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Coopération entre la Grèce et la Russie
Jean-Paul Baquiast 04/07/2016

 



Vladimir Poutine est arrivé en Grèce vendredi 27 mai, pour une visite de deux jours, la première depuis 2007. Son déplacement s'inscrit dans le cadre de l'année Russie-Grèce organisée par les deux pays. Le président russe est allé aussi s'incliner samedi dans l'un des vingt monastères du mont Athos, un lieu saint de l'orthodoxie.

Cette visite et les Memoranda of Understanding signés semblent démontrer que la Grèce, interdite il y a quelques mois d'une sortie de l'Union européenne (UE), sous la pression américaine, de peur qu'elle ne se rapproche ensuite de la Russie, n'a pas renoncé à ce rapprochement. Il faut féliciter Tsipras (et sa majorité « de gauche ») de leur rôle actif dans cette perspective.

De son côté Vladimir Poutine montre clairement qu'il est prêt à coopérer avec les Etats européens qui le souhaiteraient, même si ces Etats, toujours sous la pression américaine, refusent encore de se prononcer clairement pour la levée des « sanctions » contre la Russie que continue à imposer Washington.

Les accords ne sont pas négligeables et permettront d'offrir à la Grèce quelque répit dans le véritable étranglement actuel que lui imposent l'UE et le FMI. Il s'agit de coopérations scientifiques dans les domaines d'avenir que sont les échanges académique et scientifique, sans mentionner le domaine culturel. Ils permettront aussi plus concrètement de renforcer les liens dans l'investissement et le commerce. Les accords permettront ainsi la reprise des négociations entre la Grèce et la Russie pour la mise en place de pipe-line ou gazoduc permettant à cette dernière d'exporter ses produits pétroliers vers l'Europe, et en premier lieu vers la Grèce .

“The following documents were signed in the presence of the President of Russia and the Prime Minister of Greece: a Joint Declaration of the Government of Russia and the Government of Greece on Partnership for Modernisation; a Memorandum of Understanding on Inter-regional Cooperation Between the Russian Economic Development Ministry and the Greek Foreign Ministry; and a Roadmap on Broadening Russian-Greek Cooperation in Agriculture.

The relevant agencies signed a Joint Action Programme in Tourism for 2016–2018, memoranda of understanding on cooperation in standardisation, energy efficiency and renewable energy sources, investment and trade. An Agreement on the Main Parameters of Oil and Petroleum Products Supply and a Memorandum of Understanding Between the Ural Federal University and the University of Piraeus regarding BRICS projects were signed as well.”

L'Otan

Au dela de ces aspects, les déclarations communes montrent probablement que la Grèce, au sein de l'Otan, refusera de suivre les injonctions américaines visant à encercler de plus en plus la Russie par des installations et manoeuvres militaires offensives. Elle en serait la première victime en cas d'aggravation de la situation. Tsipras l'a dit relativement clairement.

Poutine de son côté n'a pas hésité à renouveler ses propositions de coopération à l'égard de l'Otan. Il ne s'adresse pas évidemment dans ce domaine à l'Amérique, mais aux grands Etats européens, France et Allemagne en premier, qui commencent à s'inquiéter, sans le dire officiellement, de l'atmosphère pré-guerre mondiale que l'Otan impose actuellement en Europe.

“We believe, as the declaration states, that reaching a new, higher level of dialogue can help promote the relations between the European Union and Russia, as well as between NATO and Russia, during this difficult period, and strengthen the European security architecture under the OSCE.”

Dans la suite du Brexit

Il est clair que l'exemple actuellement fourni par les perspectives de coopération entre la Grèce et la Russie devraient intéresser, même s'ils n'osent pas encore le dire, les Britanniques sortis désormais de l'Union, et qui auront besoin de rétablir des relations économiques et politiques avec le reste du monde. La Russie et la Chine au sein du Brics, seront les premières visées. D'ores et déjà une coopération bancaire et financière était envisagée par l'adhésion britannique à l'Asian Infrastructure Investment Bank

Mais un certain nombre d'autres pays européens tentés par une sortie de l'UE et craignant de se retrouver isolés en retour, suivront avec intérêt la suite des Memoranda signés entre la Grèce et la Russie. Même l'Allemagne, qui restera un pilier de l'UE, ne manquera pas de s'y intéresser. La mise en place d'un axe Paris, Berlin, Moscou que certains d'entre nous sur ce site préconisons, en serait plus crédible.

Sources

1) http://en.kremlin.ru/events/president/news/52023

2) http://en.kremlin.ru/events/president/news/51997

3) http://www.wsj.com/articles/greece-to-sign-russian-gas-pipeline-deal-1434631581

4) http://en.kremlin.ru/events/president/news/52024

5) https://en.wikipedia.org/wiki/Asian_Infrastructure_Investment_Bank