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Editorial. L'Etat français doit nationaliser le chantier naval STX
Jean -Paul Baquiast, Christophe Jacquemin 02/09/2016




Le nationaliser ou tout au moins y devenir majoritaire. C'est la moindre des choses que l'on attendrait du gouvernement. Il n'est pas nécessaire de se dire socialiste pour cela. Alors que le chantier français dispose, grâce à son savoir faire, d'un carnet de commande pour 10 ans, avec quatorze paquebots de croisière à construire pour ses deux principaux clients, l'italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean. sa maison-mère coréenne est au bord de la liquidation judiciaire.

Détenteur des deux tiers du capital de STX France depuis 2008, le tiers restant étant aux mains de l'État français, le groupe STX Offshore & Shipuilding, lourdement endetté, sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank, a jusqu'au 9 septembre pour présenter un plan de restructuration à la justice coréenne et éviter la liquidation.

Ceci veut dire qu'inévitablement, il cherchera un repreneur pour STX. Parmi les noms souvent cités de candidats potentiels à la reprise, figurent ceux de son concurrent italien Fincantieri, ou du groupe asiatique Genting Hong Kong, qui a récemment racheté quatre chantiers allemands.

Il y a tout lieu de penser que si l'un de ces groupes acquiert STX, considéré par eux comme un compétiteur dangereux, il s'efforcera très vite de démanteler le chantier naval français. Il ne conservera à Saint Nazaire, pour ne pas susciter l'opposition de l'Etat français, qu'un minimum vital de compétences et d'installation.

Le syndicat Force ouvrière de STX demande à être reçu dans les meilleurs délais par le Premier ministre Manuel Valls «Il y a un risque majeur: la liquidation judiciaire de notre actionnaire majoritaire. (...) Et il n'y a rien qui transparaît sur ce que compte faire l'État. Nous n'avons aucune information sur les solutions envisagées», La CGT Navale déplore également, dans un communiqué, l'«opacité» autour d'un éventuel «changement d'actionnaire dont personne aujourd'hui ne sait qui il pourrait être». En attendant, la CGT réclame de nouvelles embauches pour faire face à la charge de travail des dix prochaines années.

De son côté Christophe Morel, délégué CFDT, plaide pour une «solution locale», avec une éventuelle participation de collectivités et de citoyens pour compléter le «tour de table» au côté d'un industriel.

Le président de la région des Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR), estime qu' «il n'y a pas lieu aujourd'hui de céder à la panique», dans la mesure où l'État a une minorité de blocage, où il y a un pacte d'actionnaires qui comporte des clauses qui permettent de se tenir à l'abri d'une vente qu'on ne souhaiterait pas ou en tout cas que STX tombe entre de mauvaises mains».

Nous estimons pour notre part qu'il y a tout lieu au contraire, sinon de céder à la panique, du moins de s'inquiéter sérieusement. Vu le désintérêt manifesté par le gouvernement et la majorité actuelle pour les industries françaises, à l'exception de celles travaillant dans le secteur militaire, on peut craindre que « pour faire des économies », l'Etat accepte la vente de STX au plus offrant. Ce sera encore plus certain si l'opposition Les Républicains accédait au pouvoir. Les syndicats devront-ils se tourner vers Arnaud Montebourg ou Marine Le Pen pour trouver des interlocuteurs prêts à défendre avec STX une solution nationale?

Post scriptum

On fera valoir que l'Etat français ne pourrait rien faire, contraint à l'inaction par les règles de l'Union européenne. Ceci ne devrait convaincre personne. Dans un secteur aussi stratégique que l'industrie navale, susceptible de travailler éventuellement pour la Défense, un gouvernement décidé à agir balaierait les objections européennes.

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