolf Kittel, et Wilhelm Rudolph...)

24) Concile orthodoxe (en préparation depuis 1961), qui pourrait débattre entre-autre du possible mariage des évêques (les prêtres le pouvant)

25) L'option du déplacement de prêtres de pays en développement est problématique dû a des problèmes de rigueur doctrinal, surtout en d'Afrique

26) Contre l'hérésie d'Arius, prêtre d'Alexandrie, niant que le Christ,
deuxième personne de la trinité soit égal au Père : pour lui, il a été
créé par le Père, et même l'incarnation est la production d'un être
nommé Verbe différent du Fils. Clovis en se convertissant se rangera du coté de Rome, et sauvera le "Catholicisme".

27) Contre la doctrine affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistent en Jésus-Christ défendue par Nestorius alors patriarche de Constantinople (controverse entre le patriarche d'Alexandrie Cyrille). Des Églises nestoriennes, Eglise assyrienne, perdurent à l'Est de l'Anatolie, et au Nord de la Turquie et l'Irak. Suite au Concile de Florence en 1551, Rome parvient à rallier son homologue l'Eglise chaldéenne.