Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 172
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubrique

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Economie politique
The Greens (les Verts), dorénavant l'avenir de l'Amérique?

Jean-Paul Baquiast 04/08/2016


L'approche des élections fédérales aux Etats-Unis offre au parti écologiste américain, les Greens, une opportunité exceptionnelle pour sortir du relatif anonymat dans lesquels ils s'étaient enfermés depuis le retrait du célébrissime Ralph Nader.

En effet, aujourd'hui, aux Etats-Unis, des réformes radicales du système économique s'imposent pour permettre aux objectifs de protection de l'environnement de se faire entendre face à l'omniprésence du capitalisme néo-libéral. A la suite notamment de l'écho donné à la conférence mondiale COP21, de plus en plus d'électeurs constatent que si rien n'est fait, les Etats-Unis resteront ce qu'ils sont, les champions mondiaux de la pollution et de la destruction de la nature. Ils finiront par en être les premières victimes.

Ces électeurs, qu'ils se rattachent à l'un ou l'autre des deux grands partis, les Républicains et les Démocrates, constatent aussi que le mode de désignation des Représentants et du Président lui-même, totalement dans la main des grands intérêts corporatifs, ne permettra jamais aux citoyens et mouvements intéressés par une politique écologiste de se faire entendre.

Récemment, la trahison de Bernie Sanders, qui avait bénéficié en partie des voix écologistes, et qui s'est rallié finalement à « Hillary Clinton- la Guerre » leur a ôté tout espoir d'être entendus au sein du parti Démocrate. Quant au candidat républicain, Donald Trump, s'il affiche des objectifs de type écologique tout à fait intéressants, il ne sera sans doute pas en mesure de les faire appliquer s'il est élu, face au refus du parti Républicain dans ses profondeurs.

Un troisième parti, The Greens, les Verts, jusqu'ici très bas dans les sondages, semble pouvoir bénéficier d'un créneau d'opportunité. Non seulement à cause de son programme, très proche de celui des autres partis Verts dans le monde, mais grâce à la personnalité de sa présidente Jill Stein qui réussit grâce à son dynamisme à rendre plus populaires qu'ils ne le sont encore des éléments du programme Vert jusqu'ici mal compris par les électeurs.

Le programme des Greens

Jill Stein a proposé un Plan dit “Power to the People Plan” qui garantirait des droits économiques et sociaux à tous les citoyens, y compris les plus pauvres, notamment l'accès à la nourriture, à l'eau , au logement et aux services publics. Des emplois seraient offerts à un niveau de salaire raisonnable à tous les chômeurs et personnes rejetés par le système capitaliste. Par ailleurs le Programme comporterait un système de soin public dit “Medicare for All” plus ambitieux que celui abandonné récemment par Obama, un système d'assurance-santé public et l'accès gratuit aux Universités, avec l'abolition des dettes actuellement contractées par les étudiants.

Le programme comporterait également la définition d'un salaire minimum garanti, la remise en vigueur du Glass-Steagall Act imposant notamment la séparation entre banques d'affaires et banques de dépôt, le découpage des méga-banques en banques plus petites, un service de banque postale quasiment gratuit pour les bas revenus, et finalement la création de banques publics au niveau local.

Tout ceci semble très proche des programmes européens dits d'Etat-Providence, progressivement abandonnés par les gouvernements sous la pression des intérêts financiers internationaux, dont Wall Street et la City de Londres sont les représentants. Nécessairement, les citoyens américains tentés par le Plan Power to the People se poseront la même question que leurs homologues dans les partis verts et dans les oppositions de gauche dans les pays européens: « Comment financer tout cela ? »

Les Greens apportent une réponse qui devrait paraître évidente eux électeurs: « de la même façon qu'ont été financés les centaines de milliards de dollars consacrés aux diverses guerres américaines, comme à la spéculation financière notamment basée dans les paradis fiscaux » . Il faudra qu'un pouvoir fédéral conquis par les Greens impose à la Federal Reserve Bank la création de monnaie nécessaire aux investissements initiaux, sous la forme de « quantitative easing » ou autrement. Les dollars ainsi crées ne seraient évidemment pas versés aux banques qui en profiteraient pour spéculer encore davantage, mais à des agences publiques, existantes ou à créer, au niveau fédéral ou local, en charge des grands programmes économiques et sociaux. Grâce aux retours sur investissement, les avances de la FED correspondant au programme des Greens pourraient être remboursées progressivement, si l'on voulait éviter une relance (d'ailleurs fort improbable) de l'inflation.

Les Européens resteront-ils hors course?

Rappelons que dans le cadre de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne, des gouvernements nationaux qui voudraient entreprendre des programmes publics d'investissements sociaux – sans mentionner des programmes de recherche scientifique tout aussi nécessaires, n'obtiendraient jamais des institutions européennes et de la BCE les avances de crédit indispensables. Ceci au prétexte de ne pas augmenter les dett

Ceux qui comme nous ici défendent dorénavant la sortie de l'Union européenne et de la monnaie unique suivront évidemment avec le plus grand intérêt ce qu'il adviendra des propositions des Greens américains. Même si elles ne sont pas finalement retenues par les pouvoirs fédéraux et locaux, le bruit qui devrait être fait autour d'elles devrait inciter certains gouvernements européens, comme le préconise Jacques Sapir, à proposer à leur tour, sur le modèle du Brexit, une sortie de l'UE et un retour à des banques et monnaies nationales. Celles-ci pourraient également proposer des Obligations à Durée Indéterminée, recommandées par Joseph Leddet.

Références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jill_Stein

http://www.jill2016.com/

http://www.jill2016.com/keeptherevolutiongoing

Voir aussi de Ellen Brown, déjà citée ici par nous

http://www.jill2016.com/sanders_endorsement_clintonCan Jill Carry Bernie's Baton? A Look at the Green Candidate's Radical Funding Solution

Sur le Green Party of the United States, voir Wikipédia

https://en.wikipedia.org/wiki/Green_Party_of_the_United_States

 


Retour au sommaire